lorie a écrit :Alia d'Arrakis a écrit :
En fait, je connais pas mal de "religions" où il n'y a pas de Dieu transcendant qui dictent les lois. C'est soit un rapport au divin, différent de celui des monothéismes, soit, le culte d'une autre entité qui n'est pas un dieu.
Ces religions ont toutes voulues s'assoir dans le sang ... toujours voulu convaincre par les armes et le sang ... même le bouddhisme .. même le shintoïsme ... même le taoïsme ...
Bien sûr, quelle que soit l'aspect du divin, aucune religion n'a été blanche comme neige dans son histoire.
En effet, je connais bien les exemples des conflits entre écoles bouddhistes au Tibet (jusqu'à ce que les Mongols et Chinois ont imposé le régime dalaï-lama au 17e siècle), de la participation de certains bouddhistes zen au shintoïsme d'état au Japon durant WWII, du conflit plutôt nationalistes entre bouddhistes et hindous au Sri Lanka. Sans compter que certains textes bouddhistes sentent fort la misogynie.
Il y a en Chine des cas de terrorisme dans l'histoire de la part de taoïstes. Et lorsque le taoïsme est devenu la religion du pouvoir, il est devenu plus rigide, alors qu'il est à la base individualiste, voire quasi anarchique.
Le shintoïsme d'Etat, où l'empereur serait un descendant direct de la déesse du soleil Amateratsu, a été le ferment du nationalisme japonais et de leur politique impériale. Cela a aussi conduit à la persécution des autres confessions et religions au Japon, notamment du bouddhisme (sauf des bouddhistes collabos).
Par contre, j'aime bien l'aspect animiste du shinto. Cela peut donner de jolis films, comme Le Voyage de Chihiro.
Néanmoins, rien n'est écrit dans leur religion qu'il fallait accomplir de tels actes. Ce sont plutôt des exemples où l'appartenance identitaire s'est confondue avec la religion et a occulté la véritable spiritualité qui ne peut s'appliquer qu'à soi-même. D'où identité religieuse = identité meurtrière (en reprenant une expression d'Amin Maalouf).
Par contre, en terme de prosélytisme, je ne suis pas d'accord. Le bouddhisme n'a jamais été répandu par le sang, mais par des marchands, sinon, l'extrême-orient serait bouddhiste à 99%, alors que la grande majorité ne pratique pas le bouddhisme de manière régulière. Ou que le nombre de pratiquants bouddhistes en Inde serait beaucoup plus grand qu'il ne l'est actuellement. Je vois mal comment un gars qui te dit que le monde est souffrance, que la souffrance est né du désir, qu'il est possible de sortir de la souffrance mais seulement par soi-même et que tout le monde peut à leur niveau commencer l'octuple sentier, mais qu'il vaut mieux être convaincu de la voie à suivre que d'avoir une foi aveugle sans rien comprendre, dire: "Tu es obligé d'être bouddhiste, sinon tu vas subir un cycle infini de renaissances", alors que d'une part être bouddhiste ne garanti pas la cessation de ce cycle, et d'autre part, on peut sortir de ce cycle de renaissances, ou entreprendre le chemin pour sortir de ce cycle, sans pour autant être bouddhiste (sic).
Malgré tout, je n'aime pas beaucoup l'aspect religieux du bouddhisme, et c'est pourquoi je m'en suis éloignée.
Enfin dans de nombreux aspects, on peut prendre le bouddhiste plus comme une ligne de vie qu'une religion. Et c'est pourquoi, pour moi, le bouddhiste peut être religieux et peut ne pas l'être, ou bien est les deux.