Le président de l'Iran est en train de collectionner les perles ces temps-ci. Ca n'arrête pas. Que cherche-t-il exactement avec ses déclarations sulfureuses ? Il y a quelques temps, il disait qu'il fallait rayer Israël de la carte, ensuite il a qualifié Israël de "tumeur". Et maintenant il déclare que l'holocauste est un mythe. Qu'il le pense est une chose qui ne m'étonne guère, mais qu'il le claironne sur la place publique, dans des conférences internationales... Ce type est fou ou quoi ?
Source : news yahoomercredi 14 décembre 2005, 14h50
Le président iranien déclare que l'Holocauste est un mythe
TEHERAN (Reuters) - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que le génocide juif de la Seconde Guerre mondiale était un mythe, provoquant aussitôt des condamnations internationales.
Ahmadinejad avait déjà laissé entendre la semaine dernière que l'extermination de six millions de juifs par les nazis était une légende, ce qui lui avait valu une réprimande des Nations unies.
"Ils ont fabriqué une légende sous le nom de 'massacre des juifs' et placent cela plus haut que Dieu lui-même, que la religion elle-même, que les prophètes eux-mêmes", a-t-il déclaré mercredi lors d'un discours prononcé à Zahedan, dans le sud-est de l'Iran, et retransmis en direct à la télévision nationale.
Ahmadinejad a accusé le gouvernement israélien et ses alliés d'hypocrisie et réitéré son appel à transférer l'Etat juif de la "Palestine profonde" à l'Europe, aux Etats-Unis ou au Canada.
"Si votre civilisation consiste en actes injustes, en oppression et en pauvreté pour la majorité du globe afin de garantir le bien-être à votre peuple, alors nous hurlons de toutes nos forces que nous haïssons votre frêle civilisation", a-t-il ajouté devant une foule qui scandait "Dieu est grand".
Ahmadinejad accumule depuis le mois d'octobre les propos belliqueux à propos d'Israël, dont il a souhaité la disparition en déclarant que l'Etat juif était une "tumeur" et devait "être rayé de la carte".
Pour le ministère israélien des Affaires étrangères, les derniers commentaires d'Ahmadinejad prouvent que l'Iran est un "régime dévoyé" qui ne respecte pas les normes internationales.
NUCLEAIRE: LA QUESTION SE COMPLIQUE
"La combinaison de l'idéologie extrémiste, d'une perception pervertie de la réalité et de (la menace) des armes nucléaires est une combinaison que personne au sein de la communauté internationale ne peut accepter", a déclaré le porte-parole du ministère, Mark Regev.
Les Etats-Unis accusent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que l'Iran nie catégoriquement.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré que les propos d'Ahmadinejad sur l'Holocauste risquaient de peser sur les efforts de l'Union européenne visant à surmonter le problème du nucléaire iranien.
"Les récentes déclarations du président iranien (...) sont assurément scandaleuses et inacceptables", a-t-il dit à des journalistes. "Je ne peux nier qu'elles pourraient peser sur nos relations bilatérales et naturellement aussi sur les négociations qui portent sur le dossier nucléaire."
Emma Udwin, porte-parole de la Commission européenne, a également jugé "totalement inacceptable" le discours d'Ahmadinejad. "De telles interventions ne contribueront pas à redonner confiance quant aux intentions de l'Iran."
La presse iranienne d'obédience "dure" s'est ralliée aux premières déclarations du président sur l'Holocauste mais le Front de participation de l'Iran islamique (réformiste) publie un article sévère mercredi dans le quotidien libéral Sharq.
"La provocation (...) et ce type de propos, qui ne sont bénéfiques ni aux Iraniens ni aux Palestiniens opprimés, ne feront que renforcer un soutien consensuel au régime (israélien) et une attitude unifiée contre l'Iran", écrit-il.
Des historiens estiment qu'Ahmadinejad se considère comme un dirigeant populaire et panislamique à la manière de l'ayatollah Ruhollah Khomeini au moment de la Révolution islamique de 1979.
Selon l'analyste iranien Mahmoud Alinejad, Ahmadinejad multiplie les sorties anti-israéliennes pour renforcer l'influence de l'Iran sur les pays en délicatesse avec l'Ouest.
"Il y a une perception, fondée sur l'expérience passée, selon laquelle l'Iran ne parvient à faire reculer l'Occident que lorsqu'il devient menaçant", explique Alinejad.









