Nahda: la renaissance arabe moderne ?
Publié : ven. 28 mars 2014 12:47
Quel a été la dynamique de ce mouvement ?
Sa pérennité aujourd'hui ?
est ce toujours d'actualité ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nahda
Nahda
Au XIXe siècle, la Nahda (النهضة) fut un mouvement transversal de renaissance arabe moderne, à la fois littéraire, politique, culturelle et religieuse. Initialement, cette mouvance fut largement influencée par les évènements historiques en Égypte. Elle est liée à la décomposition politique de l'Empire ottoman et au moment de réinvention identitaire du monde arabe qui l'accompagne. Elle se développe en deux phases :
La première est déclenchée par Méhémet Ali, un égyptien modernisateur. Il arrive au pouvoir après que Napoléon fut passé par l'Égypte entre 1798 et 1801. Or cette expédition française a une influence importante. Muhammad Ali décide donc d'envoyer des émissaires en France pour en apprendre plus sur celle-ci. Parmi ceux-ci, un lettré, Rifa'a al-Tahtawi. De retour en Égypte, il fonde une école de traduction et commence la diffusion d'ouvrages. L'imprimerie se développe. Il apporte aussi les Tanzimat (voir plus bas).
Mais la modernité technique ne peut pas s'importer séparément des idées modernes. C'est ainsi que débute la seconde phase de la Nahda qui est l'affirmation dans le Moyen-Orient de trois principales idées importées d'Occident :
Le principe de la raison
La participation au pouvoir, c'est-à-dire la démocratie
http://www.monde-diplomatique.fr/mav/106/DUPONT/17685
Nahda, la renaissance arabe
Nahda est un vieux mot arabe qui signifie « le pouvoir et la force ». Il évoque l’oisillon prêt à prendre son envol. On l’utilise pour désigner les progrès de la civilisation arabe à l’époque des contacts avec l’Occident et des grandes réformes (« tanzimât ») promues par l’Empire ottoman et les pouvoirs autonomes d’Egypte et de Tunisie.
par Anne-Laure Dupont, août 2009
Aperçu
Dans l’historiographie arabe, la période comprise entre la fin du XVIIIe siècle et les années 1950 est souvent vue comme une période de Renaissance (nahda), qui aurait succédé à des siècles de décadence. Elle équivaut au liberal age dont préférait parler l’historien britannique d’origine libanaise Albert Hourani (1915-1993). Elle peut aussi s’apprécier comme un âge romantique mêlant étroitement culture et politique. Elle correspond à des mouvements divers d’émancipation : de la pensée et de la langue qui l’exprime, des sujets accédant à la dignité de citoyens, de la « nation arabe » en contexte ottoman ou colonial, des femmes aussi.
Le concept de nahda, traduisible par risorgimento aussi bien que par « renaissance », évoque la revendication de la liberté en littérature, l’émergence de l’idée de nation, la redécouverte d’un passé médiéval idéalisé, le conflit de générations et la crise de l’autorité, la prédominance du modèle constitutionnel en matière politique. Porteur d’une tension constante entre ouverture à l’autre et retour sur soi, entre libération et réaction diversifiée à l’« occidentalisation », il a aussi une forte composante identitaire.
Nahda est un vieux mot qui signifie « le pouvoir et la force ». Il évoque l’oisillon appuyé sur le rebord du nid et prêt à prendre son envol. Expression d’une dynamique, il est utilisé au cours du xixe siècle dans un sens figuré et mélioratif pour désigner les signes de développement des pays arabes ou, dans un langage d’époque, les « progrès de la civilisation ». Ceux-ci résultent des contacts accrus avec l’Occident et des grandes réformes (tanzîmât) promues par l’Empire ottoman et les pouvoirs autonomes d’Egypte et de Tunisie en réponse à la « question d’Orient ».
Destinées à renforcer l’autorité et la souveraineté de l’Etat, les réformes reposent sur le principe de justice à partir duquel l’idée de liberté fait son chemin. Elles ravivent l’idéal du bon gouvernement islamique qui, au nom du bien commun et grâce au développement du qânûn — la législation non (...)
Sa pérennité aujourd'hui ?
est ce toujours d'actualité ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nahda
Nahda
Au XIXe siècle, la Nahda (النهضة) fut un mouvement transversal de renaissance arabe moderne, à la fois littéraire, politique, culturelle et religieuse. Initialement, cette mouvance fut largement influencée par les évènements historiques en Égypte. Elle est liée à la décomposition politique de l'Empire ottoman et au moment de réinvention identitaire du monde arabe qui l'accompagne. Elle se développe en deux phases :
La première est déclenchée par Méhémet Ali, un égyptien modernisateur. Il arrive au pouvoir après que Napoléon fut passé par l'Égypte entre 1798 et 1801. Or cette expédition française a une influence importante. Muhammad Ali décide donc d'envoyer des émissaires en France pour en apprendre plus sur celle-ci. Parmi ceux-ci, un lettré, Rifa'a al-Tahtawi. De retour en Égypte, il fonde une école de traduction et commence la diffusion d'ouvrages. L'imprimerie se développe. Il apporte aussi les Tanzimat (voir plus bas).
Mais la modernité technique ne peut pas s'importer séparément des idées modernes. C'est ainsi que débute la seconde phase de la Nahda qui est l'affirmation dans le Moyen-Orient de trois principales idées importées d'Occident :
Le principe de la raison
La participation au pouvoir, c'est-à-dire la démocratie
http://www.monde-diplomatique.fr/mav/106/DUPONT/17685
Nahda, la renaissance arabe
Nahda est un vieux mot arabe qui signifie « le pouvoir et la force ». Il évoque l’oisillon prêt à prendre son envol. On l’utilise pour désigner les progrès de la civilisation arabe à l’époque des contacts avec l’Occident et des grandes réformes (« tanzimât ») promues par l’Empire ottoman et les pouvoirs autonomes d’Egypte et de Tunisie.
par Anne-Laure Dupont, août 2009
Aperçu
Dans l’historiographie arabe, la période comprise entre la fin du XVIIIe siècle et les années 1950 est souvent vue comme une période de Renaissance (nahda), qui aurait succédé à des siècles de décadence. Elle équivaut au liberal age dont préférait parler l’historien britannique d’origine libanaise Albert Hourani (1915-1993). Elle peut aussi s’apprécier comme un âge romantique mêlant étroitement culture et politique. Elle correspond à des mouvements divers d’émancipation : de la pensée et de la langue qui l’exprime, des sujets accédant à la dignité de citoyens, de la « nation arabe » en contexte ottoman ou colonial, des femmes aussi.
Le concept de nahda, traduisible par risorgimento aussi bien que par « renaissance », évoque la revendication de la liberté en littérature, l’émergence de l’idée de nation, la redécouverte d’un passé médiéval idéalisé, le conflit de générations et la crise de l’autorité, la prédominance du modèle constitutionnel en matière politique. Porteur d’une tension constante entre ouverture à l’autre et retour sur soi, entre libération et réaction diversifiée à l’« occidentalisation », il a aussi une forte composante identitaire.
Nahda est un vieux mot qui signifie « le pouvoir et la force ». Il évoque l’oisillon appuyé sur le rebord du nid et prêt à prendre son envol. Expression d’une dynamique, il est utilisé au cours du xixe siècle dans un sens figuré et mélioratif pour désigner les signes de développement des pays arabes ou, dans un langage d’époque, les « progrès de la civilisation ». Ceux-ci résultent des contacts accrus avec l’Occident et des grandes réformes (tanzîmât) promues par l’Empire ottoman et les pouvoirs autonomes d’Egypte et de Tunisie en réponse à la « question d’Orient ».
Destinées à renforcer l’autorité et la souveraineté de l’Etat, les réformes reposent sur le principe de justice à partir duquel l’idée de liberté fait son chemin. Elles ravivent l’idéal du bon gouvernement islamique qui, au nom du bien commun et grâce au développement du qânûn — la législation non (...)
