Freud considère qu'une civilisation devient évoluée si elle est capable de maitriser les pulsions de ses individus. Mais ces individus le paient en devenant névrosés.zaratou a écrit :
Absolument! Si tu lis Kafka ou Milan Kundera, leurs livres décrivent des mécanismes similaires sous l'effet du communisme. Mais aussi je retrouve les mêmes remarques chez Nietzsche quand il parle de l'emprise de l'Eglise sur l'Europe du moyen age.
J'ai assisté récemment à une conférence de l'écrivain égyptien Alaa El Aswani (un des leaders de la récente révolution) et j'ai été frappé par son discours. Toujours le même phénomène: comment l'être humain se "déforme" sous l'effet d'un système totalitaire.
L'être humain privé de liberté d'expression, devient mesquin, petit, l'instinct de survie prend le dessus sur la grandeur de l'âme.
Les relations sociales se dégradent, la confiance disparaît la méfiance règne. L'inhibition provoque des maladies psychologiques.
Le pire, c'est que je suis entrain de réaliser que cet état de fait a presque toujours été la règle depuis le début des civilisations. La démocratie, la liberté d'expression que nous vivons sont l'exception. La Grèce antique et la république (et pas l'emprire) romaine ont pu y gouter mais à petite doses, et pendant une période restreinte.
C'est pourquoi je me sens très chanceux de pouvoir en profiter aujourd'hui, et comme je disais à Amada sur un autre poste, il faudra défendre cet acquis à n'importe quel prix. Moi je me sens prêt à le faire s'il le faut.
L'homme "naturel" et sain est celui qui peut exprimer ses pulsions. La déformation psychique est obligatoire et la sublimation des pulsions permet de les décharger sans trop de conséquences réelles.
Dans les systèmes totalitaires, cette déformation devient extreme. Le système veut entièrement contrôler ses individus et en limitant toute liberté, provoque au mieux une grave déformation (hypocrisie) au pire, une explosion pulsionnelle ou la folie.




