Publié : lun. 15 janv. 2007 12:12
UN “ PÈLERINAGE ” QUI TOURNE À LA GUERRE SAINTE
Dans ce but, il a, tel Abraham, « quitté sa tente » et « posté les fidèles pour le combat » (III 121).
Si l’on récuse la légende musulmane postérieure, pour s’en tenir au texte du Coran rapporté aux données attestées par l’histoire positive, une hypothèse s’impose : chef de l’expédition sarrasine qui se joignit à la coalition judéo-perse de 614, l’auteur a, tel Josué, conduit les enfants d’Ismaël à la conquête du « Pays » (II 11, 168), jusqu’aux « portes du Dieu » (II 158, 189), dénomination désignant respectivement le mont Scopus, éminence sise au nord de Jérusalem, d’où l’on découvre la Ville sainte comme d’un observatoire, d’une part, et une localité de la montagne de Juda, d’autre part. Ils ont « déferlé d’Arabie » (II 198), sont entrés dans Jérusalem (II 208). Tel un nouveau David, l’auteur, d’abord victorieux, fit obstacle au désir de domination universelle, tant des juifs que des chrétiens (III 151-152), non sans renouer cependant avec la grande politique théocratique d’Isaïe et avec son universalisme, mais pour asservir le monde aux enfants d’Ismaël.
Le premier élan de cette conquête victorieuse fut brisé et se transforma en un véritable « calvaire » (qarhun ; III 140, 172), du fait d’embûches tendues, de trahisons fomentées par la perfidie de faux frères, les enfants d’Israël. De plus, des murmures se sont élevés dans les rangs des enfants d’Ismaël eux-mêmes.
Finalement, ceux-ci ont été « dispersés » (III 123), et « expulsés » (III 195).
C’est alors que l’auteur, loin de renoncer à son grand dessein, a rédigé la sourate III pour raffermir le courage des « hésitants » par cette « Écriture », tirant de l’échec même une promesse de « restauration », de « retour » définitif, à la manière de Jésus faisant toujours suivre l’annonce de sa Passion et de sa mort, de celle de sa résurrection ; ou encore à la manière de saint Paul tirant toute sa force de sa « faiblesse » même.
Cette première étape historique, située entre les années 614 et 638, se déroule entre la défaite et la victoire d’un parti d’arabes dont l’auteur du Coran paraît bien avoir été l’oracle et le chef. La suite nous en apprendra davantage.
Il nous est pourtant permis de tirer une première conclusion de l’abondance des emprunts faits à la Bible par l’auteur. Ils nous conduisent à considérer ce dernier, non pas comme le bénéficiaire d’une hypothétique révélation particulière, mais comme un « frère séparé » vivant encore de la sève première qui monte du tronc vigoureux de la religion mère. Car il n’existe au monde qu’un Livre qui puisse être considéré sans démission de l’esprit comme révélation divine, c’est la Bible, témoin d’événements inouïs sur lesquels se fonde à bon droit la foi d’innombrables chrétiens.
Georges de Nantes écrivait, dans l’article-programme cité en commençant, une vérité dont l’auteur du Coran nous paraît lui-même pénétré :
« Dans une langue rudimentaire, où se manifeste la faiblesse incroyable des hommes inspirés, la pauvreté primitive des témoins, paraît l’inoubliable révélation de la Geste et de la Parole du Dieu des juifs et des chrétiens. Qui la refuse encore se trouve devant un ensemble, unique dans l’histoire, d’événements sans explication d’ordre naturel suffisante et de profondes vérités religieuses sans source antérieure ou extérieure connue. Il faut donc bien reconnaître là une antériorité vénérable au peuple juif qui reçut la révélation ; il faut aussi que la civilisation qui est nôtre, fondée sur cet héritage unique, garde un sentiment de juste fierté et n’abdique pas sa mission de chef de file. »
À cet égard, il est indiscutablement bon, il est même urgent de détruire la prétention à la suprématie religieuse et politique fondée par l’islam sur sa croyance à une révélation exclusivement et spécifiquement arabe. « C’est à une telle croyance que notre monde doit l’un de ses plus constants motifs de guerre inexpiable », observait encore l’abbé de Nantes, fixant l’objectif du « dialogue authentique entre chrétiens et musulmans », préconisé l’autre jour par Benoît XVI à Ankara :
« Faire rentrer l’islam dans la communauté des fidèles de la Bible, des fils d’Abraham, serait une œuvre magnifique [...]. Quand donc tous les petits enfants du monde apprendront-ils les magnifiques histoires d’Abraham, de Moïse et d’Élie ! Alors, ce patrimoine commun à l’humanité aidera la communauté d’une même civilisation spirituelle. »
(A Suivre)
Dans ce but, il a, tel Abraham, « quitté sa tente » et « posté les fidèles pour le combat » (III 121).
Si l’on récuse la légende musulmane postérieure, pour s’en tenir au texte du Coran rapporté aux données attestées par l’histoire positive, une hypothèse s’impose : chef de l’expédition sarrasine qui se joignit à la coalition judéo-perse de 614, l’auteur a, tel Josué, conduit les enfants d’Ismaël à la conquête du « Pays » (II 11, 168), jusqu’aux « portes du Dieu » (II 158, 189), dénomination désignant respectivement le mont Scopus, éminence sise au nord de Jérusalem, d’où l’on découvre la Ville sainte comme d’un observatoire, d’une part, et une localité de la montagne de Juda, d’autre part. Ils ont « déferlé d’Arabie » (II 198), sont entrés dans Jérusalem (II 208). Tel un nouveau David, l’auteur, d’abord victorieux, fit obstacle au désir de domination universelle, tant des juifs que des chrétiens (III 151-152), non sans renouer cependant avec la grande politique théocratique d’Isaïe et avec son universalisme, mais pour asservir le monde aux enfants d’Ismaël.
Le premier élan de cette conquête victorieuse fut brisé et se transforma en un véritable « calvaire » (qarhun ; III 140, 172), du fait d’embûches tendues, de trahisons fomentées par la perfidie de faux frères, les enfants d’Israël. De plus, des murmures se sont élevés dans les rangs des enfants d’Ismaël eux-mêmes.
Finalement, ceux-ci ont été « dispersés » (III 123), et « expulsés » (III 195).
C’est alors que l’auteur, loin de renoncer à son grand dessein, a rédigé la sourate III pour raffermir le courage des « hésitants » par cette « Écriture », tirant de l’échec même une promesse de « restauration », de « retour » définitif, à la manière de Jésus faisant toujours suivre l’annonce de sa Passion et de sa mort, de celle de sa résurrection ; ou encore à la manière de saint Paul tirant toute sa force de sa « faiblesse » même.
Cette première étape historique, située entre les années 614 et 638, se déroule entre la défaite et la victoire d’un parti d’arabes dont l’auteur du Coran paraît bien avoir été l’oracle et le chef. La suite nous en apprendra davantage.
Il nous est pourtant permis de tirer une première conclusion de l’abondance des emprunts faits à la Bible par l’auteur. Ils nous conduisent à considérer ce dernier, non pas comme le bénéficiaire d’une hypothétique révélation particulière, mais comme un « frère séparé » vivant encore de la sève première qui monte du tronc vigoureux de la religion mère. Car il n’existe au monde qu’un Livre qui puisse être considéré sans démission de l’esprit comme révélation divine, c’est la Bible, témoin d’événements inouïs sur lesquels se fonde à bon droit la foi d’innombrables chrétiens.
Georges de Nantes écrivait, dans l’article-programme cité en commençant, une vérité dont l’auteur du Coran nous paraît lui-même pénétré :
« Dans une langue rudimentaire, où se manifeste la faiblesse incroyable des hommes inspirés, la pauvreté primitive des témoins, paraît l’inoubliable révélation de la Geste et de la Parole du Dieu des juifs et des chrétiens. Qui la refuse encore se trouve devant un ensemble, unique dans l’histoire, d’événements sans explication d’ordre naturel suffisante et de profondes vérités religieuses sans source antérieure ou extérieure connue. Il faut donc bien reconnaître là une antériorité vénérable au peuple juif qui reçut la révélation ; il faut aussi que la civilisation qui est nôtre, fondée sur cet héritage unique, garde un sentiment de juste fierté et n’abdique pas sa mission de chef de file. »
À cet égard, il est indiscutablement bon, il est même urgent de détruire la prétention à la suprématie religieuse et politique fondée par l’islam sur sa croyance à une révélation exclusivement et spécifiquement arabe. « C’est à une telle croyance que notre monde doit l’un de ses plus constants motifs de guerre inexpiable », observait encore l’abbé de Nantes, fixant l’objectif du « dialogue authentique entre chrétiens et musulmans », préconisé l’autre jour par Benoît XVI à Ankara :
« Faire rentrer l’islam dans la communauté des fidèles de la Bible, des fils d’Abraham, serait une œuvre magnifique [...]. Quand donc tous les petits enfants du monde apprendront-ils les magnifiques histoires d’Abraham, de Moïse et d’Élie ! Alors, ce patrimoine commun à l’humanité aidera la communauté d’une même civilisation spirituelle. »
(A Suivre)


