Ramadan et mosquée : les liaisons dangereuses de la République laïque
En France, le principe de laïcité est gravé dans le marbre de la loi : au terme de l’article 2 de la fameuse loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat, « la République ne reconnait, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » (1)
Tous les républicains que nous sommes sont (en principe du moins) attachés à cet acquis, et il n’est plus temps en France, qui souffre de tant d’autres maux, de rouvrir la guerre religieuse… La laïcité, qui définit le périmètre d’action de chacun, n’est toutefois pas l’athéisme et ne saurait d’ailleurs se circonscrire à une bienveillante « neutralité » envers les religions : si le Sacré ne doit pas s’immiscer dans le profane, si les religions ne doivent pas s’occuper des affaires publiques de l’Etat républicain (rappelons qu’avant la loi de 1905 la religion chrétienne catholique a été pendant longtemps « religion d’Etat » en France, voire « celle de la grande majorité des Français » sous le Régime du Concordat Napoléonien, lequel perdure en Alsace-Lorraine) si la religion doit se limiter au domaine du privé, l’Etat Républicain ne se détourne pas pour autant totalement du fait religieux, puisque toujours aux termes de la dite loi, la République « garantit le libre exercice des cultes » en France (2)
La frontière n’est donc pas totalement étanche, et si la France est aujourd’hui laïque, elle est aussi « bonne fille » (d’aucuns diront quelle est la « fille ainée de l’Eglise ») puisqu’elle consacre dans sa Constitution la liberté de conscience et « respecte toutes les croyances ».
Donc, il convient d’organiser les choses, le « bien vivre ensemble » entre l’Etat laïc et les croyants de ce pays (dont on ne saurait cependant nier les racines judéo-chrétiennes).
Rappelons également que la liberté de religion est consacrée par la Convention Européenne
des Droits de l’Homme (article 9) : il s’agit d’un Traité international ratifié par la France.
Dès lors, si la loi de 1905 interdit tout financement public des cultes en France, et donc tout versement de subventions directes ou indirectes, comment l’Etat laïc peut-il assurer le libre exercice des religions ? Le législateur a prévu toute une batterie de mesures que je ne détaillerai pas ici mais on peut néanmoins avancer deux axes intéressants :
. d’une part, l’Etat est propriétaire des édifices du culte (essentiellement pour ce qui concerne la grande majorité, des églises, des cathédrales… construites bien avant 1905) et à ce titre en assure l’entretien et la conservation.
. d’autre part, la liberté de l’enseignement existe en France, et si depuis les lois de Jules FERRY l’école est laïque, gratuite et obligatoire, des établissements privés existent néanmoins et ceux-ci, généralement sous contrat d’association avec l’Etat et bien que soumis aux programmes de l’enseignement public, voient une partie de leur financement assuré par les collectivités territoriales.
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