Ils citent la phrase Alors il me frappa à la poitrine, ce qui me fit mal pour montrer que le Prophète a battu sa femme Aïcha. Toutefois, la traduction du texte en question [«Alors il me frappa à la poitrine, ce qui me fit mal "] est incorrecte. Le terme utilisé dans le hadith est "lahada". L'Imâm An-Nawawi dans Sharh Sahih Muslim stipule que: "Le mot "Lahada" selon les lexicographes signifie, "pousser" [dafa'a]. L'utilisation du verbe "frappé" est impropre, la phrase devrait être traduite par: "Il a poussé ma poitrine avec une poussée qui m'a fait mal." [Traduction par Sheikh F. Haddad] 23
Deuxièmement, ceci appelle à une question importante qui est liée à l'imposition de main du prophète (sallâllâhou alayhi wa salam) parce que c'est un geste lié à repousser l'influence mauvaise (waswâs) et donner la bénédiction comme on le voit ci-dessous:
1. Ubay ibn Ka`b dit : « Il s'est produit dans mon esprit une sorte de démenti qui ne s'est pas produite même pendant les jours de l'ignorance. Quand le messager d'Allah vit comment j'ai été affecté, il m'a giflé sur la poitrine. Je suis entré dans une sueur et me suis senti comme si je regardais Allâh dans la crainte » 24
2. Jarir ibn Abdullah Al Bajalî (radhia Allâhou anhou) a été envoyé par le Prophète (sallâllahou alayhi wa sallam) sur une mission pour détruire Al Kahalasa, l'idole-maison de Dhu de Khatham, surnommé le Yéménite Kaba. Jarir relate : « Je suis allé avec les cent cinquante cavaliers mais je ne pouvais m'asseoir solidement sur le cheval. Je l'ai mentionné au messager d'Allah qui alors a frappé sa main sur ma poitrine, tellement dur que je pouvais voir la trace de ses doigts là-dessus, dire : « Ô Allah ! Accorde lui, l'immuabilité et fais de lui un guide de la droiture et droit-guidée ! » 25
Le Prophète (Paix et Bénédictions sur lui) a dit à Wâbisa "Consulte-toi, toi-même, consulte ton cœur, Wâbisa! ", tout en poussant trois fois Wabisa sur la poitrine avec ses [premiers] trois doigts, en ajoutant:". Le bien est ce à propos de quoi l'âme se tranquillise et le cœur se tranquillise. Le péché est ce qui se trame dans l'âme et qui va et vient dans le cœur, même si on te donne des fatwas sur le sujet 26
Il existe une tradition selon laquelle, lorsque le Prophète Yûsuf [pbAsl] avait approché la femme du Roi, son père Yaqub [paix soit sur lui] est apparu et l'a giflé sur la poitrine, après quoi la convoitise de Yûsuf est sorti par le bout de ses doigts 27
A partir de tout ces rapports, nous pouvons aisément conclure que cette "poussée" ou "claque" a été faite avec les doigts [pas avec les poings comme certains le suggèrent] et ne peut être étiquetée comme une forme de "passage à tabac" ou "violences physiques". Une gifle ou poussée avec les doigts [afin de chasser les mauvaises pensées et d'invoquer la bénédiction sur une personne] ne peut jamais être étiqueté comme une forme de "passage à tabac" ou "violences physiques". En d'autres termes, le prophète [saws] n'a jamais battu sa femme Aicha, il l'a seulement poussée sur la poitrine avec ses doigts [afin de chasser les mauvaises influences, et invoquer la bénédiction]. C'est d'autant plus évident que le Prophète agit avec douceur envers elle, lui disant : J'ai pensé que tu allais dormir et je n'ai pas voulu te réveiller de peur que tu sois effrayée
Il est donc clair que selon ce Hadîth, le Prophète n'a pas frappé Aïcha contrairement aux accusations mensongères. Comment cela aurait été possible, lui qui ne frappait personne, en dehors du Jihâd, selon les dires d'Aïcha, elle même.
Jamais il n'a frappé quelqu'un, ni une épouse, ni un serviteur. La seule occasion [où il utilisait la force de son bras contre quelqu'un] était lorsqu'il combattait pour la cause de Dieu [contre des soldats ennemis]." 28
23.
http://mac.abc.se/~onesr/d/kxih_e.pdf, G.F. Haddad, "L'imposition des mains dans la Sunna"
24. Rapporté par Muslim
25. Rapporté par Muslim et Al-Bukhârî
26. Rapporté par Abû Yala [3:160-162] et Abû Nu'aym dans Al-Hilya [1985 ed. 2:24 et 6:255]
27 Rapporté par At-Tabari [12:187], Al-Qurtubi [9:170], Ibn Kathîr [2:475], al-Jalalayn, et d'autres.
28 Rapporté par Muslim (4/79/1814), Ibn Majah (1/ 1984), Ahmad (6/32/229,232), al-Darimi (2/2218)]