"Jours tranquilles à Créteil" par Benoit RayskiCe texte, c'est la déposition devant la commission Stasi de Madame Arvaud, la principale du collège Beaumarchais dans le XIeme arrondissement, un établissement classé ZEP avec 40 % d'élèves d'origine étrangère, la première ou deuxième génération, la plupart originaires du Maghreb et d'Afrique noire. Ses propos ont été diffusés avec bien d'autres sur la chaîne du Sénat dont l'audience reste est vrai, assez confidentielle. Il s'est trouvé quelqu'un qui, pendant des heures et des heures, les a retranscrits et mis sur un site Internet (Il s'agit de Menahem Macina, pour www.upjf.org) . Il était donc possible, puisque ça l'a été pour moi, d'en avoir connaissance sans trop d'efforts. Voici donc de larges extraits du témoignage de Madame Arvaud, principale d'un collège de la République, d'un collège public, donc théoriquement ouvert à tous, d'un collège laïc, donc tout aussi théoriquement respectueux de tous.
"... Il n'est pas rare que des enfants juifs soient victimes de propos antisémites, dont « Sale Juif! » est l'expression la plus courante et la plus édulcorée. [Ces propos] sont accompagnés, depuis des événements que je ne rappellerai pas, de « Vive Ben Laden !», que j'entends dans les couloirs, à longueur de journée, bien que nous luttions contre sans relâche.
Il n'est pas rare non plus que ces mêmes enfants soient victimes de violences physiques, parce que leurs adversaires jouent - je dis « jouent » entre guillemets, parce que c'est l'expression qu'ils emploient -, jouent à les battre, les suivent dans la rue, et vont jusque chez eux, et même les harcèlent au téléphone.
Ces violences sont perpétrées à l'intérieur comme à l'extérieur de l'établissement.
Il ne serait pas juste de croire que c'est un manque de personnel qui nous empêche d'agir contre les agresseurs. Ceux-ci, évidemment, n'agressent leurs victimes que quand il n'y a pas de témoin. Et si témoin il y a, ce sont quelques élèves qui entendent et qui voient ce qui se passe, mais qui respectent la loi du silence qui, dans ces cas-là, fonctionne au-delà de toute imagination.
Les enfants qui sont agressés de la sorte finissent par s'ouvrir de leur souffrance, le plus souvent soit à un parent, soit à un professeur, soit à un membre de l'équipe éducative à l'intérieur de l'établissement. Mais le plus souvent, quand ils s'en ouvrent, c'est qu'ils n'en peuvent absolument plus, et là, le mal est fait, et la douleur psychologique de ces enfants-là est absolument immense.
Je dois dire que, le plus souvent, on se doute qu'il se passe quelque chose comme cela, parce qu'on voit des enfants qui étaient bons élèves, par exemple, et qui, d'un seul coup, ne travaillent plus bien, sont déstabilisés, sont angoissés, ne répondent plus au professeur quand on les interroge, etc. [ ...] En tout cas, quand on s'aperçoit qu'il y a eu un cas de violence antisémite à l'égard d'un enfant, il y a toujours ces signes-là avant.
Les victimes, quand elles sont identifiées - vous avez bien compris dans quelles conditions -, finissent toujours par donner les noms de leurs bourreaux. Je dis « bourreaux » entre guillemets, mais on peut tout de même parler comme cela, vu la souffrance physique et morale qui est infligée [aux victimes].
Punir un élève qui refuse de reconnaître sa faute est impossible, et si je le fais, il faut que je brave les foudres - absolument terribles - des parents, qui crient à l'injustice, bien entendu, et qui n'hésitent pas à adresser des courriers à mes supérieurs hiérarchiques, au rectorat, par exemple, pour expliquer qu'ils ont affaire à un chef d'établissement raciste et qu'ils sont victimes du racisme de ce chef d'établissement. Voilà... C'est un comble, mais c'est absolument réel.
Alors que faut-il faire dans ce genre de situation ? Puisque, même si je punis l'enfant agresseur, je n'arrive pas à protéger totalement l'enfant agressé. [... ] Eh bien, je n'ai pas d'autre solution que de tenter de soustraire l'agressé à ses agresseurs en le faisant changer d'établissement. [ .. J À ce propos, je voudrais vous lire le témoignage d'une maman d'élève d'un enfant qui est scolarisé dans un autre établissement que le mien. J'ai eu connaissance de la lettre qu'elle avait envoyée au rectorat de Paris, parce que [la mère] demandait un changement d'établissement de son enfant pour les raisons que vous allez comprendre et souhaitait que son enfant soit inscrit dans mon établissement.
« Monsieur l'Inspecteur d'académie,
« Je sollicite votre bienveillance pour une demande de changement de collège en classe de quatrième pour mon fils X., et ce au regard des faits décrits ci-après.
« Mon fils a intégré le collège X., pour l'année scolaire 2002-2003, en classe de cinquième. Les premiers jours, sentant l'hostilité féroce à l'égard des Juifs, mon fils s'est bien gardé de répondre aux provocations en taisant son état de Juif ; aucun signe ostentatoire, médaille ou autre, de sa religion n'a été montré.
« Par malheur, au cours d'un changement de vêtements au vestiaire, au cours d'éducation physique, un élève a surpris mon fils et s'est empressé de répéter à toute la classe le signe juif de la circoncision [de mon fils]. À partir de ce moment, ce fut, pour mon enfant, un véritable calvaire. Mon enfant a été molesté, insulté, traité de "sale Youpin !", et cela durant toute l'année scolaire. Il a même commencé à être racketté. Je suis intervenue fermement auprès de la conseillère d'éducation, Mme X. Cela n'empêcha nullement le racketteur de racketter mon fils, qui fut victime de représailles des grands frères de l'agresseur.
«Jour après jour, nous vivions un véritable cauchemar. La majorité des élèves de sa classe sont d'origine arabo-musulmane, et je suis stupéfaite de ce qu'aucun professeur n'ait eu le courage de s'interposer entre les élèves et mon fils.
Je me suis plainte plusieurs fois auprès de ses professeurs, pour m'entendre dire qu'ils étaient impuissants face à ce type de problème et qu'il faudrait songer, sans aucun doute, à changer d'établissement scolaire, puisque, crûment parlant, les quelques Juifs restant au collège étaient trop minoritaires, et donc dans l'impossibilité de se défendre. Étant mère célibataire, sans emploi actuellement, comment pourrais-je protéger mon enfant contre un harcèlement quotidien qui pourrait dégénérer ?
« Mon fils a eu des résultats scolaires très médiocres. Mais, [avec] la peur au ventre, comment peut-il se concentrer sur les cours ?
« L'école de la République est agonisante et je n'ai pas le pouvoir d'y faire grand-chose. Je n'ai pas non plus les moyens d'envoyer mon enfant dans un établissement privé pour protéger son intégrité physique et mentale.
« L'Intifada au Moyen-Orient ne doit pas être un prétexte au lynchage des élèves juifs. Nous avons déjà donné. Les grands-parents maternels de mon fils ont été raflés, et l'étoile jaune de la famille est remise au goût du jour! [..]
« Mon fils a droit à la connaissance comme n'importe quel autre citoyen français. »
Fin de citation. Mme Arvaud reprend la parole:
"Il y a encore une chose contre laquelle je mène une lutte de tous les instants : des élèves, je dirais déguisés - je ne peux dire cela autrement - en terroristes, surtout des garçons - cagoule noire qui ne laisse voir que les yeux dans le visage, foulard palestinien sur les épaules, [chapelet de] balles de revolver autour du cou, etc. -, qui tentent d'entrer au collège dans cette tenue. Et, là aussi, je peux vous dire que je ne suis pas seule dans ce cas. Ce n'est pas seulement le cas du collège Beaumarchais : c'est le cas de plusieurs établissements dans Paris.
Qu'est-ce que je peux vous dire encore ? Concernant les parents musulmans, je ne voudrais pas vous paraître - comment vais-je dire ?-, euh, opposée à la religion musulmane, ce n'est pas du tout ça, mais c'est l'expérience qui me montre que c'est toujours par rapport à des parents et des enfants de confession musulmane que j'ai des problèmes.
Quand je punis un enfant, pour quelque raison que ce soit, pour un méfait bénin, ou plus grave, à l'intérieur de l'établissement, j'ai« les parents d'origine musulmane - enfin, quand je dis les parents -, les pères qui débarquent dans mon bureau, avec les oncles, avec les grands frères, avec le petit frère, avec toute la fratrie, et qui m'expliquent qu'il est hors de question qu'une punition soit infligée à leur enfant, eu égard au fait que c'est une femme qui la prononce.
[ .. ] Je voulais dire aussi que les problèmes que je rencontre ne sont pas toujours liés au comportement des élèves, mais qu'ils peu[ven]t être liés au comportement des professeurs... J'ai, par exemple, eu affaire à un professeur d'histoire qui enseignait, l'année dernière, en sixième - je ne sais pas si vous connaissez le problème de la classe de sixième en histoire, mais, en tout cas, il comporte une partie non négligeable d'étude des grandes religions du Moyen-Orient. Donc, il y a la religion juive, la religion musulmane et les religions chrétiennes. [ ... ] Eh bien, un professeur d'histoire, en sixième, n'a traité qu'une partie du programme : celle qui concernait la religion musulmane. [...] Ce professeur a emmené ses élèves à la mosquée de Paris. Je n'y aurais vu aucun inconvénient s'il avait [également] estimé devoir les emmener, par exemple, une demi-journée à Notre-Dame, et une autre demi-journée, peut-être, dans une synagogue ; mais ce n'a pas été le cas.
[ . .. ] Je voudrais finir en vous disant que j'ai eu à traiter quelques problèmes de foulard. J'ai toujours réussi à les traiter à l'amiable, en recevant les élèves, d'une part, et les parents d'élèves, d'autre part. À force de discussions, à force d'arguments persuasifs, j'ai toujours réussi à faire en sorte que les jeunes filles concernées enlèvent leur foulard avant d'entrer au collège et le remettent en sortant. Mais je voudrais vous dire quelque chose par rapport à cela. C'est que ces jeunes filles-là, j'ai suivi leur scolarité de la sixième à la troisième. Vous savez qu'en fin de troisième tous les enfants sont orientés vers un lycée - un lycée professionnel, ou un lycée général et technologique. Rares sont les élèves qui se dirigent vers la voie de l'apprentissage, ou même la voie du travail directement. Eh bien, toutes ces jeunes filles pour lesquelles j'ai eu à résoudre des problèmes de foulard n'ont jamais fait d'études après la classe de troisième, bien que les professeurs les aient orientées vers des lycées, comme tous les enfants dont ils ont la charge."
Les amis j'aimerais savoir. Est ce que vous avez ete temoins de deboires pareils ici en France?
Comme je l'ai deja dit ailleurs, je n'ai pratiquement jamais rencontre de Juifs. Donc moi je suis a mille lieu de savoir ce que vit reellement un adepte de Moise surtout lorsqu'il doit cotoyer des adeptes de Mahomet.
Ce n'est que tres recemment que j'ai fait la connaissance d'une grande de confession juive. Quand elle a lu la preface de ce livre "jours tranquilles à Creteil : voyage au bout d'une haine ordinaire" , je lui ai pose la question: est ce que c'est vrai ce que dit l'auteur? Elle m'a repondu : oui.
J'aimerais preciser que c'est un dame qui ne m'a jamais rien dit sur l'islam ou musulmans et qui a un grand amour pour la France et les Francais qui ont donne refuge a ses grands parents. Elle se considere Francaise et rien d'autre.
Je suis consternée , ahurie et j'ai de la peine mais beaucoup de peine face a des temoignages de violence ordinaire qui ne heurtent plus personne. De nouveau les Juifs ne sentent plus chez eux . De nouveau les Juifs se retrouvent obligés d'aller chercher ailleurs un bien etre ou juste une securite qu'ils n'arrivent plus a trouver dans un pays qui pourtant est le leur et est patrie de droits de l'homme de surcroit.
Dans ce livre il n'est question que de luttes, de lynchages verbeaux et physiques, d'agressions, d'insultes, d'humiliations et ont toutes pour auteurs des arabo musulmans qui se sentent investis de la mission de venger les palestiniens et de defendre un islam soit disant menacé par le complot sioniste.
Mais le pire c'est bien le demissionnement de l'Etat de droit. Que dis je ? La plupart n'ont pas hesite a choisir leur camp. Et le malheur c'est que ce n'est pas celui du petit juif agresse à l'ecole de la Republique.
Contrairement a toi Karim, je ne pense pas une seconde que l'antisemitisme soit assimilable a du racisme ordinaire.
L'antisemitisme tient a mes yeux le haut du pave et va plus loin que la racisme, car sa theorie c'est l'extermination d'un peuple qui serait source de tous les malheurs de la planete.
Et c'est ce qui a valu aus juifs de vivre la shoah et à l'humanite de vendre son ame au Diable.
Le but reconnu avoue et applaudi etait d'eradiquer les juifs de la surface de la terre comme si c'etait de la vermine.
Seulement, Dieu, le destin, le hasard pour faire plaisir a Rawbrol, en a decide autrement.
Et voila que la haine renait de ses cendres et voila que l'histoire se repete. L'etre humain n'apprendrait il donc jamais? Je me fiche de savoir s'il a evolue du singe a l'homme. J'aurais mille fois prefere qu'il ait evolue dans son ame. Finalement c'est a se demander de quelle evolution peut on parler quand il s'agit d'une creature aussi infame. Amnesique, mechant, mauvais il est reste aussi barbare aussi infame que lorsqu'il etait cannibale.
Et si on laisse faire, si on donne la liberte a des diablotins et consorts, si on negocie avec des islamistes et des integristes qui ne connaissent rien d'autre que la haine, si on tolere les deboires des sauvages quelques soient leur origine ou leur confession, vous pouvez etre surs qu'on ne tardera pas à se retrouver avec un nouvel Auschwitz.
Mira



