Episode 27 : L’expédition de Taboûk

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victorien3
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Episode 24: L’expédition de Mo’ta

Message non lu par victorien3 »

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.



Introduction :

Ce soir nous parlerons de ‘Oumrat al-Qada’ (petit pèlerinage de l’acquittement) parce qu’il est étroitement lié au traité de Al-Houdaïbya, également de la conversion de Khaled ibn Al-Walîd et ‘Amr ibn Al-‘Âç, de la correspondance du Messager d’Allah (BP sur lui) avec les rois et en dernier lieu de la bataille de Mo’ta.

Le Traité de al-Houdaïbya stipulait que les Musulmans devaient repartir en l’année 6 de l’Hégire sans accomplir leur ‘Oumra et revenir un an après. Le Messager (BP sur lui) partit donc pour la Mecque l’année suivante au mois de Dhul-Qui‘da. Il a insisté pour que tous ceux qui avaient assisté avec lui à la signature du traité l’accompagnent. Ces personnes avaient été découragées de ne pouvoir accomplir leur ‘Oumra l’année d’avant et il voulait leur redonner confiance et leur rendre leur dignité. Ce verset fut révélé – il peut-être traduit par - : “ Allah a été véridique en la vision par laquelle Il annonça à Son messager en toute vérité: vous entrerez dans la Mosquée Sacrée si Allah veut, en toute sécurité, ayant rasé vos têtes ou coupé vos cheveux, sans aucune crainte. Il savait donc ce que vous ne saviez pas. Il a placé en deçà de cela (la trêve de Houdaybiya) une victoire proche. " (TSC, Al-Fat-h (LA VICTOIRE ECLATANTE) : 27).

Le départ vers la Mecque :

Le Prophète (BP sur lui) partit pour ‘Oumrat al-Qadâ’ accompagné de deux mille hommes et femmes. Lorsqu’il donna l’ordre à cent cavaliers de s’apprêter, Abou Bakr lui rappela qu’une clause du traité défendait le port des armes. Il lui répondit qu’il les prenait par crainte de la traîtrise des ennemis et qu’il allait les garder hors de la Mecque s’il ne devait pas en avoir besoin.

Le Musulman doit être perspicace et non naïf.

A son arrivée aux environs de la Mecque, le Prophète (BP sur lui) fit avancer les cavaliers devant lui pour envoyer un message qui semblait dire aux Quraychites “attention à la traîtrise”. Ces derniers s’inquiétèrent et Souhayl ibn ‘Amr qui avait signé avec le Prophète le traité au nom de Qoraïche vint lui demander s’il se rappelait de la clause qui lui défendait le port des armes. Le Prophète (BP sur lui) lui répondit qu’il ne les avait pas amenés pour combattre. Souhayl comprit sa pensée et lui dit : “Nous savons que tu ne manques jamais à tes serments.”

Remarquez-vous depuis que nous parlons de la Sira, le Messager d’Allah (BP sur lui) d’Allah n’a jamais menti, ni commis de traîtrise ? De nos jours, il semble pour un politicien ou un homme d’affaires que réussir sans louvoyer soit une chose impossible, mais notre Prophète (BP sur lui) y a réussi. Bien qu’il lui ait toujours fallu planifier d’avance sans attendre la révélation du ciel, il n’a jamais menti ni commis de traîtrise et même son ennemi le reconnaissait.

A leur entrée à la Mecque, le poète ‘Abdillâh ibn Rawâha qui accompagnait le Prophète (BP sur lui) se mit à réciter des vers. Il disait :

Ô vous les mécréants, libérez sa voie,

Sur laquelle tout le bien s’y trouve

Ô Allah, en ses paroles je crois

Et la vérité est ce qu’il approuve.

‘Omar ibn Al-Khattab, toujours très sérieux, le réprimanda et lui dit : “Tu récites des vers quand tu es avec le Messager (BP sur lui) en état de consécration à ton entrée à la Mecque ?” Le Messager (BP sur lui) lui dit : “Laisse-le ‘Omar, ses vers sont plus efficaces contre Qoraïche que des flèches.”

Voyez, comme je le répète souvent, les arts et la culture peuvent être importants pour la société à condition d’être de haute valeur morale. Notre Prophète (BP sur lui) le réalisait.

Pour laisser la place libre aux Musulmans, les mécréants de la Mecque escaladèrent les montagnes environnantes d’où ils pouvaient avoir vu sur la Ka‘ba. Abou Soufiâne et ‘Ikrima ibn Abi Djahl, craignaient l’enthousiasme qui pouvait naître pour l’Islam à la vue de ceux qui accomplissaient la ‘Oumra. Ils firent circuler la rumeur que ces derniers avaient une maladie de peau contagieuse. Le Messager (BP sur lui) le sut et dit à ses compagnons : “Allah recouvrira de Sa miséricorde celui qui leur fera apparaître sa force aujourd’hui.” Il leur dit également de découvrir leur bras droit et de faire les trois premiers tours de circumambulation au pas de trot. Les gens de Qoraïche en furent étonnés et troublés. Deux ans après, en accomplissant le pèlerinage, le Prophète (BP sur lui) refit la même chose et dit à ‘Omar qui s’en étonnait : “Ô ‘Omar, cela sera ma tradition pour l’éternité.” C’est à dire l’union de la force à la foi.

Après avoir terminé les rites de la ‘Oumra, le Prophète (BP sur lui) envoya demander aux gens de Qoraïche s’ils acceptaient de venir prendre un repas avec lui. Il ne pensait qu’à diffuser son Message et n’avait jamais de ressentiments même envers ses pires ennemis. Ils refusèrent fermement, lui répondirent que les trois jours de la ‘Oumra étaient terminés et qu’il devait s’en aller. Sa‘d ibn ‘Oubâda, un Ançâry qui était près du Prophète (BP sur lui), se fâcha pour lui et dit : “Ce n’est pas votre terre, ni la terre de vos pères, elle appartient au Messager d’Allah qui n’en partira que sauf et la tête haute.” Le Prophète se tourna vers lui en souriant et lui dit : “Ô Sa‘d, nous n’offensons pas ceux qui se trouvent chez nous.” Ensuite, s’adressant aux Musulmans, il dit : “Ô vous les Musulmans, que le soleil ne se couche pas avant que vous n’ayez tous quitté les lieux.” Aucun homme ne s’attarda car le Prophète (BP sur lui) ne mentait jamais ni ne faisait défaut à ses serments. Il aimait unir les gens, pas les disperser.

De nos jours, nous oublions ce trait du caractère de notre Prophète et nous nous querellons au sujet de tout et de rien. Nous sommes en décadence parce que nos pays sont tous dissociés et ne savent pas se mettre d’accord.

Avant de partir de la Mecque, le Prophète (BP sur lui) envoya un message à Khaled ibn Al-Walid qui n’éprouvait pas de l’inimitié pour l’Islam mais exécutait seulement les ordres de Qoraïche comme le militaire accompli qu’il était. Le Prophète (BP sur lui) lui disait : “Tu as tardé à nous rejoindre Khaled, peux-tu encore ignorer l’Islam avec ton intelligence?” Pourtant Khaled avait été la cause de la mort de Hamza l’oncle bien-aimé du Prophète (BP sur lui) mais tout ce qui importait à ce dernier était de servir son Message. Voyez-vous la bonté et la pureté de son cœur qui attirait les gens vers l’Islam.

Comme tous les coeurs humains, celui de Khaled fut attendri par les bonnes paroles du Prophète (BP sur lui) qui a su le toucher. Il racontait et dit qu’il fit un songe le soir-même où il se voyait sortir d’une terre étroite vers une autre large et verdoyante. Il avouait encore que, à chaque fois qu’il se mettait contre Mohammed, il savait que ce dernier allait triompher. Il décida d’aller vers lui mais, comme il était un homme positif, il voulut servir la cause tout de suite et convaincre quelques-uns de ses compatriotes de la nouvelle religion pour les emmener avec lui. Il s’en alla vers Safwân ibn Oumayya et ‘Ikrima ibn Abi Djahl qui refusèrent. Il pensa alors à Othmân ibn Talha qui avait la garde des clefs de la Ka‘ba et qui accepta.

En route vers Médine, les deux hommes rencontrèrent ‘Amr ibn Al-‘Âç qui, après Al-Houdaïbiya, avait compris que Qoraïche avait perdu sa guerre contre Mohammed et était allé se réfugier chez son ancien ami An-Nadjachy empereur d’Ethiopie. A son arrivée, il vit ‘Amr ibn Oumayya qui apportait un message à l’empereur de la part du Prophète (BP sur lui). ‘Amr, furieux contre l’homme, dit à An-Nadjachy, de le laisser lui couper la gorge parce qu’il était de ses ennemis. L’empereur se mit en colère et lui dit : “Je te laisse tuer le messager du Messager d’Allah ?” ‘Amr reprit : “Est-il réellement le messager d’Allah ?” l’Empereur dit : “Oui et, par Allah, j’ai embrassé sa religion.” et il conseilla à ‘Amr de faire comme lui. Les trois hommes, Khaled ibn Al-Walîd, Talha et ‘Amr continuèrent vers Médine. Le Prophète (BP sur lui) les reçut avec beaucoup de joie et dit à ses compagnons : “Voilà la Mecque qui vous jette ce qu’elle a de meilleur comme hommes.” Il fit des invocations pour Khaled et pria Allah de lui pardonner toutes ses fautes passées. Avant de prononcer son serment d’allégeance, ‘Amr posa la condition d’avoir toutes ses fautes pardonnées et le Prophète (BP sur lui) lui dit que l’Islam efface toutes celles qui le précèdent.

L’invitation à l’Islam en dehors de la péninsule arabique :

Le Prophète (BP sur lui) commença à envoyer des messages aux rois pour les inviter à l’Islam comme celui envoyé à l’empereur des Byzantins qui disait “ De Mohammed le messager d’Allah à Héraclius, empereur des Byzantins. Embrasse l’Islam et tu auras le salut”. Il envoya le même message à l’empereur d’Egypte, de Perse et à tous les rois. Après Al-Houdaïbiya, voyant qu’il n’y aurait plus de guerre à l’intérieur de la péninsule arabe et que le sujet de la religion y avait été tranché, il voulait continuer à diffuser son Message à la Terre entière. Cette correspondance aida à la prochaine victoire de la Mecque parce que Qoraïche allait ainsi réaliser que la religion devenait mondiale et n’était plus un conflit intérieur entre Mohammed et eux.

Héraclius avait lu le message du Prophète (BP sur lui) et avait dit à ses gens : “Trouvez-nous quelqu’un de chez lui qui puisse nous en parler.” Ils trouvèrent Abou Soufiân venu en commerce. L’empereur le fit asseoir, plaça les compagnons venus avec lui derrière et leur dit : “Je vais lui poser des questions et s’il ment vous lèverez la main.” Il s’adressa à Abou Soufiân et cette conversation eut lieu entre eux :

“ Quelle est la lignée de cet homme parmi vous.”

Abou Soufiân étonné que l’empereur ait eu connaissance du Prophète dit : “ Il est d’un certain rang.”

- Manque-t-il à ses promesses ?

- Non.

- “Ment-il ?”

- “Non.”

- Ses adeptes augmentent-ils ou diminuent-ils ?

- Ils augmentent.

- “Y en a-t-il de ceux qui apostasient par mécontentement contre lui ?”

- “Non, jamais.”

- “Et que leur ordonne-t-il ?

- “La véracité, la chasteté, la préservation des liens de famille et la Salat (prière).”

Héraclius dit : “Si ce que tu dis est vrai, cet homme héritera de la terre où je me trouve.”

En sortant de chez l’empereur Abou Soufiân dit à ses compagnons que Mohammed était devenu bien trop connu et qu’il allait sûrement triompher d’eux.

Le Prophète (BP sur lui) avait envoyé aux rois quatorze messages tamponnés d’un sceau. Ses Compagnons lui avaient dit que les rois ne reconnaissaient que les messages ainsi tamponnés et il montrait qu’il n’y avait aucun mal à suivre des mœurs étrangères. Quatorze messagers qui parlaient des langues étrangères partirent. Il ne faut pas s’en étonner parce que le Prophète (BP sur lui) avait un jour ordonné à Zayd ibn Thâbit d’aller apprendre l’Hébreu et de ne pas retourner avant de l’avoir perfectionné ce qu’il fit en dix-huit jours. Médine n’était pas un pays pauvre et faible, le Prophète (BP sur lui) y encourageait tous les talents et elle en était pleine.

Nous avons besoin de talents pareils pour réussir notre renaissance et pas seulement de jeunes gens qui ne connaissent de la religion que la pratique du culte.

A la réception du message, l’empereur des Perses, furieux de voir que le Prophète (BP sur lui) avait mis son nom avant le sien, déchira la lettre. Le Messager (BP sur lui) dit en recevant cette nouvelle : “Puisse Allah lui déchirer son royaume.” L’empereur envoya dire à Bazin son vassal au Yémen d’envoyer deux hommes pour lui amener Mohammed à qui il voulait donner une leçon de politesse. Le même jour, le fils de l’empereur l’avait tué et son royaume fut déchiré. Lorsque les deux messagers venus du Yémen arrivèrent devant le Prophète (BP sur lui), il leur sourit et dit : “Retournez dire à Bazin que mon Seigneur a tué le sien.” Bazin embrassa l’Islam à la suite de cette histoire et le Prophète (BP sur lui) le garda à la tête de son pays jusqu’à sa mort durant le pèlerinage d’adieu (dernier pèlerinage du Prophète).

Les quatorze ambassadeurs munis de messages de la part du Prophète aux rois retournèrent sains et saufs à part Al-Hârith ibn ‘Amr ibn ‘Oumaïr al-Azdy. Il avait été envoyé aux Ghassanides dont le royaume se trouvait aux confins de la Syrie en bordure de l’empire byzantin. Ils étaient chrétiens et formaient une sorte d’état tampon entre les Byzantins et les Arabes. Ils tuèrent Al-Hârith.

L’expédition de Mo’ta :

Quand le Prophète reçut la nouvelle de la mort de son messager, il appela les gens à se réunir à la mosquée et leur tint ses paroles : "Votre frère et mon messager Al-Hârith a été tué. Que celui qui croit à Allah et au jour du jugement dernier se prépare demain après la prière du fadjr à aller combattre les Ghassanides."

Le Prophète a réagi à la mort de son messager en déterrant la hache de guerre pour diverses raisons. Avant tout, il pouvait tout accepter sauf d'être trahi, et nous avons vu comment il a agi avec les Beni Qoraïdha et à la rumeur que Othman fut tué à Al-Houdaïbiya. Et puis, s'il ne réagit pas à cette trahison qu'ont commise les Ghassanides, les autres tribus en feraient autant et il ne pourrait plus asseoir sa mission en Arabie et de là, appeler à Dieu en toute quiétude. Mais aussi, parce que le Prophète tenait beaucoup à ses frères et ses compagnons et il ne pouvait laisser mourir son messager sans le venger. Ceci ne peut qu'augmenter le sentiment d'appartenance des musulmans à leur communauté quand ils verront que toute une armée s'est ébranlée pour venger la mort d'un seul homme.

Trois mille compagnons se sont rassemblés tôt le matin. Les Ghassanides étaient une grande puissance dans la région, et mille kilomètres les séparaient de Médine. Cela ne découragea pas les musulmans pour autant. Le Prophète les fit attendre jusqu'à ce qu'il accomplisse la prière du vendredi, mais ne les laissa pas prier avec lui pour qu’ils ne prennent pas de retard. Quand il termina sa prière, il passa en revue l'armée et ne trouva pas Abdellah Ibn Rawaha. Celui-ci apparut peu après et le Prophète l'interrogea sur ce qui l'avait retenu. Abdellah lui dit qu'il avait voulu gagner la rétribution de la prière avec le Prophète et il s'est dit qu'il arriverait en tout cas à rejoindre l'armée à temps. Cette justification ne plut pas au Prophète, et son visage devint rouge de colère. Il dit : "sais tu la différence entre toi et ceux qui se sont préparés depuis l'aube ? Ce qui sépare entre l'orient et l'occident. Par Allah un combat dans le sentier d'Allah vaut mieux que tout le bien du monde." Abdellah s'en affligea et se dit à part : Par Allah je ne saurai réparer cette faute qu'en tombant martyr dans cette bataille.

Le Prophète ne sortit pas avec eux. Non qu'il fût âgé, d'ailleurs il aura à sortir dans deux expéditions après cela, mais il voulait par là, ancrer dans l'esprit de ses compagnons le sens de la responsabilité et les préparer pour l'avenir quand il ne sera plus parmi eux. Comme quoi il n'est pas le seul responsable de ce message dont il est porteur. Sentons-nous cette responsabilité aujourd'hui ? Avons-nous conscience de la charge qui nous incombe en étant musulmans ? Avons-nous pris le relais de notre bien-aimé pour le porter aux autres nations comme il s'est appliqué à le faire ? Sommes-nous entrain de marcher sur les pas du bien-aimé ?

Le Prophète se tint devant l'armée et lui désigna son chef. Il leur dit : "Zayd Ibn Haretha prendra le commandement. S'il meurt, Jaâfar Ibn Abi Taleb le remplacera, s'il meurt, ça sera à Abdellah Ibn Rowaha de prendra le commandement. S'il meurt choisissez qui vous plaira." Zayd était un esclave affranchi par l'Islam, et Jaâfar Ibn Abi Taleb avait passé quinze ans en Ethiopie. Parmi les troupes se trouvait un soldat aguerri et un personnage qui était un noble parmi les siens; Khaled Ibn Al Walid. Mais Khaled venait à peine d'embrasser l'Islam et le Prophète ne lui destina pas le commandement pour le laisser consolider d'abord sa foi.

Avant que l'armée ne quitte Médine, un juif qui connaissait bien la Thora vint au Prophète et lui dit : "ô Aba Al Qasem, il est connu dans nos livres que les prophètes quand ils désignent un chef de guerre et désignent aussi son successeur au cas où il mourrait comme tu viens de le faire est un signe que les deux premiers vont mourir car les prophètes ne mentent pas, n'est-ce pas ô Aba Al Qasem ? " Le Prophète ne répondit pas, alors le juif dit à Zayd Ibn Haretha : "Va chez ta famille, fais-leur tes adieux et embrasse tes enfants car tu ne les verras plus après ce jour, et si tu les revoyais sache que votre prophète est un menteur". Zayd Ibn Haretha lui répondit : "Par Allah je sais qu’il est le messager d'Allah. Je ne ferai pas marche arrière et je ne ferai pas d'adieux à ma famille et je fais confiance à Allah car c'est lui mon mandataire ! "

Puis le juif se tourna vers Jaâfar Ibn Abi Taleb et lui tint les mêmes paroles. Jaâfar répondit comme l'avait fait Zayd et ne voulut pas aller faire ses adieux aux siens et s'en remit à Allah.

L'armée s'ébranla et les femmes de Médine sortirent pour faire les adieux aux combattants, elles répétèrent : Que Dieu vous garde, que Dieu vous apporte la victoire et Son soutien et qu'Il vous fasse revenir pieux et bienfaisants !

L'armée des musulmans partit donc vers les Ghassanides. Ils arrivèrent au lieu dit Mo'ta et surent que les Ghassanides s’étaient préparés à les combattre et avaient mobilisé cent mille hommes, soutenus par cent mille autres envoyés par les Romains à la demande des Ghassanides qui eurent peur des musulmans qui étaient renommés pour être des grands guerriers. Ce qui fit deux cent mille hommes dont cinquante mille cavaliers !

Quand Zayd vit le grand nombre de l'ennemi, il réunit ses compagnons et leur demanda conseil. Ils n'avaient le choix que de revenir à Médine et dire que l'ennemi était au-dessus de leurs forces, mais le pouvaient-ils ? Eux qui étaient venus venger la mort de leurs frères, pouvaient-ils désobéir à l'ordre du Prophète ? Abdellah Ibn Rawaha leur dit alors : "n'est-ce pas que vous n'êtes sortis que pour retrouver ce que vous craignez maintenant, n'est-ce pas que vous êtes tous sortis pour gagner le martyr ? Nous ne les combattons ni avec des armes ni avec des équipements, mais nous les combattons avec notre foi et notre religion, ayez confiance en Allah et allez à la rencontre de l'ennemi."

Les musulmans partirent au combat. Ils étaient trois mille alors que l'ennemi comptait deux cent mille hommes dans ses rangs. Ils réfléchirent et surent que s'ils s'affrontaient dans une plaine, l'ennemi les décimerait en un clin d'œil. Alors ils cherchèrent un lieu qui serait bordé des côtés par un bois, et derrière par des habitations, de sorte que l'ennemi ne pourrait les combattre qu'avec le même nombre que le leur!

Zayd choisit donc le village de Mo'ta et s'y fortifia. Les Ghassanides et les Romains quand ils arrivèrent en ce lieu trouvèrent les musulmans dans le village et ne purent les attaquer que de front et en petites troupes à cause notamment de l'exiguïté du lieu. Ils durent arranger leurs troupes de façon à ce que seules les premières rangées étaient en contact avec les musulmans et que le reste de l'armée resta en arrière sans combattre.

La bataille commença et elle dura six jours, durant lesquels peu de musulmans moururent, douze seulement d'entre eux tombèrent en martyrs. Et le nombre de morts dans les rangs de l'ennemi était plus grand.

Au bout du sixième jour, les Romains décidèrent de changer de plan. Leur chef leur dit que le secret de la ténacité des musulmans était dans la personne de leur chef, celui qui tenait l'étendard. C'était Zayd qui tenait l'étendard des musulmans. Dès qu'ils reprirent les combats, ils se sont tous mis à tirer sur Zayd. Les compagnons racontaient qu'il était devenu tel un porc-épic tellement il avait reçu des lances et des flèches. Zayd mourut et la prédiction du Prophète se réalisa.

Le Prophète qui était à Médine, par la puissance de Allah put voir le déroulement de la bataille. Il dit à ses compagnons qui étaient assis avec lui : "je vois Zayd qui prend l'étendard, il combat avec courage et le voilà qui tombe martyr et je le vois maintenant au paradis."

Jaâfar prit l'étendard de Zayd et se lança dans la bataille. Tous les Romains chargèrent contre lui à tel point qu'il dut descendre de son cheval et combattre à pied. L'un des romains le frappa et lui coupa le bras droit. Jaâfar ne recula pas et saisit l'étendard de son bras gauche. Là, les romains le frappèrent encore et lui coupèrent l'autre bras. Jaâfar ne tomba pas mais prit l'étendard sous son aisselle ! Les romains l'achevèrent en lui donnant un coup dans le ventre.

Le Prophète toujours assis avec ses compagnons à Médine leur décrit la scène et leur dit : "je vois Jaâfar qui prend l'étendard, il combat avec bravoure, on lui coupe son bras droit, il prend l'étendard avec son bras gauche, on lui coupe son bras gauche, il prend l'étendard sous son aisselle. Il meurt, je le vois maintenant au paradis qui vole avec deux ailes en diamant qu'Allah lui a substituées à ses bras coupés !"

Les compagnons racontaient qu'en parlant le Prophète pleurait au point que sa barbe se mouilla. Il venait de perdre deux êtres chers; Zayd qu'on appelait le fils de Mohammed et Jaâfar son cousin et fils de son protecteur, son oncle Abou Taleb.

Abdellah Ibn Rowaha prit l'étendard de Jaâfar mais hésita un moment. Il savait qu'il mourrait comme l'avait prédit le Prophète comme sont morts les deux premiers chefs, alors il dit de jolis vers pour se donner le courage et fonça dans l'arène de la bataille. Son cousin qui était à l'arrière-garde vint et lui donna une cuisse de poulet cuite et lui dit de manger car il était épuisé. Abdellah mordit la cuisse puis se dit à part lui : "Que fais-tu là ô Abdellah ? Es-tu encore en vie ? Par Allah tu devrais être en ce moment avec tes deux amis". Il jeta la nourriture et reprit le combat et mourut. Le Prophète dit à ses compagnons: "Abdellah est mort et je le vois au paradis. Je vois Zayd sur un lit en or au paradis, je vois à ses côtés Jaâfar Ibn Abi Taleb sur un lit en or, et je vois Abdullah sur un lit en or mais qui est légèrement en dessous de ceux de ses amis". Les compagnons lui demandèrent pourquoi et il leur répondit : "parce qu'il a hésité un instant ! "

Que diront les gens parmi nous qui hésitent depuis une vingtaine d'années ? Que diront les filles qui hésitent à porter le voile ? Tous ceux qui hésitent à défendre la cause d’Allah et Son Prophète ?

A la mort de Abdellah; Thabet Ibn Akram prit l'étendard et appela : "ô Aba Souleymane, ô Aba Souleymane…" Khaled Ibn Al Walid vint et Thabet Ibn Akram, un compagnon qui avait combattu à l'expédition de Badr, lui passa l'étendard. Khaled Ibn Al Walid refusa et lui dit : "Tu mérites de le porter plus que moi, tu as combattu à Badr aux côté du Prophète alors que j'étais son ennemi ce jour-là." Mais Thabet insista car il connaissait les qualités guerrières de son compagnon. Khaled prit l'étendard et entra dans la bataille, il raconta par la suite qu'il avait cassé neuf épées ce jour-là tant la bataille était rude.

Quand la nuit tomba et que les deux armées se séparèrent, Khaled réunit son armée et tint conseil. Il leur dit que cette bataille ne saurait se terminer par une victoire, et qu'il était plus judicieux pour eux de se retirer, puisqu’ils avaient vengé leur frère et obéi à l'ordre de leur Prophète. Ses compagnons trouvèrent son avis juste et acceptèrent de se retirer. Mais comment allaient-ils le faire, car s'ils se retiraient dans le désert les Romains et les Ghassanides les anéantiraient.

Khaled Ibn Al Walid qui était un fin stratège mit au point un plan pour se retirer sans être suivis. Ce plan est aujourd'hui enseigné dans les grandes écoles militaires du monde, car c'est le plan de retrait le plus ingénieux de l'Histoire.

Khaled voulut briser le moral de l'ennemi en lui faisant croire qu'il y avait une nouvelle armée, pour cela il ordonna à ses compagnons de se laver et de laver leurs habits et de coudre de nouveaux étendards avec d'autres inscriptions. Puis il dit à ceux qui se trouvaient dans l'aile gauche de l'armée de prendre la place de ceux qui se trouvaient dans la droite et ceux de l'arrière-garde de remplacer ceux de l'avant-garde, car la bataille durait depuis six jours et les deux armées se sont habituées l’une à l’autre chaque aile de son coté. Cette manœuvre devait faire croire à l'ennemi à une nouvelle armée quand ils verraient de nouveaux visages devant eux et des soldats propres avec des étendards nouveaux.

Mais il fallait plus que cela pour tromper l'ennemi. Khaled Ibn Al Walid détacha trois cents cavaliers et leur dit de se tenir loin derrière l'arène de la bataille et d'attendre juste après le lever de soleil et que les deux armées se tiennent en face, ils feront bouger leurs chevaux pour provoquer une levée de poussière pour faire croire à un mouvement de troupe. Puis ils se diviseront en cinq parties et rejoindront le devant de l'armée une par une et demanda au reste de l'armée de scander haut et fort 'Allah est plus grand' à chaque fois qu'une troupe de cavaliers apparaissait à l'horizon. Quand toute la cavalerie aura rejoint le reste de l'armée, ils attaqueront l'ennemi furtivement et dès que Khaled criera ' ô croyants ayez confiance en Allah’ toute l'armée se retirera, car il était sûr que l'ennemi ne les suivrait pas croyant que les musulmans leur tendaient un piège.

Le Prophète à Médine dit à ses compagnons: « Khaled prend l'étendard, un sabre parmi les sabres de Dieu est retiré de son fourreau, et par sa main des batailles seront gagnées. »

Le matin, les musulmans se mirent à exécuter le plan. Les Romains à la vue des musulmans crurent qu'ils avaient devant eux une nouvelle armée et une rumeur courut parmi eux que l'autre armée qu'ils combattaient depuis des jours était restée en arrière se reposer. Quand les cavaliers se mirent à paraître derrière l'armée musulmane par troupes successives, les romains eurent peur et les compagnons disaient avoir vu la mort dans leurs yeux. Les musulmans attaquèrent et tuèrent trois cents romains puis Khaled cria sa phrase et les musulmans se mirent à se retirer. Les chefs romains ordonnèrent à leurs soldats de ne pas les suivre sous peine de tomber dans le piège des musulmans !

Les musulmans se retirèrent sans que les romains ne les suivent. Arrivés à Médine, des femmes reçurent les combattant avec mécontentement en les traitant de fuyards. Mais le Prophète les arrêta et ouvrit ses bras en les recevant et leur dit : "Non ce ne sont pas des fuyard mais ce sont eux les victorieux." Et dit à Khaled : "tu es un sabre de Dieu ô Khaled."

Après cela, le Prophète alla dans la maison de Jaâfar et prit dans ses bras ses trois enfants. L'aîné pleurait alors le Prophète lui dit : "Ne pleure pas mon enfant, ton père vole maintenant avec les anges au paradis." Puis il les prit et sortit vers ses compagnons et leur demanda qui voudrait prendre à sa charge les enfants de Jaâfar. Trois des compagnons levèrent leur main et chacun d'entre eux était plus pauvre que l'autre !

Conclusion :

Ceci a été le récit de l'expédition de Mo'ta. Nous avons vu comment le Prophète et ses compagnons s’étaient levés pour protéger le message et sacrifier leurs âmes pour que continue le message et pour que la parole d'Allah soit entendue sur terre. Nous avons su combien la foi était forte dans les cœurs des compagnons qui étaient partis mourir avec joie et qui ont gagné le paradis.

Demain nous parlerons de l'expédition de Khaïbar, car nous approchons de la fin de ce programme et du mois de ramadan et nous sentons déjà la tristesse de quitter Médine et de quitter le Prophète, mais nous devons nous consoler, car des 120 000 compagnons du Prophète, 10 000 seulement sont enterrés ici à Médine alors que les autres se sont dispersés à travers la terre pour porter le message de leur bien-aimé et réformer la terre. Alors nous aussi, nous repartirons pour réformer comme eux et faire le bien et être fidèles à notre messager le bien-aimé.
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Episode 27 : L’expédition de Taboûk

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Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux



Introduction :

Après son entrée à la Mecque au mois de Ramadan de l’année 8 de l’Hégire, le Messager d’Allah (BP sur lui) y séjourna dix-neuf jours. N’ayant plus de maison dans cette cité puisque son cousin ‘Akîl avait pris sa maison pendant son absence et l’avait vendue, il habita une tente.

J’aimerais que tout le monde retienne cela : le dernier des prophètes qui ne veut pas prendre de force la maison de l’un de ses ennemis vaincus. Cette sira (biographie) n’est pas uniquement pour les Musulmans mais pour que le monde entier en retienne les leçons.

Le comportement du Prophète (BP sur lui) vis-à-vis de ses ennemis :

Qu’allait faire le Messager d’Allah (BP sur lui) de ses ennemis de la Mecque, les chefs qui lui avaient fait la guerre, avaient trahi leurs engagements avec lui et tué ses meilleurs amis et ses bien-aimés ?

Nous commencerons avec ‘Ikrima ibn Abi Djahl qui était sûr d’être tué une fois appréhendé. Il s’était enfui vers Jeddah pour prendre un bateau pour n’importe quelle destination. Sa femme restée à la Mecque s’en alla vers le Prophète (BP sur lui) et lui dit : “Ô Messager d’Allah (BP sur lui), ‘Ïkrima est un des notables du pays, ne veux-tu pas lui garantir sa sécurité ?” Le Prophète de la miséricorde lui répondit : “Oui, je la lui garantis.” La femme courut vers son mari qu’elle rattrapa alors qu’il montait sur le bateau. Elle l’informa du pardon du Messager d’Allah (BP sur lui) et retourna avec lui à la Mecque. A sa vue, le Prophète (BP sur lui) dit à ses compagnons : “‘Ikrima devenu musulman vient vers vous, n’insultez pas son père. Les insultes ne touchent pas les morts et font du tort aux vivants.” ‘Ikrima pleura devant le Messager qui enleva sa cape et la déposa par terre pour le faire asseoir. Quel exemple de magnanimité ! Repenti, l’homme promit au Messager de dépenser autant d’argent et autant d’effort pour l’Islam que ce qu’il avait dépensé contre lui auparavant. Il mourut en martyr.

Un autre exemple celui de Safwân ibn Oumayya le fils de Oumayya ibn Khalaf qui persécutait Bilâl et qui, lui même, avait manqué à l’engagement du traité de Al-Houdaïbiya. Il s’était également enfui et ‘Oumaïr ibn Wahb est allé voir le Prophète (BP sur lui) et lui avait dit : “Ô Messager d’Allah (BP sur lui), tu ne veux pas garantir la sécurité à Oumayya ?” Le Messager lui répondit : “Oui.” Et l’homme reprit : “Que peux-tu lui donner comme gage ?” Le Prophète (BP sur lui) enleva son turban, le lui donna et dit : “Qu’il le porte et personne ne s’approchera de lui.” Safwân revint et embrassa l’Islam.

Il y eut également Hind bint ‘Otba, femme de Abou Soufiâne qui avait été un des pires ennemis du Prophète (BP sur lui) et avait causé la mort de Hamza son oncle bien-aimé. Le visage voilé pour ne pas être reconnue, elle était entrée avec les femmes qui étaient venues prêter serment d’allégeance au Messager d’Allah (BP sur lui). Elle l’entendit dire : “Vous prêtez serment de ne rien associer à Allah, de ne pas voler, de ne pas forniquer ... ” Au premier ordre de ne rien associer à Allah, elle s’exclama : “Si les idoles avaient du pouvoir, elles nous auraient défendus aujourd’hui.” Au second ordre de ne pas voler, elle dit sans s’en rendre compte : “Abou Soufiâne est un homme avare, est-ce que je peux prendre de son argent sans qu’il ne s’en aperçoive ?” Le Messager (BP sur lui) la reconnut et demanda : “Es-tu Bint ‘Otba ?” Elle répondit : “Oui, peux-tu me pardonner ? ” Le Messager (BP sur lui) lui affirma son pardon et continua avec les clauses du serment. Lorsqu’il dit : “Ne pas forniquer.” Hind s’exclama de nouveau : “Est-ce que les femmes libres forniquent ?” Il était connu chez les Arabes que seules les esclaves et les femmes de basse catégorie commettaient cet acte vil. Hind avait ainsi embrassé l’Islam.

Le Messager avait demandé des nouvelles de ‘Otba et ‘Outaïba, ses cousins fils de Abou Djahl, qui avaient un jour divorcé de ses deux filles. Al-‘Abbâs les lui amena tout tremblants. Le Prophète (BP sur lui) leur dit : “Je prie Allah de vous guider à l’Islam, ne voulez-vous pas l’embrasser ?” Ils prononcèrent la Chahada et se convertirent par peur. Le Messager les prit ensuite par la main et s’en alla avec eux vers la Ka‘ba. Les tenant toujours par la main, il colla sa joue et sa poitrine au mur de la maison sacrée et se mit à implorer Allah de les guider vers la vérité. ‘Omar qui assistait à la scène raconta qu’il voyait la sagesse envahir les visages des deux hommes au fur et à mesure que le Messager (BP sur lui) faisait ses invocations.

Le Messager d’Allah (BP sur lui) avait donné l’ordre de tuer dix hommes qui avaient commis des crimes et des trahisons. Deux parmi eux s’étaient réfugiés chez Oum Hâni’, sœur de ‘Ali. Ils lui demandèrent de les prendre sous sa protection et elle accepta. ‘Ali qui les avait vus pénétrer chez elle, courut les appréhender, refusant le droit à la protection d’une femme. Oum Hâni’ le dénonça au Prophète (BP sur lui) qui lui répondit : “Nous protégeons qui tu protèges Oum Hâni’.” Voyons-nous comment le Messager donnait à la femmes ses droits sociaux. De nos jours les gouvernements sont fiers de permettre à la femme de voter ou de devenir ministre. Quatorze siècles plus tôt, le Messager lui avait donné tous ces droits et bien plus.

Ensuite, le Messager d’Allah (BP sur lui) envoya dire à ‘Othmân ibn Talha de lui donner les clés de la Ka‘ba dont il avait la garde. Avant son départ pour Médine, le Prophète (BP sur lui) lui avait une fois demandé de le laisser entrer à l’intérieur de la Ka‘ba comme tout le monde et l’homme avait refusé. Le Prophète (BP sur lui) lui avait dit de faire attention au jour où il aura les clés en main et ne les lui rendra pas. ‘Othmân avait répondu qu’il aimait mourir avant de voir ce jour. Maintenant le Messager (BP sur lui) lui demandait les clés et l’homme répondit qu’elles étaient avec sa mère. Il s’en alla les chercher et retourna dire qu’elle refusait de les lui donner. Le Prophète (BP sur lui) envoya ‘Omar et la mère de ‘Othmân lui donna les clés par crainte. Une fois les clés dans les mains du Messager, Al-‘Abbâs se pencha sur lui et lui dit : “Donne m’en la garde, ô Messager d’Allah (BP sur lui), cela sera un honneur pour nous. ” Il lui répondit : “Non, aujourd’hui est un jour de bienfaisance et de fidélité. ” Fidélité à quoi ? Un pacte du temps de la Djâhiliya (ignorance d’avant l’Islam) avait donné la garde des clés de la Ka‘ba aux Bani Chaïba, famille de ’Othmân. Ainsi le Messager (BP sur lui) honorait tous les serments et tous les pactes qui avaient de bons objectifs mêmes ceux conclus avec des incroyants. Le Prophète (BP sur lui) donna les clés à ‘Othmân et lui dit qu’elles ne seront jamais prises à sa famille jusqu’à l’éternité à moins que ce soit par un injuste. De nos jours, leurs descendants les ont toujours.

La bataille de Hounaïn :

Le Prophète (BP sur lui) sut pendant qu’il était encore à la Mecque, que les tribus de Hawâzin et de Thaqîf, s’apprêtaient à lui faire la guerre et avaient réuni vingt mille combattants. Ils pensaient que, puisque Qoraïche avait tant faibli, ils pourraient devenir maître de la Mecque et de toute la presqu’île arabe en triomphant de Mohammed. Le Messager décida de partir à leur rencontre avec douze mille combattants, les dix mille avec lesquels il était venu de Médine et deux mille des nouveaux Musulmans. A l’âge de soixante ans, il devait encore entreprendre cette guerre et personne ne peut prouver qu’il a jamais combattu pour le plaisir de triompher ou de prendre ce qui ne lui était pas dû. Il n’a jamais été injuste, n’a jamais commis de traîtrise, menti, manqué à un serment ou été en colère pour lui-même.

Le Messager (BP sur lui) demanda à Safwân ibn Oumayya qui était marchant d’armes de lui prêter trois cents armures. L’homme demanda si c’était un ordre mais le Messager d’Allah (BP sur lui) le rassura et lui dit qu’il s’engageait à les rendre. Safwân craignait pour son argent, il venait tout juste d’embrasser l’Islam. Après la bataille, quand la foi avait pénétré plus profondément son cœur, il refusa de reprendre les armures.

Hawâzin avait décidé d’affronter les Musulmans à un endroit appelé Hounaïn à trois jours de marche de la Mecque. Ils y choisirent une pente de montagne où l’armée venue de la Mecque se trouverait obligée de passer et se tapirent dans les cols derrière les arbres et les rochers. Le Messager (BP sur lui) qui était un commandant militaire de mérite devina cette tactique et demanda aux Compagnons de voir s’il y avait une embuscade dans cette pente. Mais il semble qu’il y avait eu une sorte de relâchement chez les Musulmans qui étaient sûrs du triomphe. Le Coran décrit leur attitude avec ce verset –qui peut être traduit par: “ Et [rappelez-vous] le jour de Hunayn, quand vous étiez fiers de votre grand nombre et que cela ne vous a servi à rien. (TSC, At-Tawba (LE DESAVEU ou LE REPENTIR) : 25). Une leçon à apprendre tout au long de l’Histoire, comme celle de Uhud : Si déviez du plan établi, si vous négligez les causes matérielles de la victoire, vous ne l’obtiendrez pas, même si le Messager d’Allah (BP sur lui) se trouve parmi vous. Ainsi, pourquoi de nos jours sommes-nous étonnés de voir notre nation dans cette décadence. Les invocations qui sont un seul élément de l’équation ne suffisent pas, nous avons besoin d’action, de patience, de sacrifices, de persistance et de foi en le Message.

Les Musulmans vinrent à la rencontre de Hawâzin avec à leur tête Khaled ibn Al-Walid accompagné de mille cavaliers. Le Prophète (BP sur lui) qui était précautionneux, leur dit de ne pas avancer sur la pente tous en même temps mais un bataillon après l’autre. Il devinait l’embuscade bien que les rapports la niaient.

A la descente du troisième bataillon sur la pente, les combattants de Hawâzin sortirent de leurs cachettes, s’abattirent sur les Musulmans et se battirent tellement fort que Khaled fut blessé et tomba évanoui par terre. Les Compagnons qui disaient avant la bataille : “Nous ne serons pas vaincus aujourd’hui par une minorité”, se virent attaqués de toutes parts. Certains essayaient de remonter la pente, d’autres descendaient et, dans la mêlée, ils marchaient les uns sur les autres. Le Prophète (BP sur lui) n’arrivait pas à les rassembler. Il fut obligé de faire connaître sa place et, pour faire venir les gens à lui, il criait à pleine voix : “Je suis vraiment le Prophète, je suis le fis de ‘Abdil Mottalib.” L’armée musulmane était en débandade et le Messager (BP sur lui) invoquait Allah et disait : “Ô Allah, accomplis pour moi Ta promesse.” Le premier qui le rejoignit fut Al-‘Abbâs qui avait une voix très forte. Il prit les harnais de la chamelle du Messager et cria : “Venez au Messager d’Allah.” Mais personne ne venait. Le Prophète (BP sur lui) lui dit : “Pas ainsi ‘Abbâs, rappelle-leur les journées victorieuses. Dis-leur, vous les gens du serment de Al-‘Aqaba, vous du serment du Radwâne, vous les Mouhâdjirine, vous les Ançâr, vous les Compagnons qui avez mémorisé la sourate Al-Baqara.”

Je m’imagine que le Prophète (BP sur lui) appelle les gens d’aujourd’hui et leur dise : “Vous qui avez assisté à ma sira (biographie) pendant trente jours, qui avez fait serment à Allah en pleurant de faire une renaissance dans votre pays, qu’avez-vous entrepris après Ramadan.” La circonstance est pareille.

Les gens qui étaient interpellés par Al-‘Abbâs accouraient sans leurs chevaux qu’ils n’arrivaient pas à guider dans la foule. Cent Compagnons qui, d’après Sa‘d ibn ‘Oubâda, étaient comme un ouragan se rassemblèrent autour du Prophète (BP sur lui). Les autres qui s’étaient enfuis revinrent à la vue du groupe qui se formait. Le Prophète (BP sur lui) combattait avec courage au point que son épée se cassa dans sa main et ‘Ali dit que lui-même et d’autres compagnons s’étaient mis derrière lui pour se sentir protégés.

Parmi les gens accourus auprès du Prophète (BP sur lui), il y avait un homme appelé Chaïb fils de ‘Othmân ibn Talha qui avait caché dans sa poitrine un poignard pour le tuer. Au moment où il voulut exécuter son crime, le Messager (BP sur lui) se tourna vers lui et lui dit : “ Ô Chaïb, je désire le bien pour toi et tu désires le mal pour toi-même.” L’homme se troubla et le Prophète lui dit de demander pardon à Allah. Chaïb racontait et disait : “A l’instant j’ai senti mon cœur s’emplir d’amour pour lui et j’ai dit “J’atteste qu’il n’y a pas d’autre Dieu que Allah et que tu es Son messager.” Le Prophète lui demanda : “Tu vas me défendre ?” Il dit : “Oui.” Ensuite, il commença à se battre bravement.

Les Anges descendirent pour consolider les Compagnons et ces versets furent révélés. –Ils peuvent être traduits par - : “ Allah vous a déjà secourus en maints endroits. Et [rappelez-vous] le jour de Hunayn, quand vous étiez fiers de votre grand nombre et que cela ne vous a servi à rien. La terre, malgré son étendue vous devint bien étroite; puis vous avez tourné le dos en fuyards. Puis, Allah fit descendre Sa quiétude [Sa "sakîna"] sur Son messager et sur les croyants. Il fit descendre des troupes (Anges) que vous ne voyiez pas, et châtia ceux qui ont mécru. Telle est la rétribution des mécréants. " (TSC, At-Tawba (LE DESAVEU ou LE REPENTIR) : 25,26).

Les Musulmans triomphèrent de Hawâzin et prirent un butin jamais égalé auparavant. Le Prophète (BP sur lui) commença à le distribuer très généreusement aux nouveaux convertis et à Abou Soufiâne qui n’arrivait pas à porter seul sa part. Il demanda que quelqu’un vienne l’aider, mais le Messager (BP sur lui) refusa lui disant de la porter seul puisque c’était lui qui l’avait voulue. Une leçon de modération pour tout le monde.

Les Ançar qui n’avaient rien reçu se tenaient de côté, dépités. Ils pensèrent que le Messager d’Allah (BP sur lui) les avait oubliés en retrouvant sa famille. Leur chef Sa‘d s’en alla dire au Prophète (BP sur lui) : “Les Ançâr disent que tu as retrouvé ta famille et les a oubliés.” Il lui répondit : “Et que dis-tu toi ?” Sa‘d dit : “ Je dis comme les miens.” Il lui dit : “Réunis pour moi les Ançar et uniquement Abou Bakr avec eux.” Ensuite le Messager (BP sur lui) leur dit : “Ô vous les Ançâr, j’ai su que vous avez dit, le Messager d’Allah (BP sur lui) a retrouvé sa famille.” Ils répondirent : “Oui, ô Messager d’Allah, nous avons dit cela.” Il reprit : “ Ô vous les Ançâr, est-ce que je ne suis pas venu vers vous quand vous étiez égarés et Allah vous a guidés, est-ce que je ne suis pas venu vers vous quand vous étiez ennemis et Allah a uni vos cœurs, est-ce que je ne suis pas venu vers vous quand vous étiez pauvres et Allah vous a enrichis ? ” Ils répondirent : “Toute la grâce provient d’ Allah et de Son messager.” Le Messager (BP sur lui) dit : “ Ô vous les Ançâr, si vous voulez vous pouvez me répondre.” Ils dirent : “Et que répondrons-nous, ô Messager d’Allah ?” Il leur dit : “Vous dites, tu nous es venu pauvre et Allah t’a enrichi, tu nous es venu chassé et nous t’avons abrité, tu nous es venu démenti et nous t’avons cru, tu nous es venu agressé et nous t’avons consolé.” Les Ançâr baissèrent la tête et dirent : “Toute la grâce provient d’Allah et de Son messager.” Le Messager leur dit : “Vous avez du ressentiment dans vos cœurs à cause de quelques miettes de ce monde avec lesquelles j’ai attiré des cœurs nouvellement venus à l’Islam et je vous ai abandonnés à votre foi? Ne serez-vous pas satisfaits de voir les gens rentrer chez eux avec les chameaux et les brebis et de retourner vous-mêmes avec le Messager d’Allah (BP sur lui) ? Par Allah, si tous les gens suivent un chemin et que les Ançâr en suivent un autre, je prendrai celui des Ançar. Ô Allah, aie pitié des Ançâr, des fils des Ançâr et des petits-fils des Ançâr. ” Les hommes présents pleurèrent, mouillèrent leurs barbes de larmes et dirent : “Nous sommes satisfaits d’avoir le Messager d’Allah (BP sur lui) comme part et destin.” Effectivement il est retourné chez eux pour l’éternité et pour faire de Médine la ville la plus prestigieuse du monde.

Je demande aux gens présents, aimeriez-vous avoir les biens de ce monde ou avoir le Messager d’Allah (BP sur lui). Nous sommes dans la même situation et le choix à faire est toujours là.

A la fin de la bataille de Hounaïn, le Messager avait demandé des nouvelles de Khaled. Il sut qu’il avait de la fièvre à cause de ses blessures. Il s’en alla près de lui et se mit à souffler dans ses mains et à les passer sur les blessures en lui disant : “Lève-toi, épée de parmi celles d’Allah.” Khaled dit, je fus tout de suite guéri.

Voyez-vous comment ces gens aimaient le Prophète (BP sur lui). L’aimez-vous de la même façon ? Le verset nous dit - ce qui peut être traduit par - : “ Et sachez que le Messager d'Allah est parmi vous. (TSC, Al-Houjourât (LES APPARTEMENTS) : 7). Comment serait-il parmi nous? Il l’est par son amour et ses invocations pour nous, sa haute morale laissée en exemple et l’énorme trésor de la sira. Le verset nous dit –ce qui peut être traduit par - : “ Certes, un Messager pris parmi vous, est venu à vous, auquel pèsent lourd les difficultés que vous subissez, qui est plein de sollicitude pour vous, qui est compatissant et miséricordieux envers les croyants. " (TSC, At-Tawba (LE DESAVEU ou LE REPENTIR) : 128).

A la fin de l’an 8 de l’Hégire, le Messager est retourné à Médine où des délégations venaient de partout déclarer leur entrée en Islam. Le Messager (BP sur lui) avait patienté et communiqué son message sans traîtrise ni louvoiement et le verset vint lui dire –ce qui peut être traduit par - : “Lorsque vient le secours d'Allah ainsi que la victoire, et que tu vois les gens entrer en foule dans la religion d'Allah, alors, par la louange, célèbre la gloire de ton Seigneur et implore Son pardon. Car c'est Lui le grand Accueillant au repentir. " (TSC, An-Nasr (LE SECOURS) : 1,2,3).

Le Message avait été complété pour être remis aux générations suivantes. Est-ce qu’au Jour de la Résurrection lorsque nous serons devant le Messager et que Allah nous demandera si le Message nous est parvenu, pourrons-nous répondre : “Nous témoignons, ô Messager d’Allah que tu as communiqué le Message, remis ce que tu avais comme dépôt et conseillé la Umma. » ?

L’expédition de Taboûk :

En l’an 9 de l’Hégire, le Messager (BP sur lui) mena la dernière bataille de Taboûk à mille kilomètres de Médine sur les frontières de la Syrie. Il avait appris de son service de renseignement que les Byzantins et les Ghassanides se préparaient à lui faire la guerre. Comme il avait un esprit d’entreprise, il donna l’ordre de s’apprêter pour partir vers Mou’ta et de le communiquer à toutes les tribus qui avaient embrassé l’Islam. Il n’y eut pas d’incidents dans cette bataille, mais pourquoi a-t-elle eu lieu ? Pour être une ligne tranchante dans la vie de chaque Compagnon et lui faire savoir s’il était prêt à tout sacrifier pour le Message. Cette bataille fut une épreuve des plus dures, chacun devait savoir s’il y avait réussi et elle sera également une leçon pour nous. Allah a révélé toute une sourate appelée At-Tawba (Le Repentir) pour montrer ceux qui vivent pour le Message et les autres. La bataille de Taboûk posait cette question : Allez-vous vivre pour le Message après le Prophète (BP sur lui) et l’épisode de ce soir pose celle-là : Allez-vous vivre pour votre message après Ramadan ?”

Taboûk n’a pas été une bataille militaire mais une bataille à l’intérieur de chacun avec lui même. Elle a été une dure épreuve. Il fallait parcourir mille kilomètres au mois d’Août en plein désert. Les fruits à Médine avaient mûri sur les arbres et le temps de la récolte était là mais il fallait partir, ce qui signifiait qu’ils n’auraient pas beaucoup de provisions avec eux. Il n’y avait qu’une bête à monter pour trois personnes. Le Messager (BP sur lui) avait même dit que chacun devait prendre deux paires de semelles parce que la marche serait longue. La bataille reçut également le nom de Al-‘Ussra (la difficulté) parce qu’elle l’était effectivement.

Je vous pose la même question : Est-ce que chacun reprendra ses bonnes habitudes et vivra pour lui-même après Ramadan ? La bataille témoigne pour nous au Jour de la Résurrection comme elle le fera pour les Compagnons.

Trente mille personnes avaient accepté de partir avec le Messager (BP sur lui) à la bataille de Taboûk. Je me demande combien d’entre vous se dévoueront après Ramadan pour la renaissance de la Umma.

La bataille avait eu également un autre bénéfice, celui d’avoir permis aux Compagnons de vivre très près du Messager (BP sur lui) pendant cinquante jours pour pouvoir nous transmettre sa tradition.

Après l’offre généreuse de Othman, les autres compagnons ont fait des donations en vue d’Allah dans le but d’équiper l’armée au point qu’Abou Bakr a tout donné sans réserve et jusqu’à la dernière pièce. Même les pauvres ont apporté de l’orge, quelques dattes, etc. en guise de ravitaillement. Les hypocrites disaient des riches qu’ils faisaient la parade avec leur argent et des pauvres, que leurs additions sont sans importance. Allah (exalté soit-Il) dit à ce propos –ce qui peut être traduit comme : " Ceux-là qui dirigent leurs calomnies contre les croyants qui font des aumônes volontaires et contre ceux qui ne trouvent que leurs faibles moyens (à offrir), et ils se moquent alors d'eux. Qu'Allah les raille. Et ils auront un châtiment douloureux. " (TSC, At-Tawba (LE DESAVEU ou LE REPENTIR) : 79).

L’armée étant prête, le Prophète (BP sur lui) ordonna le départ et dit à Ali de rester à Médine. Les hypocrites ont aussi jasé à ce propos en disant que le Prophète (BP sur lui) avait soustrait Ali de l’accompagner parce qu’il le trouvait lourd à supporter ; alors que Ali lui était pareil à Haroun (Aaron) pour Moussa (Moïse) selon l’affirmation même du Messager. Les Romains, ayant appris la marche de l’armée musulmane, ont eu peur et leurs troupes ont régressé. Pourquoi donc continuer à avancer ? Djibril (Gabriel) l’a ainsi commandé pour distinguer les hypocrites des véridiques. Allah (exalté soit-Il) dit -ce qui peut être traduit comme : "Ceux qui ont été laissés à l'arrière se sont réjouis de pouvoir rester chez eux à l'arrière du Messager d'Allah, ils ont répugné à lutter par leurs biens et leurs personnes dans le sentier d'Allah, et ont dit: "Ne partez pas au combat pendant cette chaleur!" Dis: "Le feu de l'Enfer est plus intense en chaleur." - S'ils comprenaient! Qu'ils rient un peu et qu'ils pleurent beaucoup en récompense de ce qu'ils se sont acquis. " (TSC, At-Tawba (LE DESAVEU ou LE REPENTIR) : 81-82)

Un hypocrite appelé Jibd Ibn Qaïs est venu s’excuser auprès du Prophète (BP sur lui) sous prétexte qu’il avait peur d’être séduit par les romaines. Un verset annonce que cette personne était déjà séduite avant d’emprunter les sentiers du Djihâd. Allah (exalté soit-Il) dit -ce qui peut être traduit comme : " Dis: "Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables, vous sont plus chers qu'Allah, Son messager et la lutte dans le sentier d'Allah, alors attendez qu'Allah fasse venir Son ordre. Et Allah ne guide pas les gens pervers". (TSC, At-Tawba (LE DESAVEU ou LE REPENTIR) : 24). Notre décadence durant le siècle dernier n’a d’autres raisons que celles contenues dans ce verset. Qu’est-ce qui en résulte: faiblesse, avilissement, problèmes sociaux et la liste est longue. Un appel dans le noble Coran a été lancé : Allah (exalté soit-Il) dit -ce qui peut être traduit comme : " O vous qui croyez! Qu'avez-vous? Lorsque l'on vous a dit: "Elancez-vous dans le sentier d'Allah" vous vous êtes appesantis sur la terre. La vie présente vous agrée-t-elle plus que l'au-delà? - Or, la jouissance de la vie présente ne sera que peu de chose, comparée à l'au-delà! 39- Si vous ne vous lancez pas au combat, Il vous châtiera d'un châtiment douloureux et vous remplacera par un autre peuple. Vous ne Lui nuirez en rien. Et Allah est Omnipotent. " (TSC, At-Tawba (LE DESAVEU ou LE REPENTIR) : 38-39).

« Élancez-vous dans le sentier d’Allah » n’est pas à comprendre dans le sens de faire la guerre seulement mais aussi de réformer et de porter le flambeau du message en toute circonstance. Ces paroles divines sont descendues une année avant la mort du Prophète (BP sur lui).

L’armée est arrivée à Taboûk mais il n’y aura pas de guerre. Le Prophète (BP sur lui) ordonna à Khaled Ibn Al-Walid d’aller chez un nommé Okaybal, qui était chef d’une tribu voisine aux Romains. Il est allé à sa rencontre à la tête de 400 cavaliers. Durant la période d’attente, des vaches sauvages sont venues se frotter contre les murailles des remparts. Okaybal qui était un fanatique de chasse est sorti pour les attraper malgré le campement des musulmans devant sa ville. Ainsi fut la rencontre entre Khaled Ibn Al-Walid, attendant depuis trois jours devant les remparts de la ville et Okaybal, que la convoitise et l’amour de la chasse a mené devant Khaled Ibn Al-Walid. Okaybal a signé un acte de paix avec le Prophète (BP sur lui) soulignant de ne pas livrer la guerre au Messager. En guise de cadeau, Okaybal a offert sa magnifique cape en soie et en or au Prophète (BP sur lui) alors que pour le Messager d’Allah, le paradis est mille fois mieux.

L’armée a rebroussé chemin, et en cours de route AbdAllah Dhou Al-Bijadhayn a demandé au Prophète de prier pour lui pour qu’il meure en martyr. Le Prophète (BP sur lui) a expliqué à AbdAllah que mourir en martyr ne signifiait pas forcément mourir au combat : savez-vous qu’un étudiant, en allant à l’université et cherchant l’agrément d’Allah, et qui meurt en cours de route a le même mérite qu’un martyr ?

AbdAllah Ibn Mas’oud rapportait qu’en une nuit froide et obscure, il a entendu le bruit de quelqu’un qui creusait en dehors de la tente. Il a vu Abou Bakr et ‘Omar tenir une lampe au Prophète (BP sur lui) qui creusait effectivement la terre. AbdAllah Ibn Mas’oud s’indigna de l’attitude de Abou Bakr et de ‘Omar laissant le Messager (BP sur lui) creuser par lui même. Le Prophète lui apprit que AbdAllah Dhou Al-Bijadhayn avait succombé à une fièvre. Le Messager d’Allah a voulu lui creuser sa tombe en personne, de sa propre main. En plus, il s’est étendu dedans pour que la tombe soit une partie du paradis. Ensuite, il a serré bien fort le corps contre lui en pleurant puis l’a reposé dans sa tombe et recouvert de terre en répétant qu’il était satisfait de lui. Le Prophète (BP sur lui) était très tendre comme vous pouvez le remarquer.

L’armée était donc de retour à Médine. Les hypocrites se sont pressés pour présenter leurs mièvres excuses auprès du Prophète (BP sur lui). Aussi, Kâ’b Ibn Malek, un compagnon qui avait renoncé au champ d’honneur sans pour autant être hypocrite parce qu’il avait participé à plusieurs conquêtes de l’Islam auparavant. La raison pour laquelle il n’a pas pu regagner l’armée était qu’il ajournait chaque jour les préparatifs jusqu’à ce que l’armée commençât sa marche en le laissant derrière. Même pour les rattraper, il a eu le même état de paresse. En sillonnant les rues de Médine, il ne trouva que les personnes incapables de partir en guerre (pour des raisons physiques) ou des hypocrites ou des enfants, ou des hommes qui, à l’instar de Ali, ont eu une charge à accomplir. Il a donc commencé à forger un mensonge pour éviter la colère du Prophète (BP sur lui). Son tour étant venu pour parler au Prophète dans la mosquée, après tant d’autres qui ont présenté des prétextes, il a décidé de dire la vérité comme l’ont fait deux autres hommes qui avaient participés à la bataille de Badr. Le Prophète (BP sur lui) a ordonné que l’on n’adresse pas la parole à ces trois personnes durant 50 jours, délai égal à celui de la marche de l’armée. Ils furent les plus longs jours de leur vie. Allah (exalté soit-Il) dit -ce qui peut être traduit comme : " Et [Il accueillit le repentir] des trois qui étaient restés à l'arrière si bien que, toute vaste qu'elle fût, la terre leur paraissait exiguë; ils se sentaient à l'étroit, dans leur propre personne et ils pensaient qu'il n'y avait d'autre refuge d'Allah qu'auprès de Lui. Puis Il agréa leur repentir pour qu'ils reviennent [à Lui], car Allah est l'accueillant au repentir, le Miséricordieux. " (TSC, At-Tawba (LE DESAVEU ou LE REPENTIR) : 118).

Imaginez le Prophète (BP sur lui) en colère contre une personne parce que cette dernière a renoncé à suivre son chemin. Sa colère résonne et fait mal dans l’âme du croyant. Kâ’b en fut tellement secoué au point d’aller demander à son cousin de le rassurer s’il aime Allah et son Messager, mais en vain parce qu’il n’a pas eu de réponse. Un messager des Ghassanides est venu le voir apportant une invitation de la part de leur roi pour les rejoindre puisque le Messager (BP sur lui) l’avait négligé. Kâ’b fut humilié de cette invitation puisque les musulmans ne lui parlaient plus au point qu’il attirait la convoitise des ennemis de l’Islam et il brûla le message. Au quarantième jour, Hillel, un messager de la part du Prophète (BP sur lui), est venu lui annoncer de ne plus approcher sa femme. Il la congédia alors chez ses parents. Sa femme rapportait qu’il ne faisait rien de sa journée que de pleurer amèrement.

Saurez-vous rester sur le bon chemin après le Ramadan ? Qu’avez-vous apporté à l’Islam ? Combien d’années vous êtes vous détournés du Prophète (BP sur lui) pour calculer combien d’années il ne vous regardera pas en face ? Après ces cinquante jours, les versets achevant la sourate du repentir sont descendus –ce qui peut être traduit comme suit : " Allah a accueilli le repentir du Prophète, celui des Emigrés et des Auxiliaires qui l'ont suivi à un moment difficile, après que les cœurs d'un groupe d'entre eux étaient sur le point de dévier. Puis Il accueillit leur repentir car Il est Compatissant et Miséricordieux à leur égard. 118- Et [Il accueillit le repentir] des trois qui étaient restés à l'arrière si bien que, toute vaste qu'elle fût, la terre leur paraissait exiguë; ils se sentaient à l'étroit, dans leur propre personne et ils pensaient qu'il n'y avait d'autre refuge d'Allah qu'auprès de Lui. Puis Il agréa leur repentir pour qu'ils reviennent [à Lui], car Allah est l'accueillant au repentir, le Miséricordieux. 119- O vous qui croyez! Craignez Allah et soyez avec les véridiques. " (TSC, At-Tawba (LE DESAVEU ou LE REPENTIR) : 117 - 118).

Il ne s’agit pas du repentir de la fornication ou de la consommation du vin mais le repentir de ne pas suivre le chemin du Prophète (BP sur lui). Allah a accepté leur repentir et le Messager (BP sur lui) en récitant ces versets dans sa Salât a manifesté sa joie dans sa voix. N’est-ce pas un exemple d’amour pur bien qu’il ne leur adressa pas la parole durant 50 jours entiers ? Après la Salât, le Prophète a affirmé qu’Allah a accueilli le repentir de Kâ’b Ibn Malek ; c’est alors que les musulmans, tout contents, sont allés avertir et féliciter les trois personnes. Kâ’b est allé donc voir le Prophète qui fut content de sa visite et l’invita à entrer chez lui parce qu’il lui apporte la bonne nouvelle qu’Allah est satisfait de lui. Souvenez-vous que le plus beau jour de la vie d’un être humain n’est pas à la naissance d’un enfant, ou suite à une promotion au travail mais bel et bien le jour où Allah accueille son repentir.

Ka’b a avoué que seule la vérité a pu le sauver et a fait serment de ne pas mentir tant qu’il vivra. Allah (exalté soit-Il) dit à propos des hypocrites -ce qui peut être traduit comme : " Et s'ils avaient voulu partir (au combat), ils lui auraient fait des préparatifs. Mais leur départ répugna à Allah; Il les a rendus paresseux. Et il leur fut dit: "Restez avec ceux qui restent". " (TSC, At-Tawba (LE DESAVEU ou LE REPENTIR) : 46).

Conclusion :

De quel genre es-tu ? Es-tu de ceux qui portent le message et le propagent ? Ou de ceux qui vont se repentir et chercher comment faire pour servir l’Islam ? Ou de ceux qu’Allah a rendus paresseux pour les laisser avec ceux qui restent ? Il y aura toujours des trois catégories. Mettez-vous donc en tête de vivre pour le message après le Ramadan : réformer la terre et faire quelque chose pour l’Islam.
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Georges
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Re : Episode 27 : L’expédition de Taboûk

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Là où l' islam passe, la civilisation trépasse. :)

Adieu la musique, la danse, la sculpture, la philosophie, la poésie.

Bonjour les superstitions, les contes à dormir debout, les djinns,
la femme traitée comme une bête, l' ignorance, le fatalisme, la violence,
le fanatisme.
"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928

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