Exegete scientifique du Coran
- Curtis
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UN “ PÈLERINAGE ” QUI TOURNE À LA GUERRE SAINTE
Dans ce but, il a, tel Abraham, « quitté sa tente » et « posté les fidèles pour le combat » (III 121).
Si l’on récuse la légende musulmane postérieure, pour s’en tenir au texte du Coran rapporté aux données attestées par l’histoire positive, une hypothèse s’impose : chef de l’expédition sarrasine qui se joignit à la coalition judéo-perse de 614, l’auteur a, tel Josué, conduit les enfants d’Ismaël à la conquête du « Pays » (II 11, 168), jusqu’aux « portes du Dieu » (II 158, 189), dénomination désignant respectivement le mont Scopus, éminence sise au nord de Jérusalem, d’où l’on découvre la Ville sainte comme d’un observatoire, d’une part, et une localité de la montagne de Juda, d’autre part. Ils ont « déferlé d’Arabie » (II 198), sont entrés dans Jérusalem (II 208). Tel un nouveau David, l’auteur, d’abord victorieux, fit obstacle au désir de domination universelle, tant des juifs que des chrétiens (III 151-152), non sans renouer cependant avec la grande politique théocratique d’Isaïe et avec son universalisme, mais pour asservir le monde aux enfants d’Ismaël.
Le premier élan de cette conquête victorieuse fut brisé et se transforma en un véritable « calvaire » (qarhun ; III 140, 172), du fait d’embûches tendues, de trahisons fomentées par la perfidie de faux frères, les enfants d’Israël. De plus, des murmures se sont élevés dans les rangs des enfants d’Ismaël eux-mêmes.
Finalement, ceux-ci ont été « dispersés » (III 123), et « expulsés » (III 195).
C’est alors que l’auteur, loin de renoncer à son grand dessein, a rédigé la sourate III pour raffermir le courage des « hésitants » par cette « Écriture », tirant de l’échec même une promesse de « restauration », de « retour » définitif, à la manière de Jésus faisant toujours suivre l’annonce de sa Passion et de sa mort, de celle de sa résurrection ; ou encore à la manière de saint Paul tirant toute sa force de sa « faiblesse » même.
Cette première étape historique, située entre les années 614 et 638, se déroule entre la défaite et la victoire d’un parti d’arabes dont l’auteur du Coran paraît bien avoir été l’oracle et le chef. La suite nous en apprendra davantage.
Il nous est pourtant permis de tirer une première conclusion de l’abondance des emprunts faits à la Bible par l’auteur. Ils nous conduisent à considérer ce dernier, non pas comme le bénéficiaire d’une hypothétique révélation particulière, mais comme un « frère séparé » vivant encore de la sève première qui monte du tronc vigoureux de la religion mère. Car il n’existe au monde qu’un Livre qui puisse être considéré sans démission de l’esprit comme révélation divine, c’est la Bible, témoin d’événements inouïs sur lesquels se fonde à bon droit la foi d’innombrables chrétiens.
Georges de Nantes écrivait, dans l’article-programme cité en commençant, une vérité dont l’auteur du Coran nous paraît lui-même pénétré :
« Dans une langue rudimentaire, où se manifeste la faiblesse incroyable des hommes inspirés, la pauvreté primitive des témoins, paraît l’inoubliable révélation de la Geste et de la Parole du Dieu des juifs et des chrétiens. Qui la refuse encore se trouve devant un ensemble, unique dans l’histoire, d’événements sans explication d’ordre naturel suffisante et de profondes vérités religieuses sans source antérieure ou extérieure connue. Il faut donc bien reconnaître là une antériorité vénérable au peuple juif qui reçut la révélation ; il faut aussi que la civilisation qui est nôtre, fondée sur cet héritage unique, garde un sentiment de juste fierté et n’abdique pas sa mission de chef de file. »
À cet égard, il est indiscutablement bon, il est même urgent de détruire la prétention à la suprématie religieuse et politique fondée par l’islam sur sa croyance à une révélation exclusivement et spécifiquement arabe. « C’est à une telle croyance que notre monde doit l’un de ses plus constants motifs de guerre inexpiable », observait encore l’abbé de Nantes, fixant l’objectif du « dialogue authentique entre chrétiens et musulmans », préconisé l’autre jour par Benoît XVI à Ankara :
« Faire rentrer l’islam dans la communauté des fidèles de la Bible, des fils d’Abraham, serait une œuvre magnifique [...]. Quand donc tous les petits enfants du monde apprendront-ils les magnifiques histoires d’Abraham, de Moïse et d’Élie ! Alors, ce patrimoine commun à l’humanité aidera la communauté d’une même civilisation spirituelle. »
(A Suivre)
Dans ce but, il a, tel Abraham, « quitté sa tente » et « posté les fidèles pour le combat » (III 121).
Si l’on récuse la légende musulmane postérieure, pour s’en tenir au texte du Coran rapporté aux données attestées par l’histoire positive, une hypothèse s’impose : chef de l’expédition sarrasine qui se joignit à la coalition judéo-perse de 614, l’auteur a, tel Josué, conduit les enfants d’Ismaël à la conquête du « Pays » (II 11, 168), jusqu’aux « portes du Dieu » (II 158, 189), dénomination désignant respectivement le mont Scopus, éminence sise au nord de Jérusalem, d’où l’on découvre la Ville sainte comme d’un observatoire, d’une part, et une localité de la montagne de Juda, d’autre part. Ils ont « déferlé d’Arabie » (II 198), sont entrés dans Jérusalem (II 208). Tel un nouveau David, l’auteur, d’abord victorieux, fit obstacle au désir de domination universelle, tant des juifs que des chrétiens (III 151-152), non sans renouer cependant avec la grande politique théocratique d’Isaïe et avec son universalisme, mais pour asservir le monde aux enfants d’Ismaël.
Le premier élan de cette conquête victorieuse fut brisé et se transforma en un véritable « calvaire » (qarhun ; III 140, 172), du fait d’embûches tendues, de trahisons fomentées par la perfidie de faux frères, les enfants d’Israël. De plus, des murmures se sont élevés dans les rangs des enfants d’Ismaël eux-mêmes.
Finalement, ceux-ci ont été « dispersés » (III 123), et « expulsés » (III 195).
C’est alors que l’auteur, loin de renoncer à son grand dessein, a rédigé la sourate III pour raffermir le courage des « hésitants » par cette « Écriture », tirant de l’échec même une promesse de « restauration », de « retour » définitif, à la manière de Jésus faisant toujours suivre l’annonce de sa Passion et de sa mort, de celle de sa résurrection ; ou encore à la manière de saint Paul tirant toute sa force de sa « faiblesse » même.
Cette première étape historique, située entre les années 614 et 638, se déroule entre la défaite et la victoire d’un parti d’arabes dont l’auteur du Coran paraît bien avoir été l’oracle et le chef. La suite nous en apprendra davantage.
Il nous est pourtant permis de tirer une première conclusion de l’abondance des emprunts faits à la Bible par l’auteur. Ils nous conduisent à considérer ce dernier, non pas comme le bénéficiaire d’une hypothétique révélation particulière, mais comme un « frère séparé » vivant encore de la sève première qui monte du tronc vigoureux de la religion mère. Car il n’existe au monde qu’un Livre qui puisse être considéré sans démission de l’esprit comme révélation divine, c’est la Bible, témoin d’événements inouïs sur lesquels se fonde à bon droit la foi d’innombrables chrétiens.
Georges de Nantes écrivait, dans l’article-programme cité en commençant, une vérité dont l’auteur du Coran nous paraît lui-même pénétré :
« Dans une langue rudimentaire, où se manifeste la faiblesse incroyable des hommes inspirés, la pauvreté primitive des témoins, paraît l’inoubliable révélation de la Geste et de la Parole du Dieu des juifs et des chrétiens. Qui la refuse encore se trouve devant un ensemble, unique dans l’histoire, d’événements sans explication d’ordre naturel suffisante et de profondes vérités religieuses sans source antérieure ou extérieure connue. Il faut donc bien reconnaître là une antériorité vénérable au peuple juif qui reçut la révélation ; il faut aussi que la civilisation qui est nôtre, fondée sur cet héritage unique, garde un sentiment de juste fierté et n’abdique pas sa mission de chef de file. »
À cet égard, il est indiscutablement bon, il est même urgent de détruire la prétention à la suprématie religieuse et politique fondée par l’islam sur sa croyance à une révélation exclusivement et spécifiquement arabe. « C’est à une telle croyance que notre monde doit l’un de ses plus constants motifs de guerre inexpiable », observait encore l’abbé de Nantes, fixant l’objectif du « dialogue authentique entre chrétiens et musulmans », préconisé l’autre jour par Benoît XVI à Ankara :
« Faire rentrer l’islam dans la communauté des fidèles de la Bible, des fils d’Abraham, serait une œuvre magnifique [...]. Quand donc tous les petits enfants du monde apprendront-ils les magnifiques histoires d’Abraham, de Moïse et d’Élie ! Alors, ce patrimoine commun à l’humanité aidera la communauté d’une même civilisation spirituelle. »
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syphax
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Je pense que l'auteur se trompe sur ce point. Voici un verset où La Mecque est citée:Curtis a écrit :Par exemple, La Mekke n’est jamais mentionnée dans le Coran. Ce document ne fournit donc aucune attestation de l’existence de cette cité avant l’islam. En désespoir de cause, les orientalistes modifient le mot de bakka, présent une seule fois dans le texte (III 96), en makka. Mais le texte porte seulement : « Oui, la première Maison (bayt ) qui a donné la vie aux hommes est celle de Bakka, bénédiction et voie pour les siècles. »
Les commentateurs traditionnels identifient la « Maison » (bayt ), ici mentionnée, avec l’édifice situé actuellement dans la cour de la grande mosquée de La Mekke, appelée Ka‘ba. Mais le mot arabe bayt est transposé de l’hébreu bayit, qui signifie « maison », et plus encore : « Temple ». Or, il est employé pour la première fois dans la sourate II où il désigne « le Lieu d’Abraham » (II 125), autrement dit : le Temple de Jérusalem dont une tradition constante place la construction sur le mont Moriyya, lieu du sacrifice d’Isaac. Le verset 127 en annonce la restauration : « Alors, Abraham rétablira les assises du Temple (’al-qawâ‘ida mina l-bayti ) avec Ismaël. » Promesse défigurée plus tard par la légende élaborée par la Tradition musulmane substituant au Temple de Jérusalem le “ Temple de La Mekke ”, lieu de pèlerinage actuel des musulmans en Arabie Saoudite, à l’intérieur du Hedjaz. Mais le nom même de Bakka inchangé, inchangeable, incontournable, nous ramène inexorablement à Jérusalem.
Le « val de Bâkâ », au nord de la vallée de Hinnom, était la dernière étape du pèlerinage à Jérusalem, située à l’ouest de la ville, au carrefour des routes venant du nord, de l’ouest et du sud (Ps 84, 7).
- Sourate 48 ( AL FATH) Verset 24 :
وَهُوَ الَّذِي كَفَّ أَيْدِيَهُمْ عَنكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ عَنْهُم بِبَطْنِ مَكَّةَ مِن بَعْدِ أَنْ أَظْفَرَكُمْ عَلَيْهِمْ وَكَانَ اللَّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ بَصِيرًا
C'est Lui qui, dans la vallée de la Mecque, a écarté leurs mains de vous, de même qu'Il a écarté vos mains d'eux, après vous avoir fait triompher sur eux. Et Allah voit parfaitement ce que vous oeuvrez.
Curtis, as-tu une réponse? sinon c'est toute une partie d'un raisonnement qui tombe à l'eau.
Peut-on écrire au frère Bruno de Jésus?
- Curtis
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Re : Exegete scientifique du Coran
Bonjour à tous
Amicalement.
PS pour les admins: il m'est impossible d'accéder à la dernière page d'un sujet, je suis obligé de cliquer sur "poster une réponse" pour voir les derniers messages.
Je ne sais pas, Frère Bruno a traduit le coran en entier. Les différents tomes qu'il a sorti ne sont que des exégètes des premières sourates. Il est probable que "la Mecque" du verset 24 sourate 48 soit une modification du texte original en arabe pur.Syphax a écrit :Je pense que l'auteur se trompe sur ce point. Voici un verset où La Mecque est citée:
- Sourate 48 ( AL FATH) Verset 24 :
وَهُوَ الَّذِي كَفَّ أَيْدِيَهُمْ عَنكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ عَنْهُم بِبَطْنِ مَكَّةَ مِن بَعْدِ أَنْ أَظْفَرَكُمْ عَلَيْهِمْ وَكَانَ اللَّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ بَصِيرًا
C'est Lui qui, dans la vallée de la Mecque, a écarté leurs mains de vous, de même qu'Il a écarté vos mains d'eux, après vous avoir fait triompher sur eux. Et Allah voit parfaitement ce que vous oeuvrez.
Curtis, as-tu une réponse? sinon c'est toute une partie d'un raisonnement qui tombe à l'eau.
Je pense qu'il faut passer par la maison d'édition.Syphax a écrit :Peut-on écrire au frère Bruno de Jésus?
Amicalement.
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Re : Exegete scientifique du Coran
Entretien avec Edouard-Marie Gallez sur les origines de l’Islam
jeudi 23 novembre 2006.
Q; La question des origines de l’islam est une question tabou. Aussi curieux que cela puisse paraître, les chercheurs occidentaux, même marxistes ou athées, s’en sont tenus souvent à la légende musulmane d’un Mahomet, qui, partant de Jérusalem, est monté au ciel. Edouard-Marie Gallez vient de soutenir une longue thèse (1000 pages) où il fait le point de tout ce que la recherche vraiment scientifique sait des origines de l’Islam mais aussi sur les textes de la mer Morte (Le Messie et son prophète. Aux origines de l’Islam, 2 tomes, éditions de Paris, 2005, tome 1 : De Qumrân à Muhammad, 524 pages/tome 2 : du Muhammad des Califes au Muhammad de l’histoire, 582 pages). Il propose, après plusieurs grands chercheurs, d’explorer de manière systématique la piste de l’origine judéo-chrétienne de l’Islam. De recoupements en découvertes, on peut dire que son travail s’impose à la considération de toute la communauté scientifique.
Plusieurs chercheurs évoquent les origines judéo-chrétiennes de l’islam...
R; La qualification de « judéo-chrétienne » pour cette « secte » est abusive : il faudrait parler d’une « secte ex-judéo-chrétienne », car c’est dans un contexte de rupture que se situe son rapport avec le judéo-christianisme originel. J’ai tenté de décrire le mieux possible cette secte, qui, depuis des siècles, axait sa vision du monde et du salut sur le retour du Messie ; les textes trouvés dans les grottes de la mer Morte contribuent fortement à cette compréhension. Il s’agissait d’un retour matériel, d’un avènement politique du Messie, non d’une Venue dans la gloire comme la foi chrétienne l’enseigne...
Q; Nous allons revenir tout à l’heure sur cette secte apocalyptique, à laquelle votre travail confère, patiemment, sa véritable physionomie, pour mieux éclairer l’origine de l’Islam. Mais quel est le but de celui que nous appelons Mahomet, déformation de l’arabe Muhammad en passant par le turc ? Est-il vraiment conscient de fonder une religion ?
R; Pour cela, il aurait fallu qu’une religion nouvelle ait été fondée ! La question de l’Hégire permet d’entrevoir immédiatement ce qui s’est passé. L’Hégire ou Émigration à l’oasis de Yathrib situé en plein désert est un événement très significatif de la vie du Mahomet historique. On sait que, très rapidement, cette année-là - 622 semble-t-il - a été tenue pour l’an 1 du calendrier du groupe formé autour de Mahomet (ou plutôt du groupe dont il était lui-même un membre). Or, la fondation d’un nouveau calendrier absolu ne s’explique jamais que par la conscience de commencer une Ère Nouvelle, et cela dans le cadre d’une vision de l’Histoire. Quelle ère nouvelle ? D’après les explications musulmanes actuelles, cette année 1 se fonderait sur une défaite et une fuite de Mahomet, parti se réfugier loin de La Mecque. Mais comment une fuite peut-elle être sacralisée jusqu’à devenir la base de tout un édifice chronologique et religieux ? Cela n’a pas de sens. Si Mahomet est bien arrivé à Yathrib - qui sera renommé plus tard Médine - en 622, ce ne fut pas seulement avec une partie de la tribu des Qoréchites, mais avec ceux pour qui le repli au désert rappelait justement un glorieux passé et surtout la figure de la promesse divine. Alors, le puzzle des données apparemment incohérentes prend forme, ainsi que Michaël Cook et d’autres l’on entrevu. Le désert est le lieu où Dieu forme le peuple qui doit aller libérer la terre, au sens de ce verset : « Ô mon peuple, entrez dans la terre que Dieu vous a destinée » (Coran V, 21). Nous sommes ici dans la vision de l’histoire dont le modèle de base est constitué par le récit biblique de l’Exode, lorsque le petit reste d’Israël préparé par Dieu au désert est appelé à conquérir la terre, c’est-à-dire la Palestine selon la vision biblique. Telle est la vision qu’avaient ceux qui accompagnaient et en fait qui dirigeaient Mahomet et les autres Arabes vers Yathrib en 622. Et voilà pourquoi une année 1 y est décrétée : le salut est en marche. Dans l’oasis de Yathrib d’ailleurs, la plupart des sédentaires sont des « juifs » aux dires mêmes des traditions islamiques. Et pourtant les traditions rabbiniques ne les ont jamais reconnus comme des leurs : ces « juifs » et ceux qui y conduisirent leurs amis arabes sont en réalité ces “judéochrétiens” hérétiques, qui vous évoquiez à l’instant. Ils appartenaient à la secte de « nazaréens » dont on a déjà parlé à propos de la sourate 5, verset 82.
Q; Je ne saisis pas encore l’ampleur de cette question d’un judéo-christianisme sectaire ou hérétique à l’origine de l’islam. Les traditions musulmanes ne présentent pas du tout La Mecque comme une ville ayant abrité une communauté juive.
R; Effectivement. Ils n’en venaient justement pas, pour plusieurs raisons péremptoires dont la plus immédiate est qu’ils venaient d’ailleurs : de Syrie. Car c’est là qu’avant l’Hégire, s’était jouée “la première partie de la carrière de Mahomet”, comme l’écrit si joliment Patricia Crone, qui démontre également et surtout beaucoup d’autres choses concernant La Mecque. Mais pour nous en tenir à la Syrie, c’est bien là qu’ont commencé l’endoctrinement et l’enrôlement des premiers Arabes, au cours de la génération qui a précédé Mahomet, c’est-à-dire au temps de son enfance. On pourrait encore aller voir les lieux où Mahomet a vécu, ils sont connus des géographes modernes et même de certains anciens, comme par exemple le lieu-dit “caravansérail des Qoréchites”, c’est-à-dire rien de moins que la base arrière de sa tribu, adonnée au commerce caravanier - Mahomet lui-même participa à ces caravanes, dans sa jeunesse, ainsi que les traditions nous l’indiquent sans qu’il existe la moindre raison d’en douter. Et sur une carte toponymique (voir à la page 278 du volume deux de mon ouvrage), vous pouvez repérer d’autres noms de lieux très significatifs également puisqu’on les retrouve à La Mecque : ce même nom, La Mecque justement, se trouve en Syrie ; de même Kaaba, ou encore Abou Qoubays - qui est le nom de la montagne renommée jouxtant La Mecque en Arabie -...
Q; Est-ce que vous voulez dire qu’il y a eu plus tard un transfert vers La Mecque de ces appellations syriennes, dont le but aurait été d’occulter ce passé syrien et « juif » de la tribu de Mahomet, les Qoréchites ?
R; Oui, c’est bien ce qui est advenu plus tard ; Antoine Moussali avait déjà observé ce phénomène à propos du Coran, en parlant des manipulations subies par son texte et destinées elles aussi à effacer le passé.
Nous y reviendrons, mais restons-en à l’Hégire de 622 et à l’année 1 de l’entrée dans une ère qui, en toute logique, doit être nouvelle pour toute l’Humanité. Ce que la Bible appelle la « terre » et invite à conquérir, c’est seulement la Palestine. Quel rapport y a-t-il alors avec un programme de conquête qui viserait le monde entier ? Ce rapport tient précisément à l’idéologie des « nazaréens ». Ces derniers ne sont pas des « juifs » de l’Ancien Testament (qui auraient alors sept siècles de retard), mais d’ex-judéo-chrétiens bien de leur temps. Dans leur vision de l’Histoire, la reconquête de la Terre d’Israël est liée à la venue de l’Ère Nouvelle. Elle est une étape. Une étape indispensable au Salut. Régis Blachère a bien compris que cette « terre que Dieu vous a destinée » (S. V, 21) désigne la Palestine, et il en est ainsi 18 autres fois du mot « terre » dans le Coran. Et tel fut bien le but poursuivi par l’expédition des guerriers de Mahomet dès l’année 629, un fait connu des historiens mais habituellement passé sous silence dans les articles pour le grand public, alors qu’il s’agit de la seule donnée de la vie de Mahomet qui soit à la fois totalement sûre et bien datée. En cette année-là, à la tête de ses troupes, Mahomet est battu par les Byzantins (qui s’appelaient encore Romains) à l’est du Jourdain, à Mouta. C’est évidemment là qu’on l’attendait, puisque selon l’image biblique de la libération de la Terre, il faut nécessairement passer le Jourdain. C’est après sa mort c’est-à-dire seulement neuf ans plus tard que ‘Oumar entrera finalement dans Jérusalem, alors que le pays était déjà sous contrôle depuis quatre années - seule Jérusalem résistait encore. Pour tous ces gens, la prise de la Palestine et de la Ville apparaît alors comme le gage de la conquête du monde. Sophrone, le Patriarche de Jérusalem, l’avait bien compris puisqu’il écrivit en 634 déjà dans un sermon sur le baptême que les Arabes « se vantent de dominer le monde entier, en imitant leur chef continûment et sans retenue ». C’est une telle perspective, beaucoup plus large que celle de la seule Terre d’Israël, qui est exprimée dans la Sourate VII : « la terre appartient à Dieu, il en fait hériter qui il veut parmi ses créatures et le résultat appartient aux pieux » (v. 128).
Q; Comment des Arabes ont-ils été entraînés dans ce long effort de guerre ? On peut penser que l’appât du butin, dont parle par exemple le verset 20 de la sourate 48, ait constitué un motif, mais était-ce suffisant ? Comment pouvaient-ils entrer dans des visions religieuses de l’Histoire ?
R; Il s’agit au départ lorsque commence l’aventure de Mahomet, d’Arabes chrétiens - ils sont, vous ai-je dit, ces « associateurs » dont parle le texte coranique -, même s’ils sont baptisés depuis peu. Leur conversion au christianisme fut en particulier le fruit des efforts de l’Église jacobite qui va même aménager pour eux des lieux-églises en plein air. Un signe de cette conversion ? Au début du VIe siècle, les Qoréchites étaient encore connus pour être d’abominables pillards sévissant du côté de la Mésopotamie ; et voilà qu’à la fin de ce même VIe siècle, au temps de l’enfance de Mahomet, ce sont de pacifiques caravaniers, spécialistes du transport depuis la façade syrienne de la Méditerranée vers la Mésopotamie et l’Asie. Entre-temps, ils étaient devenus chrétiens, et c’est bien à des chrétiens que s’adressent les harangues de l’auteur des feuillets coraniques primitifs.
Q; Comme chrétiens, ils étaient donc déjà habitués à une certaine vision de l’Histoire...
R; Oui, ils avaient conscience que le Salut a une histoire, racontée dans la Bible. Avec la prédication protoislamique, ils découvrent qu’ils sont des fils d’Abraham selon les commentaires juifs du chapitre 25 de la Genèse. Il n’est même pas écrit dans la Bible qu’Ismaël est leur ancêtre ! René Dagorn a bien montré que cette légende des apocryphes juifs était inconnue ou, du moins, indifférente aux Arabes chrétiens de l’époque de Mahomet. Or c’est là-dessus que les « nazaréens » vont jouer. À la suite de Ray A. Pritz qui a formé le néologisme, appelons cette secte judéo-chrétienne autour de laquelle nous tournons, par la dénomination non équivoque de « judéo-nazaréens ». L’appellation simple de « nazaréens » porte à équivoque nous l’avons vu tout à l’heure puisque c’est d’abord la première appellation des chrétiens, vite abandonnée. Ces judéo-nazaréens sont habiles. Ils ont compris que sans l’aide d’Arabes, qui forment la réserve militaire d’appoint, autant pour l’Empire byzantin que pour celui des Perses, ils ne parviendraient jamais à prendre et garder Jérusalem. Pour faire advenir l’Ère messianique qu’ils attendaient, ils eurent l’idée de circonvenir les Arabes au nom de la descendance d’Ismaël, en étendant à eux les promesses de domination universelle que l’on trouve dans leurs livres apocalyptiques, par exemple dans le IVe livre d’Esdras où l’on peut lire : « Seigneur, tu as déclaré que c’est pour nous que tu as créé le monde. Quant aux autres nations, qui sont nées d’Adam, tu as dit qu’elles ne sont rien (...) Si le monde a été créé pour nous, pourquoi n’entrons-nous pas en possession de ce monde qui est notre héritage ? » (VI, 55 sq). Et plus loin, dans le même texte, voici une formule qui nous renvoie tout naturellement au texte de la Sourate VII que nous venons de citer, sur la terre qui appartient aux pieux : « Cherche à savoir comment seront sauvés les justes, à qui appartient le monde et pour qui il existe, et à quelle époque ils le seront » (IX, 13b).
Q; Il y a un drôle de mélange entre religion et stratégie politique...
R; Et plutôt payant. Les deux Empires de l’époque, les Grecs byzantins et les Perses sassanides, sont épuisés par des querelles internes et par les campagnes militaires montées l’un contre l’autre. C’est d’ailleurs dans ce cadre que se comprend l’Hégire, selon l’année probable : ceux qui quittent la Syrie en 622 pour le désert n’avaient sans doute pas envie de rencontrer les armées d’Héraclius, qui commençait la reconquête de l’Est de son Empire pris huit ans plus tôt par les Perses. Les campagnes avaient alors lieu l’été, puis on se donnait rendez-vous pour l’année suivante. En 628, les Perses finissent par être complètement battus, et l’on peut penser que certains stratèges liés aux Perses, arabes ou non, rejoignirent alors Yathrib pour se mettre au service du projet que montent les judéo-nazaréens et leurs alliés arabes autour de Mahomet. Mais l’expédition de 629 est un échec, comme on l’a vu. Manifestement, certains passages du Coran témoignent du souci que l’auteur eut alors de remonter le moral des troupes, et l’un d’eux évoque clairement cet épisode (S. XXX, 1-5 selon la voyellisation correcte rétablie par Blachère).
Q; Plus encore que les circonstances favorables, ce qui est important, dites-vous, c’est la vision de l’Histoire et du salut qui fit l’unité entre les différents partenaires du projet. Nous n’en avons pas encore beaucoup parlé. Cette vision présente certains aspects intemporels que l’on pourrait retrouver aujourd’hui...
R; Il faut en dire un peu plus en effet. Dans cette vision, le salut n’est pas spirituel, il ne passe pas par une réforme intérieure que l’on nomme conversion. C’est un salut qui doit se réaliser au niveau de la société. Là où Jésus a parlé (rarement) de l’opposition entre les fils de ténèbre et les fils de lumière, ils imaginent une vision du monde où des appartenances communautaires distinguent et séparent ces deux groupes. D’un côté, il y a le Parti de Dieu, et de l’autre le reste de ceux qui, forcément, sont contre Dieu, ne serait-ce qu’à cause de leur ignorance. Cette manière de voir est toujours fondamentalement celle de l’Islam, qui ne peut concevoir le monde autrement que comme un affrontement du Dâr al-islâm, le domaine où l’Islam est instauré comme loi du pays et où les non musulmans sont soumis, et le Dâr al-harb ou domaine de la guerre c’est-à-dire les pays et institutions à conquérir puisque Dieu les a donnés aux musulmans. Mais ce furent d’abord les judéo-nazaréens qui cultivèrent cette idéologie en nourrissant ces prétentions conformément à ce qu’on lit dans leurs livres, on l’a vu précédemment. Notons que, au temps du communisme, les sectateurs de cette idéologie avaient une vision très semblable du monde, divisé dialectiquement entre monde socialiste et monde à conquérir. Le pire, c’est que tous ces gens croient sincèrement sauver le monde puisqu’ils pensent détenir la recette de son salut. Or, l’importance d’une telle fin justifie les moyens : que vaut la vie d’un homme, ou celle de quelques millions d’hommes, si le salut du monde est en jeu ? C’est là où se trouve la perversion totale de ces idéologies capables de transformer des hommes paisibles et pacifiques en assassins, comme on le voit toujours en de nombreux pays. Cette perversion tire sa force du christianisme. Simplement, celui-ci est contrefait. C’est le petit détail qui change tout, et qui passe parfois inaperçu du plus grand nombre (et par fois aussi de certains intellectuels). On connaît mal les guerres que firent Mahomet et Umar au départ de Yathrib pour soumettre toutes les tribus arabes à leur portée, mais les traditions musulmanes évoquent la ruse, la férocité, les meurtres. Les Arabes sont unis dans le projet de prendre Jérusalem et d’y reconstruire le Temple, qui sera « le Troisième », ainsi qu’il est annoncé dans les apocryphes messianistes des judéo-nazaréens. Ce qu’on appelle « le deuxième Temple » est celui qui avait suivi l’exil et qui, en fait, a été rebâti par Hérode le Grand et détruit en 70 par les Romains de Titus alors même qu’il était enfin terminé.
Q; Vous n’êtes pas en train de me dire que les Arabes ont reconstruit le Temple juif à Jérusalem ?
R; Les sources que nous possédons s’accordent pour dire que, dès que Jérusalem est prise, « la Maison » est relevée ; et qu’il s’agit d’un cube ! Selon certains témoignages que je reprends dans mon livre, cette reconstruction aurait d’abord été le fait de « juifs » avant d’être celui des Arabes. On peut comprendre que les observateurs non avertis ne comprenaient bien ni ce qui se passait, ni qui exactement tirait les ficelles. En fait, c’est une espérance exprimée dans la sourate II qui, pour ainsi dire, se réalisait là : « Abraham (figurant les juifs et les Arabes unis) relèvera les assises (qui restent) de la Maison avec [l’aide d’]Ismaël. (figurant les Arabes) » (II, 127). Personne ne sera étonné d’apprendre que le cube hâtivement élevé avait les dimensions exactes du cœur du temple d’Hérode - il constitue la véritable « mosquée de Umar », l’octogone que l’on voit aujourd’hui l’ayant remplacée à la fin du VIIe siècle tout en gardant une dimension extérieure égale à celle du cube. Une source dit que Umar fit un sacrifice devant cette Maison relevée, ce qui nous renvoie évidemment aux sacrifices anciens faits au Temple, mais sans doute aussi aux pratiques judéo-nazaréennes dont l’Islam a d’ailleurs hérité vaguement au moins dans le rite du sacrifice du mouton lors de l’aïd el-kébîr ou dans l’interdiction du vin et de l’alcool en général.
Q; Justement, existe-t-il des données permettant d’établir, au-delà des similitudes doctrinales entre le proto-islam et le judéo-nazaréisme, le sens de la collaboration de ces deux forces au moment de la prise de Jérusalem en 638 ? Quelle idée peut-on avoir des relations qui avaient existé entre Mahomet et ces judéo-nazaréens nourris de pensée eschatologique et apocalyptique ?
R; Il est clair que les juifs qui entouraient Mahomet n’étaient pas des Juifs rabbanites. À ce sujet, il suffit d’entendre attentivement ce que les traditions islamiques ont à nous dire sur le personnage de Waraqa. J’en profite pour dire que son rôle a dû être si important qu’il n’a pas pu être effacé, alors que tant de témoignages islamiques anciens, écrits ou non, disparaissaient - en fait tous ceux qui sont antérieurs à la biographie normative de Ibn Hichâm, composée et imposée deux siècles après la mort de Mahomet : c’est seulement par des citations que l’on connaît quelque chose des écrits antérieurs, qui furent systématiquement détruits. Or, ce qui est dit de ce Waraqa est hautement révélateur, comme l’indique le dossier quasiment exhaustif réuni par Joseph Azzi sur ce personnage. On le présente comme un cousin de Khadidja, la première femme de Mahomet, ou parfois comme un cousin de celui-ci. Il pourrait être les deux, ce qui est même très vraisemblable. Il bénit leur mariage, et pour cause : il est dit « prêtre nasraniyy », ce qu’il ne faut pas traduire par prêtre chrétien mais bien par prêtre nazaréen. Nous l’avons vu, les judéo-nazaréens comptaient des prêtres parmi eux, très probablement des descendants de la tribu de Lévi ; et il y avait des consacrés hommes - ceux que le Coran nomme “moines” et qui sont dits se lever la nuit pour réciter des psaumes (III, 113 ; IV, 163 ; V, 82 ; XVII, 55.78 ; LXX, 20) -, ce qui est à comprendre dans une perspective eschatologique et guerrière : le salut du monde vaut que l’on s’y consacre totalement. De Waraqa, le commentateur Al-Buhari (mort en 870) donne la présentation suivante : « Cet homme, qui était cousin de Hadidja du côté de son père avait embrassé le nazaréisme avant l’apparition de l’islam. Il savait écrire l’hébreu et avait copié en hébreu toute la partie de l’Évangile que Dieu avait voulu qu’il transcrivît ». Il est de la tribu arabe des Qoréchites, mais « il est devenu nazaréen ». Il constitue donc un pont entre les deux peuples. Al Buhari a encore cette parole à la fois énigmatique et révélatrice : « Lorsque Waraqa est décédé, la révélation s’est tarie ». À l’époque, il n’est pas question du tout de « révélation », sinon de traductions en arabe des écrits judéo-nazaréens (comme par exemple quand le texte coranique évoque les « feuilles d’Abraham » - celles de Moïse étant tout simplement la Torah c’est-à-dire les cinq premiers livres de la Bible). Les feuillets coraniques les plus anciens seraient-ils de lui ? Pas nécessairement, car les feuillets sont des écrits de circonstance - essentiellement de propagande -, alors qu’il est plutôt dit le traducteur de textes beaucoup plus important. Dans l’avenir, la recherche y verra sans doute plus clair sur ces points. En tout cas, il ne dut pas être le seul à écrire pour les Arabes « devenus nazaréens »... ou à convaincre de le devenir ! Christoph Luxenberg a montré le substrat araméen qu’il fallait quelquefois supposer pour lire correctement - c’est-à-dire en corrigeant parfois le diacritisme - certains versets coraniques particulièrement obscurs ; il n’y a là rien d’étonnant si l’on pense que la langue maternelle du ou des auteurs est le syro-araméen, la langue habituelle des judéonazaréens. Ce qui est dit également dans les traditions islamiques de Zayd, qui aurait appris l’hébreu et l’écriture dans les écoles juives, est également très révélateur, même si c’est approximatif : ce « juif » de Yathrib a joué un certain rôle dans l’élaboration du proto-islam, qui était encore le pendant arabe très peu autonome du judéonazaréisme. Il faudrait mentionner encore les inscriptions qu’on dit, faute de mieux, « judéoarabes » et que l’on a trouvées il y a quelques années dans le désert du Neguev (sud d’Israël) ; Alfred-Louis de Prémare les a finement analysées. Il s’agit d’invocations en arabe adressées par exemple au Dieu de Moïse et de Jésus, et elles datent de l’enfance de Mahomet. Par comparaison, rien de tel n’existe dans la région mecquoise, et d’autant moins que ni cette écriture ni cette langue arabe n’y étaient employées.
Q; Il est impossible d’évoquer tout ce que l’on trouve dans votre livre. Il révèle la figure historique de Mahomet, il montre qu’il faut le considérer surtout comme celui qui a réussi à unir plusieurs tribus arabes autour du projet judéo-nazaréen de la « conquête de la terre ». Pouvez-vous préciser davantage encore quelle était la croyance de ces judéo-nazaréens ?
R; Les judéo-nazaréens reconnaissaient Jésus non pas comme le Fils de Dieu venu visiter son peuple - pour reprendre une manière de parler très primitive -, mais seulement comme le Messie suscité par Dieu. Ce n’est pas de sa faute si ce dernier n’a pu établir le Royaume de Dieu : les Grands-Prêtres se sont opposés à lui et vont même vouloir le tuer. Mais Dieu ne pouvait permettre que son Messie fût crucifié, Il l’enlève donc à temps au Ciel, et c’est une apparence - un autre homme ou une illusion - qui est clouée sur la croix à sa place. Divers textes apocryphes disent cela bien avant le Coran (IV, 157), et certains imaginent même que c’est Simon de Cyrène, celui qui avait aidé Jésus à porter sa croix, qui se retrouve dessus par erreur. L’important, c’est que Jésus, lui, soit gardé “en réserve” au Ciel. Mais il ne peut redescendre que lorsque le Pays sera débarrassé de la présence étrangère et que le Temple sera rebâti par les vrais croyants. Pour que le salut du monde advienne, la recette est donc évidente : il suffira de prendre Jérusalem - qui doit devenir la capitale du monde - et de reconstruire le Temple. Le « Messie-Jésus » - une expression gardée dans le Coran que nous avons - imposera alors le Royaume de Dieu sur toute la terre. Là, on est loin des messianismes antérieurs à notre ère, qui étaient simplement nationalistes et religieux.
Q; Dans le premier volume de votre ouvrage, vous écrivez comme une histoire de ce messianisme politique, qui change de nature au début de l’Ère chrétienne...
R; L’insurrection de 66 qui conduisit à la ruine du Temple en 70 n’était plus simplement nationaliste, quoique son idéologie soit mal connue : Flavius Josèphe est la seule source qui aurait pu nous l’expliciter mais il glisse sur le sujet (il y a été impliqué lui-même). Cependant, on peut penser à un mélange de messianisme nationaliste et d’eschatologie « mondialiste » où le message judéo-chrétien, déformé, n’est pas étranger. Les sources sont plus claires à propos de la seconde insurrection judéenne, qui s’étendit de 132 à 135 ; celle-là est explicitement messianiste, et inspirée par un certain Aqiba qui est en fait un ex-judéo-chrétien devenu « Rabbi », et qui est connu pour son anti-christianisme. On voit bien à quel courant de pensée il puise ses délires destructeurs. On en a parlé précédemment, c’est à la suite de la destruction du Temple de 70 que l’idéologie judéo-nazaréenne se structura en vision cohérente du Monde et de l’Histoire, construite sous l’angle de l’affrontement des « bons » et des « méchants », les premiers devant être les instruments de la libération de la Terre. Le recoupement des données indique que c’est en Syrie, chez les judéo-chrétiens qui refusèrent de rentrer en Judée après 70 et réinterprétèrent leur foi, que cette idéologie de salut - la première de l’Histoire - s’est explicitée.
Q; Vous ne vous contentez pas de collationner les événements, vous proposez une histoire des doctrines, ou plutôt un schéma explicatif, qui s’applique de manière pertinente jusqu’à nos jours ou presque ?
R; Je crois pouvoir dire en effet que cette manière de réinterpréter l’attente de la manifestation glorieuse du Messie est à l’origine de tous les messianismes « modernes » même s’ils l’ont oublié depuis longtemps ; car il s’agit d’une explication de l’Histoire où l’initiative n’appartient plus vraiment à Dieu mais à l’homme. La recette de l’accomplissement de l’Histoire est fournie : « La Terre appartient aux pieux ». Ceux qui la possèdent sont donc les sauveurs du monde, et Dieu n’a plus grand-chose à faire dans cette Histoire où la victoire finale des « bons » est pour ainsi dire programmée et inscrite : les explications déterministes modernes trouvent là leur source. Ce que d’aucuns appellent le fatalisme musulman est un autre aspect de ce déterminisme, mektoub. Mais attention : la « foi » - religieuse ou non - en ce déterminisme n’entraîne pas nécessairement la passivité ; elle peut entraîner aussi bien l’activisme, au sens où l’on se croit investi d’une mission de Dieu qui place au-dessus des autres hommes ; le Coran expose cette idée (par exemple III, 110) mais, « Dieu » mis à part, elle a également été celle des militants marxistes. Pour en revenir à l’attente judéonazaréenne du Messie-Jésus, je ne vous apprendrai rien en disant qu’il n’est pas redescendu du Ciel en 638. En 639 non plus. En 640, l’espérance de le voir redescendre du Ciel apparut clairement être une chimère. C’est la crise.
Q; Est-ce lorsque cette espérance est déçue que Umar et ses Arabes se retournèrent contre les judéonazaréens ? Je pense aux massacres de juifs que la biographie officielle de Mahomet lui attribue : n’est-ce pas un exemple de la tendance à faire endosser à la figure du Prophète de l’Islam des actes ou des décrets postérieurs que l’on veut légitimer ?
R; Je le pense également. Il est invraisemblable que Mahomet ait massacré des juifs rabbanites (orthodoxes ndlr), dont les judéo-nazaréens aussi bien que leurs alliés Arabes avaient besoin de la neutralité, au moins. Mais après 640, on imagine aisément que Umar puis son successeur Uthman aient voulu se défaire d’alliés devenus encombrants. Ironie de l’histoire : les « fils d’Israël » - au moins leurs chefs - sont massacrés par ceux qu’ils avaient eux-mêmes convaincus d’être les « fils d’Ismaël » ! En fait, le problème se posait aux Arabes de justifier d’une manière nouvelle le pouvoir qu’ils avaient pris sur le Proche-Orient. C’est dans ce cadre qu’apparut la nécessité d’avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des juifs et des chrétiens, et qui consacrerait la domination arabe sur le monde... et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen.
Q; Parlez-nous un peu des origines du Coran...
R; Le Calife basé à l’oasis de Médine ne disposait, en fait de « textes » en arabe, que des papiers que les judéo-nazaréens y avaient laissés. Même si l’on y ajoute les textes plus anciens laissés en Syrie, cela ne fait pas encore un choix énorme. Et il fallait choisir, dans la hâte, des textes répondant aux attentes des nouveaux maîtres du Proche-Orient ! Autant dire que, quel qu’il fût, le résultat du choix ne pouvait guère être satisfaisant, même si on choisissait les textes présentant le moins d’allusions au passé judéonazaréen. C’est ainsi que les traditions musulmanes ont gardé le souvenir de « collectes » ou assemblages du Coran divergents entre eux et concurrents - parce qu’ils fournirent évidemment à des ambitieux l’occasion de se pousser au pouvoir. Umar fut assassiné. Son successeur également, et il s’ensuivit une véritable guerre intra-musulmane, aboutissant au schisme entre « chiites » et « sunnites ». Quant aux textes assemblés dans ce qu’on nomma le « Coran », ils continuèrent d’être adaptés à ce qu’on attendait d’eux, dans une suite de fuites en avant : apporter des modifications à un texte, c’est souvent se condamner à introduire de nouvelles pour pallier les difficultés ou les incohérences induites par les premières, etc. Un texte ne se laisse pas si facilement manipuler. Surtout qu’il faut chaque fois rappeler les exemplaires en circulation,les détruire et les remplacer par des nouveaux - ce dont les traditions musulmanes ont gardé le souvenir et situent jusqu’à l’époque du gouverneur Hajjaj, au début du VIIIe siècle encore ! Quand il devint trop tard pour le modifier encore en ses consonnes, sa voyellisation puis son interprétation furent à leur tour l’objet d’élaborations (parfois assez savantes). Ainsi, à force d’être manipulé, le texte coranique devint de plus en plus obscur, ce qu’il est aujourd’hui. Mais il était tout à fait clair en ces divers feuillets primitifs c’est-à-dire avant que ceux-ci aient été choisis pour constituer un recueil de 114 parties - le même nombre que de logia de l’évangile de Thomas, nombre lié aux besoins liturgiques selon Pierre Perrier.
Source :Objection,no2,2006 http://revue.objections.free.fr/index.html
jeudi 23 novembre 2006.
Q; La question des origines de l’islam est une question tabou. Aussi curieux que cela puisse paraître, les chercheurs occidentaux, même marxistes ou athées, s’en sont tenus souvent à la légende musulmane d’un Mahomet, qui, partant de Jérusalem, est monté au ciel. Edouard-Marie Gallez vient de soutenir une longue thèse (1000 pages) où il fait le point de tout ce que la recherche vraiment scientifique sait des origines de l’Islam mais aussi sur les textes de la mer Morte (Le Messie et son prophète. Aux origines de l’Islam, 2 tomes, éditions de Paris, 2005, tome 1 : De Qumrân à Muhammad, 524 pages/tome 2 : du Muhammad des Califes au Muhammad de l’histoire, 582 pages). Il propose, après plusieurs grands chercheurs, d’explorer de manière systématique la piste de l’origine judéo-chrétienne de l’Islam. De recoupements en découvertes, on peut dire que son travail s’impose à la considération de toute la communauté scientifique.
Plusieurs chercheurs évoquent les origines judéo-chrétiennes de l’islam...
R; La qualification de « judéo-chrétienne » pour cette « secte » est abusive : il faudrait parler d’une « secte ex-judéo-chrétienne », car c’est dans un contexte de rupture que se situe son rapport avec le judéo-christianisme originel. J’ai tenté de décrire le mieux possible cette secte, qui, depuis des siècles, axait sa vision du monde et du salut sur le retour du Messie ; les textes trouvés dans les grottes de la mer Morte contribuent fortement à cette compréhension. Il s’agissait d’un retour matériel, d’un avènement politique du Messie, non d’une Venue dans la gloire comme la foi chrétienne l’enseigne...
Q; Nous allons revenir tout à l’heure sur cette secte apocalyptique, à laquelle votre travail confère, patiemment, sa véritable physionomie, pour mieux éclairer l’origine de l’Islam. Mais quel est le but de celui que nous appelons Mahomet, déformation de l’arabe Muhammad en passant par le turc ? Est-il vraiment conscient de fonder une religion ?
R; Pour cela, il aurait fallu qu’une religion nouvelle ait été fondée ! La question de l’Hégire permet d’entrevoir immédiatement ce qui s’est passé. L’Hégire ou Émigration à l’oasis de Yathrib situé en plein désert est un événement très significatif de la vie du Mahomet historique. On sait que, très rapidement, cette année-là - 622 semble-t-il - a été tenue pour l’an 1 du calendrier du groupe formé autour de Mahomet (ou plutôt du groupe dont il était lui-même un membre). Or, la fondation d’un nouveau calendrier absolu ne s’explique jamais que par la conscience de commencer une Ère Nouvelle, et cela dans le cadre d’une vision de l’Histoire. Quelle ère nouvelle ? D’après les explications musulmanes actuelles, cette année 1 se fonderait sur une défaite et une fuite de Mahomet, parti se réfugier loin de La Mecque. Mais comment une fuite peut-elle être sacralisée jusqu’à devenir la base de tout un édifice chronologique et religieux ? Cela n’a pas de sens. Si Mahomet est bien arrivé à Yathrib - qui sera renommé plus tard Médine - en 622, ce ne fut pas seulement avec une partie de la tribu des Qoréchites, mais avec ceux pour qui le repli au désert rappelait justement un glorieux passé et surtout la figure de la promesse divine. Alors, le puzzle des données apparemment incohérentes prend forme, ainsi que Michaël Cook et d’autres l’on entrevu. Le désert est le lieu où Dieu forme le peuple qui doit aller libérer la terre, au sens de ce verset : « Ô mon peuple, entrez dans la terre que Dieu vous a destinée » (Coran V, 21). Nous sommes ici dans la vision de l’histoire dont le modèle de base est constitué par le récit biblique de l’Exode, lorsque le petit reste d’Israël préparé par Dieu au désert est appelé à conquérir la terre, c’est-à-dire la Palestine selon la vision biblique. Telle est la vision qu’avaient ceux qui accompagnaient et en fait qui dirigeaient Mahomet et les autres Arabes vers Yathrib en 622. Et voilà pourquoi une année 1 y est décrétée : le salut est en marche. Dans l’oasis de Yathrib d’ailleurs, la plupart des sédentaires sont des « juifs » aux dires mêmes des traditions islamiques. Et pourtant les traditions rabbiniques ne les ont jamais reconnus comme des leurs : ces « juifs » et ceux qui y conduisirent leurs amis arabes sont en réalité ces “judéochrétiens” hérétiques, qui vous évoquiez à l’instant. Ils appartenaient à la secte de « nazaréens » dont on a déjà parlé à propos de la sourate 5, verset 82.
Q; Je ne saisis pas encore l’ampleur de cette question d’un judéo-christianisme sectaire ou hérétique à l’origine de l’islam. Les traditions musulmanes ne présentent pas du tout La Mecque comme une ville ayant abrité une communauté juive.
R; Effectivement. Ils n’en venaient justement pas, pour plusieurs raisons péremptoires dont la plus immédiate est qu’ils venaient d’ailleurs : de Syrie. Car c’est là qu’avant l’Hégire, s’était jouée “la première partie de la carrière de Mahomet”, comme l’écrit si joliment Patricia Crone, qui démontre également et surtout beaucoup d’autres choses concernant La Mecque. Mais pour nous en tenir à la Syrie, c’est bien là qu’ont commencé l’endoctrinement et l’enrôlement des premiers Arabes, au cours de la génération qui a précédé Mahomet, c’est-à-dire au temps de son enfance. On pourrait encore aller voir les lieux où Mahomet a vécu, ils sont connus des géographes modernes et même de certains anciens, comme par exemple le lieu-dit “caravansérail des Qoréchites”, c’est-à-dire rien de moins que la base arrière de sa tribu, adonnée au commerce caravanier - Mahomet lui-même participa à ces caravanes, dans sa jeunesse, ainsi que les traditions nous l’indiquent sans qu’il existe la moindre raison d’en douter. Et sur une carte toponymique (voir à la page 278 du volume deux de mon ouvrage), vous pouvez repérer d’autres noms de lieux très significatifs également puisqu’on les retrouve à La Mecque : ce même nom, La Mecque justement, se trouve en Syrie ; de même Kaaba, ou encore Abou Qoubays - qui est le nom de la montagne renommée jouxtant La Mecque en Arabie -...
Q; Est-ce que vous voulez dire qu’il y a eu plus tard un transfert vers La Mecque de ces appellations syriennes, dont le but aurait été d’occulter ce passé syrien et « juif » de la tribu de Mahomet, les Qoréchites ?
R; Oui, c’est bien ce qui est advenu plus tard ; Antoine Moussali avait déjà observé ce phénomène à propos du Coran, en parlant des manipulations subies par son texte et destinées elles aussi à effacer le passé.
Nous y reviendrons, mais restons-en à l’Hégire de 622 et à l’année 1 de l’entrée dans une ère qui, en toute logique, doit être nouvelle pour toute l’Humanité. Ce que la Bible appelle la « terre » et invite à conquérir, c’est seulement la Palestine. Quel rapport y a-t-il alors avec un programme de conquête qui viserait le monde entier ? Ce rapport tient précisément à l’idéologie des « nazaréens ». Ces derniers ne sont pas des « juifs » de l’Ancien Testament (qui auraient alors sept siècles de retard), mais d’ex-judéo-chrétiens bien de leur temps. Dans leur vision de l’Histoire, la reconquête de la Terre d’Israël est liée à la venue de l’Ère Nouvelle. Elle est une étape. Une étape indispensable au Salut. Régis Blachère a bien compris que cette « terre que Dieu vous a destinée » (S. V, 21) désigne la Palestine, et il en est ainsi 18 autres fois du mot « terre » dans le Coran. Et tel fut bien le but poursuivi par l’expédition des guerriers de Mahomet dès l’année 629, un fait connu des historiens mais habituellement passé sous silence dans les articles pour le grand public, alors qu’il s’agit de la seule donnée de la vie de Mahomet qui soit à la fois totalement sûre et bien datée. En cette année-là, à la tête de ses troupes, Mahomet est battu par les Byzantins (qui s’appelaient encore Romains) à l’est du Jourdain, à Mouta. C’est évidemment là qu’on l’attendait, puisque selon l’image biblique de la libération de la Terre, il faut nécessairement passer le Jourdain. C’est après sa mort c’est-à-dire seulement neuf ans plus tard que ‘Oumar entrera finalement dans Jérusalem, alors que le pays était déjà sous contrôle depuis quatre années - seule Jérusalem résistait encore. Pour tous ces gens, la prise de la Palestine et de la Ville apparaît alors comme le gage de la conquête du monde. Sophrone, le Patriarche de Jérusalem, l’avait bien compris puisqu’il écrivit en 634 déjà dans un sermon sur le baptême que les Arabes « se vantent de dominer le monde entier, en imitant leur chef continûment et sans retenue ». C’est une telle perspective, beaucoup plus large que celle de la seule Terre d’Israël, qui est exprimée dans la Sourate VII : « la terre appartient à Dieu, il en fait hériter qui il veut parmi ses créatures et le résultat appartient aux pieux » (v. 128).
Q; Comment des Arabes ont-ils été entraînés dans ce long effort de guerre ? On peut penser que l’appât du butin, dont parle par exemple le verset 20 de la sourate 48, ait constitué un motif, mais était-ce suffisant ? Comment pouvaient-ils entrer dans des visions religieuses de l’Histoire ?
R; Il s’agit au départ lorsque commence l’aventure de Mahomet, d’Arabes chrétiens - ils sont, vous ai-je dit, ces « associateurs » dont parle le texte coranique -, même s’ils sont baptisés depuis peu. Leur conversion au christianisme fut en particulier le fruit des efforts de l’Église jacobite qui va même aménager pour eux des lieux-églises en plein air. Un signe de cette conversion ? Au début du VIe siècle, les Qoréchites étaient encore connus pour être d’abominables pillards sévissant du côté de la Mésopotamie ; et voilà qu’à la fin de ce même VIe siècle, au temps de l’enfance de Mahomet, ce sont de pacifiques caravaniers, spécialistes du transport depuis la façade syrienne de la Méditerranée vers la Mésopotamie et l’Asie. Entre-temps, ils étaient devenus chrétiens, et c’est bien à des chrétiens que s’adressent les harangues de l’auteur des feuillets coraniques primitifs.
Q; Comme chrétiens, ils étaient donc déjà habitués à une certaine vision de l’Histoire...
R; Oui, ils avaient conscience que le Salut a une histoire, racontée dans la Bible. Avec la prédication protoislamique, ils découvrent qu’ils sont des fils d’Abraham selon les commentaires juifs du chapitre 25 de la Genèse. Il n’est même pas écrit dans la Bible qu’Ismaël est leur ancêtre ! René Dagorn a bien montré que cette légende des apocryphes juifs était inconnue ou, du moins, indifférente aux Arabes chrétiens de l’époque de Mahomet. Or c’est là-dessus que les « nazaréens » vont jouer. À la suite de Ray A. Pritz qui a formé le néologisme, appelons cette secte judéo-chrétienne autour de laquelle nous tournons, par la dénomination non équivoque de « judéo-nazaréens ». L’appellation simple de « nazaréens » porte à équivoque nous l’avons vu tout à l’heure puisque c’est d’abord la première appellation des chrétiens, vite abandonnée. Ces judéo-nazaréens sont habiles. Ils ont compris que sans l’aide d’Arabes, qui forment la réserve militaire d’appoint, autant pour l’Empire byzantin que pour celui des Perses, ils ne parviendraient jamais à prendre et garder Jérusalem. Pour faire advenir l’Ère messianique qu’ils attendaient, ils eurent l’idée de circonvenir les Arabes au nom de la descendance d’Ismaël, en étendant à eux les promesses de domination universelle que l’on trouve dans leurs livres apocalyptiques, par exemple dans le IVe livre d’Esdras où l’on peut lire : « Seigneur, tu as déclaré que c’est pour nous que tu as créé le monde. Quant aux autres nations, qui sont nées d’Adam, tu as dit qu’elles ne sont rien (...) Si le monde a été créé pour nous, pourquoi n’entrons-nous pas en possession de ce monde qui est notre héritage ? » (VI, 55 sq). Et plus loin, dans le même texte, voici une formule qui nous renvoie tout naturellement au texte de la Sourate VII que nous venons de citer, sur la terre qui appartient aux pieux : « Cherche à savoir comment seront sauvés les justes, à qui appartient le monde et pour qui il existe, et à quelle époque ils le seront » (IX, 13b).
Q; Il y a un drôle de mélange entre religion et stratégie politique...
R; Et plutôt payant. Les deux Empires de l’époque, les Grecs byzantins et les Perses sassanides, sont épuisés par des querelles internes et par les campagnes militaires montées l’un contre l’autre. C’est d’ailleurs dans ce cadre que se comprend l’Hégire, selon l’année probable : ceux qui quittent la Syrie en 622 pour le désert n’avaient sans doute pas envie de rencontrer les armées d’Héraclius, qui commençait la reconquête de l’Est de son Empire pris huit ans plus tôt par les Perses. Les campagnes avaient alors lieu l’été, puis on se donnait rendez-vous pour l’année suivante. En 628, les Perses finissent par être complètement battus, et l’on peut penser que certains stratèges liés aux Perses, arabes ou non, rejoignirent alors Yathrib pour se mettre au service du projet que montent les judéo-nazaréens et leurs alliés arabes autour de Mahomet. Mais l’expédition de 629 est un échec, comme on l’a vu. Manifestement, certains passages du Coran témoignent du souci que l’auteur eut alors de remonter le moral des troupes, et l’un d’eux évoque clairement cet épisode (S. XXX, 1-5 selon la voyellisation correcte rétablie par Blachère).
Q; Plus encore que les circonstances favorables, ce qui est important, dites-vous, c’est la vision de l’Histoire et du salut qui fit l’unité entre les différents partenaires du projet. Nous n’en avons pas encore beaucoup parlé. Cette vision présente certains aspects intemporels que l’on pourrait retrouver aujourd’hui...
R; Il faut en dire un peu plus en effet. Dans cette vision, le salut n’est pas spirituel, il ne passe pas par une réforme intérieure que l’on nomme conversion. C’est un salut qui doit se réaliser au niveau de la société. Là où Jésus a parlé (rarement) de l’opposition entre les fils de ténèbre et les fils de lumière, ils imaginent une vision du monde où des appartenances communautaires distinguent et séparent ces deux groupes. D’un côté, il y a le Parti de Dieu, et de l’autre le reste de ceux qui, forcément, sont contre Dieu, ne serait-ce qu’à cause de leur ignorance. Cette manière de voir est toujours fondamentalement celle de l’Islam, qui ne peut concevoir le monde autrement que comme un affrontement du Dâr al-islâm, le domaine où l’Islam est instauré comme loi du pays et où les non musulmans sont soumis, et le Dâr al-harb ou domaine de la guerre c’est-à-dire les pays et institutions à conquérir puisque Dieu les a donnés aux musulmans. Mais ce furent d’abord les judéo-nazaréens qui cultivèrent cette idéologie en nourrissant ces prétentions conformément à ce qu’on lit dans leurs livres, on l’a vu précédemment. Notons que, au temps du communisme, les sectateurs de cette idéologie avaient une vision très semblable du monde, divisé dialectiquement entre monde socialiste et monde à conquérir. Le pire, c’est que tous ces gens croient sincèrement sauver le monde puisqu’ils pensent détenir la recette de son salut. Or, l’importance d’une telle fin justifie les moyens : que vaut la vie d’un homme, ou celle de quelques millions d’hommes, si le salut du monde est en jeu ? C’est là où se trouve la perversion totale de ces idéologies capables de transformer des hommes paisibles et pacifiques en assassins, comme on le voit toujours en de nombreux pays. Cette perversion tire sa force du christianisme. Simplement, celui-ci est contrefait. C’est le petit détail qui change tout, et qui passe parfois inaperçu du plus grand nombre (et par fois aussi de certains intellectuels). On connaît mal les guerres que firent Mahomet et Umar au départ de Yathrib pour soumettre toutes les tribus arabes à leur portée, mais les traditions musulmanes évoquent la ruse, la férocité, les meurtres. Les Arabes sont unis dans le projet de prendre Jérusalem et d’y reconstruire le Temple, qui sera « le Troisième », ainsi qu’il est annoncé dans les apocryphes messianistes des judéo-nazaréens. Ce qu’on appelle « le deuxième Temple » est celui qui avait suivi l’exil et qui, en fait, a été rebâti par Hérode le Grand et détruit en 70 par les Romains de Titus alors même qu’il était enfin terminé.
Q; Vous n’êtes pas en train de me dire que les Arabes ont reconstruit le Temple juif à Jérusalem ?
R; Les sources que nous possédons s’accordent pour dire que, dès que Jérusalem est prise, « la Maison » est relevée ; et qu’il s’agit d’un cube ! Selon certains témoignages que je reprends dans mon livre, cette reconstruction aurait d’abord été le fait de « juifs » avant d’être celui des Arabes. On peut comprendre que les observateurs non avertis ne comprenaient bien ni ce qui se passait, ni qui exactement tirait les ficelles. En fait, c’est une espérance exprimée dans la sourate II qui, pour ainsi dire, se réalisait là : « Abraham (figurant les juifs et les Arabes unis) relèvera les assises (qui restent) de la Maison avec [l’aide d’]Ismaël. (figurant les Arabes) » (II, 127). Personne ne sera étonné d’apprendre que le cube hâtivement élevé avait les dimensions exactes du cœur du temple d’Hérode - il constitue la véritable « mosquée de Umar », l’octogone que l’on voit aujourd’hui l’ayant remplacée à la fin du VIIe siècle tout en gardant une dimension extérieure égale à celle du cube. Une source dit que Umar fit un sacrifice devant cette Maison relevée, ce qui nous renvoie évidemment aux sacrifices anciens faits au Temple, mais sans doute aussi aux pratiques judéo-nazaréennes dont l’Islam a d’ailleurs hérité vaguement au moins dans le rite du sacrifice du mouton lors de l’aïd el-kébîr ou dans l’interdiction du vin et de l’alcool en général.
Q; Justement, existe-t-il des données permettant d’établir, au-delà des similitudes doctrinales entre le proto-islam et le judéo-nazaréisme, le sens de la collaboration de ces deux forces au moment de la prise de Jérusalem en 638 ? Quelle idée peut-on avoir des relations qui avaient existé entre Mahomet et ces judéo-nazaréens nourris de pensée eschatologique et apocalyptique ?
R; Il est clair que les juifs qui entouraient Mahomet n’étaient pas des Juifs rabbanites. À ce sujet, il suffit d’entendre attentivement ce que les traditions islamiques ont à nous dire sur le personnage de Waraqa. J’en profite pour dire que son rôle a dû être si important qu’il n’a pas pu être effacé, alors que tant de témoignages islamiques anciens, écrits ou non, disparaissaient - en fait tous ceux qui sont antérieurs à la biographie normative de Ibn Hichâm, composée et imposée deux siècles après la mort de Mahomet : c’est seulement par des citations que l’on connaît quelque chose des écrits antérieurs, qui furent systématiquement détruits. Or, ce qui est dit de ce Waraqa est hautement révélateur, comme l’indique le dossier quasiment exhaustif réuni par Joseph Azzi sur ce personnage. On le présente comme un cousin de Khadidja, la première femme de Mahomet, ou parfois comme un cousin de celui-ci. Il pourrait être les deux, ce qui est même très vraisemblable. Il bénit leur mariage, et pour cause : il est dit « prêtre nasraniyy », ce qu’il ne faut pas traduire par prêtre chrétien mais bien par prêtre nazaréen. Nous l’avons vu, les judéo-nazaréens comptaient des prêtres parmi eux, très probablement des descendants de la tribu de Lévi ; et il y avait des consacrés hommes - ceux que le Coran nomme “moines” et qui sont dits se lever la nuit pour réciter des psaumes (III, 113 ; IV, 163 ; V, 82 ; XVII, 55.78 ; LXX, 20) -, ce qui est à comprendre dans une perspective eschatologique et guerrière : le salut du monde vaut que l’on s’y consacre totalement. De Waraqa, le commentateur Al-Buhari (mort en 870) donne la présentation suivante : « Cet homme, qui était cousin de Hadidja du côté de son père avait embrassé le nazaréisme avant l’apparition de l’islam. Il savait écrire l’hébreu et avait copié en hébreu toute la partie de l’Évangile que Dieu avait voulu qu’il transcrivît ». Il est de la tribu arabe des Qoréchites, mais « il est devenu nazaréen ». Il constitue donc un pont entre les deux peuples. Al Buhari a encore cette parole à la fois énigmatique et révélatrice : « Lorsque Waraqa est décédé, la révélation s’est tarie ». À l’époque, il n’est pas question du tout de « révélation », sinon de traductions en arabe des écrits judéo-nazaréens (comme par exemple quand le texte coranique évoque les « feuilles d’Abraham » - celles de Moïse étant tout simplement la Torah c’est-à-dire les cinq premiers livres de la Bible). Les feuillets coraniques les plus anciens seraient-ils de lui ? Pas nécessairement, car les feuillets sont des écrits de circonstance - essentiellement de propagande -, alors qu’il est plutôt dit le traducteur de textes beaucoup plus important. Dans l’avenir, la recherche y verra sans doute plus clair sur ces points. En tout cas, il ne dut pas être le seul à écrire pour les Arabes « devenus nazaréens »... ou à convaincre de le devenir ! Christoph Luxenberg a montré le substrat araméen qu’il fallait quelquefois supposer pour lire correctement - c’est-à-dire en corrigeant parfois le diacritisme - certains versets coraniques particulièrement obscurs ; il n’y a là rien d’étonnant si l’on pense que la langue maternelle du ou des auteurs est le syro-araméen, la langue habituelle des judéonazaréens. Ce qui est dit également dans les traditions islamiques de Zayd, qui aurait appris l’hébreu et l’écriture dans les écoles juives, est également très révélateur, même si c’est approximatif : ce « juif » de Yathrib a joué un certain rôle dans l’élaboration du proto-islam, qui était encore le pendant arabe très peu autonome du judéonazaréisme. Il faudrait mentionner encore les inscriptions qu’on dit, faute de mieux, « judéoarabes » et que l’on a trouvées il y a quelques années dans le désert du Neguev (sud d’Israël) ; Alfred-Louis de Prémare les a finement analysées. Il s’agit d’invocations en arabe adressées par exemple au Dieu de Moïse et de Jésus, et elles datent de l’enfance de Mahomet. Par comparaison, rien de tel n’existe dans la région mecquoise, et d’autant moins que ni cette écriture ni cette langue arabe n’y étaient employées.
Q; Il est impossible d’évoquer tout ce que l’on trouve dans votre livre. Il révèle la figure historique de Mahomet, il montre qu’il faut le considérer surtout comme celui qui a réussi à unir plusieurs tribus arabes autour du projet judéo-nazaréen de la « conquête de la terre ». Pouvez-vous préciser davantage encore quelle était la croyance de ces judéo-nazaréens ?
R; Les judéo-nazaréens reconnaissaient Jésus non pas comme le Fils de Dieu venu visiter son peuple - pour reprendre une manière de parler très primitive -, mais seulement comme le Messie suscité par Dieu. Ce n’est pas de sa faute si ce dernier n’a pu établir le Royaume de Dieu : les Grands-Prêtres se sont opposés à lui et vont même vouloir le tuer. Mais Dieu ne pouvait permettre que son Messie fût crucifié, Il l’enlève donc à temps au Ciel, et c’est une apparence - un autre homme ou une illusion - qui est clouée sur la croix à sa place. Divers textes apocryphes disent cela bien avant le Coran (IV, 157), et certains imaginent même que c’est Simon de Cyrène, celui qui avait aidé Jésus à porter sa croix, qui se retrouve dessus par erreur. L’important, c’est que Jésus, lui, soit gardé “en réserve” au Ciel. Mais il ne peut redescendre que lorsque le Pays sera débarrassé de la présence étrangère et que le Temple sera rebâti par les vrais croyants. Pour que le salut du monde advienne, la recette est donc évidente : il suffira de prendre Jérusalem - qui doit devenir la capitale du monde - et de reconstruire le Temple. Le « Messie-Jésus » - une expression gardée dans le Coran que nous avons - imposera alors le Royaume de Dieu sur toute la terre. Là, on est loin des messianismes antérieurs à notre ère, qui étaient simplement nationalistes et religieux.
Q; Dans le premier volume de votre ouvrage, vous écrivez comme une histoire de ce messianisme politique, qui change de nature au début de l’Ère chrétienne...
R; L’insurrection de 66 qui conduisit à la ruine du Temple en 70 n’était plus simplement nationaliste, quoique son idéologie soit mal connue : Flavius Josèphe est la seule source qui aurait pu nous l’expliciter mais il glisse sur le sujet (il y a été impliqué lui-même). Cependant, on peut penser à un mélange de messianisme nationaliste et d’eschatologie « mondialiste » où le message judéo-chrétien, déformé, n’est pas étranger. Les sources sont plus claires à propos de la seconde insurrection judéenne, qui s’étendit de 132 à 135 ; celle-là est explicitement messianiste, et inspirée par un certain Aqiba qui est en fait un ex-judéo-chrétien devenu « Rabbi », et qui est connu pour son anti-christianisme. On voit bien à quel courant de pensée il puise ses délires destructeurs. On en a parlé précédemment, c’est à la suite de la destruction du Temple de 70 que l’idéologie judéo-nazaréenne se structura en vision cohérente du Monde et de l’Histoire, construite sous l’angle de l’affrontement des « bons » et des « méchants », les premiers devant être les instruments de la libération de la Terre. Le recoupement des données indique que c’est en Syrie, chez les judéo-chrétiens qui refusèrent de rentrer en Judée après 70 et réinterprétèrent leur foi, que cette idéologie de salut - la première de l’Histoire - s’est explicitée.
Q; Vous ne vous contentez pas de collationner les événements, vous proposez une histoire des doctrines, ou plutôt un schéma explicatif, qui s’applique de manière pertinente jusqu’à nos jours ou presque ?
R; Je crois pouvoir dire en effet que cette manière de réinterpréter l’attente de la manifestation glorieuse du Messie est à l’origine de tous les messianismes « modernes » même s’ils l’ont oublié depuis longtemps ; car il s’agit d’une explication de l’Histoire où l’initiative n’appartient plus vraiment à Dieu mais à l’homme. La recette de l’accomplissement de l’Histoire est fournie : « La Terre appartient aux pieux ». Ceux qui la possèdent sont donc les sauveurs du monde, et Dieu n’a plus grand-chose à faire dans cette Histoire où la victoire finale des « bons » est pour ainsi dire programmée et inscrite : les explications déterministes modernes trouvent là leur source. Ce que d’aucuns appellent le fatalisme musulman est un autre aspect de ce déterminisme, mektoub. Mais attention : la « foi » - religieuse ou non - en ce déterminisme n’entraîne pas nécessairement la passivité ; elle peut entraîner aussi bien l’activisme, au sens où l’on se croit investi d’une mission de Dieu qui place au-dessus des autres hommes ; le Coran expose cette idée (par exemple III, 110) mais, « Dieu » mis à part, elle a également été celle des militants marxistes. Pour en revenir à l’attente judéonazaréenne du Messie-Jésus, je ne vous apprendrai rien en disant qu’il n’est pas redescendu du Ciel en 638. En 639 non plus. En 640, l’espérance de le voir redescendre du Ciel apparut clairement être une chimère. C’est la crise.
Q; Est-ce lorsque cette espérance est déçue que Umar et ses Arabes se retournèrent contre les judéonazaréens ? Je pense aux massacres de juifs que la biographie officielle de Mahomet lui attribue : n’est-ce pas un exemple de la tendance à faire endosser à la figure du Prophète de l’Islam des actes ou des décrets postérieurs que l’on veut légitimer ?
R; Je le pense également. Il est invraisemblable que Mahomet ait massacré des juifs rabbanites (orthodoxes ndlr), dont les judéo-nazaréens aussi bien que leurs alliés Arabes avaient besoin de la neutralité, au moins. Mais après 640, on imagine aisément que Umar puis son successeur Uthman aient voulu se défaire d’alliés devenus encombrants. Ironie de l’histoire : les « fils d’Israël » - au moins leurs chefs - sont massacrés par ceux qu’ils avaient eux-mêmes convaincus d’être les « fils d’Ismaël » ! En fait, le problème se posait aux Arabes de justifier d’une manière nouvelle le pouvoir qu’ils avaient pris sur le Proche-Orient. C’est dans ce cadre qu’apparut la nécessité d’avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des juifs et des chrétiens, et qui consacrerait la domination arabe sur le monde... et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen.
Q; Parlez-nous un peu des origines du Coran...
R; Le Calife basé à l’oasis de Médine ne disposait, en fait de « textes » en arabe, que des papiers que les judéo-nazaréens y avaient laissés. Même si l’on y ajoute les textes plus anciens laissés en Syrie, cela ne fait pas encore un choix énorme. Et il fallait choisir, dans la hâte, des textes répondant aux attentes des nouveaux maîtres du Proche-Orient ! Autant dire que, quel qu’il fût, le résultat du choix ne pouvait guère être satisfaisant, même si on choisissait les textes présentant le moins d’allusions au passé judéonazaréen. C’est ainsi que les traditions musulmanes ont gardé le souvenir de « collectes » ou assemblages du Coran divergents entre eux et concurrents - parce qu’ils fournirent évidemment à des ambitieux l’occasion de se pousser au pouvoir. Umar fut assassiné. Son successeur également, et il s’ensuivit une véritable guerre intra-musulmane, aboutissant au schisme entre « chiites » et « sunnites ». Quant aux textes assemblés dans ce qu’on nomma le « Coran », ils continuèrent d’être adaptés à ce qu’on attendait d’eux, dans une suite de fuites en avant : apporter des modifications à un texte, c’est souvent se condamner à introduire de nouvelles pour pallier les difficultés ou les incohérences induites par les premières, etc. Un texte ne se laisse pas si facilement manipuler. Surtout qu’il faut chaque fois rappeler les exemplaires en circulation,les détruire et les remplacer par des nouveaux - ce dont les traditions musulmanes ont gardé le souvenir et situent jusqu’à l’époque du gouverneur Hajjaj, au début du VIIIe siècle encore ! Quand il devint trop tard pour le modifier encore en ses consonnes, sa voyellisation puis son interprétation furent à leur tour l’objet d’élaborations (parfois assez savantes). Ainsi, à force d’être manipulé, le texte coranique devint de plus en plus obscur, ce qu’il est aujourd’hui. Mais il était tout à fait clair en ces divers feuillets primitifs c’est-à-dire avant que ceux-ci aient été choisis pour constituer un recueil de 114 parties - le même nombre que de logia de l’évangile de Thomas, nombre lié aux besoins liturgiques selon Pierre Perrier.
Source :Objection,no2,2006 http://revue.objections.free.fr/index.html
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Re : Exegete scientifique du Coran
Suite de l'étude frère Bruno
L’ISLAM, ENTRE MYTHE ET HISTOIRE
Le Coran vient d’être traduit en kabyle. Tirée à 1 000 exemplaires, distribuée dans la région de Tizi-Ouzou, en Kabylie, dans une Algérie où l’islam est religion d’État, et la langue kabyle reconnue seconde langue nationale après l’arabe par la Constitution algérienne, cette édition consacre la prétention de l’islam à la suprématie religieuse et politique, fondée sur sa croyance à une révélation divine.
Il est donc urgent que nous examinions les titres de cette croyance avant de nous faire musulmans comme les Berbères qui, pourtant, ont été chrétiens avant nous Gallo-Romains...
Car le dernier numéro du Monde de la Bible aurait de quoi nous faire perdre la foi. En effet, il explique savamment que les patriarches Abraham, Isaac et Jacob, sont des « figures légendaires » ; Moïse aussi ; David aussi... La Science a parlé ! Ces saints personnages n’ont donc jamais existé. Et toute notre “ Histoire sainte ” est à ranger au rayon des mythologies. En revanche, nul ne songe à mettre en question l’existence de Mahomet le Prophète au nom de la Science !
Il y a cinquante ans, l’abbé de Nantes s’étonnait déjà de ce paradoxe : « Catholiques et incroyants ont l’habitude, encore aujourd’hui, malgré leur sens hypercritique, de considérer l’islam comme un vieux frère qui a fait ses preuves et demeure sans fissure, comme un édifice éternel. » Il décidait alors d’étudier la question de plus près. Il en est résulté cinquante ans d’étude parallèle de la Bible et du Coran aboutissant à une vérité scientifique solidement établie, dont notre foi catholique n’a rien à redouter et qui, seule, peut servir de fondement à un dialogue fructueux avec l’islam. En effet, ces travaux nous permettent aujourd’hui de conclure, sans que subsiste le moindre doute, qu’Abraham, Isaac, Jacob, Moïse et David sont bien des personnages historiques, tandis que “ Mahomet le Prophète ” est un mythe.
ÉCRITURE ET TRADITION
Il suffit d’appliquer la même méthode scientifique, dite “ historico-critique ” à la tradition biblique, juive et chrétienne, d’une part, à la tradition musulmane et au Coran, d’autre part, pour faire une première constatation : la vie de Mahomet et l’histoire de la “ conquête arabe ” ont été inventées de toutes pièces pour expliquer un livre, le Coran, qui les précède l’une et l’autre. Tandis que la tradition juive et chrétienne est première, et les écrits, tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, viennent après les événements fondateurs, pour en consigner les récits transmis par la tradition.
En effet, la prétendue “ Tradition ” musulmane n’en est pas une. Le Père Lammens l’a établi au siècle dernier (cf. Il est ressuscité no 53, p. 9). Tandis que la Bible raconte des événements passés, transmis par une tradition bien antérieure aux écrits, garantie par l’inspiration... et confirmée, de surcroît, par les découvertes archéologiques.
Conséquence : appliquée au Coran, la méthode “ historico-critique ” consiste à comparer l’histoire légendaire que nous raconte la “ Tradition ” musulmane au texte du Coran qu’elle prétend expliquer.
La première question qui se pose est donc de savoir ce que dit le texte.
Les traductions “ officielles ” du Coran ne sont pas fiables puisqu’elles dépendent entièrement de la légende, selon le cercle vicieux dénoncé par le Père Lammens lorsqu’il observait que la rédaction de la vie de Mahomet (sirâ ) « relève non de deux sources parallèles et indépendantes, se complétant et se contrôlant mutuellement, mais d’une seule, le Coran, servilement interprété et développé par la Tradition d’après des idées préconçues [...] essayant de préciser le sens, de mettre partout des dates, des noms propres. Produit de cette exégèse, procédant au petit bonheur, la sirâ reste à écrire, comme le Mahomet historique à découvrir. » (cité en préface de notre traduction du Coran, t. I, p. xv)
Que nous dit en effet la “ Tradition ” ?
Que Mahomet est né à La Mekke. Or, nous l’avons dit, on ne trouve pas dans le Coran le nom de La Mekke, mais seulement celui de « bakka » (III 96).
Que veut dire « bakka » ? C’est toute la question. Apparemment insoluble, du fait que nous ne disposons pas de dictionnaire arabe, faute de littérature arabe antérieure au Coran.
Pourtant, une chose est certaine : La Mekke, donnée traditionnellement pour une grande étape de la « route de l’encens » en provenance de l’Arabie du Sud, sur la foi de la Tradition musulmane, est absente de toutes les cartes anciennes de la péninsule arabique. On ne la trouve pas dans la Géographie de Ptolémée. La première énigme est donc celle du lieu où se situent les événements fondateurs de l’islam !
La deuxième énigme est celle de l’auteur du Coran, car il n’y a pas plus de Mahomet dans l’histoire attestée qu’il n’existe de “ Mekke ” dans la géographie réelle... Il y a seulement un écrivain qui s’attribue le nom divin de muhammad, incompris des commentateurs et indûment interprété comme un nom propre.
Le Père Lammens, pour sa part, n’a pas tenté de résoudre l’énigme, ni personne après lui, « l’exégèse scientifique du Coran restant à créer », reconnaissait-il, sans s’y risquer lui-même. Faute de quoi, l’islamologie persiste depuis cent ans dans une logomachie contraire non seulement à la méthode “ historico-critique ”, mais au simple bon sens.
CLEF DE LECTURE
L’abbé de Nantes tenait beaucoup à confronter sans cesse la traduction officielle à celle que nous proposions, afin que le lecteur puisse en juger par lui-même. Il nous en suggère un bon exemple dans sa postface au tome II de notre traduction : « Ah ! mon fils, quelle collection de perles vous nous offrez là ! Il faut le lire pour le croire : “ ( Les fils d’Israël ) machinèrent (contre Jésus, mais) Allah machina (contre eux) et Il est le meilleur de ceux qui machinent. ” textuel ! C’est signé Régis Blachère, professeur à la Faculté des lettres de Paris. “ Machiner le machin ”, voilà une fameuse devinette ! » (Georges de Nantes, postface à notre tome II, p. 290)
En voici la solution. Il s’agit d’un passage de la sourate III concernant Jésus. Ce verset est d’un laconisme déconcertant, avec un seul verbe, répété trois fois. Sans sujet la première fois, ni complément : makarû. La clef de l’énigme ? Ce verbe arabe est la pure et simple transposition du verbe hébreu mâkhar, « vendre », employé dans la Bible à propos de Joseph vendu par ses frères : « Ils vendirent (yimkerû) Joseph aux Ismaélites pour vingt pièces d’argent. » (Gn 37, 28)
Dès lors, le verset se traduit ainsi :
« Alors, ils livrèrent et le Dieu livra, mais le Dieu délivre ceux qui sont livrés. » (III 54).
Qui « a livré » qui ? Selon l’Évangile, c’est Judas qui a livré Jésus (Mc 14, 10-11 ; cf. Jn 6, 71), selon ce passage du Coran consacré à « Jésus fils de Marie », c’est « ceux qui suivaient » Jésus, c’est-à-dire ses disciples, se disant « les Nazôréens du Dieu », et se déclarant « parfaits (muslimûn) » ; non pas « soumis », mais « parfaits », comme nous l’expliquerons plus loin :
« Ceux qui suivaient disaient : “ Nous sommes les Nazôréens du Dieu. Nous croyons au Dieu. Sois-en donc témoin : nous sommes parfaits. ” » (III 52).
Les disciples de Jésus se proclament « parfaits (muslimûn) », en raison de leur profession de foi. Non seulement ils se rendent à eux-mêmes ce bon témoignage, mais encore ils en prennent Jésus à témoin. C’est, par rapport à l’Évangile où les disciples de Jésus sont les témoins de sa « perfection » à lui (Jn 8, 46), un complet renversement des rôles !
Dans quel but ? sinon faire de Jésus le témoin de l’islâm, la religion « parfaite », et de tous les chrétiens des Judas ! Ils ont livré Jésus en dépit de leur profession d’islâm dont ils révélèrent ainsi l’hypocrisie dénoncée dès le début du Coran (cf. II 2-14). Toujours les Nazôréens ont trahi l’islâm. Telle est la leçon de l’histoire de Jésus « livré ».
L’auteur du Coran affirme cependant que cela même était dans le dessein de Dieu : « Ils livrèrent et le Dieu livra, mais le Dieu délivre ceux qui sont livrés. » Il parle comme saint Pierre le jour de la Pentecôte : « Cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies, mais Dieu l’a ressuscité, le délivrant des affres de l’Hadès. » (Ac 2, 23-24)
Toutefois, le Coran s’écarte du Nouveau Testament en omettant le récit de la mort et de la résurrection de Jésus, celui de sa nativité, de sa vie, cachée ou publique. Que reste-t-il ? Des « annonces », qui font comme des prophéties : l’intention est manifestement de proposer Jésus en figure de celui qui devait venir, « pris du milieu » des enfants d’Ismaël, à savoir l’auteur du Coran lui-même (Il est ressuscité n° 53, p. 14-15) !
Cet auteur aurait-il fait l’expérience d’une trahison semblable à celle que subit Jésus de la part de « ceux qui le suivaient » ? C’est en effet ce que nous révèle une traduction attentive, mais scientifique, du texte du Coran, en nous découvrant une histoire bien différente de celle que nous raconte la légende traditionnelle.
(A SUIVRE)
L’ISLAM, ENTRE MYTHE ET HISTOIRE
Le Coran vient d’être traduit en kabyle. Tirée à 1 000 exemplaires, distribuée dans la région de Tizi-Ouzou, en Kabylie, dans une Algérie où l’islam est religion d’État, et la langue kabyle reconnue seconde langue nationale après l’arabe par la Constitution algérienne, cette édition consacre la prétention de l’islam à la suprématie religieuse et politique, fondée sur sa croyance à une révélation divine.
Il est donc urgent que nous examinions les titres de cette croyance avant de nous faire musulmans comme les Berbères qui, pourtant, ont été chrétiens avant nous Gallo-Romains...
Car le dernier numéro du Monde de la Bible aurait de quoi nous faire perdre la foi. En effet, il explique savamment que les patriarches Abraham, Isaac et Jacob, sont des « figures légendaires » ; Moïse aussi ; David aussi... La Science a parlé ! Ces saints personnages n’ont donc jamais existé. Et toute notre “ Histoire sainte ” est à ranger au rayon des mythologies. En revanche, nul ne songe à mettre en question l’existence de Mahomet le Prophète au nom de la Science !
Il y a cinquante ans, l’abbé de Nantes s’étonnait déjà de ce paradoxe : « Catholiques et incroyants ont l’habitude, encore aujourd’hui, malgré leur sens hypercritique, de considérer l’islam comme un vieux frère qui a fait ses preuves et demeure sans fissure, comme un édifice éternel. » Il décidait alors d’étudier la question de plus près. Il en est résulté cinquante ans d’étude parallèle de la Bible et du Coran aboutissant à une vérité scientifique solidement établie, dont notre foi catholique n’a rien à redouter et qui, seule, peut servir de fondement à un dialogue fructueux avec l’islam. En effet, ces travaux nous permettent aujourd’hui de conclure, sans que subsiste le moindre doute, qu’Abraham, Isaac, Jacob, Moïse et David sont bien des personnages historiques, tandis que “ Mahomet le Prophète ” est un mythe.
ÉCRITURE ET TRADITION
Il suffit d’appliquer la même méthode scientifique, dite “ historico-critique ” à la tradition biblique, juive et chrétienne, d’une part, à la tradition musulmane et au Coran, d’autre part, pour faire une première constatation : la vie de Mahomet et l’histoire de la “ conquête arabe ” ont été inventées de toutes pièces pour expliquer un livre, le Coran, qui les précède l’une et l’autre. Tandis que la tradition juive et chrétienne est première, et les écrits, tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, viennent après les événements fondateurs, pour en consigner les récits transmis par la tradition.
En effet, la prétendue “ Tradition ” musulmane n’en est pas une. Le Père Lammens l’a établi au siècle dernier (cf. Il est ressuscité no 53, p. 9). Tandis que la Bible raconte des événements passés, transmis par une tradition bien antérieure aux écrits, garantie par l’inspiration... et confirmée, de surcroît, par les découvertes archéologiques.
Conséquence : appliquée au Coran, la méthode “ historico-critique ” consiste à comparer l’histoire légendaire que nous raconte la “ Tradition ” musulmane au texte du Coran qu’elle prétend expliquer.
La première question qui se pose est donc de savoir ce que dit le texte.
Les traductions “ officielles ” du Coran ne sont pas fiables puisqu’elles dépendent entièrement de la légende, selon le cercle vicieux dénoncé par le Père Lammens lorsqu’il observait que la rédaction de la vie de Mahomet (sirâ ) « relève non de deux sources parallèles et indépendantes, se complétant et se contrôlant mutuellement, mais d’une seule, le Coran, servilement interprété et développé par la Tradition d’après des idées préconçues [...] essayant de préciser le sens, de mettre partout des dates, des noms propres. Produit de cette exégèse, procédant au petit bonheur, la sirâ reste à écrire, comme le Mahomet historique à découvrir. » (cité en préface de notre traduction du Coran, t. I, p. xv)
Que nous dit en effet la “ Tradition ” ?
Que Mahomet est né à La Mekke. Or, nous l’avons dit, on ne trouve pas dans le Coran le nom de La Mekke, mais seulement celui de « bakka » (III 96).
Que veut dire « bakka » ? C’est toute la question. Apparemment insoluble, du fait que nous ne disposons pas de dictionnaire arabe, faute de littérature arabe antérieure au Coran.
Pourtant, une chose est certaine : La Mekke, donnée traditionnellement pour une grande étape de la « route de l’encens » en provenance de l’Arabie du Sud, sur la foi de la Tradition musulmane, est absente de toutes les cartes anciennes de la péninsule arabique. On ne la trouve pas dans la Géographie de Ptolémée. La première énigme est donc celle du lieu où se situent les événements fondateurs de l’islam !
La deuxième énigme est celle de l’auteur du Coran, car il n’y a pas plus de Mahomet dans l’histoire attestée qu’il n’existe de “ Mekke ” dans la géographie réelle... Il y a seulement un écrivain qui s’attribue le nom divin de muhammad, incompris des commentateurs et indûment interprété comme un nom propre.
Le Père Lammens, pour sa part, n’a pas tenté de résoudre l’énigme, ni personne après lui, « l’exégèse scientifique du Coran restant à créer », reconnaissait-il, sans s’y risquer lui-même. Faute de quoi, l’islamologie persiste depuis cent ans dans une logomachie contraire non seulement à la méthode “ historico-critique ”, mais au simple bon sens.
CLEF DE LECTURE
L’abbé de Nantes tenait beaucoup à confronter sans cesse la traduction officielle à celle que nous proposions, afin que le lecteur puisse en juger par lui-même. Il nous en suggère un bon exemple dans sa postface au tome II de notre traduction : « Ah ! mon fils, quelle collection de perles vous nous offrez là ! Il faut le lire pour le croire : “ ( Les fils d’Israël ) machinèrent (contre Jésus, mais) Allah machina (contre eux) et Il est le meilleur de ceux qui machinent. ” textuel ! C’est signé Régis Blachère, professeur à la Faculté des lettres de Paris. “ Machiner le machin ”, voilà une fameuse devinette ! » (Georges de Nantes, postface à notre tome II, p. 290)
En voici la solution. Il s’agit d’un passage de la sourate III concernant Jésus. Ce verset est d’un laconisme déconcertant, avec un seul verbe, répété trois fois. Sans sujet la première fois, ni complément : makarû. La clef de l’énigme ? Ce verbe arabe est la pure et simple transposition du verbe hébreu mâkhar, « vendre », employé dans la Bible à propos de Joseph vendu par ses frères : « Ils vendirent (yimkerû) Joseph aux Ismaélites pour vingt pièces d’argent. » (Gn 37, 28)
Dès lors, le verset se traduit ainsi :
« Alors, ils livrèrent et le Dieu livra, mais le Dieu délivre ceux qui sont livrés. » (III 54).
Qui « a livré » qui ? Selon l’Évangile, c’est Judas qui a livré Jésus (Mc 14, 10-11 ; cf. Jn 6, 71), selon ce passage du Coran consacré à « Jésus fils de Marie », c’est « ceux qui suivaient » Jésus, c’est-à-dire ses disciples, se disant « les Nazôréens du Dieu », et se déclarant « parfaits (muslimûn) » ; non pas « soumis », mais « parfaits », comme nous l’expliquerons plus loin :
« Ceux qui suivaient disaient : “ Nous sommes les Nazôréens du Dieu. Nous croyons au Dieu. Sois-en donc témoin : nous sommes parfaits. ” » (III 52).
Les disciples de Jésus se proclament « parfaits (muslimûn) », en raison de leur profession de foi. Non seulement ils se rendent à eux-mêmes ce bon témoignage, mais encore ils en prennent Jésus à témoin. C’est, par rapport à l’Évangile où les disciples de Jésus sont les témoins de sa « perfection » à lui (Jn 8, 46), un complet renversement des rôles !
Dans quel but ? sinon faire de Jésus le témoin de l’islâm, la religion « parfaite », et de tous les chrétiens des Judas ! Ils ont livré Jésus en dépit de leur profession d’islâm dont ils révélèrent ainsi l’hypocrisie dénoncée dès le début du Coran (cf. II 2-14). Toujours les Nazôréens ont trahi l’islâm. Telle est la leçon de l’histoire de Jésus « livré ».
L’auteur du Coran affirme cependant que cela même était dans le dessein de Dieu : « Ils livrèrent et le Dieu livra, mais le Dieu délivre ceux qui sont livrés. » Il parle comme saint Pierre le jour de la Pentecôte : « Cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies, mais Dieu l’a ressuscité, le délivrant des affres de l’Hadès. » (Ac 2, 23-24)
Toutefois, le Coran s’écarte du Nouveau Testament en omettant le récit de la mort et de la résurrection de Jésus, celui de sa nativité, de sa vie, cachée ou publique. Que reste-t-il ? Des « annonces », qui font comme des prophéties : l’intention est manifestement de proposer Jésus en figure de celui qui devait venir, « pris du milieu » des enfants d’Ismaël, à savoir l’auteur du Coran lui-même (Il est ressuscité n° 53, p. 14-15) !
Cet auteur aurait-il fait l’expérience d’une trahison semblable à celle que subit Jésus de la part de « ceux qui le suivaient » ? C’est en effet ce que nous révèle une traduction attentive, mais scientifique, du texte du Coran, en nous découvrant une histoire bien différente de celle que nous raconte la légende traditionnelle.
(A SUIVRE)
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Re : Exegete scientifique du Coran
ÉCRITURE (kitâb) ET LECTURE (qur’an)
En tout premier lieu, il ne faut pas nous représenter la péninsule arabique comme un vaste désert peuplé par les nomades faméliques et querelleurs décrits par la légende musulmane, à seule fin d’y faire surgir soudain « Mahomet », tenant son Livre saint à la main, et commençant la conquête de La Mecque, de l’Arabie, et puis du monde. Quelques oasis du Hedjaz, du nord de la péninsule et de la région du golfe Persique, d’une part, les montagnes bien arrosées du Yémen et de l’Oman d’autre part, ont été occupées depuis des temps très anciens par des populations sédentaires, rapidement organisées en États relativement complexes, dont les principales activités étaient l’agriculture, le commerce caravanier et, au sud de la péninsule, la production de l’encens et des aromates. Ces États étaient certainement dotés d’administrations qui faisaient usage de l’écriture. Celle-ci est donc assurément ancienne en Arabie, bien que les plus anciens documents écrits, actuellement connus, ne semblent pas antérieurs au sixième ou au cinquième siècle avant notre ère. Tandis que le phénicien qui est à l’origine de l’araméen, de l’hébreu, du grec, est antérieur au treizième siècle.
Et l’arabe ? L’auteur du Coran affirme avoir enseigné l’ « écriture (kitâb ) » et la « lecture (qur’ân) », aux enfants d’Ismaël. De fait, la sourate I constitue le premier témoignage littéraire d’une écriture arabe dérivée de l’écriture nabatéenne, elle-même apparue au deuxième siècle environ comme une variante cursive de l’alphabet araméen. L’arabe apparaît, lui, non pas comme une langue commerciale, mais d’abord comme une langue religieuse. Les témoignages épigraphiques en font foi : c’est seulement au sixième siècle de notre ère qu’un texte vraiment « arabe » surgit pour la première fois, avec l’inscription de Zabad (reproduite dans le n° 53 de Il est ressuscité, janvier 2007, p. 10), dans la région syro-mésopotamienne (voyez la carte ci-dessous), et cette inscription est chrétienne. Le terme de l’évolution paraît définitivement atteint avec l’inscription de Harrân, qui porte la date de 568 et est encore chrétienne (ibid., p. 11).

Le fait est bien connu : « Ce sont les chrétiens surtout qui ont créé des alphabets pour les peuples qu’ils convertissaient, et qui leur ont appris à lire et à écrire. L’arabe dit classique ne fait pas exception. Son alphabet est dû aux chrétiens ; car c’est chez les Arabes chrétiens de Syrie qu’on trouve les plus anciens spécimens de cette écriture. » (François Nau, Les Arabes chrétiens de Mésopotamie et de Syrie du septième au huitième siècle, Paris, 1933, p. 96)
Les deux inscriptions de Zabad et de Harrân montrent en effet qu’au sixième siècle, la langue et l’écriture arabes étaient fixées, et utilisées dans les communautés chrétiennes de Syrie, conjointement avec le grec et le syriaque.
« Il ne semble cependant pas qu’on ait beaucoup employé l’arabe, car il était en somme illisible. » (ibid., p. 98)
À Zabad, l’inscription grecque - araméenne - arabe, n’est pas une inscription trilingue à proprement parler, car les trois langues ne donnent pas le même texte. C’est une bilingue grecque-syriaque, à laquelle ont été ajoutés plus tard de nouveaux noms propres grecs et arabes.
À Harrân, l’inscription est bilingue : grecque-arabe. Le grec a servi de base aux laborieuses tentatives de déchiffrement de l’arabe. Il n’en va pas autrement du Coran : il nous faut faire appel à toutes les langues en usage en Orient, surtout l’hébreu et l’araméen, pour le déchiffrer et le traduire. Mais aussi le grec, dès les premiers mots : « L’Écrit que voici contient une Voie sans querelle pour les prédestinés. » (II 2)
« Une Voie (hudan) » est directement transcrit du grec hodos, la « Voie », qui désigne Jésus lui-même, dans le Nouveau Testament (Jn 14, 6), et ceux qui le suivent (Ac 9, 2). Dans le Coran, il s’agit d’une « Voie » bien différente, objet d’un enseignement dont le mot clef est ‘aliyyâh, « montée » !
À LA RECHERCHE D’UN ITINÉRAIRE
« Montez ! » (ta‘âlaw ; III, 61), de l’hébreu ‘âlâh. Où ? À Jérusalem (’as-salam ; II 208 ; IV 90, 91, 94 ; V 16) ! L’auteur parle comme Isaïe : « Venez, montons (na‘alèh) à la montagne de Yahweh » (Is 2, 2), et il agit comme Jésus qui, un jour, « durcit son visage » pour le tourner vers Jérusalem, y « monter » afin d’y souffrir mort et passion (cf. Lc 9, 51 ; 13, 22 ; 19, 28).
Mais lui y monte en chef de guerre :
« Montez ! Convoquons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes, puis nous sèmerons l’épouvante et jetterons la malédiction du Dieu sur les menteurs. » (III 61)
Son appel est un enchaînement de réminiscences bibliques, d’une puissante résonance eschatologique, comme pour un jugement dernier.
Un petit tableau synoptique suffit à mettre en lumière la connaissance approfondie que l’auteur a de la Bible, à laquelle il se réfère d’ailleurs en propre terme, transcrivant en arabe le terme grec biblia (II 102).
-----------------------------------------------------------------------------------
(Sourate II, verset 195)
Sortez !
=>
(Jérémie 50,
Sortez !
(Isaïe 48, 20) Sortez de Babylone !
(Apocalypse 18, 4) Sortez, ô mon peuple !
-----------------------------------------------------------------------------------
dans le sentier du Dieu
=>
(Isaïe 40, 3) Préparez dans le désert une
route pour Yahweh
Tracez droit dans la steppe un chemin
pour notre Dieu.
-------------------------------------------------------------------------------------
rendez fortes vos mains.
jusqu’à la procession.
=>
(Isaïe 35, 3) Rendez fortes les mains fatiguées
et fermes les genoux chancelants.
-------------------------------------------------------------------------------------
Le mot de “ procession ”, transcrit de l’hébreu, désigne dans le Livre de Néhémie, la cérémonie qui marqua la dédicace des nouveaux remparts de Jérusalem, après le retour d’exil (Ne 12, 31). Tel un nouveau Néhémie, l’auteur se promet de former la « procession » lorsque les enfants d’Ismaël auront remporté la victoire.
Commencée par la « sortie » sur le « sentier du Dieu », renouvelant le premier « pèlerinage » (hajj ) des enfants d’Israël sortis d’Égypte et marchant vers la Terre promise, ils achèveront leur « montée (‘aliyyâh) » à Jérusalem pour y célébrer la nouvelle Pâque (II 158, 196).
Jérusalem, où l’on entre par les « portes du Dieu » (II 158) désignées par leurs noms : ’as-safâ, transcription arabe de ha-sôphîm, « la sentinelle », nom d’une éminence sise au nord de Jérusalem d’où l’on découvre la Ville sainte comme d’un observatoire, d’une part ; et ’al-marwat, transcription de mârôt, localité de la montagne de Juda sise « à la porte (le-ša‘ar ) », selon le livre de Michée (Mi 1, 12), d’autre part.
« Oui, ’as-safâ et ’al-marwat sont parmi les portes (ša‘â’iri ) du Dieu. » (II 158)
(A SUIVRE)
En tout premier lieu, il ne faut pas nous représenter la péninsule arabique comme un vaste désert peuplé par les nomades faméliques et querelleurs décrits par la légende musulmane, à seule fin d’y faire surgir soudain « Mahomet », tenant son Livre saint à la main, et commençant la conquête de La Mecque, de l’Arabie, et puis du monde. Quelques oasis du Hedjaz, du nord de la péninsule et de la région du golfe Persique, d’une part, les montagnes bien arrosées du Yémen et de l’Oman d’autre part, ont été occupées depuis des temps très anciens par des populations sédentaires, rapidement organisées en États relativement complexes, dont les principales activités étaient l’agriculture, le commerce caravanier et, au sud de la péninsule, la production de l’encens et des aromates. Ces États étaient certainement dotés d’administrations qui faisaient usage de l’écriture. Celle-ci est donc assurément ancienne en Arabie, bien que les plus anciens documents écrits, actuellement connus, ne semblent pas antérieurs au sixième ou au cinquième siècle avant notre ère. Tandis que le phénicien qui est à l’origine de l’araméen, de l’hébreu, du grec, est antérieur au treizième siècle.
Et l’arabe ? L’auteur du Coran affirme avoir enseigné l’ « écriture (kitâb ) » et la « lecture (qur’ân) », aux enfants d’Ismaël. De fait, la sourate I constitue le premier témoignage littéraire d’une écriture arabe dérivée de l’écriture nabatéenne, elle-même apparue au deuxième siècle environ comme une variante cursive de l’alphabet araméen. L’arabe apparaît, lui, non pas comme une langue commerciale, mais d’abord comme une langue religieuse. Les témoignages épigraphiques en font foi : c’est seulement au sixième siècle de notre ère qu’un texte vraiment « arabe » surgit pour la première fois, avec l’inscription de Zabad (reproduite dans le n° 53 de Il est ressuscité, janvier 2007, p. 10), dans la région syro-mésopotamienne (voyez la carte ci-dessous), et cette inscription est chrétienne. Le terme de l’évolution paraît définitivement atteint avec l’inscription de Harrân, qui porte la date de 568 et est encore chrétienne (ibid., p. 11).

Le fait est bien connu : « Ce sont les chrétiens surtout qui ont créé des alphabets pour les peuples qu’ils convertissaient, et qui leur ont appris à lire et à écrire. L’arabe dit classique ne fait pas exception. Son alphabet est dû aux chrétiens ; car c’est chez les Arabes chrétiens de Syrie qu’on trouve les plus anciens spécimens de cette écriture. » (François Nau, Les Arabes chrétiens de Mésopotamie et de Syrie du septième au huitième siècle, Paris, 1933, p. 96)
Les deux inscriptions de Zabad et de Harrân montrent en effet qu’au sixième siècle, la langue et l’écriture arabes étaient fixées, et utilisées dans les communautés chrétiennes de Syrie, conjointement avec le grec et le syriaque.
« Il ne semble cependant pas qu’on ait beaucoup employé l’arabe, car il était en somme illisible. » (ibid., p. 98)
À Zabad, l’inscription grecque - araméenne - arabe, n’est pas une inscription trilingue à proprement parler, car les trois langues ne donnent pas le même texte. C’est une bilingue grecque-syriaque, à laquelle ont été ajoutés plus tard de nouveaux noms propres grecs et arabes.
À Harrân, l’inscription est bilingue : grecque-arabe. Le grec a servi de base aux laborieuses tentatives de déchiffrement de l’arabe. Il n’en va pas autrement du Coran : il nous faut faire appel à toutes les langues en usage en Orient, surtout l’hébreu et l’araméen, pour le déchiffrer et le traduire. Mais aussi le grec, dès les premiers mots : « L’Écrit que voici contient une Voie sans querelle pour les prédestinés. » (II 2)
« Une Voie (hudan) » est directement transcrit du grec hodos, la « Voie », qui désigne Jésus lui-même, dans le Nouveau Testament (Jn 14, 6), et ceux qui le suivent (Ac 9, 2). Dans le Coran, il s’agit d’une « Voie » bien différente, objet d’un enseignement dont le mot clef est ‘aliyyâh, « montée » !
À LA RECHERCHE D’UN ITINÉRAIRE
« Montez ! » (ta‘âlaw ; III, 61), de l’hébreu ‘âlâh. Où ? À Jérusalem (’as-salam ; II 208 ; IV 90, 91, 94 ; V 16) ! L’auteur parle comme Isaïe : « Venez, montons (na‘alèh) à la montagne de Yahweh » (Is 2, 2), et il agit comme Jésus qui, un jour, « durcit son visage » pour le tourner vers Jérusalem, y « monter » afin d’y souffrir mort et passion (cf. Lc 9, 51 ; 13, 22 ; 19, 28).
Mais lui y monte en chef de guerre :
« Montez ! Convoquons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes, puis nous sèmerons l’épouvante et jetterons la malédiction du Dieu sur les menteurs. » (III 61)
Son appel est un enchaînement de réminiscences bibliques, d’une puissante résonance eschatologique, comme pour un jugement dernier.
Un petit tableau synoptique suffit à mettre en lumière la connaissance approfondie que l’auteur a de la Bible, à laquelle il se réfère d’ailleurs en propre terme, transcrivant en arabe le terme grec biblia (II 102).
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(Sourate II, verset 195)
Sortez !
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(Jérémie 50,
(Isaïe 48, 20) Sortez de Babylone !
(Apocalypse 18, 4) Sortez, ô mon peuple !
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dans le sentier du Dieu
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(Isaïe 40, 3) Préparez dans le désert une
route pour Yahweh
Tracez droit dans la steppe un chemin
pour notre Dieu.
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rendez fortes vos mains.
jusqu’à la procession.
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(Isaïe 35, 3) Rendez fortes les mains fatiguées
et fermes les genoux chancelants.
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Le mot de “ procession ”, transcrit de l’hébreu, désigne dans le Livre de Néhémie, la cérémonie qui marqua la dédicace des nouveaux remparts de Jérusalem, après le retour d’exil (Ne 12, 31). Tel un nouveau Néhémie, l’auteur se promet de former la « procession » lorsque les enfants d’Ismaël auront remporté la victoire.
Commencée par la « sortie » sur le « sentier du Dieu », renouvelant le premier « pèlerinage » (hajj ) des enfants d’Israël sortis d’Égypte et marchant vers la Terre promise, ils achèveront leur « montée (‘aliyyâh) » à Jérusalem pour y célébrer la nouvelle Pâque (II 158, 196).
Jérusalem, où l’on entre par les « portes du Dieu » (II 158) désignées par leurs noms : ’as-safâ, transcription arabe de ha-sôphîm, « la sentinelle », nom d’une éminence sise au nord de Jérusalem d’où l’on découvre la Ville sainte comme d’un observatoire, d’une part ; et ’al-marwat, transcription de mârôt, localité de la montagne de Juda sise « à la porte (le-ša‘ar ) », selon le livre de Michée (Mi 1, 12), d’autre part.
« Oui, ’as-safâ et ’al-marwat sont parmi les portes (ša‘â’iri ) du Dieu. » (II 158)
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Re : Exegete scientifique du Coran
« LA MAISON D’ABRAHAM »
Que vient faire ici Jérusalem ? Cette Cité sainte est tout simplement le but d’un pèlerinage (hajj) le pèlerinage par excellence depuis l’antiquité. Après la conversion de Constantin, les chrétiens commencèrent à se rendre à Jérusalem, via le mont Nébo, et l’Arabie ! sur les pas des patriarches Abraham, Isaac, Jacob et ses douze fils, s’identifiant ainsi au peuple de Dieu qui suivit Moïse dans le désert, mais pour se rendre en Terre promise.
Les “ musulmans ” sont seulement des “ pèlerins ” d’un nouveau genre... Qu’ont-ils trouvé à Jérusalem ?
Pour répondre à cette question, il nous suffit de lire le journal... en 2007 après Jésus-Christ ! Nous y apprenons que les Israéliens entreprennent des travaux de soutènement, sous l’esplanade des Mosquées, à Jérusalem ; le commencement des travaux a donné lieu, le mois dernier, à de violents affrontements entre les forces de l’ordre israéliennes et les Palestiniens. Le mufti a stigmatisé les travaux et dénoncé la « politique de judaïsation de Jérusalem ». Selon l’Office de protection des biens religieux musulmans, ces travaux menaçaient les fondations de l’esplanade sur laquelle a été construite la mosquée Al-Aqsa.
Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ! Nous avons expliqué que la restauration des « assises du Temple » était précisément le but que se proposait l’auteur du Coran (II 127 ; cf. Il est ressuscité no 53, janvier 2007, p. 7-18). En arabe, l’expression est aujourd’hui comprise de tout le monde : rétablir les assises, ’al-qawâ‘ida.
Vous avez dit : Al Qa’ida ?
« Abraham rétablira les assises du Temple... avec Ismaël. » Et voilà comment Israël est évacué au profit d’Ismaël ! Où l’on voit que la référence à Abraham est une pierre d’achoppement, cause de discorde plutôt que de concorde “ interreligieuse ”, depuis treize siècles !
Il en irait tout autrement si nous nous tournions vers la fille d’Abraham, la Vierge Marie. C’est ce que nous allons découvrir.
Déjà, au quatrième siècle, sous le règne de Julien l’Apostat (361-363), le projet des juifs avait été de reconstruire le Temple. Ils en obtinrent la permission de l’empereur. Mais « un tremblement de terre et un feu jailli des fondations entraînèrent l’arrêt des travaux à peine commencés, non seulement parce qu’ils en rendaient la poursuite impossible matériellement, mais parce qu’ils ont été compris comme un châtiment divin condamnant l’entreprise. » (Françoise Thelamon, Païens et chrétiens au quatrième siècle. L’apport de l’ « Histoire ecclésiastique » de Rufin d’Aquilée, Études augustiniennes, 1981, p. 294-309)
Il faut lire Rufin d’Aquilée (début du cinquième siècle) pour mesurer l’immense retentissement de l’événement sur les contemporains et sur les générations suivantes :
« Et voilà que, la dernière nuit avant le début des travaux, a lieu un violent tremblement de terre. Non seulement les blocs des fondations sont projetés de tous côtés mais encore presque tous les édifices de l’endroit sont démolis. Les portiques publics où était installée une foule de juifs qui s’occupaient de la réalisation de l’ouvrage, s’écroulèrent et écrasèrent tous les juifs qui s’y trouvaient. Mais quand le jour fut levé, comme ils croyaient avoir échappé au malheur, les autres accoururent pour rechercher ceux qui avaient été ensevelis sous les décombres.
« Il y avait un local enfoncé dans les parties basses du Temple, dont l’entrée se trouvait entre les deux portiques qui s’étaient effondrés ; on y rangeait des outils et tout ce qui était nécessaire pour le travail. Soudain, une boule de feu en jaillit et, parcourant toute la place, elle se déplaçait en tous sens, brûlant et tuant les juifs qui étaient là. Ce prodige, en se répétant à diverses reprises et à brefs intervalles pendant la journée, réprimait, par des flammes vengeresses, la témérité de ce peuple obstiné. » (ibid., p. 304)
Le prodige est si bien attesté qu’il est impossible de le mettre en doute, quelle que soit l’explication donnée par l’historien : « Un tremblement de terre a eu lieu en Palestine en mai 363, arrêtant le 19 mai les travaux commencés le 18. Il peut avoir provoqué une explosion de gaz accumulé dans un local souterrain, suivie d’un incendie qui aura détruit les matériaux et fait des victimes » (ibid., p. 304).
Deux cent cinquante ans plus tard, au début du septième siècle, le Coran s’en fait encore l’écho, en témoignant d’un événement qui peut être daté de la conquête de Jérusalem par les Perses et leurs alliés « Saracènes », en 614. L’auteur raconte que « le feu » (’an-nâr ; III 103) était toujours dans le « trou » mais, cette fois, il a épargné les enfants d’Ismaël par une « douceur » du Dieu : « Alors que vous étiez au bord d’un trou de feu, Il vous a sauvés. »
« Abraham rétablira les assises du Temple (bayt) avec Ismaël. » (III 127) Le mot arabe bayt est transposé de l’hébreu bayit, qui signifie « maison », et plus encore « Temple ». Il est employé deux versets plus haut pour désigner « le Lieu d’Abraham » (II 125), autrement dit : le Temple de Jérusalem dont une tradition constante place la construction sur le mont Moriyya, lieu du sacrifice d’Isaac par Abraham.
Les commentateurs, inventeurs de la “ Tradition ”, traduisent bayt par « Maison », et identifient cette « Maison » avec l’édifice situé actuellement dans la cour de la grande mosquée de La Mekke, appelée Ka‘ba.
Or, il n’est jamais question de La Mekke dans le Coran, nous l’avons dit, mais seulement de bakka (III 96), que les orientalistes modifient en makka, sans aucune justification. Et bakka nous ramène à Jérusalem, inexorablement. Il désigne le « val de bâkâ’ » chanté par le psalmiste (Ps 84, 7). À moins que ce terme ne désigne le “ mur des lamentations ”, seul vestige du Temple construit par Hérode, détruit par Titus en 70.
L’hébreu bâkkâ’ signifie en effet « larme » (cf. Jg 2, 5), et l’on doit peut-être traduire : « Oui, la première Maison qui a donné la vie aux hommes est celle des larmes, bénédiction et voie pour les siècles. » (III 96) Dans le psaume 84, le « val de Bakka » est interprété « val des larmes » dans de nombreux manuscrits et versions, dont celle de notre office divin : “ in valle lacrymarum ”. Situé au nord de la vallée de Hinnom, ce lieu était la dernière étape de ceux qui se rendaient en pèlerinage à Jérusalem, au carrefour des routes venant du nord, de l’ouest et du sud.
Le mot de « bénédiction (mubârakan) » renforce le rapprochement avec le psaume :
« Passant par le val de Baka, chante le psalmiste, ils ont bu à la source, la première pluie le vêtira de bénédictions (berâkhôt ). » (Ps 84, 7)
L’affirmation selon laquelle ce lieu « a donné la vie » paraît aussi empruntée au psaume 84 qui célèbre « les parvis de Yahweh », but du pèlerin en marche vers les parvis du Temple de Jérusalem, comme source de « grâce » et de « gloire » (cf. Ps 42 ; cf. Ez 47, 9).
La « Maison de Bakka » fut donc 1° source de « vie », 2° « bénédiction », 3° « Voie », et elle le reste « pour les siècles (li-l-‘âlamîna) ». On aperçoit la pointe polémique de cette affirmation, contredisant la parole de Jésus qui se donnait lui-même pour « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6), et substituait au Temple son propre corps (Jn 2, 21). Encore que, selon l’auteur, “ moderniste ” avant la lettre, les disciples de Jésus lui aient prêté des paroles qu’il n’avait jamais dites.
C’est pourquoi il emploie, pour désigner « l’Évangile » (’al-’injîl ; III 3, 48, 65), le sigle péjoratif formé par les trois lettres aïn-waw-ghimel, abréviation rabbinique pour désigner un « serviteur des idoles ».
Ainsi, la pointe polémique antichrétienne affleure et se précise à mesure que se dévoile un contexte où, comme Jésus auquel il se substitue (Il est ressuscité no 53, janv. 2007, p. 14-16), ledit « bien-aimé (muhammad ) » entreprend de « monter » à Jérusalem (III 61), et tente d’y entraîner les « gens de l’Écriture », juifs et nazôréens ensemble, comme un nouveau Moïse les menant « dans le sentier du Dieu », sentier de la guerre qu’il faut livrer pour s’ouvrir la route de Jérusalem.
L’auteur polémique contre ceux qui « comptent » pour « partie de l’Écriture » ce qui n’est que « langage » humain, à savoir les Évangélistes. Par exemple, faire « dire » aux hommes par « une chair (bašar ) », Jésus, le “ Verbe fait chair ” (Jn 1, 14), à qui « le Dieu (Allah ) » a donné l’Écriture et la Sagesse et la Prophétie : « Soyez des serviteurs pour moi, plutôt que pour le Dieu », c’est « mentir contre le Dieu », c’est « apostasier », c’est renier l’état de « parfaits (muslimûn) », c’est « devenir fous », être « schismatiques » (III 78-82).
Il est remarquable aussi que l’auteur du Coran n’accuse pas Jésus d’avoir proféré pareil blasphème, mais ses disciples, les « Nazôréens », ceux qui sont « venus après », lui « rendant gloire » comme à « un enfant » du Dieu, comme on « rend gloire » au Dieu lui-même, le « mêlant » ainsi au Dieu, dans un Livre écrit de leur main : « l’Évangile ». Alors qu’un « bien-aimé » – le nom que Jésus reçoit lors de son baptême, ou de sa Transfiguration, l’auteur ne le nie pas – un « bien-aimé » n’est qu’un « oracle », un rasul, un prophète, organe du Dieu, mais non pas Dieu lui-même.
L’auteur du Coran s’en prend aussi au Nouveau Testament qui nous montre Jésus s’appropriant le Nom révélé à Moïse dans le Buisson ardent : « Je suis » (egô eimi ; Jn 8, 24. 58 ; 13, 19). Il marque sa volonté contraire de revenir à une notion de la divinité commune chez les Sudarabes au temps du paganisme : ’Il, nom commun de Dieu, emphatisé en ’Ilah, dont l’affirmation d’existence (kâna) évoque le tétragramme sacré Yahweh, « Il est », imprononçable : « le Dieu est » (’allâha kâna ; IV 11, 17, 24, 26, 92, 104, 111).
(A SUIVRE)
Que vient faire ici Jérusalem ? Cette Cité sainte est tout simplement le but d’un pèlerinage (hajj) le pèlerinage par excellence depuis l’antiquité. Après la conversion de Constantin, les chrétiens commencèrent à se rendre à Jérusalem, via le mont Nébo, et l’Arabie ! sur les pas des patriarches Abraham, Isaac, Jacob et ses douze fils, s’identifiant ainsi au peuple de Dieu qui suivit Moïse dans le désert, mais pour se rendre en Terre promise.
Les “ musulmans ” sont seulement des “ pèlerins ” d’un nouveau genre... Qu’ont-ils trouvé à Jérusalem ?
Pour répondre à cette question, il nous suffit de lire le journal... en 2007 après Jésus-Christ ! Nous y apprenons que les Israéliens entreprennent des travaux de soutènement, sous l’esplanade des Mosquées, à Jérusalem ; le commencement des travaux a donné lieu, le mois dernier, à de violents affrontements entre les forces de l’ordre israéliennes et les Palestiniens. Le mufti a stigmatisé les travaux et dénoncé la « politique de judaïsation de Jérusalem ». Selon l’Office de protection des biens religieux musulmans, ces travaux menaçaient les fondations de l’esplanade sur laquelle a été construite la mosquée Al-Aqsa.
Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ! Nous avons expliqué que la restauration des « assises du Temple » était précisément le but que se proposait l’auteur du Coran (II 127 ; cf. Il est ressuscité no 53, janvier 2007, p. 7-18). En arabe, l’expression est aujourd’hui comprise de tout le monde : rétablir les assises, ’al-qawâ‘ida.
Vous avez dit : Al Qa’ida ?
« Abraham rétablira les assises du Temple... avec Ismaël. » Et voilà comment Israël est évacué au profit d’Ismaël ! Où l’on voit que la référence à Abraham est une pierre d’achoppement, cause de discorde plutôt que de concorde “ interreligieuse ”, depuis treize siècles !
Il en irait tout autrement si nous nous tournions vers la fille d’Abraham, la Vierge Marie. C’est ce que nous allons découvrir.
Déjà, au quatrième siècle, sous le règne de Julien l’Apostat (361-363), le projet des juifs avait été de reconstruire le Temple. Ils en obtinrent la permission de l’empereur. Mais « un tremblement de terre et un feu jailli des fondations entraînèrent l’arrêt des travaux à peine commencés, non seulement parce qu’ils en rendaient la poursuite impossible matériellement, mais parce qu’ils ont été compris comme un châtiment divin condamnant l’entreprise. » (Françoise Thelamon, Païens et chrétiens au quatrième siècle. L’apport de l’ « Histoire ecclésiastique » de Rufin d’Aquilée, Études augustiniennes, 1981, p. 294-309)
Il faut lire Rufin d’Aquilée (début du cinquième siècle) pour mesurer l’immense retentissement de l’événement sur les contemporains et sur les générations suivantes :
« Et voilà que, la dernière nuit avant le début des travaux, a lieu un violent tremblement de terre. Non seulement les blocs des fondations sont projetés de tous côtés mais encore presque tous les édifices de l’endroit sont démolis. Les portiques publics où était installée une foule de juifs qui s’occupaient de la réalisation de l’ouvrage, s’écroulèrent et écrasèrent tous les juifs qui s’y trouvaient. Mais quand le jour fut levé, comme ils croyaient avoir échappé au malheur, les autres accoururent pour rechercher ceux qui avaient été ensevelis sous les décombres.
« Il y avait un local enfoncé dans les parties basses du Temple, dont l’entrée se trouvait entre les deux portiques qui s’étaient effondrés ; on y rangeait des outils et tout ce qui était nécessaire pour le travail. Soudain, une boule de feu en jaillit et, parcourant toute la place, elle se déplaçait en tous sens, brûlant et tuant les juifs qui étaient là. Ce prodige, en se répétant à diverses reprises et à brefs intervalles pendant la journée, réprimait, par des flammes vengeresses, la témérité de ce peuple obstiné. » (ibid., p. 304)
Le prodige est si bien attesté qu’il est impossible de le mettre en doute, quelle que soit l’explication donnée par l’historien : « Un tremblement de terre a eu lieu en Palestine en mai 363, arrêtant le 19 mai les travaux commencés le 18. Il peut avoir provoqué une explosion de gaz accumulé dans un local souterrain, suivie d’un incendie qui aura détruit les matériaux et fait des victimes » (ibid., p. 304).
Deux cent cinquante ans plus tard, au début du septième siècle, le Coran s’en fait encore l’écho, en témoignant d’un événement qui peut être daté de la conquête de Jérusalem par les Perses et leurs alliés « Saracènes », en 614. L’auteur raconte que « le feu » (’an-nâr ; III 103) était toujours dans le « trou » mais, cette fois, il a épargné les enfants d’Ismaël par une « douceur » du Dieu : « Alors que vous étiez au bord d’un trou de feu, Il vous a sauvés. »
« Abraham rétablira les assises du Temple (bayt) avec Ismaël. » (III 127) Le mot arabe bayt est transposé de l’hébreu bayit, qui signifie « maison », et plus encore « Temple ». Il est employé deux versets plus haut pour désigner « le Lieu d’Abraham » (II 125), autrement dit : le Temple de Jérusalem dont une tradition constante place la construction sur le mont Moriyya, lieu du sacrifice d’Isaac par Abraham.
Les commentateurs, inventeurs de la “ Tradition ”, traduisent bayt par « Maison », et identifient cette « Maison » avec l’édifice situé actuellement dans la cour de la grande mosquée de La Mekke, appelée Ka‘ba.
Or, il n’est jamais question de La Mekke dans le Coran, nous l’avons dit, mais seulement de bakka (III 96), que les orientalistes modifient en makka, sans aucune justification. Et bakka nous ramène à Jérusalem, inexorablement. Il désigne le « val de bâkâ’ » chanté par le psalmiste (Ps 84, 7). À moins que ce terme ne désigne le “ mur des lamentations ”, seul vestige du Temple construit par Hérode, détruit par Titus en 70.
L’hébreu bâkkâ’ signifie en effet « larme » (cf. Jg 2, 5), et l’on doit peut-être traduire : « Oui, la première Maison qui a donné la vie aux hommes est celle des larmes, bénédiction et voie pour les siècles. » (III 96) Dans le psaume 84, le « val de Bakka » est interprété « val des larmes » dans de nombreux manuscrits et versions, dont celle de notre office divin : “ in valle lacrymarum ”. Situé au nord de la vallée de Hinnom, ce lieu était la dernière étape de ceux qui se rendaient en pèlerinage à Jérusalem, au carrefour des routes venant du nord, de l’ouest et du sud.
Le mot de « bénédiction (mubârakan) » renforce le rapprochement avec le psaume :
« Passant par le val de Baka, chante le psalmiste, ils ont bu à la source, la première pluie le vêtira de bénédictions (berâkhôt ). » (Ps 84, 7)
L’affirmation selon laquelle ce lieu « a donné la vie » paraît aussi empruntée au psaume 84 qui célèbre « les parvis de Yahweh », but du pèlerin en marche vers les parvis du Temple de Jérusalem, comme source de « grâce » et de « gloire » (cf. Ps 42 ; cf. Ez 47, 9).
La « Maison de Bakka » fut donc 1° source de « vie », 2° « bénédiction », 3° « Voie », et elle le reste « pour les siècles (li-l-‘âlamîna) ». On aperçoit la pointe polémique de cette affirmation, contredisant la parole de Jésus qui se donnait lui-même pour « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6), et substituait au Temple son propre corps (Jn 2, 21). Encore que, selon l’auteur, “ moderniste ” avant la lettre, les disciples de Jésus lui aient prêté des paroles qu’il n’avait jamais dites.
C’est pourquoi il emploie, pour désigner « l’Évangile » (’al-’injîl ; III 3, 48, 65), le sigle péjoratif formé par les trois lettres aïn-waw-ghimel, abréviation rabbinique pour désigner un « serviteur des idoles ».
Ainsi, la pointe polémique antichrétienne affleure et se précise à mesure que se dévoile un contexte où, comme Jésus auquel il se substitue (Il est ressuscité no 53, janv. 2007, p. 14-16), ledit « bien-aimé (muhammad ) » entreprend de « monter » à Jérusalem (III 61), et tente d’y entraîner les « gens de l’Écriture », juifs et nazôréens ensemble, comme un nouveau Moïse les menant « dans le sentier du Dieu », sentier de la guerre qu’il faut livrer pour s’ouvrir la route de Jérusalem.
L’auteur polémique contre ceux qui « comptent » pour « partie de l’Écriture » ce qui n’est que « langage » humain, à savoir les Évangélistes. Par exemple, faire « dire » aux hommes par « une chair (bašar ) », Jésus, le “ Verbe fait chair ” (Jn 1, 14), à qui « le Dieu (Allah ) » a donné l’Écriture et la Sagesse et la Prophétie : « Soyez des serviteurs pour moi, plutôt que pour le Dieu », c’est « mentir contre le Dieu », c’est « apostasier », c’est renier l’état de « parfaits (muslimûn) », c’est « devenir fous », être « schismatiques » (III 78-82).
Il est remarquable aussi que l’auteur du Coran n’accuse pas Jésus d’avoir proféré pareil blasphème, mais ses disciples, les « Nazôréens », ceux qui sont « venus après », lui « rendant gloire » comme à « un enfant » du Dieu, comme on « rend gloire » au Dieu lui-même, le « mêlant » ainsi au Dieu, dans un Livre écrit de leur main : « l’Évangile ». Alors qu’un « bien-aimé » – le nom que Jésus reçoit lors de son baptême, ou de sa Transfiguration, l’auteur ne le nie pas – un « bien-aimé » n’est qu’un « oracle », un rasul, un prophète, organe du Dieu, mais non pas Dieu lui-même.
L’auteur du Coran s’en prend aussi au Nouveau Testament qui nous montre Jésus s’appropriant le Nom révélé à Moïse dans le Buisson ardent : « Je suis » (egô eimi ; Jn 8, 24. 58 ; 13, 19). Il marque sa volonté contraire de revenir à une notion de la divinité commune chez les Sudarabes au temps du paganisme : ’Il, nom commun de Dieu, emphatisé en ’Ilah, dont l’affirmation d’existence (kâna) évoque le tétragramme sacré Yahweh, « Il est », imprononçable : « le Dieu est » (’allâha kâna ; IV 11, 17, 24, 26, 92, 104, 111).
(A SUIVRE)
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Re : Exegete scientifique du Coran
« LA JÉRUSALEM » (’as-salam) BYZANTINE

Au quatrième siècle, la victoire du christianisme en Occident et la conquête de l’Orient par Constantin rendent à Jérusalem son caractère de Ville sainte pour un âge d’or de trois cents ans. Élevée en 451 au rang de patriarcat à l’égal de Rome, Alexandrie, Antioche, Constantinople, elle attire des foules de pèlerins. Monastères et églises abondent grâce à la générosité de l’impératrice Eudoxie qui réside à Jérusalem à partir de 444 jusqu’à sa mort en 460. La plus importante de ces constructions est la “ nouvelle église de la Mère de Dieu ”, appelée communément la Néa, élevée par l’empereur Justinien en 544. Un hôpital de deux cents lits y est attaché. Ce sera le dernier grand édifice chrétien construit à Jérusalem avant l’invasion arabe.
Jérusalem (’as-salam ; II 208 et passim), à la veille de sa destruction par les Perses et de sa conquête par les enfants d’Ismaël, est donc une ville animée, remplie d’églises, de lieux saints et de monastères. À l’intérieur des murs, seule une vaste aire rectangulaire, l’esplanade du Temple, « Lieu d’Abraham » (maqâm ’ibrâhim ; II 125), reste désolée, « dévastée » (hâram ; II 144), visitée seulement par les juifs endeuillés. En IV 38, on lit peut-être une allusion au pinacle (qarîn) du Temple où le diable transporta Jésus.
Scopos (’as-safâ ; II 158) est le nom hellénisé qu’a reçu dans la littérature rabbinique une éminence sise au nord, en prolongement du mont des Oliviers, d’où l’on découvre la Ville sainte comme d’un observatoire, comme l’indique son nom hébreu de ha-sôphîm, « la sentinelle », transposé en arabe : ’as-safâ.
Cette colline est aussi appelée « porte du Dieu », avec ’al-marwat, localité de la montagne de Juda.
Lorsque l’auteur du Coran promet à « ceux qui croient » de les faire entrer dans des « jardins » où les fleuves couleront « de dessous » (min tahtihâ ; IV 13 et passim), l’expression correspond très précisément au système d’irrigation des « jardins » de Jérusalem appelés par les chrétiens « paradis », situés au sud-ouest de la ville à l’époque byzantine. Sur le plan, les « citernes » désignent de petits réservoirs souterrains, communiquant avec la surface par une ouverture étroite. La pluie (cf. II 22) tombe abondamment de novembre à mars, surtout en décembre - janvier. Elle remplit alors les citernes. Ensuite, de mai à octobre, sévit la sécheresse aggravée par le vent d’est.
Bakka (III 96) désigne la vallée située au sud-ouest de Jérusalem.
La Géhenne (jahannam ; II 206 et passim), située au sud, en prolongement du val de bâkâ’, offre un contraste saisissant avec le « paradis » des « jardins ». Transformée en décharge publique où un feu permanent consumait les déchets, la « géhenne du feu » (Mt 5, 22 ; 18, 9), « où le ver ne meurt point et où le feu ne s’éteint point » (Mc 9, 47. 48), est le symbole du châtiment éternel (IV 14, 93).
La Ka‘ba (V 95) est un monument situé sur le chemin qui, de la sainte Sion, lieu de la « dormition » de la Bienheureuse Vierge Marie, mène à son « tombeau », à Gethsémani.
LA KA‘BA, TRÔNE DE DIEU
Les « idoles » auxquelles s’en prend l’auteur du Coran ne sont donc pas les cailloux que la tradition postérieure a imaginés, adorés dans le temple de la ka‘ba par des arabes païens, mais le Christ-Jésus et la Vierge sa Mère : « Ne vous égarez pas au point d’idolâtrer (une femme) “ entre les femmes ”. » (IV 129) Cette dernière expression est reprise littéralement de l’Évangile selon saint Luc (Lc 1, 42).
Actuellement, la ka‘ba désigne un sanctuaire situé à La Mekke, au milieu de la cour de la grande mosquée. Est-ce bien ce que le mot désigne dans le Coran ? Il paraît pour la première fois dans la sourate V au verset 6, pour désigner la plante des pieds, à propos de purification rituelle en vue de la prière :
« Ô vous qui êtes fidèles, lorsque vous vous levez pour la prière, lavez-vous vous-mêmes et vos mains jusqu’aux coudes, et oignez-vous la tête et les pieds jusqu’à la plante (’ilâ l-ka ‘bayni ) », littéralement : « jusqu’à la base », le mot n’étant qu’une transposition du grec kubos « cube », et désignant les pierres d’assise d’une maison. C’est pourquoi ka‘ba sert à désigner certains sanctuaires de forme cubique, dont celui qui abrite aujourd’hui la “ Pierre noire ” à La Mekke.
Mais nous avons établi que les événements attestés par le Coran doivent être rapportés à la Ville sainte de Jérusalem et aux “ fondations ” de son Temple détruit (Il est ressuscité no 53, janvier 2007, p. 12). Eh bien ! au moment où écrit l’auteur du Coran, le nom grec kubos désigne un édicule construit à la sortie de la Cité sainte pour commémorer l’arrêt dramatique, par Jéphonias, un juif mécréant, du cortège funèbre de la Vierge “ endormie ”, la conduisant à son “ tombeau ” de Gethsémani, avant son Assomption. Remarquons que dans la sourate IV, ce geste impie de Jéphonias est qualifié d’ « énorme infamie, buhtânan ‘azîman » (IV 156).
Or, les juifs renouvelèrent ce geste sacrilège à la faveur de la prise de Jérusalem par les Perses en 614. Prenant part à la bataille aux côtés des envahisseurs, ils s’acharnèrent avec une fureur dévastatrice sur la Néa, l’église de la Vierge, plus encore que sur le Saint-Sépulcre lui-même. Cependant, leur alliance avec les Perses n’eut qu’un temps. Dès 617, ceux-ci ménageaient les chrétiens et oubliaient toutes les promesses faites aux juifs, enfants d’Israël. Les arabes, enfants d’Ismaël, qui avaient pris part à l’invasion, subirent la même disgrâce, comme un « calvaire » (III 140, 172), littéralement « une calvitie (qarhun) ».
Le mot est transposé de l’hébreu biblique qârah, « raser, rendre chauve ». Le substantif qorhah prend le sens de « dépopulation » en hébreu talmudique, par exemple à propos de l’extermination des juifs méditée par Aman selon le livre d’Esther. Dans le Coran, le mot est employé trois fois seulement, comme le mot « Calvaire » n’est employé que deux fois dans le Nouveau Testament (Mt 27, 33 ; Jn 19, 17).
« Si un calvaire (qarhun) vous frappe, jadis un calvaire (qarhun) semblable frappa le peuple. » (III 140)
Pour le passé, l’auteur fait peut-être allusion aux épreuves qui ont frappé le peuple d’Israël, lors de la destruction du Temple en 70 ; sans doute rappelle-t-il aussi le « calvaire » subi par les juifs lors de la tentative de reconstruction de ce même Temple entreprise en 363, empêchée par le « trou de feu » (III 103) et le « vent de cailloux » (III 117).
Pour le présent, le terme de « calvaire » désigne l’échec du « retour » de 614. Le mot, choisi par référence à l’Évangile, donne à cet échec le sens d’une épreuve comparable à la crucifixion du Christ. Les enfants d’Ismaël ont en effet été déçus dans leurs espérances, en même temps et dans la même mesure que les juifs alliés des Perses.
En juillet 614, Jérusalem étant tombée entre les mains des Perses rejoints par les juifs du sud de la Palestine et par des bandes de sarrasins, les juifs réclamèrent certains droits à l’autonomie dans la Ville sainte. Pour toute réponse... ils furent déportés en Perse ! Quant aux « sarrasins », leurs alliés d’un moment, ils se dispersèrent, s’esquivèrent, se firent oublier des Perses...
Après avoir médité les leçons de ce « calvaire » l’auteur a livré le fruit de son expérience douloureuse dans la sourate III. Puis il a rassemblé de nouveau son monde... Où ? Les sourates IV et V permettent de répondre à cette question : en Nabatène. C’est là qu’il les a dotés d’une loi, avant de les ramener à la conquête de la Terre sainte.
C’est alors qu’ils trouvent, aux portes de Jérusalem, un édicule (kubos) consacré à Marie, que les chrétiens venaient d’élever en hommage de réparation à la Vierge (ka‘ba).
Dans le Coran, il est question de Ka‘ba par deux fois, aux versets 95 et 97 de la sourate V. Sous ce nom, l’auteur désigne la « Maison sacrée » qu’il a mission de relever avec l’aide du Dieu fort et riche en miséricorde, « le Seigneur de la Ka‘ba ».
Cette expression peut aussi bien se traduire « le Seigneur de la Vierge » ; c’est en tout cas le sens qu’elle revêt pour les chrétiens qui vouent un culte à Jésus et sa Mère, comme à « deux dieux à l’encontre du Dieu » (V 116).
N’est-il pas émouvant de constater que, en dépit de cette controverse, loin de détruire ce “ mémorial ”, les musulmans le prirent pour symbole de la « Maison d’Abraham » qu’ils voulaient « relever » ? Cette attitude première de l’islam naissant, qu’une exégèse scientifique de la sourate V met en lumière, aujourd’hui encore nous convoque tous, qui que nous soyons, chrétiens, juifs et musulmans, aux pieds de la Fille d’Abraham.
Le passage qui s’en prend au culte de « Jésus, fils de Marie », comme à « deux dieux », dénote une connaissance approfondie du Nouveau Testament en même temps qu’une volonté sans équivoque, de la part de l’auteur, de se substituer à Jésus-Christ :
--------------------------------------------------------------------------
(Sourate V, verset 117)
Je ne leur ai dit que ce que tu m’as ordonné :
=>
(Jean 17,
Les paroles que tu m’as données,
je les leur ai données.
---------------------------------------------------------------------------
“ Servez le Dieu, mon Maître et votre Maître ! ”
=>
(Jean 15, 13)
Je ne vous appelle plus serviteurs,
(Jean 20, 17)
Mon Père et votre Père
mon Dieu et votre Dieu.
------------------------------------------------------------------------------
Et j’ai été un témoin
contre eux,
sans cesse au milieu d’eux.
=>
(Jean 15, 22)
Si je n’étais pas venu et ne leur
avais pas parlé, ils n’auraient
pas de péché ; mais maintenant,
ils n’ont pas d’excuse.
(Jean 15, 12)
Quand j’étais avec eux
----------------------------------------------------------------------------
Et lorsque tu m’as glorifié, etc.
=>
(Jean 17, 1)
Glorifie ton Fils
(17, 5)
Glorifie-moi auprès de toi.
------------------------------------------------------------------------------
Ces rapprochements prouvent qu’à l’époque des événements évoqués par le Coran, le christianisme a pénétré profondément en Arabie, depuis que le moine syrien Barsauma a converti les Nabatéens de Pétra au cinquième siècle.
(A SUIVRE)

Au quatrième siècle, la victoire du christianisme en Occident et la conquête de l’Orient par Constantin rendent à Jérusalem son caractère de Ville sainte pour un âge d’or de trois cents ans. Élevée en 451 au rang de patriarcat à l’égal de Rome, Alexandrie, Antioche, Constantinople, elle attire des foules de pèlerins. Monastères et églises abondent grâce à la générosité de l’impératrice Eudoxie qui réside à Jérusalem à partir de 444 jusqu’à sa mort en 460. La plus importante de ces constructions est la “ nouvelle église de la Mère de Dieu ”, appelée communément la Néa, élevée par l’empereur Justinien en 544. Un hôpital de deux cents lits y est attaché. Ce sera le dernier grand édifice chrétien construit à Jérusalem avant l’invasion arabe.
Jérusalem (’as-salam ; II 208 et passim), à la veille de sa destruction par les Perses et de sa conquête par les enfants d’Ismaël, est donc une ville animée, remplie d’églises, de lieux saints et de monastères. À l’intérieur des murs, seule une vaste aire rectangulaire, l’esplanade du Temple, « Lieu d’Abraham » (maqâm ’ibrâhim ; II 125), reste désolée, « dévastée » (hâram ; II 144), visitée seulement par les juifs endeuillés. En IV 38, on lit peut-être une allusion au pinacle (qarîn) du Temple où le diable transporta Jésus.
Scopos (’as-safâ ; II 158) est le nom hellénisé qu’a reçu dans la littérature rabbinique une éminence sise au nord, en prolongement du mont des Oliviers, d’où l’on découvre la Ville sainte comme d’un observatoire, comme l’indique son nom hébreu de ha-sôphîm, « la sentinelle », transposé en arabe : ’as-safâ.
Cette colline est aussi appelée « porte du Dieu », avec ’al-marwat, localité de la montagne de Juda.
Lorsque l’auteur du Coran promet à « ceux qui croient » de les faire entrer dans des « jardins » où les fleuves couleront « de dessous » (min tahtihâ ; IV 13 et passim), l’expression correspond très précisément au système d’irrigation des « jardins » de Jérusalem appelés par les chrétiens « paradis », situés au sud-ouest de la ville à l’époque byzantine. Sur le plan, les « citernes » désignent de petits réservoirs souterrains, communiquant avec la surface par une ouverture étroite. La pluie (cf. II 22) tombe abondamment de novembre à mars, surtout en décembre - janvier. Elle remplit alors les citernes. Ensuite, de mai à octobre, sévit la sécheresse aggravée par le vent d’est.
Bakka (III 96) désigne la vallée située au sud-ouest de Jérusalem.
La Géhenne (jahannam ; II 206 et passim), située au sud, en prolongement du val de bâkâ’, offre un contraste saisissant avec le « paradis » des « jardins ». Transformée en décharge publique où un feu permanent consumait les déchets, la « géhenne du feu » (Mt 5, 22 ; 18, 9), « où le ver ne meurt point et où le feu ne s’éteint point » (Mc 9, 47. 48), est le symbole du châtiment éternel (IV 14, 93).
La Ka‘ba (V 95) est un monument situé sur le chemin qui, de la sainte Sion, lieu de la « dormition » de la Bienheureuse Vierge Marie, mène à son « tombeau », à Gethsémani.
LA KA‘BA, TRÔNE DE DIEU
Les « idoles » auxquelles s’en prend l’auteur du Coran ne sont donc pas les cailloux que la tradition postérieure a imaginés, adorés dans le temple de la ka‘ba par des arabes païens, mais le Christ-Jésus et la Vierge sa Mère : « Ne vous égarez pas au point d’idolâtrer (une femme) “ entre les femmes ”. » (IV 129) Cette dernière expression est reprise littéralement de l’Évangile selon saint Luc (Lc 1, 42).
Actuellement, la ka‘ba désigne un sanctuaire situé à La Mekke, au milieu de la cour de la grande mosquée. Est-ce bien ce que le mot désigne dans le Coran ? Il paraît pour la première fois dans la sourate V au verset 6, pour désigner la plante des pieds, à propos de purification rituelle en vue de la prière :
« Ô vous qui êtes fidèles, lorsque vous vous levez pour la prière, lavez-vous vous-mêmes et vos mains jusqu’aux coudes, et oignez-vous la tête et les pieds jusqu’à la plante (’ilâ l-ka ‘bayni ) », littéralement : « jusqu’à la base », le mot n’étant qu’une transposition du grec kubos « cube », et désignant les pierres d’assise d’une maison. C’est pourquoi ka‘ba sert à désigner certains sanctuaires de forme cubique, dont celui qui abrite aujourd’hui la “ Pierre noire ” à La Mekke.
Mais nous avons établi que les événements attestés par le Coran doivent être rapportés à la Ville sainte de Jérusalem et aux “ fondations ” de son Temple détruit (Il est ressuscité no 53, janvier 2007, p. 12). Eh bien ! au moment où écrit l’auteur du Coran, le nom grec kubos désigne un édicule construit à la sortie de la Cité sainte pour commémorer l’arrêt dramatique, par Jéphonias, un juif mécréant, du cortège funèbre de la Vierge “ endormie ”, la conduisant à son “ tombeau ” de Gethsémani, avant son Assomption. Remarquons que dans la sourate IV, ce geste impie de Jéphonias est qualifié d’ « énorme infamie, buhtânan ‘azîman » (IV 156).
Or, les juifs renouvelèrent ce geste sacrilège à la faveur de la prise de Jérusalem par les Perses en 614. Prenant part à la bataille aux côtés des envahisseurs, ils s’acharnèrent avec une fureur dévastatrice sur la Néa, l’église de la Vierge, plus encore que sur le Saint-Sépulcre lui-même. Cependant, leur alliance avec les Perses n’eut qu’un temps. Dès 617, ceux-ci ménageaient les chrétiens et oubliaient toutes les promesses faites aux juifs, enfants d’Israël. Les arabes, enfants d’Ismaël, qui avaient pris part à l’invasion, subirent la même disgrâce, comme un « calvaire » (III 140, 172), littéralement « une calvitie (qarhun) ».
Le mot est transposé de l’hébreu biblique qârah, « raser, rendre chauve ». Le substantif qorhah prend le sens de « dépopulation » en hébreu talmudique, par exemple à propos de l’extermination des juifs méditée par Aman selon le livre d’Esther. Dans le Coran, le mot est employé trois fois seulement, comme le mot « Calvaire » n’est employé que deux fois dans le Nouveau Testament (Mt 27, 33 ; Jn 19, 17).
« Si un calvaire (qarhun) vous frappe, jadis un calvaire (qarhun) semblable frappa le peuple. » (III 140)
Pour le passé, l’auteur fait peut-être allusion aux épreuves qui ont frappé le peuple d’Israël, lors de la destruction du Temple en 70 ; sans doute rappelle-t-il aussi le « calvaire » subi par les juifs lors de la tentative de reconstruction de ce même Temple entreprise en 363, empêchée par le « trou de feu » (III 103) et le « vent de cailloux » (III 117).
Pour le présent, le terme de « calvaire » désigne l’échec du « retour » de 614. Le mot, choisi par référence à l’Évangile, donne à cet échec le sens d’une épreuve comparable à la crucifixion du Christ. Les enfants d’Ismaël ont en effet été déçus dans leurs espérances, en même temps et dans la même mesure que les juifs alliés des Perses.
En juillet 614, Jérusalem étant tombée entre les mains des Perses rejoints par les juifs du sud de la Palestine et par des bandes de sarrasins, les juifs réclamèrent certains droits à l’autonomie dans la Ville sainte. Pour toute réponse... ils furent déportés en Perse ! Quant aux « sarrasins », leurs alliés d’un moment, ils se dispersèrent, s’esquivèrent, se firent oublier des Perses...
Après avoir médité les leçons de ce « calvaire » l’auteur a livré le fruit de son expérience douloureuse dans la sourate III. Puis il a rassemblé de nouveau son monde... Où ? Les sourates IV et V permettent de répondre à cette question : en Nabatène. C’est là qu’il les a dotés d’une loi, avant de les ramener à la conquête de la Terre sainte.
C’est alors qu’ils trouvent, aux portes de Jérusalem, un édicule (kubos) consacré à Marie, que les chrétiens venaient d’élever en hommage de réparation à la Vierge (ka‘ba).
Dans le Coran, il est question de Ka‘ba par deux fois, aux versets 95 et 97 de la sourate V. Sous ce nom, l’auteur désigne la « Maison sacrée » qu’il a mission de relever avec l’aide du Dieu fort et riche en miséricorde, « le Seigneur de la Ka‘ba ».
Cette expression peut aussi bien se traduire « le Seigneur de la Vierge » ; c’est en tout cas le sens qu’elle revêt pour les chrétiens qui vouent un culte à Jésus et sa Mère, comme à « deux dieux à l’encontre du Dieu » (V 116).
N’est-il pas émouvant de constater que, en dépit de cette controverse, loin de détruire ce “ mémorial ”, les musulmans le prirent pour symbole de la « Maison d’Abraham » qu’ils voulaient « relever » ? Cette attitude première de l’islam naissant, qu’une exégèse scientifique de la sourate V met en lumière, aujourd’hui encore nous convoque tous, qui que nous soyons, chrétiens, juifs et musulmans, aux pieds de la Fille d’Abraham.
Le passage qui s’en prend au culte de « Jésus, fils de Marie », comme à « deux dieux », dénote une connaissance approfondie du Nouveau Testament en même temps qu’une volonté sans équivoque, de la part de l’auteur, de se substituer à Jésus-Christ :
--------------------------------------------------------------------------
(Sourate V, verset 117)
Je ne leur ai dit que ce que tu m’as ordonné :
=>
(Jean 17,
Les paroles que tu m’as données,
je les leur ai données.
---------------------------------------------------------------------------
“ Servez le Dieu, mon Maître et votre Maître ! ”
=>
(Jean 15, 13)
Je ne vous appelle plus serviteurs,
(Jean 20, 17)
Mon Père et votre Père
mon Dieu et votre Dieu.
------------------------------------------------------------------------------
Et j’ai été un témoin
contre eux,
sans cesse au milieu d’eux.
=>
(Jean 15, 22)
Si je n’étais pas venu et ne leur
avais pas parlé, ils n’auraient
pas de péché ; mais maintenant,
ils n’ont pas d’excuse.
(Jean 15, 12)
Quand j’étais avec eux
----------------------------------------------------------------------------
Et lorsque tu m’as glorifié, etc.
=>
(Jean 17, 1)
Glorifie ton Fils
(17, 5)
Glorifie-moi auprès de toi.
------------------------------------------------------------------------------
Ces rapprochements prouvent qu’à l’époque des événements évoqués par le Coran, le christianisme a pénétré profondément en Arabie, depuis que le moine syrien Barsauma a converti les Nabatéens de Pétra au cinquième siècle.
(A SUIVRE)
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Re : Exegete scientifique du Coran
L’ISLAM, « ACCOMPLISSEMENT »
Qu’est-ce, en définitive, que l’islam ? La racine hébraïque d’où sont dérivés les mots islâm et musulman est shâlam, 1° « être achevé », 2° « être intact, heureux, en paix ». L’islam est l’ « accomplissement » de « la Torah et l’Évangile » qui n’étaient eux-mêmes que « la prophétie » de ce qui s’accomplit par les mains des enfants d’Ismaël, sous la conduite de l’auteur, lui-même objet véritable des faveurs divines en même temps que de l’attente des hommes. Le muhammad, le « bien-aimé », le « désiré » (III 144), c’est lui !
L’islam est la « perfection » de l’âme « en paix » avec Dieu, à la ressemblance d’Abraham (III 95) répondant à Dieu qui lui dit : « Sois parfait ! » (’aslim, cf. Gn 17, 1) – « Je suis parfait » (’aslamtu ; II 131). Modèle des « musulmans (muslimûn) ».
À cet égard, l’auteur du Coran se pose lui-même en modèle de « musulman (muslim) » pour ses contemporains (III 20). Chef de guerre, voué à « l’extermination » de tout ce qui résiste à l’instauration de « la justice » parmi les « peuples », il renvoie dos à dos l’une et l’autre « fraction » de « ceux qui ont reçu l’Écriture », judaïsme et christianisme, les vouant au feu inextinguible de l’enfer pour avoir introduit des « changements postérieurs » à cette « perfection » primitive d’Abraham, par « sourde envie mutuelle » (III 19), par « interprétation » mensongère (III 21-24), source de toutes les querelles.
Car Abraham n’était lui-même qu’un « païen » (hanif ), ni juif ni nazôréen, mais un païen devenu « parfait ».
Autrement dit, la « perfection (’islâm) » est une « justice (dîn) », « descendue sur Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les tribus », et « donnée à Moïse et à Jésus et aux prophètes », sans « distinction », ni « séparation » entre les uns et les autres. Tel est le thème du Coran. Cette pensée, répétée dans les mêmes termes avec insistance (II 136, 285 ; III 84-85), efface la distinction entre l’Ancien et le Nouveau Testament, et dévolue la religion d’Abraham, de Moïse et de Jésus aux enfants d’Ismaël, aux arabes. Elle en exclut ceux qui l’ont «perdue», ayant « apostasié » leur « foi » première, se plongeant par là dans les « ténèbres » (III 86).
Ceux-là encourent, à moins de conversion, non seulement la malédiction du Dieu et des anges, mais aussi celle de tous les hommes, éternelle et sans rémission.
Ainsi, le Coran lui-même atteste que tout a commencé au septième siècle, dans une Arabie chrétienne, “ Arabie heureuse ” d’être chrétienne. En témoignent les neuf chapiteaux chrétiens actuellement présents dans la colonnade de la grande mosquée de La Mekke.
Attention ! je ne dis pas que La Mecque était chrétienne avant de devenir musulmane puisque, avant l’islam, cette ville n’existait pas, mais, plus au sud, il y avait Sanaa, au cœur du Yémen devenu chrétien à partir du troisième et du quatrième siècle. Les chapiteaux chrétiens de la mosquée de La Mekke en proviennent, nous raconterons plus tard pourquoi et comment, s’il plaît à Dieu.
Au nord, il y avait la cité rupestre de Pétra, capitale de la province romaine de Nabatène, convertie au christianisme au cinquième siècle. Entre le Yémen et la Nabatène, des pistes caravanières et routes maritimes acheminent l’encens... et l’Évangile, “ bonne nouvelle ” répandue par les missionnaires byzantins et éthiopiens, jusqu’au jour où intervient un grand, un génial hérésiarque.
LA ROCHE DU DÉSERT
La grande question, qui demeure entière, est celle de son identité. En bonne critique historique, “ Mohammed ”, celui de la légendaire “ Tradition ” musulmane, n’existe pas. Pas plus que La Mekke. À la place de cet être de légende, nous voyons surgir de notre traduction... « l’auteur du Coran, un génie littéraire, créateur d’une langue dont vous avez découvert, mot après mot, le vocabulaire, tel un nouveau Champollion découvrant le langage des hiéroglyphes », m’écrivait notre Père, dans sa postface au tome III de notre traduction.
« Mon hypothèse, continue-t-il, est qu’il s’agit d’un Himyarite de grande tente, lettré, religieux, instruit aux meilleures écoles aussi bien juives que chrétiennes. C’est-à-dire, en somme, un sujet de la reine de Saba, ou du moins de ses successeurs au royaume himyarite. »
Et de citer deux indices, à ses yeux particulièrement significatifs : « Le fait que “ les Sabéens ” (’as-sâbi ’unâ ) » soient marqués par l’auteur d’une discrète prééminence (V 69), indique sans doute qu’il est de leur race. Et ce qui confirme, à mon sens, cette appartenance, est le ton polémique sur lequel il fait allusion à je ne sais quel “ Nabatéen ” qui l’a trahi (IV 72). »
Il faut dire qu’entre le nord et le sud de la péninsule, entre Pétra et Sanaa, les communications sont intenses, par les routes caravanières et maritimes.
Le dieu le plus important du panthéon nabatéen a donné son nom au massif qui abrite Pétra : ’ash-šarâ. Ce terme, dérivé du mot hébreu ’ashérah, déesse cananéenne de la fécondité et de l’amour, est repris par l’auteur pour désigner la croix, objet de l’adoration des chrétiens : « Et nous avons fait sortir contre leurs pieux sacrés (’âtârihim ), par Jésus Fils de Marie, une justification pour ce qui est “ entre ses mains ” de la Torah et nous lui avons donné l’Évangile en lequel [est ] une Voie et une Lumière et une justification pour ce qui est “ entre ses mains ” de la Torah, et une Voie et un conseil pour les prédestinés. » (V 46)
L’expression « pour ce qui est “ entre ses mains ” » fait allusion à l’insistance avec laquelle le texte sacré de la « Torah », précisément, souligne que Moïse tenait la divine Écriture « dans sa main » :
« Moïse prit le chemin du retour et descendit de la montagne avec, dans sa main (be-yâdô ), les deux tables du Témoignage, tables écrites des deux côtés, écrites sur l’une et l’autre face. Ces tables étaient l’œuvre de Dieu et l’écriture en était celle de Dieu, gravée sur les deux tables. » (Ex 32, 15-16)
L’insistance mise à souligner que Moïse tenait la divine Écriture « dans sa main » (Dt 9, 15), est peut-être à l’origine des développements de la tradition rabbinique sur le thème des mains de Moïse, qui affleure dans le Coran (cf. II 97). L’auteur l’applique à Jésus, probablement à cause de la parole de saint Jean-Baptiste : « Le Père aime le Fils ; il a tout remis en sa main » (Jn 3, 35), fondement de la royauté du Christ contre laquelle l’auteur polémique (cf. V 40). En tout cas, l’insistance sur ce thème évoque les Nabatéens, dont les graffiti ont été relevé à Médaïn Saleh, une oasis située à l’extrémité méridionale de la Nabatène, représentant de nombreuses mains tracées sur le rocher, et des personnages debout ou accroupis, tendant leurs bras vers le ciel dans l’attitude de la prière :
« Ces mains, écrivent les Pères Jaussen et Savignac, dont nous avons trouvé d’ailleurs d’autres exemples, quoique rares, sont identiques à celles qu’on voit à Jérusalem et dans toute la Palestine sur les portes ou les murs des maisons arabes et principalement des habitations juives. Il faut leur attribuer sans doute aussi la même valeur. Ce seraient des signes prophylactiques contre le mauvais œil, la maladie ou tout autre malheur. L’idée d’une pareille vertu attachée à des images de mains est aussi ancienne que répandue. Quant aux personnages signalés, ils ne sont probablement pas non plus le simple produit de l’amusement d’un désœuvré. Il doit falloir leur accorder aussi une signification religieuse ou une valeur superstitieuse quelconque. » (Jaussen et Savignac, Mission archéologique en Arabie, tome I : De Jérusalem au Hedjaz, Medaïn Saleh, Paris, 1909, p. 122).
LA MAIN (yâd )

Médaïn Saleh, ancienne Hégra, est située à l’extrémité méridionale de la Nabatène. C’est aussi la limite de la pénétration romaine en Arabie. En 1907, les Pères dominicains Jaussen et Savignac, de l’École biblique de Jérusalem, ont relevé sur le site de nombreuses mains tracées sur le rocher et des personnages debout ou accroupis, tendant leurs bras vers le ciel dans l’attitude de la prière.
Selon notre exégèse, le mot « Nabatéen », transposé du grec Nabataios, se rencontre une fois dans le Coran (IV 72 ; cf. 1 M 5, 25 ; 9, 35). Peuple caravanier, d’origine sud-arabique, successeur des Édomites en Transjordanie, avec Pétra pour capitale, les Nabatéens sont les « Arabes » du temps de la guerre des Maccabées (2 M 5, 8 ; 12, 10), auxquels l’auteur fait allusion à cause de l’analogie des situations.
Après un violent engagement contre les soldats de Judas Maccabée, ces nomades firent alliance avec les Juifs en guerre contre les Grecs séleucides (2 M 12, 10‑12)
La transposition s’impose : sept cent cinquante ans plus tard, de nouveaux « Nabatéens » font la guerre aux Grecs byzantins aux côtés des Juifs pour la conquête de Jérusalem désignée par son nom biblique à plusieurs reprises : « Entrez dans la Salem ! » (II 208), nom abrégé de Jérusalem, comme dans le psaume : « Sa tente s’est fixée en Salem, be-šâlém » (Ps 76, 3) avec l’article, « dans la Salem », à la manière de saint Paul opposant « la Jérusalem d’En-Haut » à « la Jérusalem actuelle », assimilée précisément par l’Apôtre à l’ « Arabie » !
Nous possédons trois relations de cet événement.
La première est chrétienne. Elle nous est parvenue en versions arabe et grégorienne. Probablement traduit du grec, ce récit anonyme est attribué à un moine de Saint-Sabas.
La deuxième relation est juive. Elle nous est parvenue par l’Apocalypse de Zorobabel, écrite en Palestine entre 629 et 636.
La troisième relation est coranique, selon notre hypothèse, corroborée par de nombreux rapprochements avec les deux documents précédents.
L’auteur de l’Apocalypse de Zorobabel a les mêmes préoccupations que l’auteur du Coran touchant la reconstruction du Temple, dominées par le thème, emprunté à Ézéchiel, d’un retour à la vie de ceux qui étaient morts.
----------------------------------------------------------------------
Apocalypse de Zorobabel
Une voix interpelle Zorobabel « des portes du ciel » :
« Approche-toi de moi, interroge-moi et je te répondrai.
=>
Sourate II, verset 186
« Et lorsque mes serviteurs t’interrogent à mon sujet, me voici ! tout proche. Je réponds à l’appel de celui qui appelle dès qu’il appelle. »
-----------------------------------------------------------------------
– Que demanderais-je puisqu’il me reste peu de jours à vivre et que j’ai rempli ma destinée ?
– Je te donnerai la vie.
« Là-dessus, il dit :
– Sois vivant ! »
=>
Sourate II, verset 28
« Comment reniez-vous le Dieu alors que vous étiez morts
et qu’il vous a fait vivre ?
Puis il vous fera mourir, puis il vous fera revivre. »
(Cf. II, 56, 72-73, 243, 258-260 ; III 27)
---------------------------------------------------------------------------
Ces rapprochements ne sont pas fortuits. Ils nous permettent de rattacher le Coran à l’ensemble des Apocalypses que firent surgir les événements de 614.
L’auteur du Coran fait mieux : il s’identifie à Moïse. Car il s’agit non seulement d’un pèlerinage mais d’une reconquête. En effet, les arabes sont les descendants d’Abraham par Agar, sa servante, non pas son épouse, mais sa servante, qui lui donna Ismaël. Tandis que les juifs sont les descendants d’Abraham par Sara, son épouse, qui lui donna Isaac, le fils de la promesse. Un jour, Sara, jalouse, dit à Abraham : « Chasse cette servante et son fils. » (Gn 21, 10) Ce qu’il fit pour avoir la paix. Et voilà comment les juifs, descendants d’Isaac, ont occupé la Terre promise tandis que les arabes, descendants d’Ismaël, se sont retrouvés dans le désert...
Pour les enfants d’Agar la « servante », et de « son fils » Ismaël, voici venue l’heure de la revanche ! « Et tuez-les partout où vous les tenez, et chassez-les de là où ils vous ont chassés. » Actuel !
Et point de quartier ! « Car il est pire de se laisser séduire que de tuer. » (II 191) Avis à ceux qui croient obtenir la paix par le “ dialogue ” !
« Combattez dans le sentier du Dieu ceux qui vous combattent. Mais n’attaquez pas. Non ! le Dieu n’aime pas ceux qui attaquent. » (II 190)
La conduite à tenir est celle-là même qu’observa jadis le peuple élu en marche vers la Terre promise : ne pas attaquer les premiers. Cependant, la loi de cette guerre sainte est l’extermination de tout être vivant, hommes et animaux, édictée autrefois par Dieu même (Dt 7, 1-2 ; 1 S 15, 3 et passim) pour garder son peuple de la séduction des dieux des païens (Dt 7, 3-6 et passim).
L’objectif n’est donc pas le Ciel, comme pour les chrétiens, mais « le Temple dévasté » : « Déjà, nous voyons que tu te tournes vers le Ciel. Eh bien ! Nous te ferons embrasser une tradition que tu agréeras : Tourne-toi du côté du Temple dévasté. » (II 144)
Les enfants d’Ismaël sont invités à se rendre en pèlerinage à l’emplacement du Temple détruit par Titus le 29 août 70, et à retrouver une « tradition (qibla) » dont juifs et chrétiens se sont détournés. Le mot qibla est une transposition de la racine hébraïque qâbal qui signifie, au pied : « prendre, recevoir, accepter ». D’où le premier sens du mot : « agrément, acceptation, obéissance » ; et le deuxième : « tradition », dans son acception la plus générale de complément apporté à l’Écriture. Loin de se limiter à une « allusion » à la question de « l’orientation de la prière » (Blachère), la qibla désigne l’ « orientation de la vie », comme le reconnaît le même Blachère. Ici, elle désigne l’ensemble de la tradition abrahamique à laquelle « juifs » et « nazoréens » se sont montrés infidèles.
Dans le but de la restaurer, l’auteur a, tel Abraham, « quitté sa tente » et « posté les fidèles pour le combat » (III 121). Si on récuse la légende pour s’en tenir au texte, une hypothèse naît de la confrontation du texte avec l’histoire connue de l’époque : chef de l’expédition sarrasine qui se joignit à la coalition judéo-perse de 614, l’auteur a, tel Josué, conduit les enfants d’Ismaël à la conquête du « Pays » (II 11, 168). Quel « Pays » ? ’ard, « terre », transcription arabe de l’hébreu ’èrès, qui désigne soit le monde, orbis terrarum (Gn 1, 1 ; 11 et passim), soit un pays particulier. Dans ce second cas, employé absolument, il désigne à coup sûr la Terre sainte (Ps 37, 9. 11. 22. 29 et passim). Du moins pour commencer, en attendant de se lancer à la conquête du monde.
(A SUIVRE)
Qu’est-ce, en définitive, que l’islam ? La racine hébraïque d’où sont dérivés les mots islâm et musulman est shâlam, 1° « être achevé », 2° « être intact, heureux, en paix ». L’islam est l’ « accomplissement » de « la Torah et l’Évangile » qui n’étaient eux-mêmes que « la prophétie » de ce qui s’accomplit par les mains des enfants d’Ismaël, sous la conduite de l’auteur, lui-même objet véritable des faveurs divines en même temps que de l’attente des hommes. Le muhammad, le « bien-aimé », le « désiré » (III 144), c’est lui !
L’islam est la « perfection » de l’âme « en paix » avec Dieu, à la ressemblance d’Abraham (III 95) répondant à Dieu qui lui dit : « Sois parfait ! » (’aslim, cf. Gn 17, 1) – « Je suis parfait » (’aslamtu ; II 131). Modèle des « musulmans (muslimûn) ».
À cet égard, l’auteur du Coran se pose lui-même en modèle de « musulman (muslim) » pour ses contemporains (III 20). Chef de guerre, voué à « l’extermination » de tout ce qui résiste à l’instauration de « la justice » parmi les « peuples », il renvoie dos à dos l’une et l’autre « fraction » de « ceux qui ont reçu l’Écriture », judaïsme et christianisme, les vouant au feu inextinguible de l’enfer pour avoir introduit des « changements postérieurs » à cette « perfection » primitive d’Abraham, par « sourde envie mutuelle » (III 19), par « interprétation » mensongère (III 21-24), source de toutes les querelles.
Car Abraham n’était lui-même qu’un « païen » (hanif ), ni juif ni nazôréen, mais un païen devenu « parfait ».
Autrement dit, la « perfection (’islâm) » est une « justice (dîn) », « descendue sur Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les tribus », et « donnée à Moïse et à Jésus et aux prophètes », sans « distinction », ni « séparation » entre les uns et les autres. Tel est le thème du Coran. Cette pensée, répétée dans les mêmes termes avec insistance (II 136, 285 ; III 84-85), efface la distinction entre l’Ancien et le Nouveau Testament, et dévolue la religion d’Abraham, de Moïse et de Jésus aux enfants d’Ismaël, aux arabes. Elle en exclut ceux qui l’ont «perdue», ayant « apostasié » leur « foi » première, se plongeant par là dans les « ténèbres » (III 86).
Ceux-là encourent, à moins de conversion, non seulement la malédiction du Dieu et des anges, mais aussi celle de tous les hommes, éternelle et sans rémission.
Ainsi, le Coran lui-même atteste que tout a commencé au septième siècle, dans une Arabie chrétienne, “ Arabie heureuse ” d’être chrétienne. En témoignent les neuf chapiteaux chrétiens actuellement présents dans la colonnade de la grande mosquée de La Mekke.
Attention ! je ne dis pas que La Mecque était chrétienne avant de devenir musulmane puisque, avant l’islam, cette ville n’existait pas, mais, plus au sud, il y avait Sanaa, au cœur du Yémen devenu chrétien à partir du troisième et du quatrième siècle. Les chapiteaux chrétiens de la mosquée de La Mekke en proviennent, nous raconterons plus tard pourquoi et comment, s’il plaît à Dieu.
Au nord, il y avait la cité rupestre de Pétra, capitale de la province romaine de Nabatène, convertie au christianisme au cinquième siècle. Entre le Yémen et la Nabatène, des pistes caravanières et routes maritimes acheminent l’encens... et l’Évangile, “ bonne nouvelle ” répandue par les missionnaires byzantins et éthiopiens, jusqu’au jour où intervient un grand, un génial hérésiarque.
LA ROCHE DU DÉSERT
La grande question, qui demeure entière, est celle de son identité. En bonne critique historique, “ Mohammed ”, celui de la légendaire “ Tradition ” musulmane, n’existe pas. Pas plus que La Mekke. À la place de cet être de légende, nous voyons surgir de notre traduction... « l’auteur du Coran, un génie littéraire, créateur d’une langue dont vous avez découvert, mot après mot, le vocabulaire, tel un nouveau Champollion découvrant le langage des hiéroglyphes », m’écrivait notre Père, dans sa postface au tome III de notre traduction.
« Mon hypothèse, continue-t-il, est qu’il s’agit d’un Himyarite de grande tente, lettré, religieux, instruit aux meilleures écoles aussi bien juives que chrétiennes. C’est-à-dire, en somme, un sujet de la reine de Saba, ou du moins de ses successeurs au royaume himyarite. »
Et de citer deux indices, à ses yeux particulièrement significatifs : « Le fait que “ les Sabéens ” (’as-sâbi ’unâ ) » soient marqués par l’auteur d’une discrète prééminence (V 69), indique sans doute qu’il est de leur race. Et ce qui confirme, à mon sens, cette appartenance, est le ton polémique sur lequel il fait allusion à je ne sais quel “ Nabatéen ” qui l’a trahi (IV 72). »
Il faut dire qu’entre le nord et le sud de la péninsule, entre Pétra et Sanaa, les communications sont intenses, par les routes caravanières et maritimes.
Le dieu le plus important du panthéon nabatéen a donné son nom au massif qui abrite Pétra : ’ash-šarâ. Ce terme, dérivé du mot hébreu ’ashérah, déesse cananéenne de la fécondité et de l’amour, est repris par l’auteur pour désigner la croix, objet de l’adoration des chrétiens : « Et nous avons fait sortir contre leurs pieux sacrés (’âtârihim ), par Jésus Fils de Marie, une justification pour ce qui est “ entre ses mains ” de la Torah et nous lui avons donné l’Évangile en lequel [est ] une Voie et une Lumière et une justification pour ce qui est “ entre ses mains ” de la Torah, et une Voie et un conseil pour les prédestinés. » (V 46)
L’expression « pour ce qui est “ entre ses mains ” » fait allusion à l’insistance avec laquelle le texte sacré de la « Torah », précisément, souligne que Moïse tenait la divine Écriture « dans sa main » :
« Moïse prit le chemin du retour et descendit de la montagne avec, dans sa main (be-yâdô ), les deux tables du Témoignage, tables écrites des deux côtés, écrites sur l’une et l’autre face. Ces tables étaient l’œuvre de Dieu et l’écriture en était celle de Dieu, gravée sur les deux tables. » (Ex 32, 15-16)
L’insistance mise à souligner que Moïse tenait la divine Écriture « dans sa main » (Dt 9, 15), est peut-être à l’origine des développements de la tradition rabbinique sur le thème des mains de Moïse, qui affleure dans le Coran (cf. II 97). L’auteur l’applique à Jésus, probablement à cause de la parole de saint Jean-Baptiste : « Le Père aime le Fils ; il a tout remis en sa main » (Jn 3, 35), fondement de la royauté du Christ contre laquelle l’auteur polémique (cf. V 40). En tout cas, l’insistance sur ce thème évoque les Nabatéens, dont les graffiti ont été relevé à Médaïn Saleh, une oasis située à l’extrémité méridionale de la Nabatène, représentant de nombreuses mains tracées sur le rocher, et des personnages debout ou accroupis, tendant leurs bras vers le ciel dans l’attitude de la prière :
« Ces mains, écrivent les Pères Jaussen et Savignac, dont nous avons trouvé d’ailleurs d’autres exemples, quoique rares, sont identiques à celles qu’on voit à Jérusalem et dans toute la Palestine sur les portes ou les murs des maisons arabes et principalement des habitations juives. Il faut leur attribuer sans doute aussi la même valeur. Ce seraient des signes prophylactiques contre le mauvais œil, la maladie ou tout autre malheur. L’idée d’une pareille vertu attachée à des images de mains est aussi ancienne que répandue. Quant aux personnages signalés, ils ne sont probablement pas non plus le simple produit de l’amusement d’un désœuvré. Il doit falloir leur accorder aussi une signification religieuse ou une valeur superstitieuse quelconque. » (Jaussen et Savignac, Mission archéologique en Arabie, tome I : De Jérusalem au Hedjaz, Medaïn Saleh, Paris, 1909, p. 122).
LA MAIN (yâd )

Médaïn Saleh, ancienne Hégra, est située à l’extrémité méridionale de la Nabatène. C’est aussi la limite de la pénétration romaine en Arabie. En 1907, les Pères dominicains Jaussen et Savignac, de l’École biblique de Jérusalem, ont relevé sur le site de nombreuses mains tracées sur le rocher et des personnages debout ou accroupis, tendant leurs bras vers le ciel dans l’attitude de la prière.
Selon notre exégèse, le mot « Nabatéen », transposé du grec Nabataios, se rencontre une fois dans le Coran (IV 72 ; cf. 1 M 5, 25 ; 9, 35). Peuple caravanier, d’origine sud-arabique, successeur des Édomites en Transjordanie, avec Pétra pour capitale, les Nabatéens sont les « Arabes » du temps de la guerre des Maccabées (2 M 5, 8 ; 12, 10), auxquels l’auteur fait allusion à cause de l’analogie des situations.
Après un violent engagement contre les soldats de Judas Maccabée, ces nomades firent alliance avec les Juifs en guerre contre les Grecs séleucides (2 M 12, 10‑12)
La transposition s’impose : sept cent cinquante ans plus tard, de nouveaux « Nabatéens » font la guerre aux Grecs byzantins aux côtés des Juifs pour la conquête de Jérusalem désignée par son nom biblique à plusieurs reprises : « Entrez dans la Salem ! » (II 208), nom abrégé de Jérusalem, comme dans le psaume : « Sa tente s’est fixée en Salem, be-šâlém » (Ps 76, 3) avec l’article, « dans la Salem », à la manière de saint Paul opposant « la Jérusalem d’En-Haut » à « la Jérusalem actuelle », assimilée précisément par l’Apôtre à l’ « Arabie » !
Nous possédons trois relations de cet événement.
La première est chrétienne. Elle nous est parvenue en versions arabe et grégorienne. Probablement traduit du grec, ce récit anonyme est attribué à un moine de Saint-Sabas.
La deuxième relation est juive. Elle nous est parvenue par l’Apocalypse de Zorobabel, écrite en Palestine entre 629 et 636.
La troisième relation est coranique, selon notre hypothèse, corroborée par de nombreux rapprochements avec les deux documents précédents.
L’auteur de l’Apocalypse de Zorobabel a les mêmes préoccupations que l’auteur du Coran touchant la reconstruction du Temple, dominées par le thème, emprunté à Ézéchiel, d’un retour à la vie de ceux qui étaient morts.
----------------------------------------------------------------------
Apocalypse de Zorobabel
Une voix interpelle Zorobabel « des portes du ciel » :
« Approche-toi de moi, interroge-moi et je te répondrai.
=>
Sourate II, verset 186
« Et lorsque mes serviteurs t’interrogent à mon sujet, me voici ! tout proche. Je réponds à l’appel de celui qui appelle dès qu’il appelle. »
-----------------------------------------------------------------------
– Que demanderais-je puisqu’il me reste peu de jours à vivre et que j’ai rempli ma destinée ?
– Je te donnerai la vie.
« Là-dessus, il dit :
– Sois vivant ! »
=>
Sourate II, verset 28
« Comment reniez-vous le Dieu alors que vous étiez morts
et qu’il vous a fait vivre ?
Puis il vous fera mourir, puis il vous fera revivre. »
(Cf. II, 56, 72-73, 243, 258-260 ; III 27)
---------------------------------------------------------------------------
Ces rapprochements ne sont pas fortuits. Ils nous permettent de rattacher le Coran à l’ensemble des Apocalypses que firent surgir les événements de 614.
L’auteur du Coran fait mieux : il s’identifie à Moïse. Car il s’agit non seulement d’un pèlerinage mais d’une reconquête. En effet, les arabes sont les descendants d’Abraham par Agar, sa servante, non pas son épouse, mais sa servante, qui lui donna Ismaël. Tandis que les juifs sont les descendants d’Abraham par Sara, son épouse, qui lui donna Isaac, le fils de la promesse. Un jour, Sara, jalouse, dit à Abraham : « Chasse cette servante et son fils. » (Gn 21, 10) Ce qu’il fit pour avoir la paix. Et voilà comment les juifs, descendants d’Isaac, ont occupé la Terre promise tandis que les arabes, descendants d’Ismaël, se sont retrouvés dans le désert...
Pour les enfants d’Agar la « servante », et de « son fils » Ismaël, voici venue l’heure de la revanche ! « Et tuez-les partout où vous les tenez, et chassez-les de là où ils vous ont chassés. » Actuel !
Et point de quartier ! « Car il est pire de se laisser séduire que de tuer. » (II 191) Avis à ceux qui croient obtenir la paix par le “ dialogue ” !
« Combattez dans le sentier du Dieu ceux qui vous combattent. Mais n’attaquez pas. Non ! le Dieu n’aime pas ceux qui attaquent. » (II 190)
La conduite à tenir est celle-là même qu’observa jadis le peuple élu en marche vers la Terre promise : ne pas attaquer les premiers. Cependant, la loi de cette guerre sainte est l’extermination de tout être vivant, hommes et animaux, édictée autrefois par Dieu même (Dt 7, 1-2 ; 1 S 15, 3 et passim) pour garder son peuple de la séduction des dieux des païens (Dt 7, 3-6 et passim).
L’objectif n’est donc pas le Ciel, comme pour les chrétiens, mais « le Temple dévasté » : « Déjà, nous voyons que tu te tournes vers le Ciel. Eh bien ! Nous te ferons embrasser une tradition que tu agréeras : Tourne-toi du côté du Temple dévasté. » (II 144)
Les enfants d’Ismaël sont invités à se rendre en pèlerinage à l’emplacement du Temple détruit par Titus le 29 août 70, et à retrouver une « tradition (qibla) » dont juifs et chrétiens se sont détournés. Le mot qibla est une transposition de la racine hébraïque qâbal qui signifie, au pied : « prendre, recevoir, accepter ». D’où le premier sens du mot : « agrément, acceptation, obéissance » ; et le deuxième : « tradition », dans son acception la plus générale de complément apporté à l’Écriture. Loin de se limiter à une « allusion » à la question de « l’orientation de la prière » (Blachère), la qibla désigne l’ « orientation de la vie », comme le reconnaît le même Blachère. Ici, elle désigne l’ensemble de la tradition abrahamique à laquelle « juifs » et « nazoréens » se sont montrés infidèles.
Dans le but de la restaurer, l’auteur a, tel Abraham, « quitté sa tente » et « posté les fidèles pour le combat » (III 121). Si on récuse la légende pour s’en tenir au texte, une hypothèse naît de la confrontation du texte avec l’histoire connue de l’époque : chef de l’expédition sarrasine qui se joignit à la coalition judéo-perse de 614, l’auteur a, tel Josué, conduit les enfants d’Ismaël à la conquête du « Pays » (II 11, 168). Quel « Pays » ? ’ard, « terre », transcription arabe de l’hébreu ’èrès, qui désigne soit le monde, orbis terrarum (Gn 1, 1 ; 11 et passim), soit un pays particulier. Dans ce second cas, employé absolument, il désigne à coup sûr la Terre sainte (Ps 37, 9. 11. 22. 29 et passim). Du moins pour commencer, en attendant de se lancer à la conquête du monde.
(A SUIVRE)
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Re: Re : Exegete scientifique du Coran
L’ISLAM, « ACCOMPLISSEMENT »
Qu’est-ce, en définitive, que l’islam ? La racine hébraïque d’où sont dérivés les mots islâm et musulman est shâlam, 1° « être achevé », 2° « être intact, heureux, en paix ». L’islam est l’ « accomplissement » de « la Torah et l’Évangile » qui n’étaient eux-mêmes que « la prophétie » de ce qui s’accomplit par les mains des enfants d’Ismaël, sous la conduite de l’auteur, lui-même objet véritable des faveurs divines en même temps que de l’attente des hommes. Le muhammad, le « bien-aimé », le « désiré » (III 144), c’est lui !
L’islam est la « perfection » de l’âme « en paix » avec Dieu, à la ressemblance d’Abraham (III 95) répondant à Dieu qui lui dit : « Sois parfait ! » (’aslim, cf. Gn 17, 1) – « Je suis parfait » (’aslamtu ; II 131). Modèle des « musulmans (muslimûn) ».
À cet égard, l’auteur du Coran se pose lui-même en modèle de « musulman (muslim) » pour ses contemporains (III 20). Chef de guerre, voué à « l’extermination » de tout ce qui résiste à l’instauration de « la justice » parmi les « peuples », il renvoie dos à dos l’une et l’autre « fraction » de « ceux qui ont reçu l’Écriture », judaïsme et christianisme, les vouant au feu inextinguible de l’enfer pour avoir introduit des « changements postérieurs » à cette « perfection » primitive d’Abraham, par « sourde envie mutuelle » (III 19), par « interprétation » mensongère (III 21-24), source de toutes les querelles.
Car Abraham n’était lui-même qu’un « païen » (hanif ), ni juif ni nazôréen, mais un païen devenu « parfait ».
Autrement dit, la « perfection (’islâm) » est une « justice (dîn) », « descendue sur Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les tribus », et « donnée à Moïse et à Jésus et aux prophètes », sans « distinction », ni « séparation » entre les uns et les autres. Tel est le thème du Coran. Cette pensée, répétée dans les mêmes termes avec insistance (II 136, 285 ; III 84-85), efface la distinction entre l’Ancien et le Nouveau Testament, et dévolue la religion d’Abraham, de Moïse et de Jésus aux enfants d’Ismaël, aux arabes. Elle en exclut ceux qui l’ont «perdue», ayant « apostasié » leur « foi » première, se plongeant par là dans les « ténèbres » (III 86).
Ceux-là encourent, à moins de conversion, non seulement la malédiction du Dieu et des anges, mais aussi celle de tous les hommes, éternelle et sans rémission.
Ainsi, le Coran lui-même atteste que tout a commencé au septième siècle, dans une Arabie chrétienne, “ Arabie heureuse ” d’être chrétienne. En témoignent les neuf chapiteaux chrétiens actuellement présents dans la colonnade de la grande mosquée de La Mekke.
Attention ! je ne dis pas que La Mecque était chrétienne avant de devenir musulmane puisque, avant l’islam, cette ville n’existait pas, mais, plus au sud, il y avait Sanaa, au cœur du Yémen devenu chrétien à partir du troisième et du quatrième siècle. Les chapiteaux chrétiens de la mosquée de La Mekke en proviennent, nous raconterons plus tard pourquoi et comment, s’il plaît à Dieu.
Au nord, il y avait la cité rupestre de Pétra, capitale de la province romaine de Nabatène, convertie au christianisme au cinquième siècle. Entre le Yémen et la Nabatène, des pistes caravanières et routes maritimes acheminent l’encens... et l’Évangile, “ bonne nouvelle ” répandue par les missionnaires byzantins et éthiopiens, jusqu’au jour où intervient un grand, un génial hérésiarque.
LA ROCHE DU DÉSERT
La grande question, qui demeure entière, est celle de son identité. En bonne critique historique, “ Mohammed ”, celui de la légendaire “ Tradition ” musulmane, n’existe pas. Pas plus que La Mekke. À la place de cet être de légende, nous voyons surgir de notre traduction... « l’auteur du Coran, un génie littéraire, créateur d’une langue dont vous avez découvert, mot après mot, le vocabulaire, tel un nouveau Champollion découvrant le langage des hiéroglyphes », m’écrivait notre Père, dans sa postface au tome III de notre traduction.
« Mon hypothèse, continue-t-il, est qu’il s’agit d’un Himyarite de grande tente, lettré, religieux, instruit aux meilleures écoles aussi bien juives que chrétiennes. C’est-à-dire, en somme, un sujet de la reine de Saba, ou du moins de ses successeurs au royaume himyarite. »
Et de citer deux indices, à ses yeux particulièrement significatifs : « Le fait que “ les Sabéens ” (’as-sâbi ’unâ ) » soient marqués par l’auteur d’une discrète prééminence (V 69), indique sans doute qu’il est de leur race. Et ce qui confirme, à mon sens, cette appartenance, est le ton polémique sur lequel il fait allusion à je ne sais quel “ Nabatéen ” qui l’a trahi (IV 72). »
Il faut dire qu’entre le nord et le sud de la péninsule, entre Pétra et Sanaa, les communications sont intenses, par les routes caravanières et maritimes.
Le dieu le plus important du panthéon nabatéen a donné son nom au massif qui abrite Pétra : ’ash-šarâ. Ce terme, dérivé du mot hébreu ’ashérah, déesse cananéenne de la fécondité et de l’amour, est repris par l’auteur pour désigner la croix, objet de l’adoration des chrétiens : « Et nous avons fait sortir contre leurs pieux sacrés (’âtârihim ), par Jésus Fils de Marie, une justification pour ce qui est “ entre ses mains ” de la Torah et nous lui avons donné l’Évangile en lequel [est ] une Voie et une Lumière et une justification pour ce qui est “ entre ses mains ” de la Torah, et une Voie et un conseil pour les prédestinés. » (V 46)
L’expression « pour ce qui est “ entre ses mains ” » fait allusion à l’insistance avec laquelle le texte sacré de la « Torah », précisément, souligne que Moïse tenait la divine Écriture « dans sa main » :
« Moïse prit le chemin du retour et descendit de la montagne avec, dans sa main (be-yâdô ), les deux tables du Témoignage, tables écrites des deux côtés, écrites sur l’une et l’autre face. Ces tables étaient l’œuvre de Dieu et l’écriture en était celle de Dieu, gravée sur les deux tables. » (Ex 32, 15-16)
L’insistance mise à souligner que Moïse tenait la divine Écriture « dans sa main » (Dt 9, 15), est peut-être à l’origine des développements de la tradition rabbinique sur le thème des mains de Moïse, qui affleure dans le Coran (cf. II 97). L’auteur l’applique à Jésus, probablement à cause de la parole de saint Jean-Baptiste : « Le Père aime le Fils ; il a tout remis en sa main » (Jn 3, 35), fondement de la royauté du Christ contre laquelle l’auteur polémique (cf. V 40). En tout cas, l’insistance sur ce thème évoque les Nabatéens, dont les graffiti ont été relevé à Médaïn Saleh, une oasis située à l’extrémité méridionale de la Nabatène, représentant de nombreuses mains tracées sur le rocher, et des personnages debout ou accroupis, tendant leurs bras vers le ciel dans l’attitude de la prière :
« Ces mains, écrivent les Pères Jaussen et Savignac, dont nous avons trouvé d’ailleurs d’autres exemples, quoique rares, sont identiques à celles qu’on voit à Jérusalem et dans toute la Palestine sur les portes ou les murs des maisons arabes et principalement des habitations juives. Il faut leur attribuer sans doute aussi la même valeur. Ce seraient des signes prophylactiques contre le mauvais œil, la maladie ou tout autre malheur. L’idée d’une pareille vertu attachée à des images de mains est aussi ancienne que répandue. Quant aux personnages signalés, ils ne sont probablement pas non plus le simple produit de l’amusement d’un désœuvré. Il doit falloir leur accorder aussi une signification religieuse ou une valeur superstitieuse quelconque. » (Jaussen et Savignac, Mission archéologique en Arabie, tome I : De Jérusalem au Hedjaz, Medaïn Saleh, Paris, 1909, p. 122).
LA MAIN (yâd )

Médaïn Saleh, ancienne Hégra, est située à l’extrémité méridionale de la Nabatène. C’est aussi la limite de la pénétration romaine en Arabie. En 1907, les Pères dominicains Jaussen et Savignac, de l’École biblique de Jérusalem, ont relevé sur le site de nombreuses mains tracées sur le rocher et des personnages debout ou accroupis, tendant leurs bras vers le ciel dans l’attitude de la prière.
Selon notre exégèse, le mot « Nabatéen », transposé du grec Nabataios, se rencontre une fois dans le Coran (IV 72 ; cf. 1 M 5, 25 ; 9, 35). Peuple caravanier, d’origine sud-arabique, successeur des Édomites en Transjordanie, avec Pétra pour capitale, les Nabatéens sont les « Arabes » du temps de la guerre des Maccabées (2 M 5, 8 ; 12, 10), auxquels l’auteur fait allusion à cause de l’analogie des situations.
Après un violent engagement contre les soldats de Judas Maccabée, ces nomades firent alliance avec les Juifs en guerre contre les Grecs séleucides (2 M 12, 10‑12)
La transposition s’impose : sept cent cinquante ans plus tard, de nouveaux « Nabatéens » font la guerre aux Grecs byzantins aux côtés des Juifs pour la conquête de Jérusalem désignée par son nom biblique à plusieurs reprises : « Entrez dans la Salem ! » (II 208), nom abrégé de Jérusalem, comme dans le psaume : « Sa tente s’est fixée en Salem, be-šâlém » (Ps 76, 3) avec l’article, « dans la Salem », à la manière de saint Paul opposant « la Jérusalem d’En-Haut » à « la Jérusalem actuelle », assimilée précisément par l’Apôtre à l’ « Arabie » !
Nous possédons trois relations de cet événement.
La première est chrétienne. Elle nous est parvenue en versions arabe et grégorienne. Probablement traduit du grec, ce récit anonyme est attribué à un moine de Saint-Sabas.
La deuxième relation est juive. Elle nous est parvenue par l’Apocalypse de Zorobabel, écrite en Palestine entre 629 et 636.
La troisième relation est coranique, selon notre hypothèse, corroborée par de nombreux rapprochements avec les deux documents précédents.
L’auteur de l’Apocalypse de Zorobabel a les mêmes préoccupations que l’auteur du Coran touchant la reconstruction du Temple, dominées par le thème, emprunté à Ézéchiel, d’un retour à la vie de ceux qui étaient morts.
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Apocalypse de Zorobabel
Une voix interpelle Zorobabel « des portes du ciel » :
« Approche-toi de moi, interroge-moi et je te répondrai.
=>
Sourate II, verset 186
« Et lorsque mes serviteurs t’interrogent à mon sujet, me voici ! tout proche. Je réponds à l’appel de celui qui appelle dès qu’il appelle. »
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– Que demanderais-je puisqu’il me reste peu de jours à vivre et que j’ai rempli ma destinée ?
– Je te donnerai la vie.
« Là-dessus, il dit :
– Sois vivant ! »
=>
Sourate II, verset 28
« Comment reniez-vous le Dieu alors que vous étiez morts
et qu’il vous a fait vivre ?
Puis il vous fera mourir, puis il vous fera revivre. »
(Cf. II, 56, 72-73, 243, 258-260 ; III 27)
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Ces rapprochements ne sont pas fortuits. Ils nous permettent de rattacher le Coran à l’ensemble des Apocalypses que firent surgir les événements de 614.
L’auteur du Coran fait mieux : il s’identifie à Moïse. Car il s’agit non seulement d’un pèlerinage mais d’une reconquête. En effet, les arabes sont les descendants d’Abraham par Agar, sa servante, non pas son épouse, mais sa servante, qui lui donna Ismaël. Tandis que les juifs sont les descendants d’Abraham par Sara, son épouse, qui lui donna Isaac, le fils de la promesse. Un jour, Sara, jalouse, dit à Abraham : « Chasse cette servante et son fils. » (Gn 21, 10) Ce qu’il fit pour avoir la paix. Et voilà comment les juifs, descendants d’Isaac, ont occupé la Terre promise tandis que les arabes, descendants d’Ismaël, se sont retrouvés dans le désert...
Pour les enfants d’Agar la « servante », et de « son fils » Ismaël, voici venue l’heure de la revanche ! « Et tuez-les partout où vous les tenez, et chassez-les de là où ils vous ont chassés. » Actuel !
Et point de quartier ! « Car il est pire de se laisser séduire que de tuer. » (II 191) Avis à ceux qui croient obtenir la paix par le “ dialogue ” !
« Combattez dans le sentier du Dieu ceux qui vous combattent. Mais n’attaquez pas. Non ! le Dieu n’aime pas ceux qui attaquent. » (II 190)
La conduite à tenir est celle-là même qu’observa jadis le peuple élu en marche vers la Terre promise : ne pas attaquer les premiers. Cependant, la loi de cette guerre sainte est l’extermination de tout être vivant, hommes et animaux, édictée autrefois par Dieu même (Dt 7, 1-2 ; 1 S 15, 3 et passim) pour garder son peuple de la séduction des dieux des païens (Dt 7, 3-6 et passim).
L’objectif n’est donc pas le Ciel, comme pour les chrétiens, mais « le Temple dévasté » : « Déjà, nous voyons que tu te tournes vers le Ciel. Eh bien ! Nous te ferons embrasser une tradition que tu agréeras : Tourne-toi du côté du Temple dévasté. » (II 144)
Les enfants d’Ismaël sont invités à se rendre en pèlerinage à l’emplacement du Temple détruit par Titus le 29 août 70, et à retrouver une « tradition (qibla) » dont juifs et chrétiens se sont détournés. Le mot qibla est une transposition de la racine hébraïque qâbal qui signifie, au pied : « prendre, recevoir, accepter ». D’où le premier sens du mot : « agrément, acceptation, obéissance » ; et le deuxième : « tradition », dans son acception la plus générale de complément apporté à l’Écriture. Loin de se limiter à une « allusion » à la question de « l’orientation de la prière » (Blachère), la qibla désigne l’ « orientation de la vie », comme le reconnaît le même Blachère. Ici, elle désigne l’ensemble de la tradition abrahamique à laquelle « juifs » et « nazoréens » se sont montrés infidèles.
Dans le but de la restaurer, l’auteur a, tel Abraham, « quitté sa tente » et « posté les fidèles pour le combat » (III 121). Si on récuse la légende pour s’en tenir au texte, une hypothèse naît de la confrontation du texte avec l’histoire connue de l’époque : chef de l’expédition sarrasine qui se joignit à la coalition judéo-perse de 614, l’auteur a, tel Josué, conduit les enfants d’Ismaël à la conquête du « Pays » (II 11, 168). Quel « Pays » ? ’ard, « terre », transcription arabe de l’hébreu ’èrès, qui désigne soit le monde, orbis terrarum (Gn 1, 1 ; 11 et passim), soit un pays particulier. Dans ce second cas, employé absolument, il désigne à coup sûr la Terre sainte (Ps 37, 9. 11. 22. 29 et passim). Du moins pour commencer, en attendant de se lancer à la conquête du monde.
(A SUIVRE)
http://www.crc-resurrection.org/accueil ... =1&id=1740
Qu’est-ce, en définitive, que l’islam ? La racine hébraïque d’où sont dérivés les mots islâm et musulman est shâlam, 1° « être achevé », 2° « être intact, heureux, en paix ». L’islam est l’ « accomplissement » de « la Torah et l’Évangile » qui n’étaient eux-mêmes que « la prophétie » de ce qui s’accomplit par les mains des enfants d’Ismaël, sous la conduite de l’auteur, lui-même objet véritable des faveurs divines en même temps que de l’attente des hommes. Le muhammad, le « bien-aimé », le « désiré » (III 144), c’est lui !
L’islam est la « perfection » de l’âme « en paix » avec Dieu, à la ressemblance d’Abraham (III 95) répondant à Dieu qui lui dit : « Sois parfait ! » (’aslim, cf. Gn 17, 1) – « Je suis parfait » (’aslamtu ; II 131). Modèle des « musulmans (muslimûn) ».
À cet égard, l’auteur du Coran se pose lui-même en modèle de « musulman (muslim) » pour ses contemporains (III 20). Chef de guerre, voué à « l’extermination » de tout ce qui résiste à l’instauration de « la justice » parmi les « peuples », il renvoie dos à dos l’une et l’autre « fraction » de « ceux qui ont reçu l’Écriture », judaïsme et christianisme, les vouant au feu inextinguible de l’enfer pour avoir introduit des « changements postérieurs » à cette « perfection » primitive d’Abraham, par « sourde envie mutuelle » (III 19), par « interprétation » mensongère (III 21-24), source de toutes les querelles.
Car Abraham n’était lui-même qu’un « païen » (hanif ), ni juif ni nazôréen, mais un païen devenu « parfait ».
Autrement dit, la « perfection (’islâm) » est une « justice (dîn) », « descendue sur Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les tribus », et « donnée à Moïse et à Jésus et aux prophètes », sans « distinction », ni « séparation » entre les uns et les autres. Tel est le thème du Coran. Cette pensée, répétée dans les mêmes termes avec insistance (II 136, 285 ; III 84-85), efface la distinction entre l’Ancien et le Nouveau Testament, et dévolue la religion d’Abraham, de Moïse et de Jésus aux enfants d’Ismaël, aux arabes. Elle en exclut ceux qui l’ont «perdue», ayant « apostasié » leur « foi » première, se plongeant par là dans les « ténèbres » (III 86).
Ceux-là encourent, à moins de conversion, non seulement la malédiction du Dieu et des anges, mais aussi celle de tous les hommes, éternelle et sans rémission.
Ainsi, le Coran lui-même atteste que tout a commencé au septième siècle, dans une Arabie chrétienne, “ Arabie heureuse ” d’être chrétienne. En témoignent les neuf chapiteaux chrétiens actuellement présents dans la colonnade de la grande mosquée de La Mekke.
Attention ! je ne dis pas que La Mecque était chrétienne avant de devenir musulmane puisque, avant l’islam, cette ville n’existait pas, mais, plus au sud, il y avait Sanaa, au cœur du Yémen devenu chrétien à partir du troisième et du quatrième siècle. Les chapiteaux chrétiens de la mosquée de La Mekke en proviennent, nous raconterons plus tard pourquoi et comment, s’il plaît à Dieu.
Au nord, il y avait la cité rupestre de Pétra, capitale de la province romaine de Nabatène, convertie au christianisme au cinquième siècle. Entre le Yémen et la Nabatène, des pistes caravanières et routes maritimes acheminent l’encens... et l’Évangile, “ bonne nouvelle ” répandue par les missionnaires byzantins et éthiopiens, jusqu’au jour où intervient un grand, un génial hérésiarque.
LA ROCHE DU DÉSERT
La grande question, qui demeure entière, est celle de son identité. En bonne critique historique, “ Mohammed ”, celui de la légendaire “ Tradition ” musulmane, n’existe pas. Pas plus que La Mekke. À la place de cet être de légende, nous voyons surgir de notre traduction... « l’auteur du Coran, un génie littéraire, créateur d’une langue dont vous avez découvert, mot après mot, le vocabulaire, tel un nouveau Champollion découvrant le langage des hiéroglyphes », m’écrivait notre Père, dans sa postface au tome III de notre traduction.
« Mon hypothèse, continue-t-il, est qu’il s’agit d’un Himyarite de grande tente, lettré, religieux, instruit aux meilleures écoles aussi bien juives que chrétiennes. C’est-à-dire, en somme, un sujet de la reine de Saba, ou du moins de ses successeurs au royaume himyarite. »
Et de citer deux indices, à ses yeux particulièrement significatifs : « Le fait que “ les Sabéens ” (’as-sâbi ’unâ ) » soient marqués par l’auteur d’une discrète prééminence (V 69), indique sans doute qu’il est de leur race. Et ce qui confirme, à mon sens, cette appartenance, est le ton polémique sur lequel il fait allusion à je ne sais quel “ Nabatéen ” qui l’a trahi (IV 72). »
Il faut dire qu’entre le nord et le sud de la péninsule, entre Pétra et Sanaa, les communications sont intenses, par les routes caravanières et maritimes.
Le dieu le plus important du panthéon nabatéen a donné son nom au massif qui abrite Pétra : ’ash-šarâ. Ce terme, dérivé du mot hébreu ’ashérah, déesse cananéenne de la fécondité et de l’amour, est repris par l’auteur pour désigner la croix, objet de l’adoration des chrétiens : « Et nous avons fait sortir contre leurs pieux sacrés (’âtârihim ), par Jésus Fils de Marie, une justification pour ce qui est “ entre ses mains ” de la Torah et nous lui avons donné l’Évangile en lequel [est ] une Voie et une Lumière et une justification pour ce qui est “ entre ses mains ” de la Torah, et une Voie et un conseil pour les prédestinés. » (V 46)
L’expression « pour ce qui est “ entre ses mains ” » fait allusion à l’insistance avec laquelle le texte sacré de la « Torah », précisément, souligne que Moïse tenait la divine Écriture « dans sa main » :
« Moïse prit le chemin du retour et descendit de la montagne avec, dans sa main (be-yâdô ), les deux tables du Témoignage, tables écrites des deux côtés, écrites sur l’une et l’autre face. Ces tables étaient l’œuvre de Dieu et l’écriture en était celle de Dieu, gravée sur les deux tables. » (Ex 32, 15-16)
L’insistance mise à souligner que Moïse tenait la divine Écriture « dans sa main » (Dt 9, 15), est peut-être à l’origine des développements de la tradition rabbinique sur le thème des mains de Moïse, qui affleure dans le Coran (cf. II 97). L’auteur l’applique à Jésus, probablement à cause de la parole de saint Jean-Baptiste : « Le Père aime le Fils ; il a tout remis en sa main » (Jn 3, 35), fondement de la royauté du Christ contre laquelle l’auteur polémique (cf. V 40). En tout cas, l’insistance sur ce thème évoque les Nabatéens, dont les graffiti ont été relevé à Médaïn Saleh, une oasis située à l’extrémité méridionale de la Nabatène, représentant de nombreuses mains tracées sur le rocher, et des personnages debout ou accroupis, tendant leurs bras vers le ciel dans l’attitude de la prière :
« Ces mains, écrivent les Pères Jaussen et Savignac, dont nous avons trouvé d’ailleurs d’autres exemples, quoique rares, sont identiques à celles qu’on voit à Jérusalem et dans toute la Palestine sur les portes ou les murs des maisons arabes et principalement des habitations juives. Il faut leur attribuer sans doute aussi la même valeur. Ce seraient des signes prophylactiques contre le mauvais œil, la maladie ou tout autre malheur. L’idée d’une pareille vertu attachée à des images de mains est aussi ancienne que répandue. Quant aux personnages signalés, ils ne sont probablement pas non plus le simple produit de l’amusement d’un désœuvré. Il doit falloir leur accorder aussi une signification religieuse ou une valeur superstitieuse quelconque. » (Jaussen et Savignac, Mission archéologique en Arabie, tome I : De Jérusalem au Hedjaz, Medaïn Saleh, Paris, 1909, p. 122).
LA MAIN (yâd )

Médaïn Saleh, ancienne Hégra, est située à l’extrémité méridionale de la Nabatène. C’est aussi la limite de la pénétration romaine en Arabie. En 1907, les Pères dominicains Jaussen et Savignac, de l’École biblique de Jérusalem, ont relevé sur le site de nombreuses mains tracées sur le rocher et des personnages debout ou accroupis, tendant leurs bras vers le ciel dans l’attitude de la prière.
Selon notre exégèse, le mot « Nabatéen », transposé du grec Nabataios, se rencontre une fois dans le Coran (IV 72 ; cf. 1 M 5, 25 ; 9, 35). Peuple caravanier, d’origine sud-arabique, successeur des Édomites en Transjordanie, avec Pétra pour capitale, les Nabatéens sont les « Arabes » du temps de la guerre des Maccabées (2 M 5, 8 ; 12, 10), auxquels l’auteur fait allusion à cause de l’analogie des situations.
Après un violent engagement contre les soldats de Judas Maccabée, ces nomades firent alliance avec les Juifs en guerre contre les Grecs séleucides (2 M 12, 10‑12)
La transposition s’impose : sept cent cinquante ans plus tard, de nouveaux « Nabatéens » font la guerre aux Grecs byzantins aux côtés des Juifs pour la conquête de Jérusalem désignée par son nom biblique à plusieurs reprises : « Entrez dans la Salem ! » (II 208), nom abrégé de Jérusalem, comme dans le psaume : « Sa tente s’est fixée en Salem, be-šâlém » (Ps 76, 3) avec l’article, « dans la Salem », à la manière de saint Paul opposant « la Jérusalem d’En-Haut » à « la Jérusalem actuelle », assimilée précisément par l’Apôtre à l’ « Arabie » !
Nous possédons trois relations de cet événement.
La première est chrétienne. Elle nous est parvenue en versions arabe et grégorienne. Probablement traduit du grec, ce récit anonyme est attribué à un moine de Saint-Sabas.
La deuxième relation est juive. Elle nous est parvenue par l’Apocalypse de Zorobabel, écrite en Palestine entre 629 et 636.
La troisième relation est coranique, selon notre hypothèse, corroborée par de nombreux rapprochements avec les deux documents précédents.
L’auteur de l’Apocalypse de Zorobabel a les mêmes préoccupations que l’auteur du Coran touchant la reconstruction du Temple, dominées par le thème, emprunté à Ézéchiel, d’un retour à la vie de ceux qui étaient morts.
----------------------------------------------------------------------
Apocalypse de Zorobabel
Une voix interpelle Zorobabel « des portes du ciel » :
« Approche-toi de moi, interroge-moi et je te répondrai.
=>
Sourate II, verset 186
« Et lorsque mes serviteurs t’interrogent à mon sujet, me voici ! tout proche. Je réponds à l’appel de celui qui appelle dès qu’il appelle. »
-----------------------------------------------------------------------
– Que demanderais-je puisqu’il me reste peu de jours à vivre et que j’ai rempli ma destinée ?
– Je te donnerai la vie.
« Là-dessus, il dit :
– Sois vivant ! »
=>
Sourate II, verset 28
« Comment reniez-vous le Dieu alors que vous étiez morts
et qu’il vous a fait vivre ?
Puis il vous fera mourir, puis il vous fera revivre. »
(Cf. II, 56, 72-73, 243, 258-260 ; III 27)
---------------------------------------------------------------------------
Ces rapprochements ne sont pas fortuits. Ils nous permettent de rattacher le Coran à l’ensemble des Apocalypses que firent surgir les événements de 614.
L’auteur du Coran fait mieux : il s’identifie à Moïse. Car il s’agit non seulement d’un pèlerinage mais d’une reconquête. En effet, les arabes sont les descendants d’Abraham par Agar, sa servante, non pas son épouse, mais sa servante, qui lui donna Ismaël. Tandis que les juifs sont les descendants d’Abraham par Sara, son épouse, qui lui donna Isaac, le fils de la promesse. Un jour, Sara, jalouse, dit à Abraham : « Chasse cette servante et son fils. » (Gn 21, 10) Ce qu’il fit pour avoir la paix. Et voilà comment les juifs, descendants d’Isaac, ont occupé la Terre promise tandis que les arabes, descendants d’Ismaël, se sont retrouvés dans le désert...
Pour les enfants d’Agar la « servante », et de « son fils » Ismaël, voici venue l’heure de la revanche ! « Et tuez-les partout où vous les tenez, et chassez-les de là où ils vous ont chassés. » Actuel !
Et point de quartier ! « Car il est pire de se laisser séduire que de tuer. » (II 191) Avis à ceux qui croient obtenir la paix par le “ dialogue ” !
« Combattez dans le sentier du Dieu ceux qui vous combattent. Mais n’attaquez pas. Non ! le Dieu n’aime pas ceux qui attaquent. » (II 190)
La conduite à tenir est celle-là même qu’observa jadis le peuple élu en marche vers la Terre promise : ne pas attaquer les premiers. Cependant, la loi de cette guerre sainte est l’extermination de tout être vivant, hommes et animaux, édictée autrefois par Dieu même (Dt 7, 1-2 ; 1 S 15, 3 et passim) pour garder son peuple de la séduction des dieux des païens (Dt 7, 3-6 et passim).
L’objectif n’est donc pas le Ciel, comme pour les chrétiens, mais « le Temple dévasté » : « Déjà, nous voyons que tu te tournes vers le Ciel. Eh bien ! Nous te ferons embrasser une tradition que tu agréeras : Tourne-toi du côté du Temple dévasté. » (II 144)
Les enfants d’Ismaël sont invités à se rendre en pèlerinage à l’emplacement du Temple détruit par Titus le 29 août 70, et à retrouver une « tradition (qibla) » dont juifs et chrétiens se sont détournés. Le mot qibla est une transposition de la racine hébraïque qâbal qui signifie, au pied : « prendre, recevoir, accepter ». D’où le premier sens du mot : « agrément, acceptation, obéissance » ; et le deuxième : « tradition », dans son acception la plus générale de complément apporté à l’Écriture. Loin de se limiter à une « allusion » à la question de « l’orientation de la prière » (Blachère), la qibla désigne l’ « orientation de la vie », comme le reconnaît le même Blachère. Ici, elle désigne l’ensemble de la tradition abrahamique à laquelle « juifs » et « nazoréens » se sont montrés infidèles.
Dans le but de la restaurer, l’auteur a, tel Abraham, « quitté sa tente » et « posté les fidèles pour le combat » (III 121). Si on récuse la légende pour s’en tenir au texte, une hypothèse naît de la confrontation du texte avec l’histoire connue de l’époque : chef de l’expédition sarrasine qui se joignit à la coalition judéo-perse de 614, l’auteur a, tel Josué, conduit les enfants d’Ismaël à la conquête du « Pays » (II 11, 168). Quel « Pays » ? ’ard, « terre », transcription arabe de l’hébreu ’èrès, qui désigne soit le monde, orbis terrarum (Gn 1, 1 ; 11 et passim), soit un pays particulier. Dans ce second cas, employé absolument, il désigne à coup sûr la Terre sainte (Ps 37, 9. 11. 22. 29 et passim). Du moins pour commencer, en attendant de se lancer à la conquête du monde.
(A SUIVRE)
http://www.crc-resurrection.org/accueil ... =1&id=1740
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Re : Exegete scientifique du Coran
Qui fut le prophète Mahomet?
Dans une déclaration restée fameuse, le savant français Ernest Renan écrivit en 1851 que, contrairement aux autres fondateurs des principales religions, le prophète Mahomet était né dans «la pleine lumière de l'histoire».
En effet, il suffit de chercher le nom de Mahomet dans n'importe quel ouvrage de référence et les grandes lignes de son existence apparaissent aussitôt, parfaitement assurées: naissance en 570 à La Mecque, carrière de marchand, première révélation en 610, fuite à Médine en 622, retour triomphant à La Mecque en 630, décès en 632.
Mieux encore, les 610 pages du récit, en anglais, de la vie de Mahomet par W. Montgomery Watt révèlent une biographie riche de nombreux détails.
Mais cette biographie standard présente deux problèmes, comme l'explique une nouvelle étude fascinante, The Quest for the Historical Muhammad, éditée sous la direction d'Ibn Warraq (Prometheus Books).
D'abord, la masse de documentation sur Mahomet dérive exclusivement de sources écrites arabes – des biographies, des recueils des paroles et des actes du prophète, etc. – dont les plus anciennes datent d'un siècle et demi après sa mort.
Non seulement ce long laps de temps suscite quelques doutes sur leur exactitude, mais l'examen de leur contenu laisse nettement entendre qu'elles furent composées dans un contexte de disputes partisanes intenses à propos de la vie du prophète.
Pour tenter une analogie américaine, c'est un peu comme si les premiers comptes rendus de la Convention constitutionnelle américaine de 1787 venaient à peine d'être rédigés, et ce sur fond de polémiques agitées quant à l'interprétation de la Constitution.
Ensuite, les premières sources relatant la vie du prophète qui aient survécu jusqu'à nos jours contredisent la biographie standard de manière spectaculaire. Ce sont pour une part des sources littéraires en d'autres langues que l'arabe (araméen, grec, syriaque) et pour le reste des objets d'époque (papyrus, inscriptions, pièces de monnaie).
Le manque de fiabilité des sources littéraires arabes est certes admis depuis un siècle, mais des experts n'ont entrepris que récemment l'étude de ses implications concrètes, notamment grâce aux travaux révolutionnaires du chercheur britannique John Wansbrough. Dans un esprit qu'on peut résumer par l'expression «intéressant si c'est vrai», ils jettent un regard sceptique sur les sources écrites arabes et concluent qu'elles constituent une sorte d'«histoire salvatrice» – des récits peu fiables de croyants, qui servent leurs propres intérêts.
Les experts révisionnistes constatent ainsi que l'énorme masse de détails fournis est presque entièrement apocryphe. Les révisionnistes jugent les comptes rendus traditionnels si peu fiables que, comme reprendre une phrase mémorable de Patricia Crone, «on pourrait aussi bien, si l'on y était enclin, récrire la majeure partie de la biographie de Mahomet par Montgomery Watt pour dire tout autre chose».
Par exemple, une inscription et un récit grecs incitent Lawrence Conrad à fixer la date de naissance de Mahomet en 552, au lieu de 570. Crone conclut que la carrière de Mahomet se déroula non pas à La Mecque, mais à des centaines de kilomètres plus au nord. Yehuda Nevo et Judith Koren estiment que la langue arabe classique a été développée non pas dans l'Arabie Saoudite actuelle, mais sur les côtes de l'est de la Méditerranée, et qu'elle n'atteignit l'Arabie qu'à la suite des efforts colonisateurs de l'un des premiers califes.
Ces découvertes mènent à des conclusions surprenantes. Ainsi, les tribus arabes qui conquirent de larges tranches de territoires au VIIe siècle n'étaient pas musulmanes; peut-être étaient-elles païennes. Le Coran n'est pas «produit par Mahomet, ni même par l'Arabie», mais constitue un recueil d'anciens éléments liturgiques judéo-chrétiens combinés pour satisfaire aux besoins d'une époque ultérieure.
En somme, «il n'existait pas d'Islam tel que nous le connaissons» jusque deux ou trois siècles après les dates avancées par la version traditionnelle (donc plutôt 830 que 630). L'Islam se développa non pas dans les lointains déserts d'Arabie, mais à travers l'interaction de conquérants arabes avec les peuples plus civilisés qu'ils asservirent. Quelques chercheurs vont même jusqu'à douter de l'existence de Mahomet.
Bien qu'elle ait été entreprise dans un dessein purement académique, la recherche mise ainsi à disposition dans The Quest for the Historical Muhammad soulève des questions fondamentales sur le rôle de parangon de vertu que joue le prophète, sur les sources de la loi islamique et sur la nature divine du Coran. Il n'est donc pas étonnant que les Musulmans pieux préfèrent éviter ces questions.
Jusqu'à présent, leur stratégie a consisté essentiellement à ignorer le problème, espérant que le révisionnisme, tel une rage de dent, finirait par s'en aller.
Mais les rages de dent ne disparaissent pas spontanément, et le révisionnisme non plus. Il est probable qu'un jour, les Musulmans seront profondément absorbés par les efforts nécessaires pour y répondre, tout comme les Juifs et les Chrétiens, au XIXe siècle, lorsqu'ils furent confrontés à des études scientifiques comparables. Ces deux religions survécurent à l'expérience, mais elles en sortirent profondément transformées – et ce sera certainement aussi le cas pour l'Islam.
http://fr.danielpipes.org/article/3216
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Re: Exegete scientifique du Coran
Déterrage de topic.
Ca a été peut être déjà été dit ailleurs, mais la question posée plus haut n'a pas vu de réponse je crois.
Une des thèses avancées concernant la Mecque, est qu'elle n'est pas cité une seule fois dans le coran.
Quelqu'un a parlé du verset 24 sourate 48, en citant la Mecque.
Curtis n'y répond pas, en précisant qu'il ne lit pas l'arabe, en supposant que c'est une traduction "conformiste" mais continuent avec ses nombreux copier collé.
Quelqu'un peut-il confirmer ou infirmer la présence du mot ?
Merci
Ca a été peut être déjà été dit ailleurs, mais la question posée plus haut n'a pas vu de réponse je crois.
Une des thèses avancées concernant la Mecque, est qu'elle n'est pas cité une seule fois dans le coran.
Quelqu'un a parlé du verset 24 sourate 48, en citant la Mecque.
Curtis n'y répond pas, en précisant qu'il ne lit pas l'arabe, en supposant que c'est une traduction "conformiste" mais continuent avec ses nombreux copier collé.
Quelqu'un peut-il confirmer ou infirmer la présence du mot ?
Merci
- khristodoulos
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Re: Exegete scientifique du Coran
Trois auteurs pour répondre:
Frère Bruno de Jésus:
http://www.crc-resurrection.org/Renaiss ... /Islam.php
Edouard-Marie Gallez:
http://www.lemessieetsonprophete.com/
Et Laurent Lagartempe:
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog ... l#comments
Frère Bruno de Jésus:
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Edouard-Marie Gallez:
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Re: Exegete scientifique du Coran
Et votre avis personnel ?
C'est un forum ici où l'on échange et où l'on discute. Ce n'est pas le bottin du net
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hastings
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Re: Exegete scientifique du Coran
J'ai lu ou vu les vidéos du "Frère Bruno".
C'est intéressant car il présente un point de vue original.
Curtis semble énormément s'en inspirer dans ses nombreux copié collé.
Sans parti pris, je trouve quand même malhonnête qu'il n'ait pas daigné répondre à la question qu'on lui posait (çad prendre la peine de vérifier selon ses moyens), pour enchainer sur tout un tas de copié collé, noyant la question posée.
J'imagine qu'il tenait pas à ce que 2 ou 3 pages de copié collé soit éventuellement anéantis par une réponse "gênante".
Enfin quand un arabophone passera par ici, on aura enfin la réponse après 3 an
S'il est vrai que traduire "bakka" par "mecque" est un peu étrange, tout ça l'est moins si le mot est cité tel quel au moins une fois.
C'est comme de nos jours, en français on dit "pékin" mais en chinois ça ressemble pas trop à ça.
Je veux dire par là qu'il n'y a rien d'étrange à ce qu'un nom de lieu ait plusieurs appellations au fil du temps, et surtout en connaissant les difficultés qu'il y a eu à compiler le texte coranique, selon la tradition musulmane.
D'autant plus quand elle nous dit que ça a été révélé en plusieurs "lettres".
C'est intéressant car il présente un point de vue original.
Curtis semble énormément s'en inspirer dans ses nombreux copié collé.
Sans parti pris, je trouve quand même malhonnête qu'il n'ait pas daigné répondre à la question qu'on lui posait (çad prendre la peine de vérifier selon ses moyens), pour enchainer sur tout un tas de copié collé, noyant la question posée.
J'imagine qu'il tenait pas à ce que 2 ou 3 pages de copié collé soit éventuellement anéantis par une réponse "gênante".
Enfin quand un arabophone passera par ici, on aura enfin la réponse après 3 an
S'il est vrai que traduire "bakka" par "mecque" est un peu étrange, tout ça l'est moins si le mot est cité tel quel au moins une fois.
C'est comme de nos jours, en français on dit "pékin" mais en chinois ça ressemble pas trop à ça.
Je veux dire par là qu'il n'y a rien d'étrange à ce qu'un nom de lieu ait plusieurs appellations au fil du temps, et surtout en connaissant les difficultés qu'il y a eu à compiler le texte coranique, selon la tradition musulmane.
D'autant plus quand elle nous dit que ça a été révélé en plusieurs "lettres".