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Un enseignant attaqué à Aubervilliers, l'agresseur invoque l'EI
Cet enseignant de maternelle a été agressé au cutter par un homme, revendiquant l'État islamique. La section antiterroriste s'est saisie de l'enquête.
6Medias (avec AFP)
Publié le 14/12/2015 à 09:44 - Modifié le 14/12/2015 à 12:32 | Le Point.fr
l y a quelques jours, l'appel du groupe État islamique à attaquer l'école française avait inquiété. Doit-on voir dans l'agression d'un enseignant la mise en pratique des indications de l'organisation terroriste ? TF1 a annoncé qu'un enseignant a été agressé à l'arme blanche dans une école maternelle publique à Aubervilliers. Les faits ont été confirmés par la suite par police.
L'enseignant était dans sa classe quand, aux alentours de 7 heures, il a été attaqué alors qu'il préparait sa journée. L'agresseur, qui portait des chaussures militaires de type rangers, en combinaison de peintre, ganté et cagoulé, est actuellement recherché après avoir pris la fuite, vraisemblablement à pied, a-t-on appris de sources policières. L'agression s'est déroulée dans l'école maternelle Jean-Perrin à Aubervilliers peu après 7 heures. L'école, située dans une rue bordée de petits immeubles, est entourée de grilles à hauteur d'homme. Selon les premiers éléments de l'enquête, l'agresseur, arrivé sans arme, s'est saisi d'un cutter et d'une paire de ciseaux qui se trouvaient dans la salle pour blesser l'enseignant, en train de préparer sa classe.
« C'est Daech, c'est un avertissement »
Quant à l'agresseur, toujours en fuite, il aurait invoqué, selon le parquet de Bobigny, l'État islamique. Il aurait dit : « C'est Daech (acronyme arabe du groupe EI, NDLR), c'est un avertissement. » Ces propos ont été rapportés par l'enseignant lui-même, qui a assuré n'avoir pas « reconnu la voix » de son agresseur. Hospitalisé, il n'a pas encore pu être entendu par les enquêteurs. L'instituteur agressé, qui enseigne depuis 20 ans dans cet établissement en zone d'éducation prioritaire, est « apprécié », « connu de tous les parents », a déclaré le maire PCF Pascal Beaudet.
La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête, a-t-on appris de sources judiciaires. L'enquête est ouverte pour tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, ont précisé les sources.
Les établissements inquiets
La ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, s'est rendue sur place. « Nous allons continuer, avec le ministère de l'Intérieur, à renforcer les mesures de sécurité, dans un contexte où, oui, l'école se sent menacée », a affirmé la ministre, voyant dans l'agression « un acte d'une grande gravité ». L'école visée, fermée lundi, ouvrira mardi, a précisé la ministre, ajoutant qu'une réunion se tiendrait au sein de l'école pour expliquer aux familles ce qui s'est passé, « afin que l'anxiété ne l'emporte pas ».
Depuis lundi matin, « nous recevons beaucoup d'appels de collègues du département, très inquiets. Les collègues ne pensent pas forcément qu'il y aura un attentat organisé, mais ils craignent que ce message de folie meurtrière suscite des passages à l'acte de la part de personnes déséquilibrées », a réagi Rachel Schneider, secrétaire départementale du SNUipp, premier syndicat des enseignants dans le primaire. Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp, a appelé « à ne pas tomber dans les amalgames envers les enfants et les familles de confession musulmane ».
Cette agression survient un mois après les attentats, revendiqués par l'organisation État islamique qui ont fait 130 morts et au moins 350 blessés à Paris.