Le monde musulman respecte des partenaires qui sont pleinement conscients de ce qu'ils sont, de leur identité, de leur croyance" rappelle le Dr Annie Laurent
Nos compromissions, nos renoncements, notre manque de courage, de dignité, de non-respect des valeurs au nom desquelles nous prétendons agir et combattre, ça ne va plus du tout. Nous ne sommes plus des pays dignes de respect de la part du monde musulman, et vous savez combien le monde musulman respecte des partenaires qui sont pleinement conscients de ce qu'ils sont, de leur identité, de leur croyance éventuellement, tout ça, ça compte énormément..." Le Dr Annie Laurent, écrivain, journaliste et chercheur spécialiste du Moyen Orient était auditionnée le 10 septembre au Parlement européen à Strasbourg, à l'invitation du groupe Europe des Libertés et des Démocraties (ELD, dont le député français est Philippe de Villiers).
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Sf7_2Rhh0OU
Moyen-Orient : "Nous sommes collectivement coupables d'une amnésie fautive"
AUDITION DU DR ANNIE LAURENT PAR LE GROUPE EFD AU PARLEMENT EUROPÉEN - 10 SEPTEMBRE 2013
"Je ne prétends pas apporter des solutions à cette crise terrible que connaît la Syrie depuis près de 3 ans, mais je voudrais essayer de vous aider à comprendre, si je peux, si c'est possible aussi. Pourquoi il y a cette crise? Quels sont les éléments fondamentaux? C'est à partir de là que je crois qu'on peut réfléchir à bon escient et éventuellement prendre des dispositions ou des décisions, selon les cas, qui soient adéquates.
Personnellement, j'ai été frappée que dès le début de la crise syrienne, donc qui a commencé le 15 mars 2011, les Occidentaux, aussi bien les dirigeants que les intellectuels, les élites, si vous voulez, ont fait une lecture manichéenne du conflit. Et on a dit: "la solution c'est le départ de Bachar" tout de suite. Bachar el-Assad, le président. En fait, on a plaqué sur la crise syrienne une analyse qui correspondait à ce qu'il c'était passé peu de temps avant en Tunisie et en Egypte. En Tunisie et Egypte, dans les deux pays, les chefs d'Etats avaient été déchus très très vite après le début des évènements, des contestations. Or en Syrie, ça n'était pas possible. C'est là où on a fait une erreur majeure. Aujourd'hui, je vais tout de suite à la fin, aujourd'hui, nous payons le prix de cette erreur de départ donc c'est dès le début que l'on a mal évalué la situation. Voilà, donc c'est une lecture manichéenne, comme on l'a dit tout à l'heure. Les bons d'un côté, les méchants de l'autre.
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http://www.observatoiredeleurope.com/Le ... a2010.html