Le prophète du carnage

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Curtis
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Le prophète du carnage

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Muhammad a dit : "Je suis le prophète du carnage, je suis un rieur sanglant" (Fatwah d’IBN TAYMIYA, savant musulman hanbalite, 1263-1328)
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adorerdieu
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Re: Le prophète du carnage

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Curtis a écrit :Muhammad a dit : "Je suis le prophète du carnage, je suis un rieur sanglant" (Fatwah d’IBN TAYMIYA, savant musulman hanbalite, 1263-1328)
salut curtis .tu sais vraiment t' es un pauvre
lorsque on cite un hadith on doit citer la source
pour nous les musulmans on puise du coran et de sahih moslim et boukhari




Si un oiseau , un animal quelconque ou un homme mange des fruits d’un arbre planté par un musulman ou se nourrit de la récolte d’un champ qu’il a semé , ce sera pour lui un acte de charité . “

“J ‘ai été envoyé pour parfaire les bonnes manières . “




Celui qui fait du mal à un Juif ou à un Chrétien trouvera en moi son adversaire au Jour du Jugement.


Le meilleur des actes, après la foi en Allah, est l'amour des gens.

N'est pas de nous quiconque ne révère pas notre aîné, ni ne se montre compatissant envers notre cadet, ni ne reconnaît à notre savant son droit (sur nous

Le meilleur des hommes est celui qui est utile aux gens

La monture a des droits sur son propriétaire: il doit commencer par lui donner du fourrage dès qu'il descend de son dos, l'abreuver chaque fois qu'il passe par un point d'eau, ne pas la frapper à la gueule, car elle chante les louanges de son Seigneur, ne pas se mettre debout sur son dos, sauf pour la Cause d'Allah, ne pas la surcharger, ne pas la faire marcher au-delà de ses capacités.(551)
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Message non lu par phil29 »

Le fondamentalisme chrétien et le fondamntalisme musulman qui s'affontent, voilà une affiche qui promet d'être interessante :lol: :lol:

Je sens qu'on va bien s'marrer allez les gars qui va gagner? celui qui croit qu'on peut marcher sur l'eau ou celui qui croit que les chevaux volants existent?
Tout ce qu'il y a d'atroce, de nauséabond, de fétide en l'homme se trouve résumé en un mot:DIEU. Fernando Arrabal
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lorie
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Message non lu par lorie »

phil29 a écrit :Le fondamentalisme chrétien et le fondamntalisme musulman qui s'affontent, voilà une affiche qui promet d'être interessante :lol: :lol:

Je sens qu'on va bien s'marrer allez les gars qui va gagner? celui qui croit qu'on peut marcher sur l'eau ou celui qui croit que les chevaux volants existent?

Min cher philou si nous retirions ... ??? on revient plus tard voir combien de survivants ??? :lol: :lol:

Allez ... c ma tournée de pop corn !!!!! :popcom:


:cheers:
phil29
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Message non lu par phil29 »

Lorie a écrit :
phil29 a écrit :Le fondamentalisme chrétien et le fondamntalisme musulman qui s'affontent, voilà une affiche qui promet d'être interessante :lol: :lol:

Je sens qu'on va bien s'marrer allez les gars qui va gagner? celui qui croit qu'on peut marcher sur l'eau ou celui qui croit que les chevaux volants existent?

Min cher philou si nous retirions ... ??? on revient plus tard voir combien de survivants ??? :lol: :lol:

Allez ... c ma tournée de pop corn !!!!! :popcom:


:cheers:
Tu as raison, il faut laisser un peu d'intimité aux amoureux... :wink:

A plus tard les p'tits loups....
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Curtis
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Bonjour à tous

Phil29 a écrit :Tu as raison, il faut laisser un peu d'intimité aux amoureux...

A plus tard les p'tits loups....
Oui, laissez-nous entre amoureux. Laissez-moi montrer à notre cher Adorerdieu qui était Muhammad.

Adorerdieu a écrit :tu sais vraiment t' es un pauvre
Certes, je n'ai pas beaucoup d'argent mais je suis bien plus riche que vous.
Adorerdieu a écrit :lorsque on cite un hadith on doit citer la source
Justement, j'aimerais l'avoir cet hadith. L'avez-vous ?
Adorerdieu a écrit :Celui qui fait du mal à un Juif ou à un Chrétien trouvera en moi son adversaire au Jour du Jugement.
Et là, vous citez la source ?


Sourate 9 :29

Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre (les juifs et les chrétiens), jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains, après s'être humilies.



[Récit d'Ibn Umar, Bukhari LIX 362]

Les Bani An-Nadir et les Bani Quraiza se sont battus entre eux; le prophète exila donc les Bani An Nadir et permit aux Bani Quraiza de rester sur place ne leur prenant rien jusqu'à ce qu'ils s'attaquent au prophète de nouveau. Il tua alors leurs hommes et distribua leurs femmes, enfants et leurs biens parmi les musulmans mais certains vinrent voir le Prophète qui leur accorda la sécurité et ils se convertirent à l'islam. Il exila tous les juifs de Médine. C'était les juifs des Banû Qainuqa, la tribu d'Abdallah ibn Salam, les juifs des Banû Haritha et les autres juifs de Médine.

[Récit d'Abu Huraira, Muslim XXVI 5389]

Le messager d'Allah a dit :
- Ne saluez pas les juifs et les chrétiens avant qu'ils ne vous saluent et quand vous les rencontrez sur les routes, forcez-les à passer sur la partie la plus étroite.


[Récit d'Aisha et Abdullah ibn Abbas, Bukhari VIII 427]

Quand l'apôtre d'Allah est parvenu au crépuscule de sa vie, il a mis son khamisa sur son visage et quand il a eu chaud et la respiration difficile, il a dit :
- Qu'Allah maudisse les juifs et les chrétiens parce qu'ils ont construit des lieux de culte sur les tombes de leurs Prophètes.

[Récit d'Abu Musa, Muslim XXXVII 6665]

Le messager d'Allah a dit :
-Quand arrivera le jour de la résurrection, Allah fournira à chaque musulman un juif ou un chrétien et dira : "c'est ton remplaçant dans le feu de l'enfer.

[Récit d'Ali ibn Abu Talibé, Dawud XXXVIII 4349]

Une juive insultait et dénigrait le Prophète. Un homme l'étrangla jusqu'à ce qu'elle meure. L'apôtre d'Allah déclara qu'il n'y avait pas de prix à payer pour son sang.

[Récit d'Abdullah ibn Umar, Bukhari LVI 791]
L'apôtre d'Allah a dit :
- Les juifs vous combattront et vous aurez la victoire sur eux de telle façon qu'une pierre dira : "Ô musulman ! Il y a un juif derrière moi; tue-le !





Amicalement.
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ARISTOTE, LE VRAI PROPHETE

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ARISTOTE AU MONT SAINT-MICHEL.


Extraits d’un article paru dans le journal Le Monde :

Etonnante rectification des préjugés de l’heure, ce travail de Sylvain Gouguenheim va susciter débats et polémiques. Son thème : la filiation culturelle monde occidental-monde musulman. Sur ce sujet, les enjeux idéologiques et politiques pèsent lourd. Or cet universitaire des plus sérieux, professeur d’histoire médiévale à l’Ecole normale supérieure de Lyon, met à mal une série de convictions devenues dominantes. Ces dernières décennies, en suivant notamment Alain de Libera ou Mohammed Arkoun, Edward Saïd ou le Conseil de l’Europe, on aurait fait fausse route sur la part de l’islam dans l’histoire de la culture européenne.



Que croyons-nous donc ? En résumé, ceci : le savoir grec antique - philosophie, médecine, mathématique, astronomie -, après avoir tout à fait disparu d’Europe, a trouvé refuge dans le monde musulman, qui l’a traduit en arabe, l’a accueilli et prolongé, avant de le transmettre finalement à l’Occident, permettant ainsi sa renaissance, puis l’expansion soudaine de la culture européenne. Selon Sylvain Gouguenheim, cette vulgate n’est qu’un tissu d’erreurs, de vérités déformées, de données partielles ou partiales. [..]

“AGES SOMBRES”

Y a-t-il vraiment eu rupture totale entre l’héritage grec antique et l’Europe chrétienne du haut Moyen Age ? […] Non, réplique Sylvain Gouguenheim. Même devenus ténus et rares, les liens avec Byzance ne furent jamais rompus.[…]

Nombre de Pères de l’Eglise, formés à la philosophie, citent Platon et bien d’autres auteurs païens, dont ils ont sauvé des pans entiers. L’Europe est donc demeurée constamment consciente de sa filiation à l’égard de la Grèce antique, et se montra continûment désireuse d’en retrouver les textes. Ce qui explique, des Carolingiens jusqu’au XIIIe siècle, la succession des “renaissances” liées à des découvertes partielles.

La culture grecque antique fut-elle pleinement accueillie par l’islam ? Sylvain Gouguenheim souligne les fortes limites que la réalité historique impose à cette conviction devenue courante. Car ce ne furent pas les musulmans qui firent l’essentiel du travail de traduction des textes grecs en arabe. On l’oublie superbement : même ces grands admirateurs des Grecs que furent Al-Fârâbî, Avicenne et Averroès ne lisaient pas un mot des textes originaux, mais seulement les traductions en arabe faites par les Araméens… chrétiens ! […]

Parce que nous confondons trop souvent “Arabe” et “musulman”, une vision déformée de l’histoire nous fait gommer le rôle décisif des Arabes chrétiens dans le passage des oeuvres de l’Antiquité grecque d’abord en syriaque, puis dans la langue du Coran.

Une fois effectué ce transfert - difficile, car grec et arabe sont des langues aux génies très dissemblables -, on aurait tort de croire que l’accueil fait aux Grecs fut unanime, enthousiaste, capable de bouleverser culture et société islamiques. Sylvain Gouguenheim montre combien la réception de la pensée grecque fut au contraire sélective, limitée, sans impact majeur, en fin de compte, sur les réalités de l’islam, qui sont demeurées indissociablement religieuses, juridiques et politiques. Même en disposant des oeuvres philosophiques des Grecs, même en forgeant le terme de “falsafa” pour désigner une forme d’esprit philosophique apparenté, l’islam ne s’est pas véritablement hellénisé. La raison n’y fut jamais explicitement placée au-dessus de la révélation, ni la politique dissociée de la révélation, ni l’investigation scientifique radicalement indépendante. […]

Somme toute, contrairement à ce qu’on répète crescendo depuis les années 1960, la culture européenne, dans son histoire et son développement, ne devrait pas grand-chose à l’islam. En tout cas rien d’essentiel. Précis, argumenté, ce livre qui remet l’histoire à l’heure est aussi fort courageux.

ARISTOTE AU MONT SAINT-MICHEL. LES RACINES GRECQUES DE L’EUROPE CHRÉTIENNE de Sylvain Gouguenheim. Seuil, “L’Univers historique”, 282 p., 21 €.
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Re : ARISTOTE, LE VRAI PROPHETE

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Aristote, un détour arabe contesté
Polémique. Un livre de l’historien Sylvain Gouguenheim suscite de vives réactions.
ERIC AESCHIMANN
QUOTIDIEN : mercredi 30 avril 2008
Une nouvelle affaire secoue le milieu des historiens, autour d’une question d’apparence très pointue. Il s’agit de savoir à qui l’Occident chrétien doit d’avoir reçu l’héritage du rationalisme grec, et en particulier les textes d’Aristote, dont la diffusion en Europe à partir du XIIIe siècle joua un rôle décisif dans la préparation intellectuelle de la Renaissance. Aux Arabes, ainsi qu’on le dit souvent, parfois en simplifiant ? Ou à une «filière grecque»qui, de Byzance jusqu’aux monastères du XIIe siècle, conserva, fit circuler et, finalement, traduisit les grands auteurs de l’antiquité ? C’est en soutenant la deuxième thèse que l’historien Sylvain Gouguenheim a déclenché la polémique. Sorti début avril au Seuil, son livre, Aristote au Mont Saint-Michel, a suscité de vives réactions, notamment sous la forme d’une pétition signée par 54 historiens et philosophes que Libération publie aujourd’hui en pages Rebonds (lire page 32). Au moins deux autres textes, dont un «Appel aux enseignants, élèves et anciens élèves» (Ecole normale supérieure de Lyon), circulent actuellement.

Au-delà de la querelle d’historiens - les faits présentés par Gouguenheim comme des nouveautés sont connus depuis longtemps et l’importance qu’il leur accorde est contestée -, la vivacité des réactions s’explique par les conclusions auxquelles parvient l’auteur, lorsqu’il affirme, par exemple, que l’islam n’a non seulement pas eu le rôle qu’on lui prête, mais n’a pas su mettre à profit les penseurs grecs pour son propre développement en raison d’une incapacité structurale à accéder à une certaine forme de rationalité. La présence d’un essayiste ouvertement islamophobe parmi les personnes remerciées au début de l’ouvrage a alimenté une polémique qui prend parfois, dans le livre de Gougenheim autant que chez certains de ses détracteurs, des airs de procès d’intention mutuels.
Dans un entretien au Monde , Sylvain Gouguenheim s’est dit «bouleversé» et se défend de toute «critique de la civilisation arabo-musulmane».
«Le livre allie, sur un sujet délicat, deux risques : celui de la vulgarisation et celui de la polémique», reconnaît Laurence Devillairs, qui a supervisé la publication du livre dans la collection l’Univers historique, au Seuil. Hier, dans un communiqué, la maison d’édition a rappelé que sa vocation a toujours été de laisser «s ’exprimer des points de vue divergents, voire opposés», et s’est dit prête «à accueillir les auteurs qui […] souhaiteront, dans le respect de leurs adversaires, apporter leurs contributions au débat.»

Lire le compte-rendu du livre par Jean-Yves Grenier sur liberation.fr.
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Re : ARISTOTE, LE VRAI PROPHETE

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Oui, l’Occident chrétien est redevable au monde islamique
Un collectif international de 56 chercheurs en histoire et philosophie du Moyen Age
QUOTIDIEN : mercredi 30 avril 2008
Historiens et philosophes, nous avons lu avec stupéfaction l’ouvrage de Sylvain Gouguenheim intitulé Aristote au Mont- Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne (Seuil) qui prétend démontrer que l’Europe chrétienne médiévale se serait approprié directement l’héritage grec au point de dire qu’elle «aurait suivi un cheminement identique même en l’absence de tout lien avec le monde islamique». L’ouvrage va ainsi à contre-courant de la recherche contemporaine, qui s’est efforcée de parler de translatio studiorum et de mettre en avant la diversité des traductions, des échanges, des pensées, des disciplines, des langues. S’appuyant sur de prétendues découvertes, connues depuis longtemps, ou fausses, l’auteur propose une relecture fallacieuse des liens entre l’Occident chrétien et le monde islamique, relayée par la grande presse mais aussi par certains sites Internet extrémistes. Dès la première page, Sylvain Gouguenheim affirme que son étude porte sur la période s’étalant du VIe au XIIe siècle, ce qui écarte celle, essentielle pour l’étude de son sujet, des XIIIe et XIVe siècles. Il est alors moins difficile de prétendre que l’histoire intellectuelle et scientifique de l’Occident chrétien ne doit rien au monde islamique !

Il serait fastidieux de relever les erreurs de contenu ou de méthode que l’apparence érudite du livre pourrait masquer : Jean de Salisbury n’a pas fait œuvre de commentateur ; ce n’est pas via les traductions syriaques que ce qu’on a appelé la Logica nova (une partie de l’Organon d’Aristote) a été reçue en Occident ; enfin, et surtout, rien ne permet de penser que le célèbre Jacques de Venise, traducteur et commentateur d’importance, comme chacun le sait et l’enseigne, ait jamais mis les pieds au Mont-Saint-Michel ! Quant à la méthode, Sylvain Gouguenheim confond la présence d’un manuscrit en un lieu donné avec sa lecture, sa diffusion, sa transmission, ses usages, son commentaire, ou extrapole la connaissance du grec au haut Moyen Age à partir de quelques exemples isolés. Tout cela conduit à un exposé de seconde main qui ignore toute recherche nouvelle - notons que le titre même de son livre est emprunté à un article de Coloman Viola… paru en 1967 ! Certains éléments du livre sont certes incontestables, mais ce qui est présenté comme une révolution historiographique relève d’une parfaite banalité.

On sait depuis longtemps que les chrétiens arabes, comme Hunayn Ibn Ishaq, jouèrent un rôle décisif dans les traductions du grec au IXe siècle. De plus, contrairement aux affirmations de l’auteur, le fameux Jacques de Venise figure aussi bien dans les manuels d’histoire culturelle, comme ceux de Jacques Verger ou de Jean-Philippe Genet, que dans ceux d’histoire de la philosophie, tel celui d’Alain de Libera, la Philosophie médiévale, où l’on lit : «L’Aristote gréco-latin est acquis en deux étapes. Il y a d’abord celui de la période tardo-antique et du haut Moyen Age, l’Aristote de Boèce, puis, au XIIe siècle, les nouvelles traductions gréco-latines de Jacques de Venise.» La rhétorique du livre s’appuie sur une série de raisonnements fallacieux. Des contradictions notamment : Charlemagne est crédité d’une correction des évangiles grecs, avant que l’auteur ne rappelle plus loin qu’il sait à peine lire ; la science moderne naît tantôt au XVIe siècle, tantôt au XIIIe siècle. Le procédé du «deux poids, deux mesures» est récurrent : il reproche à Avicenne et Averroès de n’avoir pas su le grec, mais pas à Abélard ou à Thomas d’Aquin, mentionne les réactions antiscientifiques et antiphilosophiques des musulmans, alors que pour les chrétiens, toute pensée serait issue d’une foi appuyée sur la raison inspirée par Anselme - les interdictions d’Aristote, voulues par les autorités ecclésiastiques, n’ont-elles pas existé aux débuts de l’Université à Paris ? La critique des sources est dissymétrique : les chroniqueurs occidentaux sont pris au pied de la lettre, tandis que les sources arabes sont l’objet d’une hypercritique. L’auteur enfin imagine des thèses qu’aucun chercheur sérieux n’a jamais soutenues (par exemple, «que les musulmans aient volontairement transmis ce savoir antique aux chrétiens est une pure vue de l’esprit»), qu’il lui est facile de réfuter pour faire valoir l’importance de sa «révision».

Au final, des pans entiers de recherches et des sources bien connues sont effacés, afin de permettre à l’auteur de déboucher sur des thèses qui relèvent de la pure idéologie. Le christianisme serait le moteur de l’appropriation du savoir grec, ce qui reposerait sur le fait que les Evangiles ont été écrits en grec - passant sous silence le rôle de la Rome païenne. L’Europe aurait ensuite réussi à récupérer le savoir grec «par ses propres moyens». Par cette formule, le monde byzantin et les arabes chrétiens sont annexés à l’Europe, trahissant le présupposé identitaire de l’ouvrage : pour l’auteur, l’Europe éternelle s’identifie à la chrétienté, le «nous» du livre, même quand ses représentants vivent à Bagdad ou Damas. La fin du livre oppose des «civilisations» définies par la religion et la langue et ne pouvant que s’exclure mutuellement. L’ouvrage débouche alors sur un racisme culturel qui affirme que «dans une langue sémitique, le sens jaillit de l’intérieur des mots, de leurs assonances et de leurs résonances, alors que dans une langue indo-européenne, il viendra d’abord de l’agencement de la phrase, de sa structure grammaticale. […] Par sa structure, la langue arabe se prête en effet magnifiquement à la poésie […] Les différences entre les deux systèmes linguistiques sont telles qu’elles défient presque toute traduction». On n’est alors plus surpris de découvrir que Sylvain Gouguenheim dit s’inspirer de la méthode de René Marchand (page 134), auteur, proche de l’extreme droite, de Mahomet : contre-enquête (L’Echiquier, 2006, cité dans la bibliographie) et de La France en danger d’Islam : entre Jihad et Reconquista (L’Âge d’Homme, 2002), qui figure en bonne place dans les remerciements. Il confirme ainsi que sa démarche n’a rien de scientifique : elle relève d’un projet idéologique aux connotations politiques inacceptables.

La liste des signataires



Cyrille Aillet, Maître de conférences (MCF), histoire de l’islam médiéval, Un. de Lyon II
Etienne Anheim, MCF, histoire médiévale, Un. de Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines
Sylvain Auroux, Directeur de recherches au CNRS
Louis-Jacques Bataillon (Dominicain), Commission Léonine pour l’édition critique des œuvres de Thomas d’Aquin, comité international pour l’édition de l’Aristote latin
Thomas Bénatouïl, MCF, histoire de la philosophie antique, Un. de Nancy II
Luca Bianchi, Centro per lo studio del pensiero filosofico del Cinquecento e del Seicento, CNR, Milano
Joël Biard, Professeur, philosophie médiévale, Un. de Tours
Patrick Boucheron, MCF, histoire médiévale, Un. de Paris I, IUF
Jean-Patrice Boudet, Professeur, histoire médiévale, Un. d’Orléans
Alain Boureau, Directeur d’études, histoire médiévale, EHESS
Jean-Baptiste Brenet, MCF, Philosophie médiévale, Un. de Paris X
Charles Burnett, Professor, history of arabic/islamic influence in Europe, Warburg Institute, London
Philippe Büttgen, Chargé de recherches, CNRS, Laboratoire d’études sur les monothéismes, Villejuif
Irène Caiazzo, Chargée de recherches, CNRS, Laboratoire d’études sur les monothéismes, rédactrice en chef des Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge
Barbara Cassin, Directrice de recherches au CNRS, dir. du centre Léon Robin
Laurent Cesalli, Assistant scientifique, Un. de Freiburg-im-Breisgau
Joël Chandelier, Ecole française de Rome (Moyen Âge)
Riccardo Chiaradonna, Professore associato, filosofia antica, Università di Roma III
Jacques Chiffoleau, Directeur d’études, histoire médiévale, EHESS
Jacques Dalarun, Directeur de recherches, CNRS, IRHT
Isabelle Draelants, Chargée de recherches, CNRS, UMR 7002, Un. de Nancy II
Anne-Marie Eddé, Directrice de recherches, CNRS, directrice de l’Institut de Recherches et d’Histoire des Textes (IRHT)
Sten Ebbesen, Institut du Moyen Age Grec et Latin, Copenhague
Luc Ferrier, Ingénieur d’études, histoire médiévale, CNRS, CRH (EHESS)
Kurt Flasch, Professeur émérite à l’Université de Bochum
Christian Förstel, Conservateur en chef de la section des manuscrits grecs, Bibliothèque Nationale de France
Dag N. Hasse, Institut für Philosophie, Lichtenberg-Professur der VolkswagenStiftung
Isabelle Heullant-Donat, Professeur, histoire médiévale, Un. de Reims
Dominique Iogna Prat, Directeur de recherches, histoire médiévale, CNRS, LAMOP
Charles Genequand, Professeur ordinaire, philosophie arabe, Un. de Genève
Jean-Philippe Genet, Professeur, histoire médiévale, Un. de Paris I
Carlo Ginzburg, Professore, Scuola Normale Superiore, Pisa
Christophe Grellard, MCF, Un. de Paris I
Benoît Grévin, Chargé de recherches, CNRS, LAMOP.
Ruedi Imbach, Professeur, philosophie médiévale, Un. de Paris IV
Catherine König-Pralong, Maître assistante, philosophie médiévale, Un. de Lausanne
Djamel Kouloughli, Directeur de Recherches au CNRS (UMR 7597)
Max Lejbowicz, Ingénieur d’études honoraire, CNRS, UMR 81 63, Univ. de Lille III
Alain de Libera, Professeur ordinaire, Un. de Genève, Directeur d’études à l’EPHE (Ve section)
John Marenbon, Professor, History of Medieval Philosophy, Trinity College, Cambridge
Christopher Martin, Professor, Philosophy department, Auckland University, Visiting Fellow All Souls College, Oxford
Annliese Nef, MCF, histoire de l’islam médiéval, Un. de Paris IV
Adriano Oliva (Dominicain), Chargé de recherches, CNRS, IRHT, Commission Léonine pour l’édition critique des œuvres de Thomas d’Aquin, comité international pour l’édition de l’Aristote latin
Christophe Picard, Professeur, histoire de l’islam médiéval, Un. de Paris I
Sylvain Piron, MCF, histoire médiévale, EHESS
David Piché, Professeur adjoint, Département de Philosophie, Univ. de Montréal
Pasquale Porro, Professore ordinario di Storia della filosofia medievale, Universita di Bari
Marwan Rashed, Professeur, philosophie ancienne et médiévale, ENS Paris
Aurélien Robert, Membre de l’Ecole française de Rome (Moyen Âge)
Andrea Robiglio, Phil. Seminar, Univ. Freiburg-im-Breisgau ;
Irène Rosier-Catach, Directrice de recherches au CNRS (UMR 7597), Directrice d’études à l’EPHE (Ve section)
Martin Rueff, MCF, Théorie littéraire et esthétique, Un. de Paris VII
Jacob Schmutz, MCF, philosophie médiévale, Un. de Paris IV
Valérie Theis, MCF, histoire médiévale, Un. de Marne-la-Vallée
Mathieu Tillier, MCF, histoire de l’islam médiéval, Un. d’Aix-Marseille
Luisa Valente, Ricercatrice, Filosofia medievale, Università di Roma – La Sapienza
Dominique Valérian, MCF, histoire de l’islam médiéval, Un. de Paris I
Eric Vallet, MCF, histoire de l’islam médiéval, Un. de Paris I.


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Re : ARISTOTE, LE VRAI PROPHETE

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Aristote au Mont-Saint-Michel", savant et ambiguë
L'auteur de ce livre assure que l'héritage grec de l'Occident chrétien doit peu à l'islam, contrairement aux affirmations répandues.
Par Jean Yves Grenier
QUOTIDIEN : mardi 29 avril 2008
Sylvain Gouguenheim, «Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne», Seuil, 280 p.
Quelle est la dette de l’Europe chrétienne à l’égard de la civilisation musulmane ? Aucune, ou presque, répond Sylvain Gouguenheim dans ce livre à la fois savant et polémique. La partie la plus solide de son argumentation consiste à s’inscrire en faux contre une idée très répandue dans l’historiographie selon laquelle l’essentiel de l’héritage de la Grèce classique a été transmis à l’Occident par l’intermédiaire des savants arabo-musulmans.
Ces derniers ont traduit les auteurs de l’antiquité du grec vers l’arabe et ces manuscrits, nombreux dans l’Espagne musulmane, ont ensuite été traduits en latin par des clercs et des savants chrétiens. L’auteur ne conteste bien sûr pas cette transmission, bien attestée, du savoir grec par la rive sud de la Méditerranée mais il considère que son importance a été beaucoup exagérée. La chrétienté médiévale aurait en effet eu une connaissance de la philosophie, de la science et de la médecine grecque grâce à un mouvement de traduction directe du grec vers le latin, « étonnant effort pluri-séculaire dont la constance et l’opiniâtreté témoignent de l’intime conviction que là résidait la matrice de sa civilisation ». La langue grecque, qui fût celle de la rédaction des Évangiles, n’a jamais perdu de son prestige au cours du Moyen-Âge, bien au contraire, même si sa connaissance a presque disparu. Une hypothèse centrale de l’auteur est que les relations entre le monde latin et l’Empire byzantin ont été plus importantes que ne le laissent supposer les sources disponibles. A Rome, on rencontre beaucoup de Grecs et de Syriaques et les monastères orientaux sont nombreux. Les livres y circulent et la bibliothèque du Latran, enrichie par les papes successifs, fut un centre de redistribution des œuvres grecs grâce à l’activité de nombreux copistes. Des traductions du grec au latin sont réalisées même si la plupart ont été perdues. Rome n’est pas unique et Sylvain Gouguenheim insiste sur la personne de Jacques de Venise, clerc italien qui vécut longtemps à Constantinople avant de devenir moine au Mont-Saint-Michel. C’est là qu’il traduisit en latin une bonne partie de l’œuvre d’Aristote du grec au latin, et ce dès le début du XIIème siècle, soit plusieurs décennies avant que la même opération ne se fasse à Tolède à partir de la version arabe. Le succès de ces traductions est considérable, des copies circulant en France du Nord en Angleterre et en Allemagne. La demande des abbés, des théologiens voire des légistes est forte ce qui prouve l’intérêt suscité par la physique et la métaphysique aristotéliciennes bien avant la fin du Moyen-Âge.
Les renaissances culturelles successives y puisent leur inspiration et elles ne seraient guère envisageables sans la mobilisation du savoir grec. Les clercs carolingiens, désireux d'avoir des textes précis pour réglementer la foi et l'Eglise, s'efforcèrent de mieux maîtriser le latin et sa grammaire, c'est-à-dire les principes de la logique, et Aristote fut ici d'un grand secours. Quant à la renaissance scientifique du XIIIe siècle, c'est la mobilisation du savoir antique qui la rendit possible.

Du côté du monde musulman, le tableau est bien différent. Sylvain Gouguenheim insiste sur le rôle plutôt passif des lettrés par rapport au savoir grec. La plupart d'entre eux ne connaissaient d’ailleurs pas le grec et ils furent initiés à ces auteurs grâce aux Syriaques (chrétiens orientaux) qui les traduisirent dans leur langue dès le IVe siècle, puis en arabe à partir du VIIe siècle et de l'occupation musulmane. La médecine arabe doit ainsi beaucoup à la médecine syriaque qui lui a donné, via les traductions, l'essentiel de son vocabulaire. Un personnage comme Hunayn ibn Ishaq, le "prince des traducteurs", illustre bien le multiculturalisme assez fascinant de ce milieu syriaque : arabe nestorien (donc chrétien), maîtrisant parfaitement l'arabe, le syriaque et le grec, il traduisit avec beaucoup d'intelligence la quasi-totalité de l'oeuvre d'Aristote.

Arrivé à ce point, Sylvain Gouguenheim élargit beaucoup sa problématique en s'interrogeant sur le lien entre islam et savoir grec. Son idée principale est que la Grèce était un monde radicalement étranger à l'islam, pour des raisons politiques (antagonisme avec l'Empire byzantin) et surtout culturelles. L’islam ne s'intéressa au savoir grec que dans la mesure où il était en accord avec les principes énoncés dans le Coran. Nul problème pour l'optique ou les mathématiques, domaines dans lesquels excellèrent les savants musulmans arabes et perses, mais pour le droit ou la philosophie, l'héritage grec dut passer au crible des principes religieux. L’analyse du mu'tazilisme est un bon exemple de la façon dont argumente notre auteur. Ce courant religieux du IXe siècle, défenseur de l'idée du libre arbitre de l'individu, est souvent présenté comme une réaction rationaliste contre certaines formes primitives de l'islam. Pour l'auteur, il ne s'agit en fait aucunement d'un thomisme avant la lettre mais plutôt du souci de mettre au service de la foi les ressources de la raison car, du fait de l'absolue rationalité du Coran, la philosophie peut aider à en comprendre le sens caché. Les mêmes raisons expliquent la très faible influence de la pensé politique d'Aristote. Le contraste est net avec la situation de l'Occident latin où les légistes des souverains ont au contraire mobilisé la Politique pour se soustraire au pouvoir temporel d'une papauté alors envahissante.

A travers la question de l’héritage grec, Sylvain Gouguenheim non sans raison met au cœur de sa réflexion les processus différents d’autonomisation des activités intellectuelles par rapport au religieux. D’évidence les deux mondes chrétien et musulman sous cet angle s’opposent. Mais cette grille de lecture n’est pas sans ambiguïté. S’il est en effet bien certain que la longue histoire culturelle de l’Europe est marquée par une lecture sans cesse remaniée de l’héritage de l’antiquité gréco-romaine, il est tout aussi certain que la pensée grecque a beaucoup moins fécondé la civilisation arabo-musulmane, elle-même influencée de son côté par des traditions orientales que l’occident n’a jamais connu. Constater cette différence ne doit pas conduire à opposer de façon caricaturale un orient islamique limité dès ses débuts aux principes coraniques et un occident chrétien très tôt tourné vers la rationalité. C’est finalement l’ultime paradoxe de cet ouvrage que de procéder à un jugement comparatif sur deux civilisations en usant du critère de l’hellénisation du savoir, procédé que l’auteur lui-même dénonce avec justesse dans les dernières pages comme une dérive ethnocentrique qui « dénature la civilisation musulmane ».



http://www.liberation.fr/culture/livre/323869.FR.php
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Victorien2
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Re : ARISTOTE, LE VRAI PROPHETE

Message non lu par Victorien2 »

Sylvain Gouguenheim au Mont Saint-Michel.
"On me prête des intentions que je n'ai pas."
Le Monde des livres, 24 avril 2008

Sylvain Gouguenheim, comment réagissez-vous à la polémique suscitée par votre livre ?
Je suis bouleversé par la virulence et la nature de ces attaques. On me prête des intentions que je n'ai pas. Pour écrire ce livre, j'ai utilisé des dizaines d'articles de spécialistes très divers. Mon enquête porte sur un point précis : les différents canaux par lesquels le savoir grec a été conservé et retrouvé par les gens du Moyen Age. Je ne nie pas du tout l'existence de la transmission arabe, mais je souligne à côté d'elle l'existence d'une filière directe de traductions du grec au latin, dont le Mont-Saint-Michel a été le centre au début du XIIe siècle, grâce à Jacques de Venise. Je ne nie pas non plus la reprise dans le monde arabo-musulman de nombreux éléments de la culture ou du savoir grecs. J'explique simplement qu'il n'y a sans doute pas eu d'influence d'Aristote et de sa pensée dans les secteurs précis de la politique et du droit ; du moins du VIII e au XII e siècles. Ce n'est en aucun cas une critique de la civilisation arabo-musulmane. Du reste, je ne crois pas à la thèse du choc des civilisations : je dis seulement - ce qui n'a rien à voir - qu'au Moyen Age, les influences réciproques étaient difficiles pour de multiples raisons, et que nous n'avons pas pour cette époque de traces de dialogues telles qu'il en existe de nos jours.

Certains s'étonnent de vous voir citer et remercier René Marchand, auteur de pamphlets contre l'islam.
M. Marchand fait partie des gens qui ont attiré mon attention sur les problèmes de traduction entre l'arabe et le grec et sur les structures propres à la langue arabe. Voilà pourquoi je le remercie, parmi d'autres. Je l'ai cité en bibliographie car je me dois d'indiquer tous les articles et tous les livres que j'ai consultés. Cela ne fait pas de chaque volume cité un ouvrage de référence. Je m'étonne qu'on s'attarde sur ce point, alors que j'utilise de nombreux livres remarquables, dont ceux de Dominique Urvoy, de Geneviève Balty-Guesdon, ou d'autres spécialistes.

Comment expliquer que plusieurs mois avant sa parution, des extraits de votre livre se soient retrouvés sur un site d'extrême droite ?
J'ai donné depuis cinq ans - époque où j'ai « découvert » Jacques de Venise - des extraits de mon livre à de multiples personnes. Je suis totalement ignorant de ce que les unes et les autres ont pu ensuite en faire. Je suis choqué qu'on fasse de moi un homme d'extrême droite alors que j'appartiens à une famille de résistants : depuis l'enfance, je n'ai pas cessé d'être fidèle à leurs valeurs.

Propos recueillis par Jean Birnbaum
dexter
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Re : ARISTOTE, LE VRAI PROPHETE

Message non lu par dexter »

si les "site d'extreme droite" c'est France-echo, c'est un peu léger quand même. Crié au fachisme est une mauvaise habitude des gauchos bon teint type libération pour se passer d'arguments.
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yacoub
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Re : ARISTOTE, LE VRAI PROPHETE

Message non lu par yacoub »

LE CAUCHEMAR VYCHINSKY : SYLVAIN GOUGUENHEIM

Le cauchemar Vychinsky, du nom du célèbre compagnon de Staline, procureur général du régime lors des « procès de Moscou », continue dans notre pays. Cette fois-ci c’est au tour du médiéviste Sylvain Gouguenheim de comparaître devant le tribunal du Politburo islamogauchiste. Il n’est pas le premier. Il ne sera pas le dernier.

Il y a eu Michel Houellebecq accusé en 2001 de propos racistes et islamophobes. Son crime, avoir déclaré, en septembre 2001 dans le mensuel « Lire », son rejet de tous les monothéismes avec toutefois cette précision : « la religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran on est effondré... effondré! » Les tours jumelles allaient bientôt s’effondrer en même temps que les cons zélés allaient porter plainte. Parmi ceux-ci Mouloud Aounit, le petit procureur stalinien du MRAP qui démontrera une parfaite maîtrise de l’art de la synthèse islamogauchiste, puisque n’ayant pas son pareil pour marier petit livre rouge, petit livre vert et sans doute quelques chapitres du petit livre brun. Parallèlement à ce tir de barrage, on entendra les petits choeurs gauchistes de l’armée verte chanter que Houellebecq serait un « beauf égaré en littérature », un « nouveau réactionnaire ». Quelques voix à gauche le défendront toutefois, notamment Dominique Noguez et Philippe Sollers

En octobre 2003 c’est au tour de Louis Chagnon de subir l’assaut des milices parajudiciaires. Après avoir donné un cours sur le monde islamique prévu au programme de 5e, il sera accusé de « propos racistes anti-musulmans ». Qu’a-t-il bien pu raconter à ses élèves ? À vrai dire, juste la réalité dans son intégralité. Il compléta le cours classique sur l’islam, où Mahomet y est souvent dépeint comme un pieu bédouin, progressiste et tolérant, par les aspects guerriers de la vie du prophète de l’islam, mentionnant ainsi les pillages et les massacres ordonnés par celui-ci, notamment celui de la tribu juive des Beni Qoraiza, où 900 hommes furent massacrés en une seule journée. L’affaire montée en épingle par des parents d’élèves soutenus par le MRAP vaudra au professeur Chagnon un blâme de la part de sa hiérarchie ainsi qu’une citation directe à comparaître devant le Tribunal de Nanterre, adressée par le procureur Aounit, pour « appel à la haine raciale et propos racistes anti-musulmans ». Chose que je n’ai absolument pas comprise. Allah limite que les descendants directs de Mahomet, faisant fi de leurs propres livres, aient porté plainte pour diffamation soit, mais là « propos racistes », je ne vois pas. À moins que le procureur Aounit soit un descendant direct du prophète et que cette réalité infamante soit perçue par lui comme diffamante, ce qui se règle non pas devant un tribunal mais plutôt chez un psy. Signalons au passage notre joie d’apprendre que le tribunal administratif de Paris, vient d’annuler (par un jugement du 26 févier 2008) la mesure disciplinaire qui frappait Louis Chagnon.

8 février 2006, Charlie Hebdo publie les caricatures de Mahomet avec en première page ce titre « Mahomet débordé par les intégristes » jouxtant un dessin de Cabu qui représente Mahomet se prenant la tête entre les mains et disant « c’est dur d’être aimé par des cons… » Charlie Hebdo ne fut pas le seul à publier les caricatures mais le seul à être poursuivi par les cons habituels, sans doute blessés par la vérité. Le procureur Aounit sans se joindre à la plainte qualifiera tout de même ces caricatures « d’islamophobie rampante » et estimera qu’elles font exception à la liberté d’expression. Un procès qui accompagnera un autre, celui du directeur du journal Philippe Val, accusé par nos amis gauchistes d’autoritarisme, d’avoir « recentré » son discours, et de soutenir Israël. Bref, Philippe Val serait presque un néoconservateur qui mériterait d’être abattu.

19 septembre 2006, c’est au tour du professeur Redeker de devenir l’objet d’une chasse à l’homme. Il publie ce jour-là une tribune dans le Figaro intitulée « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre », où il rappelle simplement que la démarche des islamistes visant à imposer les règles de l’islam au monde libre n’est pas le fruit de leur simple esprit. « Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran ». Mahomet, leur « beau modèle », ayant été un « chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame ». Notre professeur se verra démontrer l’inverse de ses propos par une belle fatwa appelant à son assassinat. Le procureur Aounit comparera lui Robert Redeker à Ben Laden (sic) pendant qu’à la télé j’entendrai à travers un reportage effectué dans le lycée où enseignait Robert Redeker ces propos dans la bouche d’élèves « on ne savait pas qu’il avait ces idées-là ». Ces idées-là (re-sic). Un début de procès qui sera arrêté par la levée de boucliers pro-Redeker de la part d’une bonne partie de la communauté intellectuelle de gauche comme de droite.

Un peu comme pour Ayaan Hirsi Ali que l’on recevait récemment à Paris et qui eut droit, d’un côté, aux mêmes soutiens dont bénéficia Monsieur Redeker pendant que d’autres la présentaient comme trop proche des milieux néoconservateurs. Comme si les faits et la réalité étaient nécessairement une affaire de politique.

Il semble malheureusement que ce soit le cas puisque le professeur Gouguenheim s’apprête à faire les frais d’une tribune le visant, signée par une quarantaine d’historiens et de philosophes des sciences, qui doit paraître ces jours-ci dans Le Monde et Libération sous le titre « prendre de vieilles lunes pour de nouvelles étoiles ou comment refaire aujourd’hui l’histoire des savoirs ». Une pétition dont le texte se conclut ainsi « Il est difficile de voir dans l’ouvrage de S. Gouguenheim, tel que Le Monde en rapporte les thèses de façon complaisante – lui assurant ainsi une diffusion inespéré – autre chose que les propos d’un idéologue ». Mais de quoi peut-il bien s’agir ?

Laissons Max Gallo nous l’expliquer tel qu’il le fit très justement dimanche matin dans l’émission de France culture « Esprit public »

Dans « Aristote au Mont Saint Michel, Sylvain Gouguenheim, un très bon médiéviste, professeur à l’Ecole Normale Supérieure, démontre que le vulgate selon laquelle la connaissance des philosophes grecs nous est venue par l’intermédiaire de l’islam est pour le moins à reconsidérer, en tout cas à discuter puisqu’il fait état de la traduction des œuvres d’Aristote au Mont St Michel par un personnage qui se nomme Jacques de Venise. Et malheureusement cette thèse fort intéressante ne va pas pouvoir être discutée calmement puisque dans l’un des Le Monde de cette semaine, j’apprends qu’il y a une pétition d’une quarantaine de médiévistes déclarant que monsieur Gouguenheim n’est jamais que l’un de ceux favorables à la thèse du choc des civilisations, que ce livre est un scandale, d’extreme-droite etc. Bref, dès lors que l’on n’est pas tout à fait d’accord avec la doxa, avec ce qui règne, même quand on est un médiéviste indiscutable, il devient dangereux de faire de l’histoire ».

D’autant plus dangereux quand on est un spécialiste de la mystique rhénane, des chevaliers teutoniques et des croisades, comme le rappelle gentiment Assouline dans son petit billet si délicatement fielleux.

Éléments « croisés » qui permettraient d’étayer la thèse d’accointances avec l’extrême-droite. Car outre le fait qu’il cite dans la bibliographie de son livre René Marchand, un essayiste marqué très à droite, après une enquête approfondie de nos petits juges d’instruction, il se trouverait que le site islamovigilant « occidentalis », définit par certains comme d’extreme-droite, aurait publié les bonnes feuilles du livre neuf mois avant sa parution. Un site où un certain Sylvain G. aurait déposé des commentaires encore plus vifs que dans le livre. Un site certes très à droite mais où l’on pouvait lire des positions pro-israéliennes et pro-américaines, des positions incompatibles avec la philosophie générale de l’extreme-droite.

Mais il est vrai que pour nos intellogauchistes si tolérants, si humanistes, c’est déjà trop. Car voyez-vous, l’important pour nos petits procureurs n’est pas comment vous vous définissez, ce que vous êtes maintenant, mais comment ils vous jugent, ce que vous avez été politiquement, dans votre stupide jeunesse, voir même dans une vie antérieure.

Or déjà que centriste c’est limite et que néoconservateur résonne dans la bouche de ces staliniens comme fasciste, imaginez le sort réservé alors à des sites ultraconservateurs. Leur crime politique est au-dessus de tout. Ils sont irrécupérables ma bonne-dame. Comme quoi nos intellogauchistes demeurent pour la peine capitale en matière politique. Avec en plus un goût pour la pensée virale. Non seulement tout militant de la droite ultraconservatrice restera un malade à vie, mais toute personne effleurant tout militant de cette droite le deviendra quasi-instantanément. Il n’y a que les va-et-vient entre gauche et extreme-gauche qui ne leur posent aucun problème. Et dire que ces gens-là sont payés pour réfléchir.

Une fragilité intellectuelle et une reductio ad Hitlerum qui explique parmi le tas d’arguments de mauvaise foi, cette perle dans l’une des tribunes « à propos du livre de Sylvain Gougueheim ». La thèse de Monsieur Gouguenheim serait la « négation » d’un siècle de travaux mais aussi une « révision » de l’histoire. Après la négation de crimes contre l’humanité voici le négationnisme ou le révisionnisme de « progrès en recherche historique ». À moins que la « translatio studiarum », l’échange d’études, entre musulmans et chrétiens soit un crime indéniable ou à moins que ce ne soit l’absence d’échanges le crime non révisable. Il est vrai que je m’y perds un peu dans toute cette confusion mentale…

Moralité de l’histoire, au lieu de nous proposer un intéressant débat, ces historiens préfèrent nous proposer un petit procès moscovite, visant à classer cette thèse dans « l’islamophobie ambiante », le tout à quarante contre un. Bravo, quel courage. Il ne manque plus que la plaidoirie du procureur général Aounit.

Voyez-vous messieurs dames gogochistes, la différence entre vous et les droites que vous conspuer, qu’elle soit républicaine, néoconservatrice et même ultraconservatrice, réside dans le fait que ces droites n’agitent pas la menace du tribunal, ne pétitionnent pas quand des marxistes, rêvant de la chute de la république, intègrent les universités de cette même république, ou à chaque fois que l’un de ces universitaires propose une thèse sociologique, historique, que sais-je, inspirée par la grille d’analyse marxiste. Et pourtant ce ne sont pas ce genre de thèses qui manquent. Comme quoi la tentation totalitaire n’est pas toujours là où on la dénonce mais après tout comme la meilleure défense reste l’attaque…

En attendant la plaidoirie ou bien un salutaire débat, je lirai non seulement ce livre mais soutiendrai également Monsieur Gouguenheim face aux disciples de Vychinsky.

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Victorien2
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Re : ARISTOTE, LE VRAI PROPHETE

Message non lu par Victorien2 »

Joli papier !
Qui est son auteur et où sévit-il ?
J'ai particulièrement apprécié le commentaire de Max Gallo.

Victorien
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yacoub
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Re: Re : ARISTOTE, LE VRAI PROPHETE

Message non lu par yacoub »

Victorien2 a écrit :Joli papier !
Qui est son auteur et où sévit-il ?
J'ai particulièrement apprécié le commentaire de Max Gallo.

Victorien
Voici le lien:

http://extremecentre.org/2008/04/30/le- ... uguenheim/

Ik est auteur de ce blog.

http://republicoin.blogspot.com/
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