Algérie: ces Kabyles qui préfèrent le christianisme
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Algérie: ces Kabyles qui préfèrent le christianisme
Algérie: ces Kabyles qui préfèrent le christianisme
[Credits] Nous rapportons des extraits d'un autre article de presse sur l'expansion rapide de l'Eglise protestante en Algérie malgré les temps difficiles et la persistance des troubles. Cet article a été diffusé sur les ondes de Radio France Internationale (rfi) et est disponible en intégralité sur le site de rfi. L'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) Suisse/France est en contact étroit avec cette jeune Eglise en plein essor.
La conversion de plusieurs familles de Kabylie au christianisme n’est plus un mystère pour personne en Algérie, terre d’Islam où existe une communauté chrétienne saignée par l’exode «pied-noir» de 1962 et évaluée aujourd’hui à quelque 30 000 âmes. Depuis quelques mois, la presse a levé une partie du voile sur l’histoire singulière de ces familles musulmanes qui ont quitté l’Islam dans un pays à écrasante majorité musulmane et, surtout, dans une région quadrillée par la guérilla islamiste des GSPC (Groupes salafistes pour la prédication et le combat dirigés par Hassan Hattab).
C’est, en effet, dans les régions de Draa-ben-Khedda (ex Mirabeau), Boghni et Les Ouadhias, que se situent les conversions les plus significatives et les plus ostentatoires puisque «les cloches des églises résonnent aujourd’hui au pied du Djurdjura», comme le rapporte le quotidien arabophone Al-Khabar (le plus fort tirage de la presse quotidienne avec 500 000 exemplaires par jour). Cette affirmation est à relativiser puisque le quotidien qui consacre son supplément hebdomadaire à «ces Algériens qui manifestent publiquement leur foi chrétienne», avance le chiffre d’une vingtaine de groupes de convertis récents qui pratiquent le culte protestant à travers la Kabylie.
L'Eglise des Ouadhias officie avec la bénédiction du ministère algérien de l’intérieur. ..... Nombre de spécialistes de la Kabylie estiment que la cause de ces conversions est à chercher dans le rejet du fondamentalisme islamiste par les habitants d’une région traditionnellement tolérante en matière religieuse.
La communauté chrétienne pratique son culte sans ostentation, voire dans la clandestinité depuis la montée du fondamentalisme musulman. ... Pour les milieux protestants qui observent sans triomphalisme cet essor du protestantisme en Kabylie, les conversions s’expliquent par l’attrait du christianisme qui a une présence et une histoire en Algérie «même si les nouveaux convertis sont poussés par l’envie de changement, le désir d’aller ailleurs», admet le pasteur Jean-Marc Dupeux, secrétaire général de la Cimade (Service œcuménique d’entraide). Commentant les réactions du ministre algérien des Affaires religieuses, Bouabdellah Ghollamallah (FLN), pour qui la plupart des évangélisateurs qui exercent en Algérie sont des étrangers et «nombre d’entre eux ont été des officiers de haut rang dans les services secrets de pays européens», le secrétaire général de la Cimade se borne à répliquer qu’avec cette logique absurde, «même Saint-Augustin (auquel l’Algérie a consacré un séminaire, le mois dernier), n’échapperait pas à de telles accusations».
source: http://eemnews.umc-europe.org/2001/mai/10-01.php
ECRASONS L'ISLAM !!!
VIVE LA KABYLIE !!!
[Credits] Nous rapportons des extraits d'un autre article de presse sur l'expansion rapide de l'Eglise protestante en Algérie malgré les temps difficiles et la persistance des troubles. Cet article a été diffusé sur les ondes de Radio France Internationale (rfi) et est disponible en intégralité sur le site de rfi. L'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) Suisse/France est en contact étroit avec cette jeune Eglise en plein essor.
La conversion de plusieurs familles de Kabylie au christianisme n’est plus un mystère pour personne en Algérie, terre d’Islam où existe une communauté chrétienne saignée par l’exode «pied-noir» de 1962 et évaluée aujourd’hui à quelque 30 000 âmes. Depuis quelques mois, la presse a levé une partie du voile sur l’histoire singulière de ces familles musulmanes qui ont quitté l’Islam dans un pays à écrasante majorité musulmane et, surtout, dans une région quadrillée par la guérilla islamiste des GSPC (Groupes salafistes pour la prédication et le combat dirigés par Hassan Hattab).
C’est, en effet, dans les régions de Draa-ben-Khedda (ex Mirabeau), Boghni et Les Ouadhias, que se situent les conversions les plus significatives et les plus ostentatoires puisque «les cloches des églises résonnent aujourd’hui au pied du Djurdjura», comme le rapporte le quotidien arabophone Al-Khabar (le plus fort tirage de la presse quotidienne avec 500 000 exemplaires par jour). Cette affirmation est à relativiser puisque le quotidien qui consacre son supplément hebdomadaire à «ces Algériens qui manifestent publiquement leur foi chrétienne», avance le chiffre d’une vingtaine de groupes de convertis récents qui pratiquent le culte protestant à travers la Kabylie.
L'Eglise des Ouadhias officie avec la bénédiction du ministère algérien de l’intérieur. ..... Nombre de spécialistes de la Kabylie estiment que la cause de ces conversions est à chercher dans le rejet du fondamentalisme islamiste par les habitants d’une région traditionnellement tolérante en matière religieuse.
La communauté chrétienne pratique son culte sans ostentation, voire dans la clandestinité depuis la montée du fondamentalisme musulman. ... Pour les milieux protestants qui observent sans triomphalisme cet essor du protestantisme en Kabylie, les conversions s’expliquent par l’attrait du christianisme qui a une présence et une histoire en Algérie «même si les nouveaux convertis sont poussés par l’envie de changement, le désir d’aller ailleurs», admet le pasteur Jean-Marc Dupeux, secrétaire général de la Cimade (Service œcuménique d’entraide). Commentant les réactions du ministre algérien des Affaires religieuses, Bouabdellah Ghollamallah (FLN), pour qui la plupart des évangélisateurs qui exercent en Algérie sont des étrangers et «nombre d’entre eux ont été des officiers de haut rang dans les services secrets de pays européens», le secrétaire général de la Cimade se borne à répliquer qu’avec cette logique absurde, «même Saint-Augustin (auquel l’Algérie a consacré un séminaire, le mois dernier), n’échapperait pas à de telles accusations».
source: http://eemnews.umc-europe.org/2001/mai/10-01.php
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le choix chrétien en kabylie
L'allure d'une rock star avec ses lunettes noires, son jean et son débardeur rouge, Ferhat, 29 ans, professeur d'anglais, vient d'abandonner l'islam pour le christianisme. Il est protestant évangélique et appartient à l'une de ces Eglises qui, depuis quatre ou cinq ans, se font de plus en plus visibles dans la grande vallée de Boghni-Les-Ouadias, en Kabylie. Ici, on parle même de « quatre églises pour une mosquée ». En fait d'églises, des salles de fortune, capables de rassembler des communautés de dizaines de fidèles. Pourquoi avoir choisi l'apostasie, pourtant punie par la mort en islam ? « J'ai vraiment rencontré Jésus. C'était à la messe de minuit, à Alger, en 2001. J'ai été gagné par une émotion que je n'avais jamais connue et qui depuis ne me quitte plus, raconte Ferhat, pudiquement. Il y avait des gens de toutes les couleurs et de toutes les nationalités. J'ai été surpris : être chrétien pour moi, c'était être blanc. » Rencontre spirituelle qu'il recherchait depuis longtemps. Dès sa deuxième année de fac, ce fils d'une famille musulmane maraboutique traditionnelle avait arrêté de faire le ramadan. Il sortait amer de ses années d'engagement pour la cause kabyle : « Tout ce à quoi j'avais cru était parti en fumée. Le mouvement pour la vérité sur l'assassinat du chanteur Matoub Lounès en 1998 était retombé. Des amis politiques s'étaient avérés des opportunistes dès qu'ils avaient été élus à l'Assemblée nationale. Même ma vie amoureuse était un chaos. » Depuis un an déjà, il était en contact avec une communauté évangélique. « J'ai été pendant une semaine le traducteur d'un missionnaire américain qui m'a marqué. Il avait une très bonne situation dans le Michigan et a tout laissé tomber pour prêcher la parole de Dieu durant trois mois dans un pays réputé dangereux et qu'il ne connaissait pas. » Difficile pourtant de se convertir. Il a fallu braver le regard des parents, du village. « J'ai dit à mon père qu'il devait me sentir plus près de lui car maintenant j'avais la foi. » Dès le début, le fait de chanter des textes liturgiques dans sa langue maternelle, le tamazight, lui apporte « un immense réconfort intérieur ». Pour lui, « Jésus n'est pas un autre visage de Dieu. C'est une expression douce et amicale de sa présence. Ce que j'ai vécu les années précédentes, la violence, la haine me l'avaient totalement cachée. Je pense vraiment que j'ai été sauvé par Jésus. Autour de moi, mes amis sont aigris, souvent haineux, surtout après le printemps noir où nous avons vu mourir sous les balles des gendarmes plus de 100 jeunes dans les villes de la Kabylie. » Dans sa vallée, les convertis demeurent discrets. Mais Ferhat doit quand même faire face aux critiques, répondre aux insinuations sur son supposé opportunisme, celui d'être devenu chrétien afin d'obtenir un visa pour les Etats-Unis, prouver enfin que les Kabyles convertis au christianisme sont « différents et pourtant les mêmes » Malek Sohbi
source: http://www.lepoint.fr/dossiers_societe/ ... did=167883
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L'allure d'une rock star avec ses lunettes noires, son jean et son débardeur rouge, Ferhat, 29 ans, professeur d'anglais, vient d'abandonner l'islam pour le christianisme. Il est protestant évangélique et appartient à l'une de ces Eglises qui, depuis quatre ou cinq ans, se font de plus en plus visibles dans la grande vallée de Boghni-Les-Ouadias, en Kabylie. Ici, on parle même de « quatre églises pour une mosquée ». En fait d'églises, des salles de fortune, capables de rassembler des communautés de dizaines de fidèles. Pourquoi avoir choisi l'apostasie, pourtant punie par la mort en islam ? « J'ai vraiment rencontré Jésus. C'était à la messe de minuit, à Alger, en 2001. J'ai été gagné par une émotion que je n'avais jamais connue et qui depuis ne me quitte plus, raconte Ferhat, pudiquement. Il y avait des gens de toutes les couleurs et de toutes les nationalités. J'ai été surpris : être chrétien pour moi, c'était être blanc. » Rencontre spirituelle qu'il recherchait depuis longtemps. Dès sa deuxième année de fac, ce fils d'une famille musulmane maraboutique traditionnelle avait arrêté de faire le ramadan. Il sortait amer de ses années d'engagement pour la cause kabyle : « Tout ce à quoi j'avais cru était parti en fumée. Le mouvement pour la vérité sur l'assassinat du chanteur Matoub Lounès en 1998 était retombé. Des amis politiques s'étaient avérés des opportunistes dès qu'ils avaient été élus à l'Assemblée nationale. Même ma vie amoureuse était un chaos. » Depuis un an déjà, il était en contact avec une communauté évangélique. « J'ai été pendant une semaine le traducteur d'un missionnaire américain qui m'a marqué. Il avait une très bonne situation dans le Michigan et a tout laissé tomber pour prêcher la parole de Dieu durant trois mois dans un pays réputé dangereux et qu'il ne connaissait pas. » Difficile pourtant de se convertir. Il a fallu braver le regard des parents, du village. « J'ai dit à mon père qu'il devait me sentir plus près de lui car maintenant j'avais la foi. » Dès le début, le fait de chanter des textes liturgiques dans sa langue maternelle, le tamazight, lui apporte « un immense réconfort intérieur ». Pour lui, « Jésus n'est pas un autre visage de Dieu. C'est une expression douce et amicale de sa présence. Ce que j'ai vécu les années précédentes, la violence, la haine me l'avaient totalement cachée. Je pense vraiment que j'ai été sauvé par Jésus. Autour de moi, mes amis sont aigris, souvent haineux, surtout après le printemps noir où nous avons vu mourir sous les balles des gendarmes plus de 100 jeunes dans les villes de la Kabylie. » Dans sa vallée, les convertis demeurent discrets. Mais Ferhat doit quand même faire face aux critiques, répondre aux insinuations sur son supposé opportunisme, celui d'être devenu chrétien afin d'obtenir un visa pour les Etats-Unis, prouver enfin que les Kabyles convertis au christianisme sont « différents et pourtant les mêmes » Malek Sohbi
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Disciple-du-Christ a écrit :le choix chrétien en kabylie
L'allure d'une rock star avec ses lunettes noires, son jean et son débardeur rouge, Ferhat, 29 ans, professeur d'anglais, vient d'abandonner l'islam pour le christianisme. Il est protestant évangélique et appartient à l'une de ces Eglises qui, depuis quatre ou cinq ans, se font de plus en plus visibles dans la grande vallée de Boghni-Les-Ouadias, en Kabylie. Ici, on parle même de « quatre églises pour une mosquée ». En fait d'églises, des salles de fortune, capables de rassembler des communautés de dizaines de fidèles. Pourquoi avoir choisi l'apostasie, pourtant punie par la mort en islam ? « J'ai vraiment rencontré Jésus. C'était à la messe de minuit, à Alger, en 2001. J'ai été gagné par une émotion que je n'avais jamais connue et qui depuis ne me quitte plus, raconte Ferhat, pudiquement. Il y avait des gens de toutes les couleurs et de toutes les nationalités. J'ai été surpris : être chrétien pour moi, c'était être blanc. » Rencontre spirituelle qu'il recherchait depuis longtemps. Dès sa deuxième année de fac, ce fils d'une famille musulmane maraboutique traditionnelle avait arrêté de faire le ramadan. Il sortait amer de ses années d'engagement pour la cause kabyle : « Tout ce à quoi j'avais cru était parti en fumée. Le mouvement pour la vérité sur l'assassinat du chanteur Matoub Lounès en 1998 était retombé. Des amis politiques s'étaient avérés des opportunistes dès qu'ils avaient été élus à l'Assemblée nationale. Même ma vie amoureuse était un chaos. » Depuis un an déjà, il était en contact avec une communauté évangélique. « J'ai été pendant une semaine le traducteur d'un missionnaire américain qui m'a marqué. Il avait une très bonne situation dans le Michigan et a tout laissé tomber pour prêcher la parole de Dieu durant trois mois dans un pays réputé dangereux et qu'il ne connaissait pas. » Difficile pourtant de se convertir. Il a fallu braver le regard des parents, du village. « J'ai dit à mon père qu'il devait me sentir plus près de lui car maintenant j'avais la foi. » Dès le début, le fait de chanter des textes liturgiques dans sa langue maternelle, le tamazight, lui apporte « un immense réconfort intérieur ». Pour lui, « Jésus n'est pas un autre visage de Dieu. C'est une expression douce et amicale de sa présence. Ce que j'ai vécu les années précédentes, la violence, la haine me l'avaient totalement cachée. Je pense vraiment que j'ai été sauvé par Jésus. Autour de moi, mes amis sont aigris, souvent haineux, surtout après le printemps noir où nous avons vu mourir sous les balles des gendarmes plus de 100 jeunes dans les villes de la Kabylie. » Dans sa vallée, les convertis demeurent discrets. Mais Ferhat doit quand même faire face aux critiques, répondre aux insinuations sur son supposé opportunisme, celui d'être devenu chrétien afin d'obtenir un visa pour les Etats-Unis, prouver enfin que les Kabyles convertis au christianisme sont « différents et pourtant les mêmes » Malek Sohbi
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Les Kabyles ce sont des hommes , ce sont des vrais nationalistes .Durant la guerre d'Algérie ils se sont soulevés pour buter le colonialisme français de l' Algerie ET POUR NIQUER CES COLONIALISTES FRANCIAS
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Re: Algérie: ces Kabyles qui préfèrent le christianisme
Disciple-du-Christ a écrit :Algérie: ces Kabyles qui préfèrent le christianisme
[Credits] Nous rapportons des extraits d'un autre article de presse sur l'expansion rapide de l'Eglise protestante en Algérie malgré les temps difficiles et la persistance des troubles. Cet article a été diffusé sur les ondes de Radio France Internationale (rfi) et est disponible en intégralité sur le site de rfi. L'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) Suisse/France est en contact étroit avec cette jeune Eglise en plein essor.
La conversion de plusieurs familles de Kabylie au christianisme n’est plus un mystère pour personne en Algérie, terre d’Islam où existe une communauté chrétienne saignée par l’exode «pied-noir» de 1962 et évaluée aujourd’hui à quelque 30 000 âmes. Depuis quelques mois, la presse a levé une partie du voile sur l’histoire singulière de ces familles musulmanes qui ont quitté l’Islam dans un pays à écrasante majorité musulmane et, surtout, dans une région quadrillée par la guérilla islamiste des GSPC (Groupes salafistes pour la prédication et le combat dirigés par Hassan Hattab).
C’est, en effet, dans les régions de Draa-ben-Khedda (ex Mirabeau), Boghni et Les Ouadhias, que se situent les conversions les plus significatives et les plus ostentatoires puisque «les cloches des églises résonnent aujourd’hui au pied du Djurdjura», comme le rapporte le quotidien arabophone Al-Khabar (le plus fort tirage de la presse quotidienne avec 500 000 exemplaires par jour). Cette affirmation est à relativiser puisque le quotidien qui consacre son supplément hebdomadaire à «ces Algériens qui manifestent publiquement leur foi chrétienne», avance le chiffre d’une vingtaine de groupes de convertis récents qui pratiquent le culte protestant à travers la Kabylie.
L'Eglise des Ouadhias officie avec la bénédiction du ministère algérien de l’intérieur. ..... Nombre de spécialistes de la Kabylie estiment que la cause de ces conversions est à chercher dans le rejet du fondamentalisme islamiste par les habitants d’une région traditionnellement tolérante en matière religieuse.
La communauté chrétienne pratique son culte sans ostentation, voire dans la clandestinité depuis la montée du fondamentalisme musulman. ... Pour les milieux protestants qui observent sans triomphalisme cet essor du protestantisme en Kabylie, les conversions s’expliquent par l’attrait du christianisme qui a une présence et une histoire en Algérie «même si les nouveaux convertis sont poussés par l’envie de changement, le désir d’aller ailleurs», admet le pasteur Jean-Marc Dupeux, secrétaire général de la Cimade (Service œcuménique d’entraide). Commentant les réactions du ministre algérien des Affaires religieuses, Bouabdellah Ghollamallah (FLN), pour qui la plupart des évangélisateurs qui exercent en Algérie sont des étrangers et «nombre d’entre eux ont été des officiers de haut rang dans les services secrets de pays européens», le secrétaire général de la Cimade se borne à répliquer qu’avec cette logique absurde, «même Saint-Augustin (auquel l’Algérie a consacré un séminaire, le mois dernier), n’échapperait pas à de telles accusations».
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LA Kabylie n'a pas besion de mercenaires pour venir les aider les Kabyles ce sont des Algériens et fiers de l'être ,.
Ils n'ont pas besoin de ton cul puant ni de la main de ton Jésus et de sa maitresse Marie Madeleine pour venir les aider
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LES KABYLES CE SONT DES NATIONALISTES CONVAINCUS TU NE LES CONNAIS PAS ESPECE DE TARE
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Algérie: enquête passionnante d’un quotidien kabyle sur la question religieuse en Algérie aux lendemains d’une loi restreignant l’exercice de la religion
[Credits] Pour le compte de son journal “La Dépêche de Kabylie”, T. Ould Amar a mené son enquête en Kabylie sur l’implantation de nouvelles églises et le degré de pénétration du christianisme dans cette contrée d’Algérie. Son enquête prend d’autant plus de relief qu’elle paraît aux lendemains de la promulgation de la loi définissant les nouvelles conditions d’existence des communautés religieuses non-musulmanes. Tout à tour, le journaliste interroge l’histoire et divers acteurs locaux protestants, catholiques et musulmans. En voici des extraits
Aujourd’hui, on parle de l’évangélisation de la Kabylie. Beaucoup de choses se disent et s’écrivent sur ce sujet. Le phénomène est d’autant plus diabolisé qu’il s’agit d’une région d’Algérie qui de tout temps a été pointée du doigt et accusée de vouloir s’occidentaliser et, ce faisant, apostasier le reste du pays
Le passage du Christ en Algérie ne date pas d’aujourd’hui. Il remonte à très loin dans le passé. Les livres d’histoire en témoignent. Le passage de la civilisation judéo-chrétienne a laissé des empreintes culturelles. Ceci est vérifiable, à titre indicatif, à la manière dont nos grands-mères emmaillotent les bébés ou encore à leur manière d’implorer Sidi Djilali (le Galiléen étant Jésus-Christ qui passa une partie de sa vie en Galilée).
Le christianisme s’est réintroduit officiellement en Algérie avec le colonisateur. Des évêques, des prêtres, des religieux et des religieuses activaient dans l’humanitaire (écoles, hôpitaux…). On recensait alors très peu de chrétiens d’origine algérienne. A l’indépendance et craignant plus ou moins la persécution, beaucoup de chrétiens ont quitté le pays.
L’église catholique a perduré depuis l’indépendance. Officiellement, trois associations ont déposé leurs dossiers, sont reconnues et agréées par l’Etat. Ils s’agit de l’Eglise catholique,l’EPA(Eglise Protestante d’Algérie) et ACRCA(Association des Communautés Religieuses Catholiques d’Algérie).
Aujourd’hui, on parle de l’évangélisation de la Kabylie. Beaucoup de choses se disent et s’écrivent sur ce sujet. Le phénomène est d’autant plus diabolisé qu’il s’agit d’une région d’Algérie qui de tout temps a été pointée du doigt et accusée de vouloir s’occidentaliser et, ce faisant, apostasier le reste du pays, le détourner du droit chemin unique. A la limite du complexe et du sentiment de culpabilité, la Kabylie, par la voix de quelques redresseurs de torts, s’en défend et se sent obligée de justifier sa ‘’singularité’’ en rappelant fièrement le nombre de zaouïas et de mosquées que la région recèle. Elle s’en défend aussi en laissant entendre qu’argent et manipulation politique sont derrière. On expliquera aussi que la conversion au christianisme se fait par opposition à l’islam et à l’arabe, chez certains. Ne pouvant être, pour ainsi dire, dans les secrets de Dieu, nous nous limitons à rendre compte d’au moins la surface. Pour ce faire, nous nous sommes rendus à Ouacif, un visage de la Kabylie où le courant protestant exerce son culte ouvertement.
Qu’est-ce que le protestantisme ?
Au début du XVIe, le pape Léon X organisa la vente d’”Indulgences” censées faciliter l’accès au paradis. L’argent ainsi obtenu devait lui permettre de faire construire la basilique Saint-Pierre à Rome. Martin Luther, un moine allemand proteste contre les pratiques de l’église. Il publiera en 1517 ses ‘’95 thèses’’ qui fondent la Réforme. Le fondateur du courant protestant affirme que seule la foi peut sauver l’homme et que la vérité du christianisme se trouve dans les Écritures et non pas dans le clergé. Il ne reconnaît que deux sacrements : le baptême et la communion. Les protestants n’ont donc pas de clergé pour intercéder en leur faveur auprès de Dieu. Au temple, la prière est assurée par certains fidèles ; les pasteurs peuvent être des hommes ou des femmes. Et c’est dans ce courant qui ne tient compte que des Ecriture que se reconnaissent la majorité des Kabyles nouvellement convertis au christianisme.
Sur le terrain du Christ
Ouacif, chef-lieu de la daira, est une ville qui n’a pas trop évolué en matière de développement. A peine débarqué, on a le sentiment qu’elle est livrée à elle-même. N’étaient-ce l’édifice de la brigade de gendarmerie, celui d’Algérie Télécom, les établissements scolaires et le minaret de la mosquée, on aurait même pensé que l’Etat n’est jamais passé par là. Par contre, les signes distinctifs témoignant de l’insoumission de la région à l’autorité établie sont là : absence de policiers et de gendarmes. Comme dans toutes les villes et villages de kabylie qui ‘’se respectent’’ et pour signifier son attachement à la révolte, Ouacif ‘’exhibe’’ deux portraits géants : celui du Rebelle et celui du jeune Naâmane Toufik, Martyr du Printemps Berbère natif de la région. Et le Christ ? Hormis, un graffiti que l’on pourrait facilement confondre avec le ‘’z’’ amazigh et représentant une croix à l’entrée de la ville, rien d’ostentatoire n’indique que dans la localité des chrétiens existent et exercent leur culte. "Ils n’exhibent pas leur foi : ils la vivent", nous expliquera notre hôte et ami Dahmane. La vivent-ils alors dans la clandestinité ? Plutôt dans la sérénité et la discrétion. C’est du moins l’impression que nous aurons tout le temps que nous passerons dans la région. Un séjour qui coïncide avec les Rameaux, fête chrétienne commémorant l’entrée de Jésus à Jérusalem et le Mouloud, fête musulmane célébrant la naissance du prophète Mohamed.
Les jeunes chrétiens que nous rencontrons à Ouacifs ne sont, à première vue, ni pires ni meilleurs que leurs concitoyens. Ils vivent les mêmes contraintes socioéconomiques que les autres. D’ailleurs sur ce plan ils réfutent la singularité.
En fait et s’agissant de leur particularité religieuse, ils estiment qu’ils exercent leur citoyenneté dans une République qui, même si elle a consacré l’Islam religion de l’Etat, a ratifié la proclamation des droits de l’homme et donc son article 18 qui stipule que "Toute personne a droit à la liberté de penser, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seul ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites" . Cette générosité ratifiée par l’Etat algérien relève-t-elle du théorique ? Vraisemblablement non. Les chrétiens, du moins ceux de Ouacifs, ne semblent subir aucune contrainte de nature répressive. Ils vivent leur culte ouvertement sans qu’ils soient rappelés par quelques moyens que ce soient à…’’l’ordre établi’’.
Il est 19 heures passées. Nous nous rendons à l’église. Il s’agit d’une ancienne écurie aménagée. La porte est grande ouverte. Une dizaine de fidèles semblent louer Dieu. Nous n’osons pas entrer. Nous attendons qu’on nous y invite. Un jeune sort de l’église et nous demande ce que nous voulons. Nous lui expliquons qui nous sommes et ce que nous sommes venus faire. "Vous êtes les bienvenus. La porte est ouverte à tous".
L’intérieur ressemble un peu à ces églises du Far West qui se contentent de l’essentiel : une croix, des bancs, un pupitre et une bible. Au dessus du pupitre qui fait face à la porte, une croix en bois massif accroche tout de suite le regard. Tout autour du crucifix, des affiches rendent grâce à Dieu en kabyle, arabe et français. On peut y lire : "Paix, Joie, Amour, Patience, Bonté, Bienveillance, Fidélité, Douceur, Maîtrise de soi", "vivre selon non sa chair mais selon l’Esprit", "Tilelli (liberté)"… Le décor, plutôt agreste, impose une attitude d’humilité.
Nous demandons la permission de prendre quelques photos. On apprendra que des Suisses de passage avaient sollicité la même permission.
Celui qui assurait la fonction de pasteur, un enseignant de son état, semblait expliquer les Ecritures à la dizaine de fidèles présents au ‘’temple’’. C’est dans un kabyle fluide et digeste que les uns et les autres parlent du Christ. A aucun moment nous n’avons noté une effraction linguistique. D’ailleurs, n’était-ce le décor, on ne se serait jamais rendu compte que le ‘’awal’’ concerne Jésus-Christ, tellement la langue semblait couler de source.
Pendant que notre ami Dahmane tentait de réussir des photos, nous nous entretenons avec les fidèles. Nous voulons comprendre comment ils vivent leur foi, s’ils la vivent comme un véritable chemin de croix. Nous voulons surtout savoir comment leurs familles les appréciaient. Ils nous expliqueront que d’une manière générale leur choix est accepté, voire respecté, par leurs concitoyens. Cependant, on nous présente un jeune, une vingtaine d’année, que le père chasser de la maison. Le jeune en question nous dira : "lorsque j’étais un drogué et que je consommais de l’alcool tout le monde m’aimait. Maintenant que je suis dans le droit chemin, on me rejette". On nous parlera aussi d’un jeune Harrachi chassé par sa famille pour s’être converti au christianisme et qui a trouvé refuge pour un certain temps à Ouacifs….
Vendredi matin, nous embarquons avec quelques protestants de Ouacif pour Tizi Ouzou. C‘est jour de messe. C’est la joie dans le minibus qui nous conduit à l’église. La quinzaine de protestants dont deux jeunes filles et une dame accompagne les louanges sur un fond de guitare sèche que diffuse le poste-auto. Ils semblent connaître les textes. "Alléluia !", reprennent-ils en chœur. Véritable gospel kabyle. La journée est belle. Le barrage Taksebt aussi. En fait, le décor ajoute quelque chose de mystérieux aux louanges reprises en chœur par nos hôtes.
Aux environs de dix heures, nous arrivons à Tizi Ouzou, devant une belle bâtisse qui servira de lieu de messe. Femmes, hommes, enfants… ils viennent de tous les territoires de la wilaya célébrer la messe. Ils se connaissent tous. La joie se lit sur tous les visages. L’ambiance est un peu comme dans ces scènes de cinéma montrant les fidèles avant l’entame de la messe du dimanche.
Nous essayons de rencontrer un ‘’responsable’’ pour avoir la permission d’accompagner les protestants de Ouacif à l’intérieur de l’église et rendre compte de la touche finale de notre reportage. Un jeune homme qui répond au prénom de Karim et que tout le monde semble connaître nous répond gentiment que cela n’est pas possible. Cela dit, il nous invite à titre personnel à l’intérieur de l’église. "Nous vous remettrons même une bible", nous dira-t-il sans perdre le sourire. Il expliquera le refus de laisser le journaliste entrer dans la bâtisse par le fait que des confrères auraient dénaturé leurs propos.
.......
"Nous ne sommes pas engagés dans un parti politique"
Des convertis au christianisme nous ont expliqué leur foi. Pour la plupart, la conversion est l’aboutissement logique de la quête de la vérité, cette vérité qui ne comporte aucune restriction. "Je suis la voie, la vérité et la vie", est-il écrit dans l’Evangile. A les entendre, cette recherche de la vérité est individuelle et n’est altérée par aucune interférence. Cependant, même si la démarche diffère de l’un à l’autre, tous ont plus ou moins à un moment donné de leur parcours vécu un ‘’mystère’’ : le miracle. Le mot revient dans la bouche de beaucoup de chrétiens. "J’étais un véritable monstre. Aujourd’hui, et je rend grâce à Dieu, je suis en paix avec moi-même et avec mes concitoyens du village", une dame de 57 ans nous explique le miracle le Christ, selon elle, l’a guéri d’une maladie. A croire la description symptomatique du mal qui la rongeait, Il s’agirait d’une schizophrénie affective.
Parmi ces nouveaux convertis, d’anciens musulmans pratiquants. Salim en est un. Il nous dira que pour lui la religion n’est qu’un code de la route : "l’essentiel est Dieu". A sa manière, Salim explique que l’Islam n’a été pour lui qu’un cadre qui lui permettrait de trouver Dieu. L’avait-il trouvé dans l’islam? En fait, et cela pourrait paraître paradoxal, c’est la connaissance de l’islam, sa connaissance, qui l’a poussé à chercher, si l’on peut dire, ailleurs Dieu.
L’avènement du terrorisme le poussera à s’interroger sérieusement. Il se met, nous dit-il, à lire profondément. Il nous parlera d’incohérences qui vont à l’encontre de la raison. "Je me suis alors adressé directement à Dieu pour me montrer la voie", nous confie Salim. Et alors ? Salim épouse le protestantisme, ce courant qui refuse le clergé.
"On n’a pas faim, Dieu merci ! Nous avons des dinars et de l’euro", nous dit au micro un autre protestant pour nous expliquer que seule sa foi l’a motivé. Cette "évangélisation n’est pas importée, nous l’avons déjà exportée. Saint-Augustin a évangélisé l’Europe. On n’a rien inventé, le Christ à toujours été là. En fait, il s’agit d’un retour à la source", rétorque-t-il aux détracteurs qui les accusent de rouler pour ‘’une main étrangère’’. Il nous révèlera aussi que l’évangélisation est partout en Algérie : "allez voir à Mascara, Annaba, Laghouat… seulement, la Kabylie a toujours été montrée du doigt". Dans la lancée et avec un zeste d’ironie, il ajoute : "écoutez-nous ne sommes pas engagés dans un parti politique pour aller danser. On a un seul intérêt ; la vérité". A propos de la manière dont il est vu par ses concitoyens, il dira : "nous n’avons pour l’instant aucun problème. La Kabylie est une société démocrate".
source: http://eemnews.umc-europe.org/2006/avril/28-15.php
ECRASONS L'ISLAM !!!
VIVE LA KABYLIE !!!
[Credits] Pour le compte de son journal “La Dépêche de Kabylie”, T. Ould Amar a mené son enquête en Kabylie sur l’implantation de nouvelles églises et le degré de pénétration du christianisme dans cette contrée d’Algérie. Son enquête prend d’autant plus de relief qu’elle paraît aux lendemains de la promulgation de la loi définissant les nouvelles conditions d’existence des communautés religieuses non-musulmanes. Tout à tour, le journaliste interroge l’histoire et divers acteurs locaux protestants, catholiques et musulmans. En voici des extraits
Aujourd’hui, on parle de l’évangélisation de la Kabylie. Beaucoup de choses se disent et s’écrivent sur ce sujet. Le phénomène est d’autant plus diabolisé qu’il s’agit d’une région d’Algérie qui de tout temps a été pointée du doigt et accusée de vouloir s’occidentaliser et, ce faisant, apostasier le reste du pays
Le passage du Christ en Algérie ne date pas d’aujourd’hui. Il remonte à très loin dans le passé. Les livres d’histoire en témoignent. Le passage de la civilisation judéo-chrétienne a laissé des empreintes culturelles. Ceci est vérifiable, à titre indicatif, à la manière dont nos grands-mères emmaillotent les bébés ou encore à leur manière d’implorer Sidi Djilali (le Galiléen étant Jésus-Christ qui passa une partie de sa vie en Galilée).
Le christianisme s’est réintroduit officiellement en Algérie avec le colonisateur. Des évêques, des prêtres, des religieux et des religieuses activaient dans l’humanitaire (écoles, hôpitaux…). On recensait alors très peu de chrétiens d’origine algérienne. A l’indépendance et craignant plus ou moins la persécution, beaucoup de chrétiens ont quitté le pays.
L’église catholique a perduré depuis l’indépendance. Officiellement, trois associations ont déposé leurs dossiers, sont reconnues et agréées par l’Etat. Ils s’agit de l’Eglise catholique,l’EPA(Eglise Protestante d’Algérie) et ACRCA(Association des Communautés Religieuses Catholiques d’Algérie).
Aujourd’hui, on parle de l’évangélisation de la Kabylie. Beaucoup de choses se disent et s’écrivent sur ce sujet. Le phénomène est d’autant plus diabolisé qu’il s’agit d’une région d’Algérie qui de tout temps a été pointée du doigt et accusée de vouloir s’occidentaliser et, ce faisant, apostasier le reste du pays, le détourner du droit chemin unique. A la limite du complexe et du sentiment de culpabilité, la Kabylie, par la voix de quelques redresseurs de torts, s’en défend et se sent obligée de justifier sa ‘’singularité’’ en rappelant fièrement le nombre de zaouïas et de mosquées que la région recèle. Elle s’en défend aussi en laissant entendre qu’argent et manipulation politique sont derrière. On expliquera aussi que la conversion au christianisme se fait par opposition à l’islam et à l’arabe, chez certains. Ne pouvant être, pour ainsi dire, dans les secrets de Dieu, nous nous limitons à rendre compte d’au moins la surface. Pour ce faire, nous nous sommes rendus à Ouacif, un visage de la Kabylie où le courant protestant exerce son culte ouvertement.
Qu’est-ce que le protestantisme ?
Au début du XVIe, le pape Léon X organisa la vente d’”Indulgences” censées faciliter l’accès au paradis. L’argent ainsi obtenu devait lui permettre de faire construire la basilique Saint-Pierre à Rome. Martin Luther, un moine allemand proteste contre les pratiques de l’église. Il publiera en 1517 ses ‘’95 thèses’’ qui fondent la Réforme. Le fondateur du courant protestant affirme que seule la foi peut sauver l’homme et que la vérité du christianisme se trouve dans les Écritures et non pas dans le clergé. Il ne reconnaît que deux sacrements : le baptême et la communion. Les protestants n’ont donc pas de clergé pour intercéder en leur faveur auprès de Dieu. Au temple, la prière est assurée par certains fidèles ; les pasteurs peuvent être des hommes ou des femmes. Et c’est dans ce courant qui ne tient compte que des Ecriture que se reconnaissent la majorité des Kabyles nouvellement convertis au christianisme.
Sur le terrain du Christ
Ouacif, chef-lieu de la daira, est une ville qui n’a pas trop évolué en matière de développement. A peine débarqué, on a le sentiment qu’elle est livrée à elle-même. N’étaient-ce l’édifice de la brigade de gendarmerie, celui d’Algérie Télécom, les établissements scolaires et le minaret de la mosquée, on aurait même pensé que l’Etat n’est jamais passé par là. Par contre, les signes distinctifs témoignant de l’insoumission de la région à l’autorité établie sont là : absence de policiers et de gendarmes. Comme dans toutes les villes et villages de kabylie qui ‘’se respectent’’ et pour signifier son attachement à la révolte, Ouacif ‘’exhibe’’ deux portraits géants : celui du Rebelle et celui du jeune Naâmane Toufik, Martyr du Printemps Berbère natif de la région. Et le Christ ? Hormis, un graffiti que l’on pourrait facilement confondre avec le ‘’z’’ amazigh et représentant une croix à l’entrée de la ville, rien d’ostentatoire n’indique que dans la localité des chrétiens existent et exercent leur culte. "Ils n’exhibent pas leur foi : ils la vivent", nous expliquera notre hôte et ami Dahmane. La vivent-ils alors dans la clandestinité ? Plutôt dans la sérénité et la discrétion. C’est du moins l’impression que nous aurons tout le temps que nous passerons dans la région. Un séjour qui coïncide avec les Rameaux, fête chrétienne commémorant l’entrée de Jésus à Jérusalem et le Mouloud, fête musulmane célébrant la naissance du prophète Mohamed.
Les jeunes chrétiens que nous rencontrons à Ouacifs ne sont, à première vue, ni pires ni meilleurs que leurs concitoyens. Ils vivent les mêmes contraintes socioéconomiques que les autres. D’ailleurs sur ce plan ils réfutent la singularité.
En fait et s’agissant de leur particularité religieuse, ils estiment qu’ils exercent leur citoyenneté dans une République qui, même si elle a consacré l’Islam religion de l’Etat, a ratifié la proclamation des droits de l’homme et donc son article 18 qui stipule que "Toute personne a droit à la liberté de penser, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seul ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites" . Cette générosité ratifiée par l’Etat algérien relève-t-elle du théorique ? Vraisemblablement non. Les chrétiens, du moins ceux de Ouacifs, ne semblent subir aucune contrainte de nature répressive. Ils vivent leur culte ouvertement sans qu’ils soient rappelés par quelques moyens que ce soient à…’’l’ordre établi’’.
Il est 19 heures passées. Nous nous rendons à l’église. Il s’agit d’une ancienne écurie aménagée. La porte est grande ouverte. Une dizaine de fidèles semblent louer Dieu. Nous n’osons pas entrer. Nous attendons qu’on nous y invite. Un jeune sort de l’église et nous demande ce que nous voulons. Nous lui expliquons qui nous sommes et ce que nous sommes venus faire. "Vous êtes les bienvenus. La porte est ouverte à tous".
L’intérieur ressemble un peu à ces églises du Far West qui se contentent de l’essentiel : une croix, des bancs, un pupitre et une bible. Au dessus du pupitre qui fait face à la porte, une croix en bois massif accroche tout de suite le regard. Tout autour du crucifix, des affiches rendent grâce à Dieu en kabyle, arabe et français. On peut y lire : "Paix, Joie, Amour, Patience, Bonté, Bienveillance, Fidélité, Douceur, Maîtrise de soi", "vivre selon non sa chair mais selon l’Esprit", "Tilelli (liberté)"… Le décor, plutôt agreste, impose une attitude d’humilité.
Nous demandons la permission de prendre quelques photos. On apprendra que des Suisses de passage avaient sollicité la même permission.
Celui qui assurait la fonction de pasteur, un enseignant de son état, semblait expliquer les Ecritures à la dizaine de fidèles présents au ‘’temple’’. C’est dans un kabyle fluide et digeste que les uns et les autres parlent du Christ. A aucun moment nous n’avons noté une effraction linguistique. D’ailleurs, n’était-ce le décor, on ne se serait jamais rendu compte que le ‘’awal’’ concerne Jésus-Christ, tellement la langue semblait couler de source.
Pendant que notre ami Dahmane tentait de réussir des photos, nous nous entretenons avec les fidèles. Nous voulons comprendre comment ils vivent leur foi, s’ils la vivent comme un véritable chemin de croix. Nous voulons surtout savoir comment leurs familles les appréciaient. Ils nous expliqueront que d’une manière générale leur choix est accepté, voire respecté, par leurs concitoyens. Cependant, on nous présente un jeune, une vingtaine d’année, que le père chasser de la maison. Le jeune en question nous dira : "lorsque j’étais un drogué et que je consommais de l’alcool tout le monde m’aimait. Maintenant que je suis dans le droit chemin, on me rejette". On nous parlera aussi d’un jeune Harrachi chassé par sa famille pour s’être converti au christianisme et qui a trouvé refuge pour un certain temps à Ouacifs….
Vendredi matin, nous embarquons avec quelques protestants de Ouacif pour Tizi Ouzou. C‘est jour de messe. C’est la joie dans le minibus qui nous conduit à l’église. La quinzaine de protestants dont deux jeunes filles et une dame accompagne les louanges sur un fond de guitare sèche que diffuse le poste-auto. Ils semblent connaître les textes. "Alléluia !", reprennent-ils en chœur. Véritable gospel kabyle. La journée est belle. Le barrage Taksebt aussi. En fait, le décor ajoute quelque chose de mystérieux aux louanges reprises en chœur par nos hôtes.
Aux environs de dix heures, nous arrivons à Tizi Ouzou, devant une belle bâtisse qui servira de lieu de messe. Femmes, hommes, enfants… ils viennent de tous les territoires de la wilaya célébrer la messe. Ils se connaissent tous. La joie se lit sur tous les visages. L’ambiance est un peu comme dans ces scènes de cinéma montrant les fidèles avant l’entame de la messe du dimanche.
Nous essayons de rencontrer un ‘’responsable’’ pour avoir la permission d’accompagner les protestants de Ouacif à l’intérieur de l’église et rendre compte de la touche finale de notre reportage. Un jeune homme qui répond au prénom de Karim et que tout le monde semble connaître nous répond gentiment que cela n’est pas possible. Cela dit, il nous invite à titre personnel à l’intérieur de l’église. "Nous vous remettrons même une bible", nous dira-t-il sans perdre le sourire. Il expliquera le refus de laisser le journaliste entrer dans la bâtisse par le fait que des confrères auraient dénaturé leurs propos.
.......
"Nous ne sommes pas engagés dans un parti politique"
Des convertis au christianisme nous ont expliqué leur foi. Pour la plupart, la conversion est l’aboutissement logique de la quête de la vérité, cette vérité qui ne comporte aucune restriction. "Je suis la voie, la vérité et la vie", est-il écrit dans l’Evangile. A les entendre, cette recherche de la vérité est individuelle et n’est altérée par aucune interférence. Cependant, même si la démarche diffère de l’un à l’autre, tous ont plus ou moins à un moment donné de leur parcours vécu un ‘’mystère’’ : le miracle. Le mot revient dans la bouche de beaucoup de chrétiens. "J’étais un véritable monstre. Aujourd’hui, et je rend grâce à Dieu, je suis en paix avec moi-même et avec mes concitoyens du village", une dame de 57 ans nous explique le miracle le Christ, selon elle, l’a guéri d’une maladie. A croire la description symptomatique du mal qui la rongeait, Il s’agirait d’une schizophrénie affective.
Parmi ces nouveaux convertis, d’anciens musulmans pratiquants. Salim en est un. Il nous dira que pour lui la religion n’est qu’un code de la route : "l’essentiel est Dieu". A sa manière, Salim explique que l’Islam n’a été pour lui qu’un cadre qui lui permettrait de trouver Dieu. L’avait-il trouvé dans l’islam? En fait, et cela pourrait paraître paradoxal, c’est la connaissance de l’islam, sa connaissance, qui l’a poussé à chercher, si l’on peut dire, ailleurs Dieu.
L’avènement du terrorisme le poussera à s’interroger sérieusement. Il se met, nous dit-il, à lire profondément. Il nous parlera d’incohérences qui vont à l’encontre de la raison. "Je me suis alors adressé directement à Dieu pour me montrer la voie", nous confie Salim. Et alors ? Salim épouse le protestantisme, ce courant qui refuse le clergé.
"On n’a pas faim, Dieu merci ! Nous avons des dinars et de l’euro", nous dit au micro un autre protestant pour nous expliquer que seule sa foi l’a motivé. Cette "évangélisation n’est pas importée, nous l’avons déjà exportée. Saint-Augustin a évangélisé l’Europe. On n’a rien inventé, le Christ à toujours été là. En fait, il s’agit d’un retour à la source", rétorque-t-il aux détracteurs qui les accusent de rouler pour ‘’une main étrangère’’. Il nous révèlera aussi que l’évangélisation est partout en Algérie : "allez voir à Mascara, Annaba, Laghouat… seulement, la Kabylie a toujours été montrée du doigt". Dans la lancée et avec un zeste d’ironie, il ajoute : "écoutez-nous ne sommes pas engagés dans un parti politique pour aller danser. On a un seul intérêt ; la vérité". A propos de la manière dont il est vu par ses concitoyens, il dira : "nous n’avons pour l’instant aucun problème. La Kabylie est une société démocrate".
source: http://eemnews.umc-europe.org/2006/avril/28-15.php
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Disciple-du-Christ a écrit :Algérie: enquête passionnante d’un quotidien kabyle sur la question religieuse en Algérie aux lendemains d’une loi restreignant l’exercice de la religion
[Credits] Pour le compte de son journal “La Dépêche de Kabylie”, T. Ould Amar a mené son enquête en Kabylie sur l’implantation de nouvelles églises et le degré de pénétration du christianisme dans cette contrée d’Algérie. Son enquête prend d’autant plus de relief qu’elle paraît aux lendemains de la promulgation de la loi définissant les nouvelles conditions d’existence des communautés religieuses non-musulmanes. Tout à tour, le journaliste interroge l’histoire et divers acteurs locaux protestants, catholiques et musulmans. En voici des extraits
Aujourd’hui, on parle de l’évangélisation de la Kabylie. Beaucoup de choses se disent et s’écrivent sur ce sujet. Le phénomène est d’autant plus diabolisé qu’il s’agit d’une région d’Algérie qui de tout temps a été pointée du doigt et accusée de vouloir s’occidentaliser et, ce faisant, apostasier le reste du pays
Le passage du Christ en Algérie ne date pas d’aujourd’hui. Il remonte à très loin dans le passé. Les livres d’histoire en témoignent. Le passage de la civilisation judéo-chrétienne a laissé des empreintes culturelles. Ceci est vérifiable, à titre indicatif, à la manière dont nos grands-mères emmaillotent les bébés ou encore à leur manière d’implorer Sidi Djilali (le Galiléen étant Jésus-Christ qui passa une partie de sa vie en Galilée).
Le christianisme s’est réintroduit officiellement en Algérie avec le colonisateur. Des évêques, des prêtres, des religieux et des religieuses activaient dans l’humanitaire (écoles, hôpitaux…). On recensait alors très peu de chrétiens d’origine algérienne. A l’indépendance et craignant plus ou moins la persécution, beaucoup de chrétiens ont quitté le pays.
L’église catholique a perduré depuis l’indépendance. Officiellement, trois associations ont déposé leurs dossiers, sont reconnues et agréées par l’Etat. Ils s’agit de l’Eglise catholique,l’EPA(Eglise Protestante d’Algérie) et ACRCA(Association des Communautés Religieuses Catholiques d’Algérie).
Aujourd’hui, on parle de l’évangélisation de la Kabylie. Beaucoup de choses se disent et s’écrivent sur ce sujet. Le phénomène est d’autant plus diabolisé qu’il s’agit d’une région d’Algérie qui de tout temps a été pointée du doigt et accusée de vouloir s’occidentaliser et, ce faisant, apostasier le reste du pays, le détourner du droit chemin unique. A la limite du complexe et du sentiment de culpabilité, la Kabylie, par la voix de quelques redresseurs de torts, s’en défend et se sent obligée de justifier sa ‘’singularité’’ en rappelant fièrement le nombre de zaouïas et de mosquées que la région recèle. Elle s’en défend aussi en laissant entendre qu’argent et manipulation politique sont derrière. On expliquera aussi que la conversion au christianisme se fait par opposition à l’islam et à l’arabe, chez certains. Ne pouvant être, pour ainsi dire, dans les secrets de Dieu, nous nous limitons à rendre compte d’au moins la surface. Pour ce faire, nous nous sommes rendus à Ouacif, un visage de la Kabylie où le courant protestant exerce son culte ouvertement.
Qu’est-ce que le protestantisme ?
Au début du XVIe, le pape Léon X organisa la vente d’”Indulgences” censées faciliter l’accès au paradis. L’argent ainsi obtenu devait lui permettre de faire construire la basilique Saint-Pierre à Rome. Martin Luther, un moine allemand proteste contre les pratiques de l’église. Il publiera en 1517 ses ‘’95 thèses’’ qui fondent la Réforme. Le fondateur du courant protestant affirme que seule la foi peut sauver l’homme et que la vérité du christianisme se trouve dans les Écritures et non pas dans le clergé. Il ne reconnaît que deux sacrements : le baptême et la communion. Les protestants n’ont donc pas de clergé pour intercéder en leur faveur auprès de Dieu. Au temple, la prière est assurée par certains fidèles ; les pasteurs peuvent être des hommes ou des femmes. Et c’est dans ce courant qui ne tient compte que des Ecriture que se reconnaissent la majorité des Kabyles nouvellement convertis au christianisme.
Sur le terrain du Christ
Ouacif, chef-lieu de la daira, est une ville qui n’a pas trop évolué en matière de développement. A peine débarqué, on a le sentiment qu’elle est livrée à elle-même. N’étaient-ce l’édifice de la brigade de gendarmerie, celui d’Algérie Télécom, les établissements scolaires et le minaret de la mosquée, on aurait même pensé que l’Etat n’est jamais passé par là. Par contre, les signes distinctifs témoignant de l’insoumission de la région à l’autorité établie sont là : absence de policiers et de gendarmes. Comme dans toutes les villes et villages de kabylie qui ‘’se respectent’’ et pour signifier son attachement à la révolte, Ouacif ‘’exhibe’’ deux portraits géants : celui du Rebelle et celui du jeune Naâmane Toufik, Martyr du Printemps Berbère natif de la région. Et le Christ ? Hormis, un graffiti que l’on pourrait facilement confondre avec le ‘’z’’ amazigh et représentant une croix à l’entrée de la ville, rien d’ostentatoire n’indique que dans la localité des chrétiens existent et exercent leur culte. "Ils n’exhibent pas leur foi : ils la vivent", nous expliquera notre hôte et ami Dahmane. La vivent-ils alors dans la clandestinité ? Plutôt dans la sérénité et la discrétion. C’est du moins l’impression que nous aurons tout le temps que nous passerons dans la région. Un séjour qui coïncide avec les Rameaux, fête chrétienne commémorant l’entrée de Jésus à Jérusalem et le Mouloud, fête musulmane célébrant la naissance du prophète Mohamed.
Les jeunes chrétiens que nous rencontrons à Ouacifs ne sont, à première vue, ni pires ni meilleurs que leurs concitoyens. Ils vivent les mêmes contraintes socioéconomiques que les autres. D’ailleurs sur ce plan ils réfutent la singularité.
En fait et s’agissant de leur particularité religieuse, ils estiment qu’ils exercent leur citoyenneté dans une République qui, même si elle a consacré l’Islam religion de l’Etat, a ratifié la proclamation des droits de l’homme et donc son article 18 qui stipule que "Toute personne a droit à la liberté de penser, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seul ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites" . Cette générosité ratifiée par l’Etat algérien relève-t-elle du théorique ? Vraisemblablement non. Les chrétiens, du moins ceux de Ouacifs, ne semblent subir aucune contrainte de nature répressive. Ils vivent leur culte ouvertement sans qu’ils soient rappelés par quelques moyens que ce soient à…’’l’ordre établi’’.
Il est 19 heures passées. Nous nous rendons à l’église. Il s’agit d’une ancienne écurie aménagée. La porte est grande ouverte. Une dizaine de fidèles semblent louer Dieu. Nous n’osons pas entrer. Nous attendons qu’on nous y invite. Un jeune sort de l’église et nous demande ce que nous voulons. Nous lui expliquons qui nous sommes et ce que nous sommes venus faire. "Vous êtes les bienvenus. La porte est ouverte à tous".
L’intérieur ressemble un peu à ces églises du Far West qui se contentent de l’essentiel : une croix, des bancs, un pupitre et une bible. Au dessus du pupitre qui fait face à la porte, une croix en bois massif accroche tout de suite le regard. Tout autour du crucifix, des affiches rendent grâce à Dieu en kabyle, arabe et français. On peut y lire : "Paix, Joie, Amour, Patience, Bonté, Bienveillance, Fidélité, Douceur, Maîtrise de soi", "vivre selon non sa chair mais selon l’Esprit", "Tilelli (liberté)"… Le décor, plutôt agreste, impose une attitude d’humilité.
Nous demandons la permission de prendre quelques photos. On apprendra que des Suisses de passage avaient sollicité la même permission.
Celui qui assurait la fonction de pasteur, un enseignant de son état, semblait expliquer les Ecritures à la dizaine de fidèles présents au ‘’temple’’. C’est dans un kabyle fluide et digeste que les uns et les autres parlent du Christ. A aucun moment nous n’avons noté une effraction linguistique. D’ailleurs, n’était-ce le décor, on ne se serait jamais rendu compte que le ‘’awal’’ concerne Jésus-Christ, tellement la langue semblait couler de source.
Pendant que notre ami Dahmane tentait de réussir des photos, nous nous entretenons avec les fidèles. Nous voulons comprendre comment ils vivent leur foi, s’ils la vivent comme un véritable chemin de croix. Nous voulons surtout savoir comment leurs familles les appréciaient. Ils nous expliqueront que d’une manière générale leur choix est accepté, voire respecté, par leurs concitoyens. Cependant, on nous présente un jeune, une vingtaine d’année, que le père chasser de la maison. Le jeune en question nous dira : "lorsque j’étais un drogué et que je consommais de l’alcool tout le monde m’aimait. Maintenant que je suis dans le droit chemin, on me rejette". On nous parlera aussi d’un jeune Harrachi chassé par sa famille pour s’être converti au christianisme et qui a trouvé refuge pour un certain temps à Ouacifs….
Vendredi matin, nous embarquons avec quelques protestants de Ouacif pour Tizi Ouzou. C‘est jour de messe. C’est la joie dans le minibus qui nous conduit à l’église. La quinzaine de protestants dont deux jeunes filles et une dame accompagne les louanges sur un fond de guitare sèche que diffuse le poste-auto. Ils semblent connaître les textes. "Alléluia !", reprennent-ils en chœur. Véritable gospel kabyle. La journée est belle. Le barrage Taksebt aussi. En fait, le décor ajoute quelque chose de mystérieux aux louanges reprises en chœur par nos hôtes.
Aux environs de dix heures, nous arrivons à Tizi Ouzou, devant une belle bâtisse qui servira de lieu de messe. Femmes, hommes, enfants… ils viennent de tous les territoires de la wilaya célébrer la messe. Ils se connaissent tous. La joie se lit sur tous les visages. L’ambiance est un peu comme dans ces scènes de cinéma montrant les fidèles avant l’entame de la messe du dimanche.
Nous essayons de rencontrer un ‘’responsable’’ pour avoir la permission d’accompagner les protestants de Ouacif à l’intérieur de l’église et rendre compte de la touche finale de notre reportage. Un jeune homme qui répond au prénom de Karim et que tout le monde semble connaître nous répond gentiment que cela n’est pas possible. Cela dit, il nous invite à titre personnel à l’intérieur de l’église. "Nous vous remettrons même une bible", nous dira-t-il sans perdre le sourire. Il expliquera le refus de laisser le journaliste entrer dans la bâtisse par le fait que des confrères auraient dénaturé leurs propos.
.......
"Nous ne sommes pas engagés dans un parti politique"
Des convertis au christianisme nous ont expliqué leur foi. Pour la plupart, la conversion est l’aboutissement logique de la quête de la vérité, cette vérité qui ne comporte aucune restriction. "Je suis la voie, la vérité et la vie", est-il écrit dans l’Evangile. A les entendre, cette recherche de la vérité est individuelle et n’est altérée par aucune interférence. Cependant, même si la démarche diffère de l’un à l’autre, tous ont plus ou moins à un moment donné de leur parcours vécu un ‘’mystère’’ : le miracle. Le mot revient dans la bouche de beaucoup de chrétiens. "J’étais un véritable monstre. Aujourd’hui, et je rend grâce à Dieu, je suis en paix avec moi-même et avec mes concitoyens du village", une dame de 57 ans nous explique le miracle le Christ, selon elle, l’a guéri d’une maladie. A croire la description symptomatique du mal qui la rongeait, Il s’agirait d’une schizophrénie affective.
Parmi ces nouveaux convertis, d’anciens musulmans pratiquants. Salim en est un. Il nous dira que pour lui la religion n’est qu’un code de la route : "l’essentiel est Dieu". A sa manière, Salim explique que l’Islam n’a été pour lui qu’un cadre qui lui permettrait de trouver Dieu. L’avait-il trouvé dans l’islam? En fait, et cela pourrait paraître paradoxal, c’est la connaissance de l’islam, sa connaissance, qui l’a poussé à chercher, si l’on peut dire, ailleurs Dieu.
L’avènement du terrorisme le poussera à s’interroger sérieusement. Il se met, nous dit-il, à lire profondément. Il nous parlera d’incohérences qui vont à l’encontre de la raison. "Je me suis alors adressé directement à Dieu pour me montrer la voie", nous confie Salim. Et alors ? Salim épouse le protestantisme, ce courant qui refuse le clergé.
"On n’a pas faim, Dieu merci ! Nous avons des dinars et de l’euro", nous dit au micro un autre protestant pour nous expliquer que seule sa foi l’a motivé. Cette "évangélisation n’est pas importée, nous l’avons déjà exportée. Saint-Augustin a évangélisé l’Europe. On n’a rien inventé, le Christ à toujours été là. En fait, il s’agit d’un retour à la source", rétorque-t-il aux détracteurs qui les accusent de rouler pour ‘’une main étrangère’’. Il nous révèlera aussi que l’évangélisation est partout en Algérie : "allez voir à Mascara, Annaba, Laghouat… seulement, la Kabylie a toujours été montrée du doigt". Dans la lancée et avec un zeste d’ironie, il ajoute : "écoutez-nous ne sommes pas engagés dans un parti politique pour aller danser. On a un seul intérêt ; la vérité". A propos de la manière dont il est vu par ses concitoyens, il dira : "nous n’avons pour l’instant aucun problème. La Kabylie est une société démocrate".
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http://www.lexpress.fr/info/monde/dossi ... ida=436707
Ils seraient plus de 60 000 à avoir adopté l'islam. Par amour, quête d'identité ou militantisme... Parmi eux, beaucoup de jeunes des cités, souvent tiraillés entre radicalisme et modernité
Il le dit lui-même, amusé: «J'avais le physique.» Cheveux d'encre, regard étincelant, un air de calife du bitume, Christophe a découvert l'islam par une tranquille matinée de 2001. Le jeune homme se balade avec son meilleur copain musulman dans les rues de Grigny (Essonne). La flânerie les mène devant un petit pavillon. A l'intérieur, une salle de prière. «Tu veux entrer?» Christophe, 19 ans, catholique, croit en Dieu. Il a aussi des questions existentielles plein la tête. «OK, je le fais. Si ça ne me plaît pas, je laisse tomber.» L'œil rivé sur son ami, il se livre aux ablutions, se prosterne et implore le Dieu du Prophète. A la sortie, le garçon est perplexe. Il vient d'accomplir le rituel le plus important aux yeux des musulmans - poser son front par terre. Ce n'est pas un hasard. Quelques jours plus tard, Christophe tombe sur une émission consacrée à l'islam. Puis un vieil homme l'interpelle en pleine rue: «Inch'Allah! A demain, à la mosquée.» Cette fois, il en est sûr: Dieu lui a montré le chemin.
Qu'y a-t-il de commun entre cet étudiant aide-soignant de Grigny, le rappeur marseillais Akhenaton, le footballeur Franck Ribéry, le chorégraphe Maurice Béjart ou encore Clément, le petit-fils de l'ancien premier secrétaire du Parti communiste Maurice Thorez? Tous ont choisi d'embrasser la foi d'Allah. Ils seraient plus de 60 000 Français convertis à l'islam, confirmant la tendance observée dans de nombreux pays européens ces dernières années. Au ministère de l'Intérieur, un spécialiste évoque même «une dizaine de conversions par jour». Des estimations, puisque, contrairement au christianisme, et plus encore au judaïsme, l'entrée dans l'islam ne nécessite aucune préparation spirituelle. Le postulant n'a qu'à prononcer la formule consacrée, la shahada: «Il n'y a de Dieu que Dieu, et Mohammed est son prophète.»
Ingénieurs, universitaires, chefs d'entreprise, profs de gym, instits, étudiants, chômeurs, intégristes ou pratiquants éclairés... ces nouveau-nés à la communauté musulmane forment une famille bigarrée. Il y a les convertis de la première génération, artistes ou diplômés cinq étoiles, qui privilégient la voie soufie, mystique et apolitique, dans le sillage du philosophe de la première moitié du XXe siècle René Guénon. Les militants de la chapelle altermondialiste qui s'enrôlent par solidarité avec les fidèles de l'islam, à leurs yeux maltraités, surtout depuis le 11 septembre 2001. Il y a surtout les jeunes des cités, où les musulmans ont posé leurs bagages depuis les années 1970. Ce sont eux qui forment désormais l'essentiel des recrues. Des «opportunistes», qui se tournent vers l'islam pour épouser leur copain (ou copine) musulman(e), la religion du Prophète interdisant aux femmes de s'unir à un homme d'une autre confession. Des croyants qui ne demandent qu'à vivre leur foi en bonne intelligence avec la société française. Mais aussi des jusqu'au-boutistes, tombés sous le charme de prédicateurs zélés du Tabligh, qui sillonnent les quartiers déglingués de l'Hexagone. Ces fondamentalistes ciblent en priorité les musulmans d'origine, non sans jeter parfois leurs filets chez les Français de souche. Les salafistes, moins organisés mais aux visées plus politiques, œuvrent au coup par coup. Une vingtaine de convertis seulement ont été impliqués dans des procédures judiciaires pour terrorisme ces dix dernières années, le virage vers l'action violente se négociant souvent à l'étranger, notamment à Londres et à Leicester. Toutefois, d'après les Renseignements généraux, 1 610 convertis graviteraient autour de l'islam radical - des hommes, en grande majorité, souvent fragilisés par une vie familiale chaotique.
La plupart de ces jeunes des quartiers répugnent à témoigner. L'islam, ils l'ont découvert en usant leur jogging sur les bancs de l'école aux côtés de leurs voisins musulmans. Entre «frères» et «sœurs» de la «téci», on se tient chaud. On se forge une identité. Une dignité. On cherche une terre ferme à laquelle arrimer sa vie. Matthieu, Christophe et sa sœur Sabrina, voilée de blanc, se sont connus à la cité de la Grande Borne, à Grigny, où ils ont grandi. Matthieu raconte sa «première fois» à la mosquée, il y a cinq ans: «Voir que les fidèles se préparaient pour entrer dans la prière en se purifiant le corps et l'esprit, ça m'a beaucoup impressionné, se souvient ce cuistot de 25 ans, tenté, un temps, par le séminaire. Tout à coup, j'ai trouvé un lien entre le cœur et le corps. C'est comme si je vivais Dieu un peu plus.» Les ex-catholiques sont nombreux chez ces convertis qui inscrivent l'islam, dernière religion révélée, dans la continuité du judaïsme et du christianisme. «Jésus, fils de Dieu? Je n'ai jamais compris comment un homme pouvait être l'égal de Dieu, lance Christophe. Et tous ces saints à honorer: saint Antoine, saint Jean-Baptiste... Qui est le boss, dans tout ça? Au moins, en islam, il n'y a de Dieu que Dieu. C'est plus clair.» Pas pour les parents. Les bruits de lever à 4 heures du matin pour la prière de l'aube. Le jambon laissé dans l'assiette... «Quand ma mère a compris que nous étions devenus musulmans, elle a cru qu'elle perdait ses enfants, raconte Sabrina. Elle venait de voir Jamais sans ma fille, le film tiré de l'histoire de Betty Mahmoody, cette Américaine dont le mari, iranien, avait volé l'enfant! Vous voyez le tableau! Mais, quand elle a constaté que nous étions restés nous-mêmes, il n'y a plus eu de problèmes.»
Dans un premier temps, pourtant, mue spirituelle oblige, beaucoup s'éloignent de leurs proches. Ce qui ne signifie pas qu'ils basculent dans l'islam radical. «Durant cette phase, explique le sociologue Omero Marongiu, ils assimilent un nouveau système de valeurs, fondé sur la pudeur et le rapport normatif à l'autre sexe. D'où une certaine fragilité.»
La prière vient de s'achever à la mosquée de Lyon. Marie, fille de communistes, attend que l'imam lui délivre son certificat de conversion, indispensable pour effectuer le pèlerinage à La Mecque: «On reproche à l'islam d'être contre les femmes, mais c'est la religion qui nous respecte le plus, souligne cette blonde dodue aux joues rosies par le froid. Le Coran dit que la femme doit être traitée à l'égal de l'homme. La société moderne, elle, ne fait que nous rabaisser. En plus, elle nous met sur le même plan que les hommes, alors que nous avons des natures très différentes!» Les mères au foyer, les hommes au boulot: ce credo conservateur ne diffère guère de celui des évangéliques protestants, des catholiques traditionalistes ou des juifs ultraorthodoxes, qui ne cessent de fustiger l'étalage de chair et la confusion des rôles en Occident. Mais les jeunes converties vont plus loin: elles disent «les Occidentaux» en parlant des Français. Comme si elles-mêmes n'en étaient plus. Etrange schizophrénie, que déplore un très bon connaisseur de l'islam en France: «Les musulmans, convertis ou pas, calent encore beaucoup leur pratique et leur identité sur le modèle islamique des pays arabes.» A l'écoute, notamment, de chaînes de télévision par satellite.
Elle est jolie, Natacha: 20 ans, une grâce de ballerine, des yeux vifs. Cette étudiante de Vénissieux (Rhône), qui potasse d'arrache-pied ses partiels de droit, estime que l'islam «n'a pas à s'adapter aux différentes cultures, il est universel». Il y a quatre ans, le père de Natacha a claqué la porte de l'appartement. Une déchirure. «Je l'ai remplacé par Allah», dit-elle, étonnamment lucide. Funambule entre deux mondes, Natacha cultive les paradoxes. Elle, la jolie Gauloise, a renoncé aux virées en boîte avec les copines, aux froufrous à la mode. Elle ne reste jamais seule dans une pièce avec un homme et trouve «logique qu'en islam la femme soit inférieure à son mari, parce que l'homme subvient aux besoins du ménage». Mais elle parle aussi de ses «ambitions dans les métiers du droit» - elle veut devenir magistrate, ou inspectrice des impôts. Et se dit prête à ôter son tchador pour réussir sa carrière. Pense-t-elle vraiment, comme le dit le Coran, que le témoignage d'une femme vaut la moitié de celui d'un homme? «Dans le Coran, il y a des choses qu'on comprend et des choses qu'on ne comprend pas. Je n'ai pas trop envie de chercher.» Dommage. D'autres ont les idées claires à sa place.
Au fond d'une librairie musulmane parisienne, Pascal jette un œil au portant où sont exposés les vêtements qu'il commercialise. Fils d'agriculteurs, ancien élève de classe préparatoire scientifique, ce Rochelais de 36 ans a lâché la fac après la licence. Au terme d'un périple de sept ans à travers l'Europe et l'Asie, financé par les oboles de ses frères en religion, il s'est marié à une Allemande, voilée de pied en cap. «Pour vivre notre foi, nous devons être indépendants, affirme, l'air aimable, ce soufi tombé dans le salafisme. Il nous faut des écoles, des boutiques. Pour montrer qu'on peut vivre l'islam de façon pacifique.»
Sans forcément y adhérer, beaucoup de jeunes convertis comprennent cette logique du repli sur soi. Les filles, notamment, qui en veulent à la République de ne pas les laisser porter le voile. Sabrina, par exemple: «On m'a déjà dit: “Si vous n'êtes pas contente, rentrez chez vous.” Mais je vais où, moi? Je suis française!» A l'école d'infirmières, la jeune fille a accepté sans rechigner d'ôter son tchador. Mais, pour elle, la France se trompe de combat. Il y a, dit-elle, «d'autres différences plus choquantes - dans le logement, le travail, à l'école - qui entament l'égalité républicaine». Matthieu aussi estime que «l'islam s'est ajouté à l'histoire de la France» et que «notre pays devra bien faire avec». Ce qui n'empêche pas ce cuisinier plutôt jean que djellaba de prôner un islam adapté à l'environnement européen. «On n'est plus à l'époque des chameaux! La modernité, c'est comme la télé: tout dépend de ce qu'on met dedans.»
Tout dépend aussi du bagage culturel de ces convertis: ceux qui s'enferment dans une lecture littéraliste ignorent souvent tout du contexte historique du Coran. Approfondir la connaissance de leur religion et inventer ce que doit être un islam intégré à l'espace laïque: tels sont les défis des musulmans d'Europe. Christophe soupire: «Laissez-nous du temps.»
Ils seraient plus de 60 000 à avoir adopté l'islam. Par amour, quête d'identité ou militantisme... Parmi eux, beaucoup de jeunes des cités, souvent tiraillés entre radicalisme et modernité
Il le dit lui-même, amusé: «J'avais le physique.» Cheveux d'encre, regard étincelant, un air de calife du bitume, Christophe a découvert l'islam par une tranquille matinée de 2001. Le jeune homme se balade avec son meilleur copain musulman dans les rues de Grigny (Essonne). La flânerie les mène devant un petit pavillon. A l'intérieur, une salle de prière. «Tu veux entrer?» Christophe, 19 ans, catholique, croit en Dieu. Il a aussi des questions existentielles plein la tête. «OK, je le fais. Si ça ne me plaît pas, je laisse tomber.» L'œil rivé sur son ami, il se livre aux ablutions, se prosterne et implore le Dieu du Prophète. A la sortie, le garçon est perplexe. Il vient d'accomplir le rituel le plus important aux yeux des musulmans - poser son front par terre. Ce n'est pas un hasard. Quelques jours plus tard, Christophe tombe sur une émission consacrée à l'islam. Puis un vieil homme l'interpelle en pleine rue: «Inch'Allah! A demain, à la mosquée.» Cette fois, il en est sûr: Dieu lui a montré le chemin.
Qu'y a-t-il de commun entre cet étudiant aide-soignant de Grigny, le rappeur marseillais Akhenaton, le footballeur Franck Ribéry, le chorégraphe Maurice Béjart ou encore Clément, le petit-fils de l'ancien premier secrétaire du Parti communiste Maurice Thorez? Tous ont choisi d'embrasser la foi d'Allah. Ils seraient plus de 60 000 Français convertis à l'islam, confirmant la tendance observée dans de nombreux pays européens ces dernières années. Au ministère de l'Intérieur, un spécialiste évoque même «une dizaine de conversions par jour». Des estimations, puisque, contrairement au christianisme, et plus encore au judaïsme, l'entrée dans l'islam ne nécessite aucune préparation spirituelle. Le postulant n'a qu'à prononcer la formule consacrée, la shahada: «Il n'y a de Dieu que Dieu, et Mohammed est son prophète.»
Ingénieurs, universitaires, chefs d'entreprise, profs de gym, instits, étudiants, chômeurs, intégristes ou pratiquants éclairés... ces nouveau-nés à la communauté musulmane forment une famille bigarrée. Il y a les convertis de la première génération, artistes ou diplômés cinq étoiles, qui privilégient la voie soufie, mystique et apolitique, dans le sillage du philosophe de la première moitié du XXe siècle René Guénon. Les militants de la chapelle altermondialiste qui s'enrôlent par solidarité avec les fidèles de l'islam, à leurs yeux maltraités, surtout depuis le 11 septembre 2001. Il y a surtout les jeunes des cités, où les musulmans ont posé leurs bagages depuis les années 1970. Ce sont eux qui forment désormais l'essentiel des recrues. Des «opportunistes», qui se tournent vers l'islam pour épouser leur copain (ou copine) musulman(e), la religion du Prophète interdisant aux femmes de s'unir à un homme d'une autre confession. Des croyants qui ne demandent qu'à vivre leur foi en bonne intelligence avec la société française. Mais aussi des jusqu'au-boutistes, tombés sous le charme de prédicateurs zélés du Tabligh, qui sillonnent les quartiers déglingués de l'Hexagone. Ces fondamentalistes ciblent en priorité les musulmans d'origine, non sans jeter parfois leurs filets chez les Français de souche. Les salafistes, moins organisés mais aux visées plus politiques, œuvrent au coup par coup. Une vingtaine de convertis seulement ont été impliqués dans des procédures judiciaires pour terrorisme ces dix dernières années, le virage vers l'action violente se négociant souvent à l'étranger, notamment à Londres et à Leicester. Toutefois, d'après les Renseignements généraux, 1 610 convertis graviteraient autour de l'islam radical - des hommes, en grande majorité, souvent fragilisés par une vie familiale chaotique.
La plupart de ces jeunes des quartiers répugnent à témoigner. L'islam, ils l'ont découvert en usant leur jogging sur les bancs de l'école aux côtés de leurs voisins musulmans. Entre «frères» et «sœurs» de la «téci», on se tient chaud. On se forge une identité. Une dignité. On cherche une terre ferme à laquelle arrimer sa vie. Matthieu, Christophe et sa sœur Sabrina, voilée de blanc, se sont connus à la cité de la Grande Borne, à Grigny, où ils ont grandi. Matthieu raconte sa «première fois» à la mosquée, il y a cinq ans: «Voir que les fidèles se préparaient pour entrer dans la prière en se purifiant le corps et l'esprit, ça m'a beaucoup impressionné, se souvient ce cuistot de 25 ans, tenté, un temps, par le séminaire. Tout à coup, j'ai trouvé un lien entre le cœur et le corps. C'est comme si je vivais Dieu un peu plus.» Les ex-catholiques sont nombreux chez ces convertis qui inscrivent l'islam, dernière religion révélée, dans la continuité du judaïsme et du christianisme. «Jésus, fils de Dieu? Je n'ai jamais compris comment un homme pouvait être l'égal de Dieu, lance Christophe. Et tous ces saints à honorer: saint Antoine, saint Jean-Baptiste... Qui est le boss, dans tout ça? Au moins, en islam, il n'y a de Dieu que Dieu. C'est plus clair.» Pas pour les parents. Les bruits de lever à 4 heures du matin pour la prière de l'aube. Le jambon laissé dans l'assiette... «Quand ma mère a compris que nous étions devenus musulmans, elle a cru qu'elle perdait ses enfants, raconte Sabrina. Elle venait de voir Jamais sans ma fille, le film tiré de l'histoire de Betty Mahmoody, cette Américaine dont le mari, iranien, avait volé l'enfant! Vous voyez le tableau! Mais, quand elle a constaté que nous étions restés nous-mêmes, il n'y a plus eu de problèmes.»
Dans un premier temps, pourtant, mue spirituelle oblige, beaucoup s'éloignent de leurs proches. Ce qui ne signifie pas qu'ils basculent dans l'islam radical. «Durant cette phase, explique le sociologue Omero Marongiu, ils assimilent un nouveau système de valeurs, fondé sur la pudeur et le rapport normatif à l'autre sexe. D'où une certaine fragilité.»
La prière vient de s'achever à la mosquée de Lyon. Marie, fille de communistes, attend que l'imam lui délivre son certificat de conversion, indispensable pour effectuer le pèlerinage à La Mecque: «On reproche à l'islam d'être contre les femmes, mais c'est la religion qui nous respecte le plus, souligne cette blonde dodue aux joues rosies par le froid. Le Coran dit que la femme doit être traitée à l'égal de l'homme. La société moderne, elle, ne fait que nous rabaisser. En plus, elle nous met sur le même plan que les hommes, alors que nous avons des natures très différentes!» Les mères au foyer, les hommes au boulot: ce credo conservateur ne diffère guère de celui des évangéliques protestants, des catholiques traditionalistes ou des juifs ultraorthodoxes, qui ne cessent de fustiger l'étalage de chair et la confusion des rôles en Occident. Mais les jeunes converties vont plus loin: elles disent «les Occidentaux» en parlant des Français. Comme si elles-mêmes n'en étaient plus. Etrange schizophrénie, que déplore un très bon connaisseur de l'islam en France: «Les musulmans, convertis ou pas, calent encore beaucoup leur pratique et leur identité sur le modèle islamique des pays arabes.» A l'écoute, notamment, de chaînes de télévision par satellite.
Elle est jolie, Natacha: 20 ans, une grâce de ballerine, des yeux vifs. Cette étudiante de Vénissieux (Rhône), qui potasse d'arrache-pied ses partiels de droit, estime que l'islam «n'a pas à s'adapter aux différentes cultures, il est universel». Il y a quatre ans, le père de Natacha a claqué la porte de l'appartement. Une déchirure. «Je l'ai remplacé par Allah», dit-elle, étonnamment lucide. Funambule entre deux mondes, Natacha cultive les paradoxes. Elle, la jolie Gauloise, a renoncé aux virées en boîte avec les copines, aux froufrous à la mode. Elle ne reste jamais seule dans une pièce avec un homme et trouve «logique qu'en islam la femme soit inférieure à son mari, parce que l'homme subvient aux besoins du ménage». Mais elle parle aussi de ses «ambitions dans les métiers du droit» - elle veut devenir magistrate, ou inspectrice des impôts. Et se dit prête à ôter son tchador pour réussir sa carrière. Pense-t-elle vraiment, comme le dit le Coran, que le témoignage d'une femme vaut la moitié de celui d'un homme? «Dans le Coran, il y a des choses qu'on comprend et des choses qu'on ne comprend pas. Je n'ai pas trop envie de chercher.» Dommage. D'autres ont les idées claires à sa place.
Au fond d'une librairie musulmane parisienne, Pascal jette un œil au portant où sont exposés les vêtements qu'il commercialise. Fils d'agriculteurs, ancien élève de classe préparatoire scientifique, ce Rochelais de 36 ans a lâché la fac après la licence. Au terme d'un périple de sept ans à travers l'Europe et l'Asie, financé par les oboles de ses frères en religion, il s'est marié à une Allemande, voilée de pied en cap. «Pour vivre notre foi, nous devons être indépendants, affirme, l'air aimable, ce soufi tombé dans le salafisme. Il nous faut des écoles, des boutiques. Pour montrer qu'on peut vivre l'islam de façon pacifique.»
Sans forcément y adhérer, beaucoup de jeunes convertis comprennent cette logique du repli sur soi. Les filles, notamment, qui en veulent à la République de ne pas les laisser porter le voile. Sabrina, par exemple: «On m'a déjà dit: “Si vous n'êtes pas contente, rentrez chez vous.” Mais je vais où, moi? Je suis française!» A l'école d'infirmières, la jeune fille a accepté sans rechigner d'ôter son tchador. Mais, pour elle, la France se trompe de combat. Il y a, dit-elle, «d'autres différences plus choquantes - dans le logement, le travail, à l'école - qui entament l'égalité républicaine». Matthieu aussi estime que «l'islam s'est ajouté à l'histoire de la France» et que «notre pays devra bien faire avec». Ce qui n'empêche pas ce cuisinier plutôt jean que djellaba de prôner un islam adapté à l'environnement européen. «On n'est plus à l'époque des chameaux! La modernité, c'est comme la télé: tout dépend de ce qu'on met dedans.»
Tout dépend aussi du bagage culturel de ces convertis: ceux qui s'enferment dans une lecture littéraliste ignorent souvent tout du contexte historique du Coran. Approfondir la connaissance de leur religion et inventer ce que doit être un islam intégré à l'espace laïque: tels sont les défis des musulmans d'Europe. Christophe soupire: «Laissez-nous du temps.»
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Disciple-du-Christ
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