anouar ben malek

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yor
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anouar ben malek

Message non lu par yor »

ace matin j'ais vu dans un journal arabophone un articlequi dit qu'unecrivain algerien fait des insultes pour le prophete et l'islam...il s'agit de anouar benmalek.... .c'estvraisque jeconnais pas cenom mais je veusbien le connais...qui peut m'aider .... .jeveus lire ces romans.... .
Avekha
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Message non lu par Avekha »

Anouar Benmalek j'ai deja entendu ce nom mais sans plus, il est pas en danger de mort la en Algerie avec ce qu'il ecrit?? :shock:
« Allah est grand ! ». Ce cri du moueddin ressemble à une immense plainte.
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Message non lu par Tanit »

Anouar Ben Malek, auteur algérien d'entre autres "Ce jour viendra".

Il semble avoir compris ce que veut dire l'amour entre un homme et une femme, rien à voir avec la vision islamiste (moi chef, toi vagin).
Avekha
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Message non lu par Avekha »

Tanit a écrit :Il semble avoir compris ce que veut dire l'amour entre un homme et une femme, rien à voir avec la vision islamiste (moi chef, toi vagin).
:lol: :lol: :lol: :lol: :ala: :lol: :lol:
« Allah est grand ! ». Ce cri du moueddin ressemble à une immense plainte.
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Message non lu par yor »

il a ecrisaussi (oh marie) ..ce romanparle de l'islam et prophete ou qlqschose comme ca..moij'ais jamaisvuces livres mais je veusbien luilire..pasparce que c'est unalgerienmaispour repondre ace journaliste.ou ace journal qui achoisi le grand titre (unecrivain algerien insulte le prophete. .....moiaussi j'inssulte ce prophete..et alorsquoi arrive jeserais fier fier de dire ce queje veus quand je veus. ....
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Message non lu par jacqueline »

Il a écrit plein de livres en fait, j'ai fait une recherche sur amazone voilà ce que ça a donné :

http://www.amazone.com/s/ref=nb_ss_w/40 ... lek+anouar

si le lien ne fonctionne pas il faut aller sur amazone.com et benmalek s'écrit en un seul mot.
yor
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Message non lu par yor »

merçi jacqueline .... .merçi b-coup
diablotin
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''Maria '' roman d'Anouar Benmalek ! A lire !

Message non lu par diablotin »

Pour ceux qui s'interessent à l'histoire et la Reconquista , je vous recommande la lecture de ce roman d'Anouar Benmalek , écrivain algérien .Ce roman fait peur au régime algérien qui a interdit sa parution en Algérie.Rappelons que ceT écrivain algérien fût parmi ceux qui ont dénoncé la pratique de la torture en Algérie et il a fait partie du premier comité algérien contre la torture en l'an 1988.



Voici un copier-coller à propos de ce roman très interessant à lire.

Roman : Ô Maria, d’Anouar Benmalek
Le destin d’une femme dans l’Espagne du début du XVII° siècle. Une plongée dans la déportation des Morisques, un nettoyage ethnique oublié par la mémoire collective européenne.



Pour débuter cette recension, je vous propose en premier lieu un petit détour par l’Histoire. Retour donc en 1492. C’est l’année où la Reconquista, entamée trois siècles plus tôt, s’achève avec la chute de Grenade. Vaincus, les musulmans qui ne choisissent pas la voie de l’exil, et qui, pour certains, sont présent en Espagne depuis vingt générations, sont autorisés à conserver leur religion comme le stipulent les accords de reddition. Pour leur malheur futur, c’est une promesse qui ne sera pas tenue.
Petit à petit, les Mudéjares - c’est ainsi qu’on les appelle alors - vont subir vexations, menaces et spoliations. En 1499, les Mudéjares de Grenade se révoltent. Défaits, on leur donne le choix entre l’exil ou la conversion forcée. En 1502, en Castille, puis en 1525 pour toute l’Espagne, la conversion collective est appliquée à tous les musulmans que l’on surnomme dès lors les « moriscos » ou Morisques. Ecartés des plus hautes charges au nom de la « propreté du sang », bannis, appauvris, traqués par l’Inquisition, relégués dans l’arrière-pays montagneux, les côte désertes ou les bas-fonds des villes, les Morisques de Grenade se révoltent encore en 1568. Trois ans plus tard, ils sont vaincus et dispersés dans toute l’Espagne.

C’est le début d’un processus où, renonçant à parier sur l’assimilation de cette minorité, la royauté espagnole et l’Inquisition vont décider l’expulsion de tous les Morisques. Elle aura lieu en septembre 1609. Au total, près de 500.000 Morisques, privés de leurs biens, seront déportés dans des conditions inhumaines. Certains sont transportés dans des galères et jetés à la mer tandis que d’autres meurent d’épuisement.

C’est cette longue persécution - dont on parle si peu en Occident aujourd’hui - qui sert de toile de fond au dernier roman de l’écrivain franco-algérien Anouar Benmalek (*). Maria, jeune morisque, est le principal personnage de cette fiction magistrale et son destin se confond avec le sort funeste des siens.

Elevée dans la foi chrétienne, Maria, à peine pubère, découvre un jour qu’elle est aussi musulmane, et que son prénom est aussi Aïcha, du nom de l’une des épouses du Prophète Mohammad. Car chez certains Morisques la foi musulmane n’a été reniée qu’en apparence comme le permet la taqiya.

Catholique, musulmane, esclave, fugitive, catin par la force des choses, femme sans cesse en colère, mais aussi mère déterminée à sauver son fils, Maria va se battre de toutes ses forces, de tout son corps, contre le destin. Réussira-t-elle ? Pour défendre les siens, pour ne pas mettre en danger la chair de sa chair, Maria en arrivera à faire le même choix qu’une certaine Geronima La Zalemona auquel est dédié le roman ; choix que je vous laisse le soin de découvrir tant cet acte saisissant ne mérite pas d’être divulgué aussi facilement.

Mais Ô Maria, n’est pas simplement un roman sur le sort tragique des Morisques. Il est une vision inattendue de la femme. Il est rare en effet qu’un homme décrive de manière aussi abrupte le désir féminin. De la femme, même aussi belle que Maria, Benmalek ne sublime rien, n’offre aucune place au rêve ou au romantisme. C’est brutal, âpre presque trivial et cela renforce la crédibilité du récit car ces temps-là étaient de cendres et de sang.

Ce roman offre aussi en filigrane un aperçu de ce que fut la culture morisque. Il y est ainsi question de ces livres licencieux écrits dans la langue castillane mais à l’aide de caractères arabes. De même, au fil des pages, le blasphème rode puis se matérialise à plusieurs reprises. C’est le cas de ce peintre qui voit en Maria, la représentation parfaite de la vierge Marie et qui prend la jeune morisque pour modèle afin de peindre l’œuvre de sa vie : celle de l’ensemencement de la mère du Christ par le Créateur.

C’est aussi ce cri charnel de Maria-Aïcha qui, torturée par un désir inassouvi, en appelle au Créateur afin qu’il la satisfasse. Passage, je le reconnais honnêtement, qui m’a décontenancé - le mot est faible - et qui m’a presque fait abandonner la lecture du roman (elle s’est d’ailleurs interrompue quelques semaines avant que je ne me force à la reprendre). « Sacrilège » ont d’ailleurs hurlé des journalistes algériens qui ont vu dans ce roman une attaque contre l’islam. Il fallait s’y attendre car, aussi longtemps que le monde sera monde, il se trouvera toujours des démunis d’esprit pour ne pas comprendre que la littérature possède tous les sauf-conduits et qu’être en littérature, c’est accéder à une dimension où nulle loi n’est de rigueur si ce n’est celle qui impose l’originalité des caractères et du récit. Mais, j’en conviens, les coups assénés par Benmalek sont rudes mais n’est-ce pas ce que l’on peut attendre d’un écrivain ?

Et dans Ô Maria, le sacré est mis à mal par les actes des personnages, par leurs propos aussi car le langage du roman est d’une crudité parfois désarçonnante sans jamais sombrer dans la vulgarité. C’est l’une des forces de ce roman qui vous prend à la gorge et vous fait chanceler.

Et il faut saluer le style de l’auteur et la manière avec laquelle il a organisé son récit, tout en progressions lentes mais jamais pesantes. La manière aussi avec laquelle il a restitué le contexte historique, sans assener une somme insipide et académique.

Une fois refermé, ce roman continue de hanter son lecteur, un peu à l’image des spectres qui y sont décrits dans une étrange et inattendue représentation de la mort, ou du moins, de l’au-delà. Le choc passé, la brûlure des pages atténuée, le malaise généré par sa violence dissipé, l’on ne peut alors s’empêcher de repenser à cette folie humaine qui a conduit à l’un des plus importants nettoyages ethniques qu’ait connu la terre d’Europe.

Et là, de manière presque immédiate, on ressent soudain une crainte - prions pour qu’il ne s’agisse pas d’une intuition - en se posant la question suivante à l’aune de l’islamophobie ambiante : « et si cela recommençait un jour ? ».



(*) Ô Maria, Anouar Benmalek, Fayard, 468 pages, 22 euros.



Post-scriptum : Roman après roman, Anouar Benmalek creuse son propre sillon, loin des écrits et écrivains algériens de circonstance. Son talent lui est propre et, à mon sens, il n’y a rien de plus exaspérant que de le voir qualifié, ici et là, de « Faulkner méditerranéen. » Comme s’il fallait lui apposer une parenté littéraire - occidentale bien entendu - pour lui conférer une légitimité d’écrivain universel. Anouar Benmalek est un écrivain talentueux, et le dire aussi simplement suffit largement.

Je me demande aussi pourquoi ce roman n’a pas eu l’impact médiatique qu’il méritait. Mais il est vrai que les coteries amicales spécialisées dans la congratulation réciproque ne prennent même plus le temps de lire...
diablotin
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Re : ''Maria '' roman d'Anouar Benmalek ! A lire !

Message non lu par diablotin »

Voici un autre copier-coller de Bousselham plus connu sous le nom de Yasmina Khadra un autre écrivain algérien très célèbre à propos de ce roma et une interview d'Anouar Benmalek qu'il a donnée au quotidien algérien El Watan.



Yasmina Khadra défend Anouar Benmalek
«Ô Maria est loin d’être un sacrilège»
Son auteur évoque le drame de l’Inquisition, la déportation de près d’un million de musulmans d’Espagne.

«J’ai rencontré Anouar Benmalek récemment à Saint-Etienne; je l’ai trouvé dans un état lamentable, il se cache parce qu’un journaliste criminel, qui n’a pas lu son dernier livre, l’accuse de s’attaquer à l’Islam», lance tout haut un Yasmina Khadra devant un nombreux public acquis et qui l’a longuement ovationné. L’auteur de L’attentat n’a pas pris de gants pour traiter le journaliste d’un quotidien national de tous les noms d’oiseaux.
Il dit qu’à cause de la «bêtise», Benmalek a peur de revenir dans son pays parce qu’on a proféré des menaces contre sa personne, parce qu’il est à la merci de n’importe quel fanatique. Lorsqu’on établit un lien entre les caricatures danoises, les propos du pape et Ô Maria d’Anouar Benmalek on est en droit de s’inquiéter, dit-il en substance.
Ô Maria est un roman édité chez Fayard en 2006. Son auteur évoque le drame de l’Inquisition, la déportation de près d’un million de musulmans d’Espagne vers d’autres pays voisins, principalement vers le Maghreb. «Cette tragédie atteindra son apogée vers 1609, quand la Couronne espagnole décidera de déporter, essentiellement par voie de mer, l’ensemble des descendants des musulmans dans des conditions épouvantables. Un nombre non négligeable sera purement et simplement jeté à la mer par-dessus bord, à tel point que les pêcheurs marseillais refuseront pendant longtemps de consommer les sardines trop grasses, qu’ils surnommèrent des grenadines, les soupçonnant d’avoir consommé trop de chair de Morisques de Grenade», indiquera Benmalek après la sortie de son livre.
Mais il se trouve que le personnage principal du roman porte le nom de Aïcha. «Maria est l’image de folie désespérée, elle dont le vrai nom -dissimulé celui-ci - est Aïcha car, comme le lui explique sa tante: De toutes ses forces, ta mère désirait ton bien sans se résoudre pour autant à trahir sa foi. Quel nom secret pouvait-elle opposer dans son coeur à celui de la femme préférée des Nazaréens, sinon celui de la femme préférée de notre bienaimé Prophète! Maria, c’est ton bouclier public; mais Aïcha, c’est ton âme pour l’éternité!», précise-t-il. «En fin de compte, elle sera arrêtée par l’Inquisition et finira sur le bûcher».
Anouar Benmalek sera, à son tour, poursuivi par l’Inquisition d’un genre nouveau. Il est descendu en flammes pour avoir osé toucher aux thèmes «sacrés». Il est accusé d’hérésie parce qu’on a interprété son livre sans l’avoir lu ou par ouï-dire. Khadra plaide la présomption d’innocence car il a subi les foudres des critiques après la parution de L’attentat. «Les sionistes m’ont critiqué parce qu’ils l’ont lu et ne l’ont pas apprécié et les Arabes m’ont critiqué parce qu’ils ne l’ont pas lu. Moi, j’ai écrit un livre intelligent». Son livre a eu un succès retentissant.
Au Salon du livre, on a découvert un Yasmina Khadra confiant. On se bouscule, on s’assied à même le sol pour le voir de plus près. Il entre avec un large sourire, lance des saluts à droite et à gauche puis se met à parler.
Il hausse le ton. «Je suis un mégalomane, donc je n’ai pas froid aux yeux», lance-t-il étourdi par son succès. Le public est comblé. Voilà enfin un mec qui écrit bien et qui ne craint personne. Personne ne peut arrêter, «l’étoile filante» la parabole concerne Nedjma de Kateb Yacine, selon ses propres termes- car tous ses livres sont traduits en plusieurs langues même dans une petite île dont il n’arrive pas à prononcer le nom, sauf dans le monde arabe, bien évidemment. Khadra s’en balance. Quand une oeuvre est consacrée, on n’a plus le temps de s’attarder sur les détails.
Abdelkader Harichane
El Watan - 26 octobre 2006
Après Grenade, l’Inquisition
Plongée dans les soubassements historiques du roman Ô Maria qui décrit la répression féroce, à partir de 1492, contre les musulmans d’Andalousie et la déportation des survivants, l’une des premières de l’humanité menée de façon aussi massive, méthodique et implacable.

Pourquoi avoir choisi le thème de la répression contre les derniers musulmans d’Andalousie ?
Le thème de l’Andalousie, quoique de manière subreptice, est déjà présent dans mes précédents livres. Un personnage des Amants désunis parle, par exemple, d’une complainte Andalouse (Assafi ala diar el andalouss) très célèbre au Maghreb, qui chante la nostalgie des temps supposés heureux de cette période où la civilisation musulmane connut son apogée en termes d’art, de sciences et de tolérance. Une de mes nouvelles dans Le poumon étoilé est même intitulée L’Andalousie ! C’est dire que ce sujet a longtemps et obstinément trotté dans ma tête, sans que j’ai le courage cependant de m’y lancer à corps perdu.
Et puis, un jour – parce que la vie est courte…– je me suis persuadé qu’il était temps pour moi de l’affronter. Je me suis alors lancé dans l’aventure, visitant l’Andalousie, avalant des dizaines d’ouvrages, hésitant pendant des mois sur l’angle d’attaque du roman. Quand, finalement, le cœur serré, je suis arrivé en 1492, au moment où l’épopée musulmane prend fin avec la capitulation de Boabdil à Grenade, je me suis interrogé, presque distraitement la première fois : mais qu’arrive-t-il ensuite aux vaincus ? Et là, à ma grande surprise, je me suis heurté à une espèce de sécheresse générale de la documentation et de la littérature.

L’histoire des derniers musulmans d’Andalousie semble très mal connue, autant par les musulmans que les chrétiens, n’est-ce pas ?
Les vainqueurs et, de manière paradoxale, les vaincus également, semblent tomber d’accord, dès cette époque, pour enfouir dans le silence le terrible siècle de persécution, religieuse d’abord, raciale ensuite, qui suivra la défaite de Grenade. Les mémoires populaires des deux côtés de la Méditerranée refuseront de s’emparer du thème, pourtant apocalyptique, de l’immense déportation qui clora en 1610 le calvaire des morisques.
J’ai eu l’intuition que je tenais là un aspect pertinent, permettant de comprendre comment une civilisation qui avait été, à un moment donné, probablement l’une des plus brillantes de l’histoire de l’humanité, avait pu disparaître aussi facilement d’un pays où elle avait prospéré pendant huit siècles. J’ai commencé à creuser la question et j’ai découvert, à force de lectures, cet aspect totalement méconnu de la tragédie (il n’y a pas de mot plus juste !) des morisques.
Malgré la promesse faite par les rois catholiques à Boabdil, au moment de sa capitulation, de respecter les us et coutumes des musulmans défaits, les brimades allaient très vite prendre une grande ampleur. Les déplacements des populations musulmanes (de Grenade en particulier), les conversions forcées, parfois en aspergeant des foules entières de musulmans au moyen de balais plongés dans des seaux d’eau bénite, furent accompagnées par les interdictions les plus vexatoires, comme celle du renforcement en 1566 de l’interdiction déjà en vigueur d’écrire ou de parler la langue arabe, même dans son propre foyer et qui prévoyait trente jours d’enchaînement en prison à la première infraction, deux fois plus à la seconde et cent coups de fouet et quatre années à ramer sur les galères royales en cas de troisième récidive.

Mais ils ont tout de même résisté…
Oui, la résistance des morisques à leur acculturation demeurera très forte et même s’ils étaient devenus officiellement des chrétiens, la plupart continueront à pratiquer en secret leur foi d’origine, malgré la délation omniprésente et les bûchers fort actifs de l’inquisition. De nombreux soulèvements, culminant dans la révolte des Alpujarras au milieu du 16e siècle, écrasée dans un abominable bain de sang, allaient encore plus accroître le sentiment de désespoir des morisques, amplifié, si cela était encore possible, par les lois de la limpieza de sangre (pureté du sang) prévoyant que la plupart des emplois étaient subordonnés à la présentation d’un document notarié prouvant l’absence sur quatre générations d’ascendants musulmans ou juifs.
Cette obsession de la « pureté » qui s’était emparée de l’Espagne catholique connaîtra son terme ultime avec l’ordre édicté en 1609 par le roi Philippe III, de déporter tous les morisques, hommes, femmes et enfants, et ce, quel que soit leur degré de foi chrétienne, simulée ou réelle.

Qu’est-ce qui permet de dire qu’il s’agissait de la première grande déportation dans l’histoire du monde ?
J’ai moi-même été surpris par l’ampleur et le caractère méthodique de l’organisation de cette opération du déplacement de tout un peuple. Tous les spécialistes qui ont étudié la question sont frappés par l’énormité de l’événement, « à la limite des moyens dont pouvait disposer un Etat d’ancien régime ».
Des vaisseaux de guerre en nombre incalculable ainsi que des navires marchands affluant de tous les ports d’Europe furent utilisés pour mener à bien l’expulsion manu militari, dans des conditions effroyables, d’un pan entier de la nation espagnole, coupable seulement d’avoir professé dans le passé une foi différente de la foi officielle. Jamais auparavant dans l’histoire, un tel déplacement de population n’avait été préparé et exécuté avec autant de soin, mettant en jeu froidement et sans la moindre once d’humanité, toute la puissance militaire et civile d’un Etat. Beaucoup de morisques périront pendant la mise en œuvre de cette déportation.

Le personnage de Maria est très particulier : blasée, perverse et sournoise, elle est à la limite odieuse. Pourtant, elle suscite autant de pitié que de sympathie. Comment avez-vous élaboré ce personnage ?
Je voulais un personnage qui rende compte de toute la complexité de l’époque. Même si elle est morisque, Maria vit d’abord une enfance chrétienne. Comme la plupart des enfants morisques, ce n’est qu’à la puberté qu’elle apprendra, sous le sceau du secret, qu’elle est musulmane. Commence pour elle une vie de dissimulation et d’épreuves qui la verront capturée et vendue comme esclave, violentée, enfuie, mariée à un morisque bafoué qui finira par la dénoncer à l’inquisition.
Maria, dans une sorte de folie désespérée, se révolte contre son époque. Elle paiera cher cette révolte impuissante contre la « pureté » religieuse, raciale et sociale. Parce que son monde est fondamentalement injuste, il lui arrivera d’être injuste, même avec ceux qui l’aiment. Elle est, à certains moments, odieuse comme vous le soulignez. Et pourtant, elle est une victime, la victime absolue, elle qui ne demandait qu’une toute petite chose : quelques miettes de bonheur…

Ce personnage était-il si important pour mieux comprendre les morisques ?
Je le pense. Un roman n’est pas là pour illustrer une thèse, mais pour rendre compte d’une expérience humaine avec toutes les ambiguïtés, les défaillances, les imperfections, mais aussi la grandeur de l’être humain. Maria est tout cela à la fois : mesquine et sublime, pécheresse absolue et miracle de sacrifice, quand elle pense par exemple à l’avenir de son fils.
C’est parce qu’à la fin, le lecteur éprouve de la compassion pour cette Maria, qu’il gardera peut-être dans son esprit l’idée que les morisques n’étaient pas une entité historique abstraite, mais un peuple composé d’individus qui, tous, avaient eu une vie aussi importante à leurs yeux que la sienne. Malgré l’abîme du temps qui le sépare d’eux, des frères en humanité en somme.

Comment vous est venue l’idée des fantômes ? Vous auriez tout aussi bien pu construire le roman avec des vivants jusqu’au bout…
Le personnage de Maria est inspiré d’une morisque qui a réellement existé. Je dédie d’ailleurs mon livre à cette femme, torturée puis brûlée par l’Inquisition. Je ne supportais pas l’idée que Maria meure aussi définitivement que cette femme. Je lui ai alors donné un petit sursis en la faisant renaître comme fantôme, mais en traitant cette partie-là de mon livre de la manière la plus réaliste possible. Le lecteur jugera à la lecture s’il est convaincu par mon procédé…

Entre le réel et l’irréel, il n’y a qu’un pas. Quelle est la part de vérité contenue dans Ô Maria ?
Malheureusement, beaucoup trop grande ! Tout ce qui concerne les persécutions contre les musulmans, les humiliations, les tortures, les guerres, la cruelle déportation des morisques n’est, hélas, que trop vrai.

Quel sentiment avez-vous éprouvé, une fois le roman terminé ?
Du soulagement d’abord, de la tristesse ensuite de voir que, sans m’en rendre compte, j’avais composé un roman « contemporain », tant le fanatisme des uns et des autres, l’inextinguible soif de pureté, le choc et la guerre des civilisations que je traitais dans mon livre semblent brûlants d’actualité. Et puis, l’amertume très profonde de ressentir encore plus fortement le contraste entre ce qu’avait été le monde musulman à l’apogée de son intelligence et l’espèce d’immense geôle qu’il est devenu maintenant pour la majorité de ses citoyens…

Vous devez certainement être sur le prochain livre, ou tout au moins avoir une idée précise de son thème.
Je crois que je vais travailler sur une période moins lointaine. Je passe ces trois prochaines années au Canada où j’espère, malgré le froid ( !), mener à terme mon nouveau roman. Je suis dans la phase la plus délicate du travail de romancier : celle où il décide de se jeter à l’eau (de l’écriture…), tout en étant habité par la crainte perpétuelle de s’être trompé de sujet ! Je croise donc les doigts pendant que j’écris…
Zineb Merzouk
Le Soir d'Algérie - 7 octobre 2006
"Mon livre est un hymne au courage et au désespoir des derniers musulmans d'Espagne"
Après Le poumon étoilé, l’écrivain algérien, installé en France, Anouar Benmalek, revient. Il revient et avec force. Avec son tout dernier roman, intitulé Ô Maria, l’auteur rouvre une blessure restée, et pour longtemps, une tache noire dans la mémoire des musulmans, notamment ceux d’Andalousie. Il s’agit de la Reconquista, ou, en termes plus clairs, la déportation des musulmans d’Espagne vers la France, l’Italie, le Maghreb et la Turquie.
L’estimation des déportés varie entre 500 000 et 1 000 000 de personnes. Beaucoup d’entre eux étaient sommés de se convertir au christianisme. Ceci est le cas du personnage principal du roman de Benmalek, qui a été contraint de se “défaire” de son prénom, Aïcha, et de le changer par celui de Maria.
Néanmoins, “la majeure partie de ces musulmans convertis — surnommés péjorativement morisques — continueront malgré tout à pratiquer clandestinement leur foi d’origine au prix de multiples dangers dont le plus terrible était de tomber aux mains des tortionnaires de l’Inquisition et finir brûlés vifs dans un grand feu offert au roi et à la populace”, souligne l’écrivain dans l’entretien qu’il a eu l’amabilité de nous accorder.

Le Soir d’Algérie: Votre dernier roman traite de la déportation des morisques, pourquoi votre choix s’est-il porté sur cette période tragique de l’histoire de la civilisation musulmane ? Anouar Benmalek : Dans le cœur de tout habitant de ce vaste ensemble qu’on appelle le monde arabe, le thème de l’Andalousie occupe une place particulière, presque consolatrice. Cette période lumineuse, idéalisée souvent, fantasmée parfois, de l’histoire de la péninsule ibérique rappelle aux citoyens de ces nations qui vont de la mer Rouge à l’Atlantique qu’ils ne sont pas condamnés à subir éternellement le statut d’indignité et d’humiliation qui est le leur actuellement.
Relisant les pages d’histoire de ces huit siècles de présence musulmane en Espagne, ces hommes et ces femmes, partout écrasés à l’intérieur et à l’extérieur de leurs multiples patries, s’aperçoivent que leurs prédécesseurs avaient pu, eux aussi, à l’instar des citoyens des grandes civilisations, apporter dans le passé, et de quelle manière, leur contribution aux progrès des arts et des sciences : l’Icare arabe, Ibn Firas, fut le premier, par exemple, à expérimenter près de Cordoue une machine volante.

Le passé andalou sert ici d’espoir pour le futur, n’est-ce pas ?
Bien sûr. Je savais donc, en tant qu’écrivain, qu’à un moment ou un autre de ma vie j’allais aborder ce sujet. Je me suis donc mis à lire des dizaines d’ouvrages sur le sujet, ébloui par cette époque où les musulmans étaient au cœur du monde grâce au dynamisme de leurs institutions politiques et religieuses et de leur capacité incroyable — confinant au génie, si on compare avec le reste du monde qui leur était alors contemporain — à faire coexister ensemble des gens de différentes croyances pour le bien de leur communauté.
Puis un jour, je me suis demandé qu’est-il arrivé à ces musulmans après la chute de Grenade en 1492, date qui signe la fin de l’Andalousie musulmane ? Et là, l’épopée se change en tragédie. Malgré la promesse des rois catholiques, les musulmans vont bientôt être obligés de se convertir par la force. Et, pendant un siècle, par la grâce de l’Inquisition, les bûchers vont se succéder aux bûchers, les humiliations aux massacres de la guerre des Alpujarras, les mesures vexatoires, comme l’interdiction de la langue arabe ou des vêtements traditionnels vont accompagner les autodafés de centaines de milliers de livres, tant saints que profanes, ainsi que les destructions de mosquées.
La majeure partie de ces musulmans convertis — surnommés péjorativement morisques — continueront malgré tout à pratiquer clandestinement leur foi d’origine au prix de multiples dangers dont le plus terrible était de tomber aux mains des tortionnaires de l’Inquisition et finir brûlés vifs dans un grand feu offert au roi et à la populace. Cette tragédie atteindra son apogée vers 1609, quand la couronne espagnole décidera de déporter, essentiellement par voie de mer, l’ensemble des descendants des musulmans dans des conditions épouvantables.
Un nombre non négligeable sera purement et simplement jeté par-dessus bord, à tel point que les pêcheurs marseillais refuseront longtemps de consommer les sardines trop grasses, qu’ils surnommèrent des grenadines, les soupçonnant d’avoir consommé trop de chair de morisques de Grenade !

Le contexte de votre livre est, en effet, terrible. Vous l’avez décrit dans toute sa cruauté. Pourquoi ?
J’ai eu l’impression de l’existence d’un énorme trou de mémoire des deux côtés de la Méditerranée. Un peuple tout entier avait été déporté de la manière la plus horrible et la mémoire populaire de part et d’autre ne semble en avoir gardé aucune trace. Pourquoi ? Voilà la question à laquelle je me suis attaché à trouver un début de réponse pendant les cinq cents pages de Ô Maria. Je décris le contexte et les abominations de l’Inquisition, ses multiples attaques contre les croyances et les coutumes de ceux qui, un temps, avaient été les maîtres de l’Espagne.
J’ai lu attentivement les documents des multiples procès menés par l’Inquisition contre les musulmans et sa volonté impitoyable d’effacer à jamais toute trace de religion musulmane du cœur des morisques. Je rapporte des détails épouvantables dans mon livre, je n’épargne pas le lecteur parce que je pense qu’il est adulte. Ces musulmans du XVIe siècle, obligés d’avoir deux identités antagonistes, une publique et une clandestine, avaient été d’un courage exemplaire, même dans leur désespoir.
La déraison qui semble s’emparer de certains d’entre eux est le reflet exact de cette époque de barbarie sans borne. Maria est l’image de cette folie désespérée, elle dont le vrai nom — dissimulé celui-ci — est Aïcha car, comme le lui explique sa tante : “De toutes ses forces, ta mère désirait ton bien sans se résoudre pour autant à trahir sa foi. Quel nom secret pouvait-elle opposer dans son cœur à celui de la femme préférée des Nazaréens, sinon celui de la femme préférée de notre bienaimé Prophète ! Maria, c’est ton bouclier public ; mais Aïcha, c’est ton âme pour l’éternité !”.

Pour vous, Aïcha est le vrai nom de Maria, celui qui définit l’héritage musulman que sa mère veut lui léguer. Aïcha la morisque porte donc un masque pour continuer d’être musulmane ?
En quelque sorte, mais ce masque est très fragile. En fin de compte, elle sera arrêtée par l’Inquisition et finira sur le bûcher. Je dois dire que je me suis inspiré de l’histoire d’une morisque qui a réellement existé, et à laquelle j’ai d’ailleurs dédié le livre.

Votre ouvrage est un devoir de mémoire ? Vous ouvrez les cicatrices du passé pour mieux expliquer notre présent ?
Je pense que l’histoire des morisques mérite d’être connue parce qu’elle nous montre à quelle extrémité le fanatisme peut conduire les êtres humains. En édictant ces “lois du sang”, qui obligeaient le postulant à un emploi à produire un document notarié prouvant, en particulier, qu’il n’avait aucun parent musulman parmi ses ascendants et en mettant en œuvre la première déportation de cette ampleur dans l’histoire européenne, l’Espagne, par fanatisme, s’est volontairement privée d’une partie importante de sa population au nom d’une pureté religieuse qui se révélera d’ailleurs désastreuse pour elle.

Écrivez-vous en suivant les directives de vos émotions ou préférez-vous écrire en vous basant sur un travail de recherche purement historique, à la façon d’Amin Malouf ?
Soit dit en passant, j’admire beaucoup Léon l’Africain d’Amin Malouf. Quant à moi, j’écris en général en me basant à la fois sur une recherche historique approfondie et sur l’idée simple que les êtres humains, à travers les siècles, demeurent fondamentalement les mêmes, surtout en ce qui concerne les émotions de base : l’amour, la haine, la peur, la compassion…

Que pensez-vous de l'idée du dialogue et/ou du choc des civilisations ?
L’idée qui sous-tend le slogan du choc des civilisations est que celles-ci doivent obligatoirement s’affronter à mort jusqu’à la victoire de la plus puissante. Cette idée nauséabonde est infiniment dangereuse ; elle considère l’humanité comme un ensemble de tribus dont la seule destinée serait une perpétuelle confrontation haineuse qui se conclurait tôt ou tard par une guerre planétaire. Le chemin pour éviter cette fin apocalyptique est bien entendu semé d’embûches et chacun doit donner du sien pour qu’à la place du choc, il y ait le dialogue des civilisations.
En fin de compte, nous ne sommes qu’une seule espèce, l’Homo sapiens, condamnée à vivre sur une minuscule et banale planète d’un non moins banal système solaire perdu dans un grandiose univers. Le maître mot du dialogue salvateur pour notre espèce devra être, quelles que soient les circonstances, tolérance, tolérance, tolérance…

Quels sont vos projets ?
Je passe cette année et les deux suivantes à Toronto, à l’invitation d’une université canadienne. C’est exactement le temps qu’il me faut pour écrire un nouveau roman !
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Re : ''Maria '' roman d'Anouar Benmalek ! A lire !

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La valise ou le cerceuil....
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Mars
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Re: Re : ''Maria '' roman d'Anouar Benmalek ! A lire !

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Les comparaisons douteuses entre les colonisateurs français opprésseurs, et les indigènes morisques persecutés par les catholiques européens ne tiennent pas la route, c'est pauvre comme raisonnement.

Les Morisques étaient des espagnols de souche de religion musulmane et ont ensuite été convertis au christianisme par la force. Comme leurs compatriotes chrétiens, ils vivaient sur cette terre depuis des millénaires et n'étaient pas liés aux conquérants Musulmans ethniquement parlant. Ils étaient soumis et s'étaient même convertis contre leur grè, on les a pourtant volé, chassé, expulsé de leur propre terre et génocidé. Fort heureusement, les survivants ont été acceuillis par les pays maghrébins, comme la majorité des 200.000 juifs espagnols et portugais avaient été acceuillis 1 siècle plus tot après l'inquisition catholique.

Quant aux pieds-noirs, ils n'avaient rien d'algériens, ils étaient des envahisseurs français et des descendants d'envahisseurs (donc d'immigrants plus qu'illégaux) vivant en Algérie où ils exercaient un pouvoir tyrannique et totalitaire sur la population d'origine, qui se voyait opressée et persecutée sur sa propre terre ancestrale depuis près d'un siècle et demi. Les colonisateurs français ont voulu, en plus d'avoir volé l'Algérie, la maintenir par la force sous la domination d'une puissance étrangère alors même qu'on leur avait généreusement proposé de pouvoir y rester et y vivre en sécurité avec leurs familles.

Par conséquent la celèbre phrase "La valise ou le cerceuil" s'imposait et était plus que légitime, bon débaras. Au passage si les nombreux nostalgico-depressifs que compte encore cette communauté pouvaient arrêter de vomir leur haine anti-arabes dans les nombreux sites internet racistes qu'ils créaient chaque année ça serait sympa. Il faut absolument qu'ils comprennent que l'Algérie, c'est fini, OUT! :D
"Avant de regarder la paille qu'il y a dans l'oeil de ton voisin,regarde la poutre qu'il y a dans le tien."

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Re : ''Maria '' roman d'Anouar Benmalek ! A lire !

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Des religions qui convertissent par la force, Mars...allons, c'est impossible :wink:
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Mars
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Re: Re : ''Maria '' roman d'Anouar Benmalek ! A lire !

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privighost a écrit :Des religions qui convertissent par la force, Mars...allons, c'est impossible :wink:
De quoi tu parles? :?
"Avant de regarder la paille qu'il y a dans l'oeil de ton voisin,regarde la poutre qu'il y a dans le tien."

Jesus de Nazareth
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lorie
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Re: Re : ''Maria '' roman d'Anouar Benmalek ! A lire !

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Mars a écrit :Les comparaisons douteuses entre les colonisateurs français opprésseurs, et les indigènes morisques persecutés par les catholiques européens ne tiennent pas la route, c'est pauvre comme raisonnement.

Les Morisques étaient des espagnols de souche de religion musulmane et ont ensuite été convertis au christianisme par la force. Comme leurs compatriotes chrétiens, ils vivaient sur cette terre depuis des millénaires et n'étaient pas liés aux conquérants Musulmans ethniquement parlant. Ils étaient soumis et s'étaient même convertis contre leur grè, on les a pourtant volé, chassé, expulsé de leur propre terre et génocidé. Fort heureusement, les survivants ont été acceuillis par les pays maghrébins, comme la majorité des 200.000 juifs espagnols et portugais avaient été acceuillis 1 siècle plus tot après l'inquisition catholique.

Quant aux pieds-noirs, ils n'avaient rien d'algériens, ils étaient des envahisseurs français et des descendants d'envahisseurs (donc d'immigrants plus qu'illégaux) vivant en Algérie où ils exercaient un pouvoir tyrannique et totalitaire sur la population d'origine, qui se voyait opressée et persecutée sur sa propre terre ancestrale depuis près d'un siècle et demi. Les colonisateurs français ont voulu, en plus d'avoir volé l'Algérie, la maintenir par la force sous la domination d'une puissance étrangère alors même qu'on leur avait généreusement proposé de pouvoir y rester et y vivre en sécurité avec leurs familles.

Par conséquent la celèbre phrase "La valise ou le cerceuil" s'imposait et était plus que légitime, bon débaras. Au passage si les nombreux nostalgico-depressifs que compte encore cette communauté pouvaient arrêter de vomir leur haine anti-arabes dans les nombreux sites internet racistes qu'ils créaient chaque année ça serait sympa. Il faut absolument qu'ils comprennent que l'Algérie, c'est fini, OUT! :D

Que l'on mette les choses au clair ... je suis pied-noir gros con et je ne me suis jamais sentie une colonisatrice parce que née en algérie ...

Je reviens après un long silence ... et qu'est ce que je lis ??? non mais tu te relis un peu ???

Tu amalgame tous les pieds noirs mais tu ne sais pas que certains ont souffert ??? et que la guerre d'algérie fut une sale merde ???

En quoi les descendants des "colonisateurs" étaient responsables ??? j'aurais du me révolter en sortant du ventre de ma mère et me barrer tout de suite à ma naissance par le premier bateau ????

Il y a eu de sales colonisateurs ... les colons ... mais la réalité de la majorité des pieds noirs ont souffert eux aussi des colons ...

Et les pieds noirs actuellement ne sont pas tous des racistes ... et combien de sites anti blancs ou antijuifs ou anti n'importe quoi s'ouvrent chaque jour ????
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Re : ''Maria '' roman d'Anouar Benmalek ! A lire !

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Comme par hasard , le quotidien ''le soir d'Algérie '' a consacré dans son édition du lundi 9 Avril un article sous la plume de Mohamed Benchicou au roman ''Maria ''d'Anouar Benmalek .

Rappelons que Mohamed Benchicou qui fût directeur d'un grand journal '' le matin ''a été emprisonné pendant 2 ans par Bouteflika, le pseudo président algérien marionnette des militaires , pour avoir écrit un livre sur Bouteflika dans lequel il a décrit ce triste personnage sous sa véritable facette.


Voici ce copier -coller du soir d'Algérie sous le regard de Mohamed Benchicou.


Actualités : LE REGARD DE MOHAMED BENCHICOU
Dans mon pays...
soirmben@yahoo.fr




A quoi ressemble l'écrivain d'un pays qui a peur d'un livre ? A Anouar Benmalek. Il a la jubilation intérieure du courtisan de lumière et le désenchantement visible, à peine contenu, de l'éclaireur éconduit, boudé par sa terre, asservie aux trop longues nuits de l'histoire. Il n'en laissait pourtant rien paraître ce matin-là au Salon du livre de Paris où je le rencontrai entre deux dédicaces, comme si cet intime désarroi avait fini, à son tour, par n'être qu'une solitude de plus parmi celles qui accompagnent, dans mon pays, les courtisans de lumière.
Comment sortir de la nuit sans forcer les portes sacrées qui verrouillent les vieux tunnels noirs de nos peuples ? C'est le cri de Anouar Benmalek dans Ô Maria, cri étouffé par toutes sortes de vigiles qui veillent, dans mon pays, sur les portes sacrées du mensonge, de l'hypocrisie, de l'ignorance, de l'aliénation et de la servitude, ces portes massives, regardons bien, qui n'en finissent pas de se refermer sur nos enfants. Les cerbères de l'imposture ont décrété blasphème le hurlement ultime de ce peuple musulman et méditerranéen dépossédé de tout, de ses rêves de grandeur et de sa foi nourricière dans l'avenir, poussé aux exils pour fausser compagnie à la décadence, ou aux indignités pour échapper au prix de l'honneur. Un rugissement aux accents morisques qui secoue toujours, dans mon pays, les bidonvilles d'Alger et qui n'en finit pas de déchirer les fourberies des puissants. Qu'y peut-on si ce cri extrême est sorti de la poitrine d'une femme révoltée ? Ce sont des poitrines assez conscientes du malheur pour avoir le cran de le combattre, des poitrines de nos femmes, que sont souvent sorties les vraies interpellations de l'histoire. Alors Maria, Aïcha, fille de l'incertain, symbole d'un peuple égaré, se reconnut les droits de lancer cette irrévérence désespérée contre les portes sacrées du silence et de la fourberie. Catholique et musulmane, esclave et insoumise, résignée et fugitive, pieuse et catin, elle finit par savoir ce qu'elle était vraiment : une mère résolue, par une sorte d'impiété salutaire, à épargner à son fils le destin des peuples égarés. Plus que d'un blasphème envers le Créateur, on a en fait accusé Anouar Benmalek de sacrilège envers les impostures de ce bas monde. D'avoir tenté d'en ouvrir les portes sacrées par l'arme de la démesure, cette clé indomptable qu'offre la littérature aux courtisans de lumière. Je lisais, ce matin-là, dans les yeux d'Anouar, l'infinie perplexité des serruriers solitaires face aux obscurités qui se cachent derrière les portes du mensonge. Et en l'écoutant parler, je laisse germer dans mon esprit une question traîtresse : à quoi pense un gouvernement qui a peur d'un livre ? Sans doute à faire, encore et toujours, la chasse à la lumière. A s'abandonner aux ténèbres. Et à l'abdication devant l'Inquisition. Derrière les autodafés se profilent toujours d'incroyables trahisons et d'inattendues capitulations devant les pyromanes. Ça ne rate pas : j'apprends que le même pouvoir algérien qui interdit aux journalistes de se réunir à Tizi- Ouzou et aux associations de victimes du terrorisme de se réunir à Alger, le même pouvoir ouvre les bras à quinze mouvements islamistes, dont les Frères musulmans égyptiens, venus débattre, à Sidi- Fredj sur la nuit derrière les portes sacrées, à travers un thème d'actualité : “Les islamistes et la participation au pouvoir.” La veille, un des plus anciens chefs patriotes, le moudjahid Gharbi Mohamed Tounsi, était condamné à vie pour avoir riposté aux provocations d'un terroriste repenti. Il y a, dans cette dérive politique, comme une perversion naturelle qui guette tout régime pourchassant ses hommes de plume. On commence par interdire Anouar Benmalek, on finit par accueillir les assaillants de Naguib Mafouz. L'inquisition devient comme un ciment des forfaitures politiques. Un pacte inavouable semble lier les censeurs algériens de Ô Maria et les persécuteurs égyptiens de Awlâd hâratinâ (Les fils de la médina), critique implacable des nouveaux messies arabes, récit incisif sur la vie d’un quartier cairote où chacun des habitants représente un prophète de la Bible que Mahfouz décrit comme des individus médiocres et vaniteux, incapables d’améliorer la vie des habitants. Les deux romans, fictions allégoriques sur les désillusions arabes, furent tous les deux jugés blasphématoires par les courants intégristes, cerbères des portes de la nuit, ceux-là mêmes qui se rencontrent aujourd'hui à Sidi-Fredj, avant que les gouvernements algérien et égyptien ne décident à leur tour de les interdire. Mais alors, jusqu'où irait la conjuration des prophètes démystifiés par la plume, jusqu'où irait un gouvernement qui a peur d'un livre ? Nous aurions tort de mésestimer les effets politiques de la censure et de l'inquisition. En plus d'être le ciment des forfaitures politiques, elles ont toujours annoncé de funestes dérives autoritaires. L'Allemagne hitlérienne fut précédée par les autodafés nazis de 1933 qui, à Berlin, Brême, Dresde, Munich ou Nuremberg, condamnèrent au feu les ouvrages de Bertolt Brecht, d'Alfred Döblin, de Sigmund Freud, d'Heinrich Mann, de Karl Marx, de Carl von Ossietzky ou d'Arnold Zweig, pour ne citer que ceux-là. Nous n'en sommes, dira-t-on, plus là. Sans doute. Mais le couteau, lui, est toujours là et Awlâd hâratinâ a failli coûter sa vie à Naguib Mahfouz, trente-cinq ans plus tard, quand deux fanatiques islamistes de al Jama'a al Islameya le poignardèrent devant son domicile, en octobre 1994. Le Nobel de littérature survécut miraculeusement à une mise à mort programmée mais s'il y perdit l'usage de sa main droite, il ne perdit pas la foi de l'écrivain résolu. “L’écriture est maîtresse : elle agit sur la culture et sur les civilisations”, répondait-il aux journalistes venus l'interroger sur son lit d'hôpital au lendemain de l'agression. C'est pourquoi, me suis-je dit en quittant Anouar Benmalek, les dictatures auront toujours peur d'un livre. C'est-à-dire d'une déraisonnable petite lumière qui viendrait à s'aventurer dans les opacités du pouvoir et que nous avons, à jamais, l'obligation d'agiter au coeur des ténèbres.
M. B.
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